La chaîne You Tube de Roland Jaccard Le Vampire a ressuscité !

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Roland Jaccard, David Hamilton, Dawn Dunlap

Images Roland Jaccard

En ces temps d’une censure démentielle, l’un des abonnés du blog vient de m’offrir un ordinateur (ce qui démontre que quelqu’un a échappé à l’incroyable avarice qui règne de nos jours) et Roland Jaccard, de son côté, a rouvert une chaîne You Tube sur Internet. C’est, là aussi, un signe d’enthousiasme et de générosité. Il en faut. Nous sommes des dinosaures, nous sommes les derniers des Mohicans, mais nous serons toujours fidèles à David Hamilton, à Vladimir Nabokov, à Balthus.

En voici l’adresse:

https://www.youtube.com/channel/UC4deLL2RaM0tqn_JSJXNvzQ

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David Hamilton, nouveau Gilles de Rais: la preuve est enfin faite!

Dans Livres – Hebdo, on lit cette prodigieuse «  » »révélation » » » signée Alexiane Guchereau:

https://www.livreshebdo.fr/article/laffaire-matzneff-revelations-et-perquisition

« Dans un tweet publié le 7 janvier, Alexis Poulin affirmait que Gabriel Matzneff vivait dans un appartement payé par Pierre Bergé et Yves Saint-Laurent et affirme que le fondateur de Causeur, Roland Jaccard, intime de Matzneff « draguait » avec lui ».

Donc, X affirme que A vit dans un appartement payé par deux personnes aujourd’hui décédées. (Au fait, est-ce que MM. Bergé et Saint-Laurent n’eussent pas été libres d’offrir des appartements, le cas échéant, à qui ils voulaient?)

Mais X, en outre, affirme que B draguait avec A.

N.B. : Roland Jaccard n’est pas « le fondateur de Causeur« .

En quoi, par ailleurs, le fait de « draguer » à Paris en compagnie de Gabriel Matzneff (ou de qui que ce soit d’autre) serait-il un délit?

Est-ce que c’est draguer qui, en soi, est un délit?

Certes, au train où vont les choses, cela ne tardera vraisemblablement pas: mais en tout cas, à l’heure actuelle, draguer n’est (pas encore complètement) officiellement et législativement interdit…

Une « révélation » de notre blog

« Dans une lettre jamais publiée, Lambda Machin affirme que Roland Jaccard vit dans un appartement situé dans une rue où seraient passés, au cours du vingtième siècle, des gens très différents les uns les autres et, entre autres, des descendants de familles ayant eu des liens avec des descendants lointains de proches de Gilles de Rais. Accessoirement, le cinéphile Roland Jaccard s’entretient de « nymphettes » nabokoviennes avec Olivier Mathieu, qui apprécie les films de David Hamilton. Les liens entre Gilles de Rais et David Hamilton sont donc définitivement établis et qui le niera sera lourdement condamné ».

 

 

 

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La mort de David Hamilton n’a-t-elle donc suscité AUCUNE enquête? POURQUOI?

Fin (très provisoire) de cette petite promenade boulevard du Montparnasse.

En 2016, David Hamilton déclare craindre pour sa vie. Il envoie à l’AFP un communiqué et y déclare ne pas vouloir de contacts avec les journalistes. Madame Emmanuelle Anizon, journaliste, ou bien ne comprend pas le français ou bien estime unilatéralement qu’elle appartient à une caste supérieure – celle des journalistes – et passe outre à la volonté exprimée par un homme de 83 ans: elle entre dans son immeuble et glisse des billets sous sa porte. On ignore (en tout cas, le grand public ignore) la teneur de ces billets. Ont-ils été versés à une éventuelle ENQUETE de police au sujet de la mort de David Hamilton?…

Pour arriver à la porte du grand photographe, il fallait (1) posséder le « digicode » de la première porte de verre, puis (2) se faire ouvrir par quelqu’un (qui?) ou posséder une clé magnétique.

Quand vous avez passé la deuxième porte, vous avez à votre gauche les escaliers qui mènent à la porte qui fut celle du photographe. Voir la photo suivante.

Juste après la deuxième porte, les escaliers (vus du bas vers le haut)

Les escaliers vus du haut vers le bas

Vous arrivez alors à la porte, cette porte sous laquelle la dame Anizon – de son propre aveu – glissait des billets sous la porte de David Hamilton, sans l’accord et contre la volonté de ce dernier.

A qui donc a pu s’adresser la dame Anizon pour entrer dans cet immeuble?

La porte voisine de celle qui fut celle de David Hamilton est celle de la loge de la gardienne (photo suivante).

La porte de David Hamilton (à gauche) et celle de la loge de la gardienne (à droite). Toute la presse française a raconté que le cadavre de David Hamilton avait été trouvé par le mari de cette gardienne.

Toute la presse française a écrit que le corps de David Hamilton avait été découvert par la gardienne et / ou par son époux, policier de profession (selon la presse, toujours). On remarquera, au passage, que ce corps aurait été découvert en dehors des horaires de la loge.

On concevra l’importance qu’a sans doute eue le témoignage de la gardienne et de son époux policier, dans une ENQUETE au sujet de la mort de David Hamilton. (A supposer, ça va de soi, qu’une ENQUETE ait eu lieu).

Le corps de David Hamilton aurait été trouvé, selon la presse, par la gardienne et / ou par son époux policier; que les deux portes sont vraiment très voisines (voir photo); que Madame la gardienne et Monsieur son époux policier étaient forcément à connaissance du code d’entrée de la première porte de verre, et des clés magnétiques de la seconde; et qu’en outre, la fonction de Madame la gardienne est certainement entre autres celle de surveiller l’immeuble.

Encore une question, qui a accès aux images de surveillance 24 heures sur 24? Combien de temps ces images sont-elles archivées? Qui a le droit de les consulter? De les  détruire? Au bout de combien de temps?…

Par malheur, la télévision a interrogé (juste après le 25 novembre 2016) certain(e)s voisin(e)s de David Hamilton, mais en revanche Madame la gardienne et son époux policier n’ont pas été interrogés par les journalistes. En tout cas, des déclarations de leur part n’ont pas été diffusées.

La presse a fait parler, par exemple, des serveurs ou serveuses de bar des restaurants voisins. Mais les témoins principaux, eux, donc l’homme censé avoir découvert le corps de David Hamilton, a gardé de Conrart le silence prudent. Le « dernier visiteur » de David Hamilton , lui aussi, n’a pas fait de déclarations publiques. Quelle louable modestie.

Bref, un homme de 83 ans déclare craindre pour sa vie, est retrouvé mort dans des circonstances très troubles MAIS les témoins de ses dernières heures ne sont pas interrogés, tandis que la presse publie par exemple les déclarations inintéressantes de serveuses de bars voisins qui racontent qu’elles ne trouvaient pas David Hamilton sympathique…

Curieuse, la façon dont la police et la presse font leur boulot, en France…

Après la deuxième porte, en se tournant vers le boulevard du Montparnasse

La police, découvrant le cadavre de David Hamilton avec « la porte de son studio ouverte » et un « sac de plastique » sur le chef, un mois après qu’il avait déclaré publiquement craindre pour sa vie, a-t-elle ou n’a-t-elle pas demandé à consulter les images de toute la journée du 25 novembre 2016?…

La police a-t-elle par ailleurs cherché à savoir qui avait donné le code d’entrée de la première porte de verre à la dame Anizon, journaliste et proche de Flavie Flament?

La police a-t-elle cherché à savoir qui avait autorisé la dame Anizon, journaliste et proche de Flavie Flament, à passer la deuxième porte de verre?

Si la police n’a pas consulté, archivé, examiné les images du 25 novembre 2016 (et des jours précédents, ceux où la dame Anizon glissait des billets sous la porte de David Hamilton), peut-on dire que la mort de David Hamilton ait vraiment suscité une ENQUETE ?

*

Bien. Parmi des centaines de photographies en notre possession, nous publions aujourd’hui celles-ci. Nous avons beaucoup d’autres informations. Nous les publierons quand tel sera notre bon plaisir.

En attendant, nous remercions les personnes du boulevard du Montparnasse qui nous informeront désormais, jour après jour si nécessaire, y compris photographiquement, de tout ce qui pourrait se révéler utile à ce que le blog « En défense de David Hamilton » fasse éclater la vérité.

L’ENQUETE sur David Hamilton, c’est nous qui la menons. Nous sommes les seuls. Elle aboutira.

Photo février 2020

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David Hamilton, Jeffrey Epstein et les caméras qui cessent mystérieusement de fonctionner lors des « suicides »

Continuons notre petit voyage au 41 boulevard du Montparnasse.

Donc, une porte en verre, pour commencer. Fermée, protégée par un mystérieux « digicode ».

En octobre et novembre 2016, David Hamilton fait publier sur Internet, et envoie à l’AFP, un communiqué selon lequel il ne désire pas de contacts avec la presse. Ce qui est son droit. Et pourtant, Emmanuelle Anizon, journaliste, et amie ou proche de Flavie Flament, censée savoir lire puisqu’elle écrit dans le Nouvel Observarteur (mazette), déclare avoir « glissé des billets » sous la porte de David Hamilton. De deux choses l’une: ou bien la dame Anizon ne sait pas lire, ou encore elle sait lire mais ne comprend pas ce qu’elle lit, ou encore, lorsqu’un vieux monsieur de 83 ans dit ne pas vouloir de rapports avec la presse, elle, la dame Anizon, s’en fiche et entre malgré tout dans les immeubles pour y glisser des billets sous les portes de qui elle veut.

Qui avait donné le code de la (première) porte à la dame Anizon? Cette question aurait pu intéresser la police, lors de la mort de David Hamilton. A supposer, naturellement, que la police ait effectué la moindre investigation après la mort (par « suicide ») du photographe et immense artiste britannique.

Bien. Mais si quelqu’un pianote le fameux code, que se passe-t-il? Il entre. Il parvient entre la première et la deuxième porte de verre!

Sur sa gauche, cette porte.

 

Sur sa droite, contre la deuxième porte de verre, il aperçoit les sonnettes. Inutile de chercher le nom HAMILTON. En ce moius de février 2020, il n’y est plus.

Sur la photo que voici, naturellement, nous avons caviardé tous les noms.

Si vous vous trouvez entre les deux portes et que vous vous tournez vers le boulevard du Montparnasse, voici ce que vous voyez.

Entre les deux portes de verre, en vous tournant vers le boulevard du Montparnasse

Entre les deux portes de verre, en vous tournat vers le boulevard du Montparnasse, la plante verte

Mais ensuite, il y a beaucoup plus intéressant. Parce que, toujours une fois que vous vous trouvez entre les deux portes de verre, il vous faut encore en franchir une. Donc, sonner chez quelqu’un qui vous ouvre (ou encore, posséder une clé magnétique qui sera votre Sésame: en ce mois de février 2020, ainsi, des ouvriers sont actuellement chargés de travaux dans tout l’immeuble et possèdent, eux aussi, de telles clés magnétiques).

Qui a ces clés? Qui les avait, le cas échéant, en novembre 2016?

Et là, on se demande: la dame Anizon, par exemple, une fois entre les deux portes, a été obligée de sonner chez quelqu’un. Chez qui?

Toujours entre les deux portes, on lit, ici, cette passionnante information.

Photo février 2020 / en noir sur fond bleu : IMMEUBLE SOUS SURVEILLANCE ET ENREGISTREMENT 24 h / 24…

Ah! Cet immeuble serait sous surveillance et enregistrement 24 heures sur 24.

Mais alors, le 25 novembre 2016 ou les jours précédents, il a certainement été très facile (élémentaire, mon cher Watson) à la police de savoir qui est entré dans l’immeuble et qui a rendu visite à David Hamilton.

En d’autres termes, un homme de 83 ans, visé par une campagne de presse, insulté à la téloche, diffamé dans la presse, a été retrouvé mort, « un sac de plastique » sur le chef, avec « la porte de son studio ouverte », alors qu’un mois avant il craignait pour son existence.

Peut-on imaginer que, dans de telles circonstances, la police n’ait pas examiné et archivé les images de surveillance du 41 boulevard du Montparnasse, (notamment) le 25 novembre 2016 ? Si la police n’a pas examiné ces images, diable, pour quelle raison? Parce qu’elle a reçu l’ordre de ne pas les examiner? Ou, qui sait, parce que les caméras étaient « en panne », comme lorsque Epstein s’est (tiens! lui aussi!) « suicidé »?…

 

 

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Sorties de scène annoncées aux parfums schopenhaueriens

Il y a quelques jours, en embrassant Roland Jaccard sur la joue, je me suis souvenu soudain des joues de mon parrain à qui je faisais la bise, dans les années 1960, quai Malaquais où il était bouquiniste. Emotion.

Il y a quelques jours, en devisant avec Roland, je me suis souvenu que son article sur Tony Duvert, dans Le Monde, était paru le 31 / 8 / 1979: le jour où j’avais « prévu », avec mon premier amour (un amour impossible), de me jeter du haut d’une falaise (j’en parle dans un de mes romans, paru en 2010). Emotion.

Comme Roland, j’ai longtemps songé au suicide et les nymphettes m’en ont dissuadé. Emotion.

Le temps a plissé les yeux de Roland mais je sens toujours, en lui, son extraordinaire jeunesse et le regard ironique qu’il pose sur le monde, mesurant le passé à l’aune du présent.

Les temps sont durs pour les parias. Merci pour nos dernières rencontres en date, Roland.

*

A signaler, coup sur coup, trois articles de Roland Jaccard.

Celui-ci, qui apporte semble-t-il de mauvaises nouvelles au sujet de sa santé: https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/15/les-poisons-du-docteur-jaccard/

Celui-ci, où je partage tout : https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/17/a-quoi-bon-ecrire/

J’en extrais notamment les lignes qui suivent : « Adolescent, je voulais écrire une histoire du pessimisme qui déboucherait sur une proposition de suicide universel. J’étais imprégné de Schopenhauer. Je le suis encore : je n’ai pas avancé d’un pouce. Ce qui m’a détourné de ce projet excessif, ce furent les nymphettes. Et je me souviens encore de la publicité pour le film de Henry Zaphiratos, Les nymphettes  (il date de 1960) : elles agacent, elles séduisent, elles ensorcellent…« Fleurs du Mal, diable au corps », me rappelle un ami qui a conservé le numéro de Cinémonde qui le portait au pinacle ». (Roland Jaccard)

Voir : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/01/27/artistes-nymphettes-et-pyromanes/

*

Sur Matzneff

Et pour finir, ce magnifique article sur « Matzneff, Mishima et Montherlant » : https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/18/matzneff-mishima-et-montherlant/

« Faute de panache, il geint dans un palace de la Riviera italienne, souffre d’être lâché par les mondains qu’il fréquentait et humilié par la « prunelle de ses yeux », Vanessa Springora, qui lui a donné le coup de grâce en étalant sur la place publique ses caprices sexuels qui, il y a bien longtemps le rendaient enviables et qui aujourd’hui le déshonorent. « O tempora ! O mores »… » (Roland Jaccard)

J’en extrais quelques lignes, encore : « Je le reconnais volontiers : je suis minable – et sans doute plus que lui – de n’avoir pas suivi l’exemple de mon père. Une voix me souffle : il est encore temps. Mais je me bouche les oreilles. Reprocher à autrui ce que l’on est soi-même incapable de faire, je n’en suis pas fier. Mais je ne désespère pas d’y parvenir. Gabriel Matzneff sans doute aussi. Il faut bien se fixer des buts dans l’existence : la quitter avec panache est mon ultime ambition ». (Roland Jaccard)

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David Hamilton et d’inactuelles mais éternelles questions au sujet de sa mort

Toutes photos prises, depuis le trottoir de l’avenue du Montparnasse, le 10 février 2020, à Paris

Voici l’immeuble (photo prise à Paris le 10 février 2020, vers 16 heures) où est mort le célèbre photographe David Hamilton. Un immeuble dont toute la presse avait divulgué, avant sa mort et après, l’adresse. D’ailleurs, David Hamilton était aussi sur les pages blanches de l’annuaire.

Cet immeuble a été photographié par des dizaines d’organes de presse, toujours en relation avec David Hamilton.

Pour entrer, il faudrait avoir le code secret (toujours à cette date du 10 février, un code de quatre chiffres, supposé-je par pure imagination). Toujours par pure imagination, tiens, je m’amuse à songer qu’il pourrait contenir les chiffres 6 et 9 (69 année érotique, ce serait très david-hamiltonien non?)…

 

 

En tout cas, le numéro de l’immeuble (41) ne peut certes échapper à personne, quant à lui, se trouvant à la fois à droite mais aussi au haut de la porte. Face aux « révélations » de la presse au sujet de cette adresse, il était donc très facile à qui que ce soit de trouver les lieux où habitait David Hamilton. Eventuellement, de le harceler (ce qui est un délit).

Et en effet, un mois avant sa mort, David Hamilton avait fait noter qu’il craignait pour sa vie.

Il y a deux portes à l’immeuble. La première, celle où il faut un code d’accès pour entrer. Et puis encore une autre – derrière laquelle s’ouvrent, sur la gauche, les escaliers qui mènent directement à l’ancien studio de (Petula Clark puis de) David Hamilton. Entre les deux portes, il y a un hall – et, sur le mur de droite, les sonnettes.

Bref, le 25 novembre 2016, ou aussi durant les mois d’octobre et de novembre 2016, prenons l’exemple de la journaliste, amie de Flavie Flament, qui a déclaré noir sur blanc dans son journal « avoir glissé un billet » sous la porte de David Hamilton. Vu que ce dernier avait publié un communiqué indiquant ne pas vouloir de contacts avec la presse, on peut assez aisément supposer qu’il ne lui a pas ouvert. Et donc, on peut subodorer que cette dame possédait le code secret de David Hamilton. Tiens tiens! Qui le lui avait donné? Mystère et boule de gomme. Qui sait si la police s’est intéressée à des « détails » de ce genre? Pourtant, ce code (dans un immeuble fort bien protégé), qui est en sa possession sinon les résidents et le(s) gardien(s) de l’immeuble?

Le gardien d’immeuble, en outre, est un policier (comme l’a largement révélé la presse) et c’est également lui qui aurait (toujours selon la presse) trouvé David Hamilton agonisant.

Pourquoi et comment une journaliste arrivait-elle à passer les deux portes, pour aller « glisser un billet » sous la porte du photographe?… Qui lui ouvrait? Au nom de quoi?

Quant au dernier visiteur qui aurait vu David Hamilton en vie (avant le gardien de l’immeuble), il devait lui aussi avoir le code, forcément, puisque c’était quelqu’un au service (ou censé se trouver au service) de David Hamilton.

 

Photo du 10 février 2020: l’immeuble où est mort David Hamilton (25 novembre 2016)

J’ai interrogé pas mal de voisins. Relativement élevé, le nombre de personnes qui m’ont affirmé ne pas avoir été présentes le 25 novembre 2016. Certaines croient (ou disent croire) au « suicide » de David Hamilton. D’autres ont tout bonnement refusé de me répondre. J’ai conseillé, à toutes, la lecture du blog « En défense de David Hamilton ».

Puis je me suis aventuré parmi les commerçants du quartier. Les réponses ont été à peu près identiques. Le temps a passé. La plupart des gens ne sont doués ni de curiosité, ni d’esprit critique. Ils sont emportés par le tourbillon de l’actualité – ou, pour le dire comme Nietzsche, de l’inactualité.

J’ai en tout cas fait de la « pub » au blog. Quatre ou cinq des personnes par moi rencontrées ont aussi fini par m’accorder, après avoir entendu mes arguments, qu’il y avait en effet de quoi se poser des questions.

Et moi, qui suis un inactuel, j’ai continué mes investigations.

(A suivre)

 

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Une semaine parisienne littérairement fructueuse

Ma semaine parisienne s’achève. J’ai dîné (ou bu des verres) avec plusieurs écrivains et pu très utilement diffuser plusieurs de mes livres et romans dans les milieux littéraires parisiens. Des articles devraient paraître, dans les prochaines semaines, dans la presse française.

Au mois d’avril, maintenant, j’organiserai en Italie pour un ami photographe allemand une  semaine de prise de photographies artistiques, particulièrement prometteuse du point de vue esthétique.

Quant à mon prochain roman, qui devrait être intitulé Le joueur d’échecs et être consacré en grande partie à un malheureux petit enfant que j’aimais, qui m’appelait souvent « papa » et qui est mort, il y a deux mois, d’un cancer au cerveau à l’âge de huit ans, je ne pense pas qu’il puisse être écrit ou paraître avant 2021.

Il y avait longtemps que je n’avais plus vu Paris. J’ai ainsi pu entretenir quelques contacts avec un grand nombre de personnes, y compris un collectif féministe dont les militantes luttent, comme il est logique et souhaitable, contre le viol. Mais aussi, en plus d’un lieu de la capitale, il m’a été donné de rencontrer des hommes, des femmes, des jeunes gens, des jeunes filles, de façon à prendre le pouls « sur le terrain » à la société française d’aujourd’hui.

Pour nous, du blog « En défense de David Hamilton », une évidence s’impose: s’il est évidemment clair que tout viol doit être puni, nous pensons qu’il serait bon de défendre toutes les victimes, que ce soit celles des « tournantes » de banlieue ou les lycéennes du seizième arrondissement.

En bref, il s’agit de ne pas oublier toutes les jeunes filles qui n’ont pas la possibilité de monopoliser les plateaux de télé ou de publier des produits de marketing appelés « livres » (fussent-ils d’un niveau littéraire déplorable) où des dames soudain rebaptisées « écrivaines » dénoncent après trente ou quarante ans des faits qui, vu le temps écoulé, sont d’ailleurs devenus improuvables, toujours ou presque.

Merci à tous ceux que j’ai croisés pendant cette semaine, depuis des écrivains célèbres jusqu’à toutes les personnes dont j’ai recueilli les témoignages, parfois bouleversants ou d’une étonnante maturité. Au demeurant, il est possible de me contacter, sur ce blog, en laissant un message (en commentaire).

A dans quelques jours, Olivier.

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Gabriel Matzneff, David Hamilton et l’éducation des jeunes filles

Deux toutes petites choses. D’abord, je profite de mon (bref?) passage à Paris pour interroger des voisins, ou des commerçants du quartier, de David Hamilton. C’est assez intéressant et j’en parlerai (en principe) sur ce blog. Aujourd’hui, cependant, je suis dans un cybercafé de la banlieue parisienne… Pas pratique…

En revanche, voici une information que personne n’a donnée, à ma connaissance, sur Internet. Etrange… Parmi les journalistes, aucun n’a donc été assez bien informé, ou curieux?

Voici l’information. Le vendredi 18 décembre 1992, donc pas il y a mille ans, et sur FR3 (France3), une émission intitulée « Confidentiel femmes » fut diffusée. Le sujet, ce jour-là, était « l’éducation des jeunes filles« , comme l’indique d’ailleurs la notice (n° CPC92017650) de l’INA. Seulement, voilà, il semble que cette notice ne soit pas disponible sur Internet. Sauf, justement, pour les journalistes. Sachez-le, il y a des émissions de l’Ina qui ne sont pas accessibles au grand public, mais seulement aux journalistes…

Nous y avons accès, naturellement. A tel point que probablement, nous allons la publier sur ce blog d’ici quelques jours… Nous avons donc regardé cette ancienne émission. Elle dure, si vous voulez savoir, 12 minutes et 57 secondes.

Le réalisateur de l’émission était M. Bernard Gonner. La présentatrice, Marika Princay. Venons-en aux participants: David Hamilton et Gabriel Matzneff. Et aussi un philosophe (Marc Sautet), une publicitaire (Sophie Valérie Moreau), un scénariste très ami de David Hamilton (Philippe Gautier) et enfin Dominique Garnier, du magazine « Parents ».

Très jolie émission, où Gabriel Matzneff, David Hamilton et les autres intervenants étaient parfaitement d’accord quant à l’éducation des jeunes filles. Oui, charmante émission, et propos d’une exquise urbanité de Matzneff et Hamilton.

Ce qui démontre, accessoirement, que les deux hommes se connaissaient. Et ceci, même si Matzneff n’a pas dit un mot lors de la mort – tragique et mystérieuse – de David Hamilton.

Pourtant, de cette émission, aucun journaliste n’a parlé…

 

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Un épigone de David Hamilton

David Hamilton et le photographe allemand Max Stolzenberg, été 2016

A lire : https://maxstolzenberg.com/2020/02/10/a-great-article-about-max-stolzenberg-in-the-online-magazine-aphog-next/

Photographie de Max STOLZENBERG, ami de David Hamilton. Photo empruntée au site http://maxstolzenberg.com/, auquel nous renvoyons

Ainsi que : https://www.aphognext.com/fotografen-stellen-sich-vor-max-stolzenberg/

FRIEDERIKE, photographie de Max Stolzenberg, empruntée à son site Internet

 

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Quelques toutes petites nouvelles pour les abonnés du blog

 

« Leidenschaftliche Blümchen » d’André Farwagi (1977), film avec Natassja Kinski

Je traverse une période de grande tempête et, depuis quelques jours et pour quelques autres  encore, il n’y a et il n’y aura pas de nouveaux articles sur ce blog. Cependant, et c’est une excellente nouvelle, un des abonnés du blog a bien voulu m’acheter un nouvel ordinateur – que je n’ai pas encore vu – mais que je vais bientôt recevoir, selon toute probabilité. Je l’en remercie. Cela devrait me permettre de recommencer la publication d’articles sur le blog « En défense de David Hamilton« .

Pour le reste, j’ai eu le très vif plaisir de rendre tout récemment visite – c’était hier – aux lieux qui furent, tout près de Paris, ceux de mes premiers slows. Et aussi de rencontrer quelques amis écrivains. Un poète parisien, à midi, m’a dit qu’il me considérait comme « l’un des écrivains marquants du passage en France du vingtième siècle au suivant ». D’autres m’ont affirmé qu’ils avaient largement préféré mon Je crie à toutes filles mercis (mes mémoires éphébophiles) au dernier tome (paru en novembre 2019) du Journal de Gabriel Matzneff. Ce sont des compliments qui m’étonnent, me touchent, me font plaisir.

De tout cela, je parlerai presque certainement, dans un futur plus ou moins proche, sur ce blog. Ou mieux encore, dans un futur roman – que je n’ai pas complètement perdu l’espoir d’écrire. Il y serait question entre autres (mais pas exclusivement) d’un malheureux petit enfant mort il y a exactement deux mois, le 11 décembre 2019.

Je suis  fort heureux que mes livres Dans le ciel et Je crie à toutes filles mercis se trouvent de plus en plus diffusés dans les bibliothèques de quelques intellectuels, journalistes et critiques parisiens. Et, aussi, de quelques jeunes gens et jeunes filles. Il me reste à espérer que quelque critique ait le courage et le bon goût d’en parler dans un  journal ou l’autre…

Où que j’aille, dans quelque ville que je doive m’installer, mon espérance est avant tout liée à la possibilité d’écrire encore quelques livres – et même, pourquoi pas, une biographie de David Hamilton.

David Hamilton, photographie datant probablement du 26 octobre 1977.

*

A relire : https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/03/comment-la-societe-fabrique-des-parias-gabriel-matzneff-et-olivier-mathieu/

Mais aussi, sur le blog de Roland Jaccard : https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/09/la-verite-sur-lamour/

« C’est David Hamilton qu’on assassine », préface de Roland Jaccard.

 

 

Publié dans David Hamilton

Pas facile d’être un paria

Abonnez-vous au blog!

 

Actuellement sans ordinateur, le blog « En défense de David Hamilton » doit observer une pause. Cependant, un de nos amis – un artiste – a accepté, selon toute vraisemblance, de nous offrir un nouvel ordinateur, ce qui permettra la reprise du blog.

La semaine prochaine, je devrais en outre avoir le très grand plaisir de rencontrer un ami et plusieurs autres personnes, et de saisir cette occasion pour leur offrir quelques exemplaires de mes livres.

Couverture du livre « Je crie à toutes filles mercis ».

Notamment Je crie à toutes filles mercis et Dans le ciel.

A ce sujet : https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/

Si je n’ai pas assez d’exemplaires avec moi, ce ne sera que partie remise. Les abonnés au blog, et ses lecteurs, peuvent d’ailleurs se renseigner au sujet de mes livres en m’écrivant un message (utilisez les commentaires de ce blog, merci).

Très probablement, il n’y aura pas d’articles sur le blog pendant les dix ou quinze prochains jours.

La falaise d’Arromanches (photo du début du vingtième siècle)

Mais, la semaine prochaine, je compte rendre visite aux lieux que j’ai décrits dans mon roman « david-hamiltonien » Voyage en Arromanches. Qui s’inspire de faits datant des années david-hamiltoniennes 1976-1979 environ.

Lisez: http://fattorius.over-blog.com/article-une-adolescence-a-marly-le-roy-62612963.html

Et aussi : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/02/28/roland-jaccard-et-le-jour-beni-des-premiers-slows/

Roland Jaccard (photo empruntée à son blog)

Nostalgie, quand tu nous tiens!

Publié dans David Hamilton

Création d’un néologisme: les boumières !

Photo David Hamilton

« Le premier vers est donné par les Dieux », disait Paul Valéry. Quant à moi, je viens d’inventer ce soir un mot qui, après une sommaire vérification, m’a tout l’air d’être un vrai de vrai néologisme. Je ne le trouve dans aucun dictionnaire et, sur Google, il n’apparaît strictement nulle part.

Photo David Hamilton, début des années 1970.

Ce néologisme est: boumier. Et son féminin: boumière. J’imagine le titre d’un roman: Les boumiers.

Ou, mieux encore: Les boumières. Tel aurait pu être le titre, d’ailleurs, d’un roman où j’ai narré  l’histoire des boums de ma jeunesse: Voyage en Arromanches.

Les boumières! Je m’étonne très fort que Roland Jaccard n’ait pas donné ce titre à l’un ou l’autre de ses romans, ou David Hamilton à l’une de ses photographies!

Je ne sais pas combien de romans j’écrirai encore, mais voilà un titre auquel je songerai !

Balthus

Publié dans David Hamilton

Au temps où chaque année chantait sa petite fille de « moins de seize ans »

En ce temps-là, il y avait une « petite fille » chaque année – ou presque – pour l’adorable C. Jérôme (chansons Quinze ans, et puis Petite fille 1970 et La petite fille 73), pour Pierre Groscolas, pour Christophe, pour Santiana, pour Philippe Chatel (Ma lycéenne), pour Jean-Michel Caradec, pour Gaston Schaefer (Elle n’a peut-être pas quinze ans), pour Emmanuel Saint Laurent (Pour tes seize ans), pour Jacques Hustin (Les petites filles de David Hamilton), pour Claude Michel Schönberg (Quinze ans), pour Maxime Leforestier qui aimait « tout un pensionnat »… Yves Simon et Diabolo Menthe

Les lecteurs de Konkret, chaque semaine,  en Allemagne, avaient droit à des couvertures sublimes.

Les pages intérieures étaient si belles, aussi.

 

Voici une autre couverture – une couverture politique, ici – du fameux journal allemand « Konkret », n° 28, daté 23 novembre 1972. Vous reconnaîtrez facilement Willy Brandt et Karl Marx. En pages intérieures, il y avait entre autres un récit de Henry Miller.

Konkret, 1972.

Mais aussi (dans ce numéro du 23 novembre 1972) une photographie – pas extrêmement connue – de David Hamilton. La voici.

Journal allemand « Konkret », n° 28, daté 23 novembre 1972.
Photographie (détail) David Hamilton

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Harvey Weinstein: est-ce que tout cela n’est pas un peu trop pour un seul paria?

 

Que dire à la lecture d’un article paru dans Purepeople au sujet des accusations de Jessica Mann (« Mann », homme, en allemand!) contre  Harvey Weinstein?

« Plus tard, alors qu’elle était en compagnie d’une assistante du producteur, il l’a attirée dans une chambre et a tenté de l’embrasser. Elle s’est défendue, a résisté verbalement mais il est parvenu à lui faire un cunnilingus. « J’ai commencé à feindre un orgasme pour me sortir de là », avant de parvenir à quitter les lieux, a-t-elle assuré. « J’étais paumée », a-t-elle dit sur la suite de ses rapports avec le magnat de la Weinstein Company. « J’ai décidé d’avoir une relation (suivie) avec lui, a-t-elle poursuivi. C’était extrêmement dégradant. » Harvey Weinstein a été de plus en plus loin, lui imposant des parties à trois, lui urinant dessus, lui lançant : « Tu aimes ma grosse bite juive ? » Décrivant l’hygiène déplorable du producteur – « il sent la merde, pardon » – la plaignante a également déclaré : « Il n’a pas de testicules. Quand je l’ai vu nu pour la première fois, j’étais pleine de compassion. » Jessica Mann n’avait pourtant qu’un rêve en tête, celui de devenir une actrice connue« .

(Extrait textuel de :  https://www.purepeople.com/article/harvey-weinstein-n-a-pas-de-testicules-nouveau-temoignage-glacant-au-proces_a372839/1   )

J’avoue avoir du mal à comprendre. Harvey Weinstein, donc, essayait d’embrasser une femme devant une de ses assistantes? Pas très discret… Cette assistante est-elle toujours vivante aujourd’hui? On ose espérer que son témoignage sera analysé.

J’avoue avoir du mal à comprendre. Jessica Mann s’est défendue « verbalement », mais il a « réussi à lui faire un cunnilingus » et elle a « feint un orgasme » avant de « décider d’avoir une relation (suivie) avec lui »?

J’avoue avoir du mal à comprendre. « C’était extrêmement dégradant » mais Jessica Mann « n’avait qu’un rêve en tête, celui de devenir une actrice connue » ?

J’avoue avoir du mal à comprendre. Harvey Weinstein n’aurait pas de testicules? Il faudrait consulter des scientifiques, mais oui, j’aimerais des explications. Harvey Weinstein serait-il né sans testicules? Ou aurait-il subi une ablation des testicules, appelée castration? Une ablation des testicules n’entraîne-t-elle pas une perte partielle ou complète de l’érection?…

J’avoue avoir du mal à comprendre: si par exemple Harvey Weinstein était réellement « sans testicules », ne serait-ce pas un handicapé? Une victime? Or… la discrimination au handicap n’est-elle pas interdite? Surtout dans un monde qui organise des Jeux Olympiques où les unijambistes courent le cent mètres, et où des gens paralysés dans leurs fauteuils roulants jouent au basket?

J’avoue ne pas comprendre. Harvey Weinstein lui aurait « imposé » des « parties à trois », lui aurait « uriné dessus« , lui aurait lancé : « Tu aimes ma grosse bite juive? » et enfin, selon son accusatrice, il « sentirait la merde« .

On a envie de demander: est-ce que tout cela n’est pas trop, pour un seul homme?

On a déjà eu dans l’Histoire, ou dans la vie politique, ou dans les scandales du gossip, des accusations où les sycophantes et les délateurs en font trop. Les accusations de Jessica Mann sont-elles crédibles? Il ne manque guère plus que d’affirmer que Harvey Weinstein est cannibale, que sa cave est pleine des cadavres de vieilles dames, qu’il est membre du KKK, ou qu’il sodomise des poulets en déclamant des discours de Staline, ou qu’il est pédophile…

Un ancien article de Roland Jaccard sur Gabriel Matzneff

Les accusations lancées contre les parias d’aujourd’hui sont souvent grotesques à force d’exagérations manifestes. En vérité, d’un paria à un autre, les situations – et la réalité des faits – diffèrent. Prenons encore une fois le cas de Gabriel Matzneff: les actes qu’il se vantait de commettre (dans certains de ses livres)  sont condamnables aujourd’hui au regard du droit, et ils l’étaient déjà à l’époque.

D’autres artistes, en revanche, sont devenus des parias (au sens qu’a ce mot, des personnes méprisées, écartées d’un groupe donné particulier voire exclues de la société entière) alors qu’on leur reproche – par exemple – des propos qui, au moment où ils avaient été prononcés, ne constituaient pas un délit pour la loi en vigueur!

David Hamilton, Paris, été 1977

Hélas, dans la caste des sycophantes, pour les censeurs qui adorent les « lynchages médiatiques » (souvenons-nous, ainsi, du « lynchage » verbal organisé par Ardisson contre David Hamilton), on n’établit guère de distinction entre un paria, et un autre. Il est plus simple, il est plus simpliste d’avoir et de propager une vision du monde où il y a d’un côté les « mauvais » (ceux qui ne pensent pas comme eux, leurs ennemis, les rebelles, les artistes…), et d’un autre côté les « bons » : eux.

Ainsi, on met dans le même sac Roman Polanski (qui a avoué certains faits à la justice américaine, qui a dépensé beaucoup d’argent pour un « arrangement judiciaire », qui a été un peu plus d’un mois en prison) et David Hamilton (qui, lui, n’a jamais été condamné à rien, qui n’a jamais rien avoué, qui a toujours rejeté les accusations portées contre lui, qui n’a jamais été en prison).

Polanski avec Natassja Kinski et Dawn Dunlap, Paris, 1979

Juste deux cents ans après l’immense succès de la tragédie de Casimir Delavigne (1821, Le Paria), le monde moderne et contemporain va multiplier les parias.  Certains de ces parias seront condamnés. D’autres pas, grâce à la prescription. Ou encore parce qu’ils sont innocents et le démontreront devant les tribunaux.

En tout cas et à nos yeux, non, un paria n’est pas un autre paria. Ils entrent dans la catégorie des parias, si l’on veut. Leurs expériences, leurs vies sont souvent semblables sur beaucoup de points. Pas tous, d’ailleurs: certains sont richissimes et peuvent se payer les meilleurs avocats. D’autres, qui sont pauvres, doivent se contenter au mieux d’avocats nommés d’office. Exemple: lors de la campagne de presse contre David Hamilton, aucun avocat ne s’est manifesté, en tout cas publiquement et dans l’exercice de sa fonction.

Harvey Weinstein est Harvey Weinstein, Jeffrey Epstein est Jeffrey Epstein, Roman Polanski est Roman Polanski, David Hamilton est David Hamilton. Gabriel Matzneff est Gabriel Matzneff. Et, avec votre permission, Olivier Mathieu est Olivier Mathieu.

Jaccard et Matzneff

Si tout homme devrait répondre de ses actes, il devrait être en revanche inacceptable que quelque homme que ce soit puisse se voir condamner pour une pensée, un écrit ou un livre.

Il y a une différence, de sacrées différences (toute personne ayant un cerveau en état de fonctionnement devrait le comprendre, me semble-t-il) entre qui est accusé de faits délictueux, et qui est accusé d’opinions ou de simples goûts. Et quoi qu’il en soit, la présomption d’innocence vaut pour tous.

Ce sera aux tribunaux de dire s’ils désirent reprocher quelque chose, en 2020, qui ne soit pas prescrit, à Gabriel Matzneff. En revanche, mettre des livres à l’Index – même des livres ridicules, même de mauvais livres – est toujours un crime. Un crime contre l’esprit. On a parfaitement le droit d’aimer, et pourquoi pas de détester, les livres de Gabriel Matzneff. Les brûler est toujours une salauderie.

On en vient à rêver d’un monde où régnerait une vraie liberté de pensée, d’expression et de publication. Une liberté qui irait de pair, de préférence, avec la qualité d’expression. Un monde où l’on ne raisonnerait pas par des slogans ou par des formules éculées à force d’être répétées. Slogans et formules (« prédateur », « ogre », « emprise »…) qui obtiennent ou reçoivent ainsi le statut de « symboles » mais, fondamentalement, rien d’autre.

Campagne publicitaire pour les chaussures François Villon » 1974 par David Hamilton

On en vient à rêver d’un monde où les accusés ne seraient pas des condamnés d’avance. Un monde où la culture serait une culture digne de ce nom: celle des vrais créateurs. Et où cette même culture ne serait pas (comme il advient désormais) contaminée par le gossip. On en vient rêver d’un monde où existerait une vraie solidarité – probablement utopique, hélas – entre tous les parias.

Je crois que c’est ce que veut dire Roland Jaccard quand, dans ses si beaux articles, il dit défendre aussi bien Weinstein, Epstein, Polanski ou Ramadan. Ou David Hamilton, bien entendu.

Roland Jaccard

 

 

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« Le retour du mythe David Hamilton » (Photo, 1992)

Blog « En défense de David Hamilton ».

Bibliographie.

Numéro de « Photo« , n° 296 (hors série / octobre 1992).

En couverture: Claudia Schiffer.

 

Pages 22 à 32, dix pages de photographies de David Hamilton à l’occasion de la sortie de l’album Vingt-cinq ans d’un artiste.

 

Couverture du n° 296 de « PHOTO » (octobre 1992), avec un article en pages intérieures sur « Vingt-cinq ans d’un artiste » de David Hamilton

Couverture « dépliée » de ce même numéro de « PHOTO« . On note la mention à David Hamilton: « LE MYTHE HAMILTON EST DE RETOUR« 

Page 3 (table des matières) de ce numéro de Photo. La photographie en noir et blanc représentant une modèle de David Hamilton se trouve à côté de la reproduction de la couverture.

Même numéro de « PHOTO » (détail de la page 3)

 

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Destins croisés d’écrivains exilés et cherchant dans les nuages les frontières d’une patrie perdue

Le Matin Dimanche, 12 janvier 2020, illustration: Roland Jaccard et Gabriel Matzneff

« C’est bien l’étranger sur la terre du psaume 119, l’exilé qui cherche dans les nuages les frontières d’une patrie perdue »…

(J. Green, Journal, 1942).

 

Roland Jaccard est un ami intime, depuis des dizaines d’années, de Gabriel Matzneff (et leur photographie à la piscine Deligny – voir plus haut – n’aura certes jamais tant été publiée que ces jours-ci!) : alors, le fait que l’auteur de L’exil intérieur vienne d’établir – sur son blog – un parallèle entre les destinées de deux écrivains « exilés de l’intérieur » – Matzneff et moi – me fait plaisir. N’ai-je pas toujours été moi aussi, dès ma naissance, « guelfe au gibelin et gibelin au guelfe »? Sans doute même un article de Roland Jaccard ne suffira-t-il pas pour démêler les écheveaux du destin de Gabriel Matzneff, ou du mien. Mais c’est  un premier pas, salutaire, dans cette direction. Ni Roland Jaccard, ni Gabriel Matzneff, ni moi-même ne sommes obligés, par bonheur, de penser sur tous les points rigoureusement de la même façon, ce qui serait le prélude à un monde digne du 1984 d’Orwell. En revanche l’amitié, la littérature, la liberté d’expression, le respect des différences de chacun, voilà des valeurs intangibles – et qui devraient l’être et le rester.

O.M.

Roland Jaccard (photo empruntée à son blog)

Lectures suggérées

Parias: https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/03/comment-la-societe-fabrique-des-parias-gabriel-matzneff-et-olivier-mathieu/

Blanches colombes et vilains messieurs: https://leblogderolandjaccard.com/2019/12/30/blanches-colombes-et-vilains-messieurs/

Roland Jaccard sur Gabriel Matzneff : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/27/a-propos-de-matzneff/

Roland Jaccard, « Propos intempestifs » (sur Gabriel Matzneff) : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/24/propos-intempestifs/

Et aussi  (Roland Jaccard sur Gabriel Matzneff) : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/

« Gabriel Matzneff: le droit au déshonneur » (par Roland Jaccard): https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/03/matzneff-le-droit-au-deshonneur/

David Hamilton

Par ailleurs

Article de Roland Jaccard sur David Hamilton et Flavie Flament dans Causeur d’Elisabeth Lévy (février 2018), avec une mention du Portrait de Dawn Dunlap: https://www.causeur.fr/david-hamilton-flavie-flament-philosophie-149372

Dans le ciel : https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/

Je crie à toutes filles mercis : https://leblogderolandjaccard.com/2018/11/12/olivier-mathieu-dit-merci-a-toutes-les-filles/

Jaccard et Matzneff

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Quand les exilés de l’intérieur finissent par devoir parcourir aussi les routes des exils géographiques…

Quand les exilés de l’intérieur finissent par devoir parcourir aussi les routes des exils géographiques…

 

Petites pensées de ce soir, sur l’exil.

 

Aujourd’hui, tout le monde dans la presse française, et dans les milieux de l’édition, parle d’un écrivain exilé en Italie.

 Cela dit, dans une société qui est en effet celle de « l’exil intérieur » prédite bien à l’avance par Roland Jaccard (P.U.F., Collection «Perspectives critiques », Paris, 1975, 160 pages), c’est-à-dire de millions d’individus coupés du monde, de la réalité et de l’Eros, si c’était dans l’exil, le vrai, que résidait l’aventure ultime des créateurs?

Heureux – qui sait? – ceux qui vivent des exils que l’on dit dorés… En tout cas, la certitude de tous les exils est de finir – et sans doute de mal finir. Au demeurant, aucun exil authentique ne peut « bien » finir.

Que fut David Hamilton, lui-même, sinon un exilé?

*

Voici de vastes extraits d’un poème sur le thème de l’exil, que j’ai écrit en Italie en 2010.

 

J’ai, rouge ou noir à la roulette,

Quitte ou double, des pommes bleues,

Joué, perdu, gagné disette.

Seul le miroir connaît mes yeux.

Comme ils sont lointains, les nuages

Qui devant le Soleil passaient

Par les après-midi d’enfance!

Ici ou là, de tant de cloches,

Le matin, du vent de Trouville,

Mon Robert Pioche, ou d’Arromanches,

Te souvient-il de tant de villes,

De Venise au son de ses cloches?

Il n’est pitié pour l’exilé

Qui a récusé le Veau d’Or,

Pour le pauvre aux souliers troués,

Le clochard aux hardes qui puent.

Comme les pétales des roses,

Le sang tarit, la langue est morte,

Où donc ont fui les belles choses

Des temps allés de la jeunesse?

Tout fut une histoire d’errance,

Le monde à l’envers est si rance.

La flamme de mes yeux vacille,

Le règne d’exil est douleur

Et il a nom le gel au cœur

Et il a nom le gel au corps.

Il n’est pitié pour l’exilé,

Ni pour l’affamé pomme bleue.

J’ai, à la dernière roulette

Qui fut celle des pommes bleues,

Gagné froid noir et double faim.

Je n’aurais pu choisir, en somme,

D’autres chemins, amours et livres.

On ne revient pas en arrière.

Il ne sera plus d’évasion

Que de la terrestre prison.

Loin d’enfance, et sans plus long temps,

Douleur au cœur, au corps qui gèlent,

Robert Pioche a sans pommes bleues

Dans le miroir ses yeux d’enfant.

 

(Les jeunes filles ont l’âge de mon exil, 2019. Trois éditions: 2010, 2016 et 2018).

 

 

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Benvinguts al bar Bilitis, que ja no existeix, a Barcelona

C’était il y a très longtemps, à Barcelona (Catalunya).

Benvinguts al bar Bilitis, que ja no existeix, a Barcelona…

Bar musical Bilitis (Barcelona, Catalunya), probablement années 1970

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Quand la Beauté arrache des larmes

 

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D’où peut venir « Metoo » ?

En français « mitou », à l’origine, est un « gros chat ». Quant à « faire le mitou », cela signifiait « faire l’hypocrite ».

Au fait, on notera que « chat » est un substantif masculin, ce qui est sans doute atrocement patriarcal. Comment appeler une grosse chatte? Une mitoue?

 

Ici, je tente deux vers pentasyllabiques sur la pure hypothèse

Metoo = vomi tout.

 

– « Ô mon ami! Tout

J’ai vomi! »

                   – « Tout? « 

                                       –    « Tout! »

 

Autre pure hypothèse, cette fois en deux tétrasyllabes, sur

Metoo = gémi tout

 

– « Ô oui, mon saoul

J’ai gémi tout! »

 

Enfin, troisième pure hypothèse, « Metoo » serait une anglicisation du français « mis tout », un peu comme OK et « aux quais ».

Ici, un essai en quatre vers de six syllabes.

 

– Il te l’a mis, mais où?

– Il me l’a mis, là, tout!

– L’a-t-il mis à demi?

– Non! Il me l’a mis tout!

 

 

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Roland Jaccard et les silhouettes david-hamiltoniennes des adolescentes d’autrefois enfuies

« Moi, j’aspire avec une désinvolture qui n’est pas feinte à retrouver mon adolescence ».

(Roland Jaccard)

JUILLET1986, calendrier SITAG SWISS FORM COLLECTION de 1986. Auteur: David Hamilton

J’ai une bonne nouvelle pour Roland Jaccard. Son article – « Une semaine avec Karina » -, qu’il a bien voulu me demander de publier sur mon blog (un blog qui croit à la liberté d’expression complète et totale) a eu – hier – 1687 visites !

Il y a dans cet article une phrase que je trouve magnifique en sa simplicité. Une phrase que j’aurais pu écrire. La voici : « Moi, j’aspire avec une désinvolture qui n’est pas feinte à retrouver mon adolescence« .

En quelques petits mots, tout est dit. C’est une phrase (écrite) qui ressemble à une phrase (musicale) du concerto 20 de Mozart, interprété par celle qui a toujours été, dès mon enfance, ma pianiste préférée: Clara Haskil.

Cher Roland, tu ne retrouveras pas ton adolescence. Tu n’en as pas besoin. Moi non plus. Nous ne les avons jamais perdues. C’est ce que j’ai exprimé dans plusieurs de mes romans (par exemple Voyage en Arromanches, 2010) ou encore dans mes mémoires (Je crie à toutes filles mercis, 2018).

Voyage en Arromanches : http://fattorius.over-blog.com/article-une-adolescence-a-marly-le-roy-62612963.html

C’est ce que je tenterai aussi de dire dans un prochain livre, un roman qui s’intitulera peut-être (si je l’écris) Le joueur d’échecs, et dont les personnages seront moi-même et un enfant qui vient de mourir, il y a  moins de deux mois, à l’âge de huit ans.

L’écrirai-je? La réponse est ici : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/vous-etes-un-mecene-misanthrope-lisez/

Mozart par Clara Haskil, un livre de Roland Jaccard, un album de photographies de David Hamilton, mon Voyage en Arromanches… Alors, nos adolescentes d’autrefois ne sont pas mortes. Les petits enfants partis trop tôt dans le ciel ne sont pas morts non plus. Tout est présent.

Dans le ciel (recension de Roland Jaccard) : https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/

Ce sont des choses qui se savent et se sentent, et n’ont pas vraiment besoin d’être expliquées. Il n’y a que les imbéciles qui aient besoin d’explications.

 

 

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De « Après nous, le déluge » à « Avant nous, la purge »…

L’Internationale demandait : « Nous ne sommes rien, soyons tout ».

Aujourd’hui, c’est: « Avant nous, la purge ».

*

Dans Le Point, voici un article intitulé carrément: « Faut-il purger les années 1970 et 1980? »

On y lit :

https://www.lepoint.fr/societe/art-faut-il-purger-les-annees-1970-et-1980–01-02-2020-2360766_23.php

« Dans le sillage de l’actrice et écrivaine Eva Ionesco, qui faisait condamner sa mère en 2015 pour avoir diffusé, au début des années 1970, des clichés hypersexualisés de sa petite fille, dans celui de Flavie Flament, qui accusait en 2016 David Hamilton – dont les photos érotiques de jeunes filles prépubères sont si emblématiques de ces années-là – de l’avoir violée, une autre parole se fait aujourd’hui entendre : celle des victimes », etc.

On rappellera à la journaliste du Point qu’elle serait probablement incapable de trouver une seule photographie de nu, signée David Hamilton, représentant des enfants pré-pubères.

Visiblement, les journalistes se recopiant les uns les autres, le prochain mot à la mode sera, dans les prochains jours ou les prochaines semaines, au moins en ce qui concerne David Hamilton:  « prépubère« .

Pour conclure, cependant : les gens qui appellent à la « purge » seraient peut-être bien inspirés d’être prudents: des fois que, dans cinquante ans, quelqu’un ne suggère de les « purger », eux.

 

 

 

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David Hamilton, grand artiste à l’esthétique pas le moins du monde « prépubère »…

A signaler aujourd’hui, dans la presse, cet article écrit par une dame – qui affirme avoir été violée autrefois -, article illustré par une photographie de David Hamilton:

https://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/571966/jeu-viral

On y lit cette phrase (légende de la photographie) : « Les années 1970 ont baigné dans son esthétique prépubère ».

Huit illustrations extraites du livre « SISTERS » de DAVID HAMILTON (livre paru au début des années 1970). Images dont on peut noter la beauté, ou la délicatesse extrême. Cela va de soi. Mais où il est impossible de trouver quoi que ce soit de « prépubère » (sic). D’ailleurs, si l’on devait jeter dans des autodafés un livre comme celui-là, il faudrait alors également fermer tous les musées d’Europe…

 

Or – si les mots ont encore un sens – il n’y a jamais rien eu de « prépubère » chez David Hamilton, la presque totalité de ses photos (pour ne pas dire la totalité) ayant représenté des jeunes filles pubères. Et nubiles (nubile: en âge de se marier).

Toutes ces photographies ont jadis illustré albums, cartes postales, revues de photographie (parfois des couvertures de revues), mais les modèles n’étaient (à l’évidence!) en rien « prépubères ».

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La mue de l’intelligence humaine

Invitée d’une émission (journaliste: Élizabeth Martichoux), Marlène Schiappa – secrétaire d’État « à l’égalité femmes-hommes » – a évoqué les douze nominations du film J’accuse de Roman Polanski aux César 2020 (dont celles de la meilleure réalisation et du meilleur film). Voici un sujet que je me sens d’autant plus libre de traiter qu’à mes yeux Polanski a fait quelques très bons films, et d’autres plutôt mauvais, et que je ne partage pas sa façon de penser sur plein de sujets.

« En plébiscitant le film d’un réalisateur accusé de viol et d’agression sexuelle par une dizaine de femmes, les Césars sont-ils complices de la culture du viol ? » demande Elizabeth Martichoux. C’est ce que l’on appelle une question posée sur un plateau!

« Pour être claire, je n’ai pas appelé à la censure du film J’accuse, ce n’est le gouvernement qui décide ou valide les nominations de l’Académie des César », croit bon de préciser Marlène Schiappa.

Elle ajoute: « Maintenant, je m’interroge sur le message envoyé et je n’ai pas le sentiment que le cinéma français ait fait sa mue en ce qui concerne les violences sexistes et sexuelles faites aux femmes ».

Le président de l’Académie, M. Alain Terzian, a fait noter – position d’un indéniable bon sens – que les Césars ne sont « pas une instance qui doit avoir des positions morales ».

On a tout de même appris (quelle nouvelle palpitante!) que si, le soir de la cérémonie de la 45e édition (28 février 2020), le film de Polanski remportait des récompenses, Marlène Schiappa n’applaudirait pas : « Ça me choque, je me demande quel message envoyer aux femmes, notamment à celles qui vont travailler dans le monde du cinéma (…) Par le cinéma, on a pu libérer la parole et l’écoute de la société vis-à-vis des femmes, mais il ne faudrait pas que le cinéma fasse faire trois pas en arrière sur ce combat. »

J’avoue quant à moi ne toujours pas comprendre le lien qu’il y aurait entre applaudir (ou pas) une oeuvre d’art, et les choses reprochées à un artiste. J’avoue ne toujours pas comprendre en quoi je me rendrais coupable d’apologie d’assassinat si je déclare admirer les poèmes de François Villon ou les tableaux du Caravage. Ou les chansons de Lacenaire.

Valbayre, dans Lamiel de Stendhal, c’est lui: Lacenaire. On le retrouve chez Balzac (La Muse du département), chez Théophile Gautier (Émaux et Camées). Charles Baudelaire a vu dans ce même Lacenaire « un des héros de la vie moderne ». Fiodor Dostoïevski n’aurait pas écrit  Crime et Châtiment, probablement, sans Lacenaire. Et Lautréamont, le quatrième chant des Chants de Maldoror. Est-ce que Stendhal, Balzac, Gautier, Baudelaire, Dostoïevsky et Lautréamont (pour ne parler que d’eux) sont coupables d’apologie d’assassinat?

Il me semble, à moi, que c’est l’intelligence humaine qui fait sa mue, ces temps-ci.

Publié dans David Hamilton

« Une semaine avec Karina », un grand article de Roland Jaccard

Voici aujourd’hui, 30 janvier 2020, sur notre blog, un texte de Roland Jaccard. Un très beau texte, ajouté-je. Et des illustrations choisies par lui.

*

UNE SEMAINE AVEC KARINA,

PAR ROLAND JACCARD

*

Ce mercredi 12 septembre 2019

Je ne sais pas ce qui m’arrive.

J’avais décidé de mettre un terme à ma vie sentimentale. Après tout, j’approchais des quatre-vingts ans. Je n’avais que trop joué les vieux beaux, rôle que j’avais toujours juge ridicule. Ma dernière conquête avait cinquante ans de moins que moi. Elle m’avait plaqué. Je m’y attendais. Je l’approuvais. À sa place, j’aurais fait de même.

Un ami m’avait conseillé de m’inscrire sur Tinder et de ne pas négliger les réseaux sociaux. Je me suis donc mis à la page. L’expérience ne fut pas concluante : trop de filles vénales, analphabètes et, à mon goût, trop vieilles ou trop grosses – souvent les deux à la fois. Je m’étais rabattu sur Asia Charm. Je voyageais ainsi à travers l’Asie, sans les désagréments du tourisme lambda. J’étais pratiquement converti au virtuel.

Illustration choisie par Roland Jaccard pour ce premier article. Pochette de disque, photo David HAMILTON.

 

Et soudain, dans la nuit, je reçus un message d’une fille qui ne savait pas où dormir. J’avais pris mes somnifères. Intrigué, je lui proposai néanmoins de passer chez moi. Je ne m’attendais à rien, ayant pour principe qu’il ne faut jamais rien attendre – sinon le pire. Le pire peut d’ailleurs avoir un certain charme. Je songeais par ailleurs à faire un livre sur Magda Goebbels.

Ce n’est pas l’égérie du Troisième Reich qui frappa à ma porte, mais une très jeune fille tirant derrière elle une grosse valise. Elle frissonnait. Je lui préparai un thé. Elle était exténuée. Ce qu’elle voulait, c’était un lit. Ce que je voulais, c’était son corps enfantin. Je me gardai bien d’insister. Je retournai dans ma chambre. Quelques minutes plus tard, elle s’était endormie. J’avais juste appris que son film préféré était :  » Pierrot le fou ». Cela tombait bien : c’était également le mien. Elle avait une frange…que demander de plus ? Je lui donnai le prénom de Karina. J’en saurai plus à son réveil.

Illustration choisie par Roland Jaccard pour ce premier article.

Ce jeudi 19 septembre 2019

À l’exception d’un baiser sur la bouche, je n’en sais rien de plus. Elle partait pour son travail…et moi je somnolais encore. Je redoutais d’avoir une sale haleine.

« Elle est de sa génération », m’a dit avec une lassitude étudiée Philippe  avec qui nous dînions hier soir chez Yushi. Il a ajouté : « Au bout d’un mois tu t’ennuieras avec elle.» Ce que j’apprécie chez Philippe, c’est son désabusement et son goût pour l’échec. Tout court à sa perte pour lui. Nous nous rejoignons sur ce point. Mais je doute qu’il goûte encore avec volupté aux câlins d’une gracieuse gamine. Trop blasé pour ça. Moi, j’aspire avec une désinvolture qui n’est pas feinte à retrouver mon adolescence. Décidément, les vieux sont ridicules. Et il n’y a pas plus fou qu’un vieux fou.

Karina, je précise qu’elle est à moitié turque et à moitié arménienne, laisse sa valise chez moi. Elle parle si vite – et sans articuler – que je ne comprends que la moitié de ce qu’elle me raconte. C’est sans doute ce qui cimente un couple. Nous verrons dans un mois si Philippe Garnier avait raison. Il a écrit un joli roman qui a pour titre : « Mon père s’est pendu au bout du couloir ». Et un essai sur la tiédeur.

Est-ce Vijak que j’espère retrouver avec Karina. Vijak était Iranienne. Ce fut le grand amour de mes vingt ans. Elle en avait seize. Sweet Sixteen. Mais au bout du couloir, on ne rencontre plus que la mort.

Illustration choisie par Roland Jaccard pour ce premier article. Un si beau film.

Ce vendredi 20 septembre 2019

Son corps est mon opium. Attention : danger ! D’autant qu’elle se donne peu et, du coup, sans rien en laisser paraître, j’ai l’impression d’être un mendiant, un pauvre vieux un peu dégoûtant qui voudrait tant qu’elle m’offre avec générosité ce qu’elle ne me donne qu’avec parcimonie. Quand je le lui fais remarquer, elle me répond qu’il faut du temps. Il m’en reste peu du temps à mon âge. Elle a la vie devant elle….du moins se plaît-elle à le croire. Un seul point d’accord : le suicide à deux est l’apothéose de l’amour. Nous en sommes loin.

Par ailleurs, elle est tendre, discrète, n’élève jamais la voix, ni ne boude. Autre bon point : elle préfère les chiens aux chats. Aurais-je acquis sans le vouloir un chiot ? Ai-je dit qu’elle a le physique gracile d’une Eurasienne qui me fait aussitôt craquer. Elle ignore tout de moi, étant peu portée à la lecture et à la vie intellectuelle. Je n’en sais guère plus sur elle, sinon qu’elle se juge ultrasensible. Mais quelle fille ne pense-t-elle pas l’être ?

Tiens, j’y pense, à son avantage, elle ne fume pas. Pour l’instant, pas la moindre once de perversité. Resterons- nous des inconnus l’un pour l’autre ? Qui se lassera le premier ? Pendant qu’elle voyait une copine, je dînais avec des amis chez Yen ( rue Saint-Benoit, une excellente adresse ). Je leur ai vaguement parlé de Karina. Ils n’en revenaient pas. L’un d’eux m’a soufflé qu’il en dirait deux mots à Gabriel Matzneff. S’il pouvait l’inciter à faire sa chronique du « Point » sur mon John Wayne, ce ne serait pas mal non plus. Notre passion pour le cinéma américain n’était pas moins intense que celle que nous éprouvions pour les moins de seize ans.

À ce propos : le journal non expurgé de Julien Green enfin accessible dans « Bouquins » après une attente de plusieurs décennies. C’est si beau que j’ai failli pleurer au Flore en tournant les pages : enfin de la vraie littérature !

J’ai trouvé un sous-titre pour mon portait de Magda Goebbels : du sionisme au nazisme. Il n’est pas donné à toutes les femmes d’assassiner ses six enfants. J’aurais tendance à le porter à son crédit.

Illustration choisie par Roland Jaccard pour ce premier article. ILLUSTRATION DAVID HAMILTON

Ce samedi 21 septembre 2019

Dans un mouvement d’humeur, j’ai traité Karina de sotte et d’inculte. Elle a aussitôt fait sa valise, commandé un taxi et s’est tirée. Dieu que les jeunes filles sont devenues susceptibles. Et moi qui espérais une nuit orgiaque pour mon anniversaire, me voici bien démuni ! Il me reste Julien Green…

Illustration choisie par Roland Jaccard pour ce premier article.

Ce dimanche 22 septembre 2019

Aucune nouvelle de Karina.

Un anniversaire très réussi au Golfe de Naples avec d’excellents amis. Véronique était présente. Elle m’a raconté ses vacances à Hydra : ce n’était pas de la tarte. Il a fui nu dans les rues d’Athènes. Les mails qu’il lui a envoyés sont joliment tournés. Il lui reproche son vagin trop large et elle de ne pas éjaculer : ce sont les joies du couple. L’ennui avec Véronique, c’est qu’elle parle si vite avec un accent suisse-allemand que personne n’arrive à la comprendre. Elle a un physique de rêve, mais elle ne m’attire pas. L’absence de sex-appeal des Suissesses m’a toujours surpris : le protestantisme leur a enlevé le peu qu’elles avaient.

Ce lundi 23 septembre 2019

Au réveil, sur l’écran de mon IPhone, un « Coeur géant » de Karina. Elle passe en fin d’après-midi. J’ai feint de me réjouir. Mais pour être franc, je redoute ses récriminations. Je redoute encore plus de m’emmerder. D’un autre côté, je me dis que soixante ans de différence, ça a quand même de la gueule ! Ma capacité d’indifférence me surprendra toujours.

« Les femmes qui ont de gros seins ont une petite cervelle » ( ce n’est pas le cas de Karina), disait Sartre qui ne se trompait pas toujours. Que penserait – Il en voyant à quel point aujourd’hui les protubérances mammaires s’affichent fièrement. Quant aux culs, ils ont le volume d’une Buick des années soixante. Et les lèvres, épaisses et soulignées, suggèrent que les filles ont passé plus de temps dans les toilettes des garçons à leur tailler des pipes que dans les salles de classe à étudier : « Le Rouge et le Noir ». Il est vrai à leur décharge qu’on leur enseigne plus volontiers Virginie Despentes que Marcel Proust. Inutile de préciser que pour moi les écoles mixtes sont une catastrophe.

Un danseur étoile du Bolchoï a été interdit à l’Opéra de Paris pour avoir tenu des propos grossophobes. Et dire qu’à dix-huit ans, à Lausanne, dans le journal de la fac, je publiais un article au titre provocateur : « Pas de pitié pour les grosses ! » qui était passé comme une lettre à La Poste. « Une femme n’est jamais assez mince, ni assez riche », disait l’impératrice Sissi. J’en parlais avec Jean-Marc Parisis. Nous sommes tombés d’accord : le physique des filles a tellement changé qu’on en vient à se demander si, inconsciemment, elles ne s’apprêtent pas à être au goût des Africains et des Arabes. C’est à ce genre de minuscules changements qu’on peut prendre conscience du grand remplacement qui s’opère. L’apparence physique relève toujours d’une idéologie : celle de l’islamisation n’est pas de mon goût.

Ce mardi 24 septembre 2019

Les filles de seize ans que je draguais à la piscine Montchoisi, lisaient Oscar Wilde ou Proust. Les plus âgées : « La route des Flandres » de Claude Simon ( quel ennui ). J’avais quelques années de plus qu’elles, mais nous nous comprenions spontanément. Et me voici avec Karina plongée dans une biographie de France Gall …ah les sucettes de Gainsbourg ! Je la caresse doucement. Elle se laisse faire. Mais elle me dit qu’elle est fatiguée. Elle est toujours fatiguée. De temps à autre, elle joue avec mes doigts qu’elle lèche dans sa bouche.

Elle est dans un monde qui n’est pas le mien. Elle est comme un chien abandonné qui aurait trouvé sa niche. Elle m’assure qu’elle partira quand je le lui ordonnerai. Elle m’assure aussi qu’elle est prête à mourir avec moi. Un bon point pour elle. Sa mère est schizophrène, son père alcoolique. Elle n’a pas le bac. Toutes ces filles qui font un master en psychologie sans avoir jamais travaillé, la font doucement rigoler. Elle ne doute ni de son intelligence, ni de son charme.

Ce mercredi 25 septembre 2019

La nuit passée, je me suis introduit dans son lit pendant qu’elle dormait. À son réveil, elle a cru que c’était un rêve. Elle me confie n’avoir eu que deux amants jusqu’à présent. Comme elle n’a aucune raison de me mentir, je la crois. Soudainement, elle m’annonce qu’elle veut lire Shakespeare. Elle demeure un mystère pour moi. Un mystère sans tatouage, ni piercing, ce qui n’est déjà pas si mal.

Mon impression après une semaine : celle d’avoir adopté un chiot. Je donnerais cher pour connaître la sienne.

Ce jeudi 26 septembre 2019

La réponse est arrivée plus vite que je ne l’imaginais. Son ex ( un clerc de notaire ) l’avait plaquée fin août. Dès qu’il lui a envoyé un : « Coucou, ça va ? », son petit cœur d’adolescente a battu la chamade. Elle m’a avoué qu’elle ne parvenait pas à l’oublier. Et qu’elle ne voulait pas m’utiliser comme intérimaire. Ce qu’elle a d’ailleurs déjà fait. Et sans le moindre scrupule, elle qui se prétend si sensible, si morale, musulmane de surcroît. Je l’ai priée de dégager aussitôt. J’ai voulu prendre une vidéo pendant qu’elle se préparait. Elle m’a menacé d’un procès : le fameux droit à l’image – une des inventions juridiques les plus stupides de ces dernières années. Elle m’a piqué un livre de Fabrice Pataud : «Socquettes, tennis et abandon » que j’avais reçu le matin même. M’a promis que dès qu’elle aurait oublié son clerc de notaire, elle reviendrait. Je n’y tiens pas. Adios Karina. Après tout, elle n’a que vingt ans. Elle a droit à l’erreur. Et moi, il me reste Tinder et Asia Charm.

Roland Jaccard

Illustration choisie par Roland Jaccard pour ce premier article. Illustration David HAMILTON.

Publié dans David Hamilton

Gabriel Matzneff: « Pentiti, scellerato »?

L’Affaire Matzneff, ces jours-ci, devient encore plus déplaisante que d’ordinaire.

« Pentiti, cangia vita, è l’ultimo momento! Pentiti, scellerato! » (Don Giovanni)

L’écrivain semble avoir prononcé quelques « excuses » au sujet des pratiques pédophiles (« tourisme sexuel » avec des garçonnets) qu’il décrivait ou dont il se vantait dans certains de ses livres. Ces excuses doivent être soulignées car, sur le blog « En défense de David Hamilton », nous avons toujours insisté (et continuerons à le faire) quant à l’incompréhension totale et absolue que nous ressentons et manifestons à l’égard de tout tourisme sexuel.

Mon ami Roland Jaccard – qui est par ailleurs un ami de longue date de Gabriel Matzneff – a la même position que moi. Tout en défendant l’écrivain Matzneff, il s’est désolidarisé du goût de l’homme Matzneff pour les petits garçons (ou pour les petites filles).

« Contrairement à Matzneff, je n’ai aucune attirance pour les petits garçons et pour les petites filles. Sur ce plan, je suis désespérément normal« .  (Un propos de Roland Jaccard que je partage totalement : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/ )

David Hamilton (vers 1986)

Ni Roland Jaccard, ni David Hamilton, ni moi-même n’avons jamais publié le moindre propos en faveur du tourisme sexuel, ou évoqué quelque attirance que ce soit pour les petits garçons ou les petites filles. David Hamilton, de son côté, n’a photographié que des adolescentes nubiles (nubile: en âge de se marier).

A propos, je ne connais que Roland Jaccard et moi, en France, pour avoir défendu David Hamilton. Une défense que n’a en revanche jamais entreprise Gabriel Matzneff.

Quand Gabriel Matzneff, qui a si souvent parlé du personnage de Don Giovanni, se répand en excuses (qui ne lui serviront d’ailleurs strictement à rien, à mon avis), et j’ajoute: en excuses souvent pas adroites du tout, il n’est hélas plus en rien donjuanesque (que l’on songe à la scène du Pentiti… No!)

La traque

Cela dit, des journalistes de la télévision et de la presse écrite sont allés filmer, photographier, et même interviewer Gabriel Matzneff dans son palace, son « hôtel quatre étoiles » qu’il fréquente depuis dix ans, dont il parle dans son journal intime, et qui se trouve sur le territoire (somme toute exigu) de la Riviera italienne. A si peu de distance de la France.

Il se trouve que je connais à merveille l’Italie, pays où j’ai passé la plus grande partie de ma vie et où j’ai même de la famille. Or n’importe qui, en Italie, simplement avec les renseignements qui précèdent et en observant les photos (notamment dans Paris Match) de Gabriel Matzneff sur le lungomare (le bord de mer), comprend en trente secondes où il se trouve.

C’est ici que réside le danger. Que la justice fasse son travail, tel est son rôle.

Mais ce qui est et reste inconcevable à mes yeux est que ce soit des journalistes qui mettent en oeuvre une sorte de chasse à l’homme, une traque, en publiant suffisamment d’informations, de photographies ou d’images pour que tout le monde sache où s’est réfugié un écrivain âgé de 83 ans.

Que l’on relise – encore – Roland Jaccard, ici :

« Mais le climat général est favorable à la judiciarisation des rapports humains, y compris dans ce qu’il ont de plus intime. Est-ce vraiment un progrès ? Matzneff a-t-il mérité ce qui lui arrive ? Mettons qu’il a sous-estimé la férocité des humains lorsqu’ils chassent en meute et vécu dans une forme d’érotomanie, c’est-à-dire avec l’illusion délirante d’être aimé. Il a passé sa vie à construire sa propre statue. Et voici qu’elle est démolie. C’est un rude coup pour son narcissisme« . (Roland Jaccard: https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/ )

 

Publié dans David Hamilton

Roland Jaccard et le jour béni des premiers slows (republication)

Roland Jaccard et le jour béni des premiers slows (par Olivier Mathieu).

Dans les années 1980 j’ai publié, tantôt dans des revues de poésie (souvent confidentielles), tantôt chez de petits éditeurs, des textes qui évoquaient « Véronique et Corinne », deux filles de ma banlieue, qui furent aussi mes premières amours. Des amours « malheureuses », c’était l’opinion générale, puisque je n’ai jamais couché ni avec l’une, ni avec l’autre.

L’un de mes éditeurs d’alors était un jeune arriviste belgicain aux dents acérées. Je lui avais été extrêmement utile en diverses occasions, par exemple afin de lui présenter un ami à moi, un écrivain – qui avait eu son heure de gloire dans les années 1950 – qui habitait dans la même ville de province que lui.

A la suite de quoi, ce Rastignac du pauvre – qui se disait écolo et me reprochait mes relations d’extrême droite – était arrivé à Paris (une fois) où je lui avais présenté mon cher ami le comte Jacques de Ricaumont, fameux inverti mondain. Le jeune arriviste avait soigneusement évité (dis, fieu) de reprocher ses opinions à Ricaumont, que ce dernier ne cachait certes pas.

Quelques années plus tard, mon gendelettre avait été nommé président d’une association de fonctionnaires de la littérature. Il avait publié quelques bouquins et ça lui avait valu de passer à la téloche dans une fameuse émission animée par l’épicier en chef des critiques littéraires. Je n’avais pas été étranger à sa petite ascension littéraire et sociale mais, dès que les nuages s’amoncelèrent au-dessus de ma tête, ce héros jugea plus prudent – comme tant et tant d’autres – d’oublier mon existence. Ah, j’oubliais: c’était l’un de ceux qui considéraient que je parlais « trop » de Véronique et de Corinne.

C’est vraiment stupéfiant, le nombre de gens que j’ai rencontrés et qui estimaient que je parlais « trop » de ceci ou de cela. Un exemple? Un peu plus tard dans les années 1980, j’ai connu un pseudo-esthète. Un trou du cul intellectuellement endimanché. Toujours prêt à gloser de néo-paganisme, ce pantin grotesque était marié et se vantait très sérieusement d’avoir toujours été « fidèle » à Madame son épouse. Néo-païen et caricature de catho intégriste… Grands Dieux, grands Dieux, quel manque d’imagination à dégueuler… Il estimait que je parlais « trop » d’un des plus grands écrivains du vingtième siècle auquel j’avais consacré plusieurs travaux, dont l’un publié par l’une des maisons d’édition de la boutique idéologique où il battait son beurre.

Quelle difficulté que de faire en sorte que les connards de droite, de gauche, d’extrême droite et d’extrême gauche se fourrent dans la caboche, et si ça leur chantait dans l’anus, l’idée qu’Olivier Mathieu causait de ce qu’il voulait, quand il voulait, autant qu’il voulait…

Ma vie a passé. Je préfère éviter de dresser une liste exhaustive et nominative de tous les petits pigistes qui, dans les années 1980, venaient me supplier de faire paraître leur prose ici ou là, ou de corriger leurs romans. Aujourd’hui, auteurs ou directeurs de publications, ils ont oublié mon existence. Je contemple ce qu’est devenu le petit monde éditorial à Paris.

Nous voici en 2019. Ma santé fout le camp. Fin de parcours imminente en vue. C’est à ce moment que Roland Jaccard lit mes mémoires, « Je crie à toutes filles mercis », une brique de 532 pages. J’aurais pu écrire un ouvrage de cinq mille, qui n’aurait d’ailleurs pas encore raconté toutes mes vies. Mais il n’y a que les ignares, les illettrés et ceux qui ignorent tout de la littérature qui puissent croire que tout ce qui sort de leur plume soit or en barre. A condition que le premier jet soit de qualité, l’écriture ne vaut que par le travail et par des corrections successives et incessantes. Il y a deux choses qu’il faut limer, l’écriture et les donzelles. Ecrire n’est nullement tout dire (comme je le croyais moi-même, parfois, à vingt ans). C’est dire tout ce qui est essentiel.

Roland Jaccard publie dans le « Service littéraire » (mars 2019, n° 126) un superbe article. Ce qui m’a davantage bouleversé? C’est que Jaccard a deviné l’essentielle importance qu’avait eue, pour moi, le jour de mes premiers slows. C’était le 8 mars 1978, à la MJC des Grandes Terres, à Marly-le-Roi. Sympathy, par Rare Bird. Ce fut le jour béni (relisez Apparition de Mallarmé) de mes premiers slows (évoqués dans mon roman Voyage en Arromanches et dans Je crie à toutes filles mercis).

Je n’ai pas forniqué avec mes premières amours. Tant mieux! J’ai eu cette immense chance. Et puis, il fallait bien qu’en quelque chose, j’aie du retard sur des millions d’arriérés. A vingt ans, de même que je ne pensais pas comme le système et l’époque voulaient que je pense, je ne mettais pas non plus ma bite là où celui-ci et celle-là voulaient que je l’introduise.

De décennie en décennie, j’ai toujours été guelfe au gibelin et gibelin au guelfe. Plutôt de droite dans les années où la France était de fausse gauche. Mais jamais maladroit. Plutôt de gauche quand elle était de fausse droite. Mais jamais gauche. Toujours ailleurs, Olivier Mathieu! Ailleurs et partout (partout sauf là où les masses et les majorités m’empuantissaient l’air). Dans quelque milieu que ce fût, j’ai adopté, quasiment par principe, l’opinion de la minorité au sein de la minorité. Je me suis intronisé moi-même avocat de tous les diables. On ne pourra certes pas dire que je suçais la bite aux vainqueurs.

A vingt ans, j’étais puceau. Cinq ans plus tard, j’étais devenu (je le dis en toute modestie) l’un des plus prodigieux séducteurs de tous les temps. Mes contemporains étaient enlisés quant à eux dans le tripalium, la monogamie, le bigotisme, la position du missionnaire dans le noir, la fidélité obligée, l’atroce ennui matrimonial, l’obligation du port de la capote, l’horreur innommable de la famille et de la reproduction humaine.

Je n’ai pas couché avec mes premières amours, j’en suis profondément ravi. Si l’on couchait avec ses premières amours, ce serait la fin de la littérature. Voilà peut-être, en une seule phrase, comment je pourrais résumer Je crie à toutes filles mercis.

Quelque chose me chuchote que c’est de moi que les filles de ma jeunesse (aujourd’hui mortes ou, pire encore, vieilles) se souviennent. Si elles valaient quelque chose, je ne peux en tout cas que leur souhaiter d’avoir oublié les homoncules interchangeables auxquels elles ouvraient les jambes. Les pauvres, je leur pardonne: comment leur en voudrais-je? Elles étaient nées au vingtième siècle, et en France en plus: comment auraient-elles eu du goût!? Si elles ne se souviennent pas de moi aujourd’hui, si elles ne comprennent pas que je suis le seul à les avoir aimées, connues, comprises et chantées, ça n’a pas d’importance non plus. Car c’est elles que cela juge. L’important, c’est que je me souvienne d’elles, moi, c’est-à-dire que je les invente. C’est cela, la littérature, inventer des jeunes filles. Comme David Hamilton a fait, toute sa vie durant.

Mes amours ont été profondément heureuses.

Au tout début des années 1990, un des plus grands imbéciles que j’aie connus était universitaire, prof de Lettres, pseudo-critique littéraire. Il avait pondu à la toute fin des années 1970 un des livres les plus imbéciles que je connaisse, consacré à l’un des plus grands poètes du dix-neuvième siècle. Cet âne psycho-rigide, qui exigeait qu’on l’appelle « Monsieur le professeur » (si on ne le faisait pas, il entrait en fureur), ce pitre ès faux frissons m’a dit devant témoins, au début des années 1990: « Vous publiez des livres pour soutirer de l’argent aux gens ». Quand il m’a dit ça, j’ai perçu quelle immense et tragique erreur j’avais commise en prenant sa défense publiquement, en plein milieu de la plèbe. Grosse erreur, de ma part, que de n’avoir pas compris que c’était un crétin complet. Sa phrase était un propos d’une si manifeste imbécillité qu’elle doit absolument rester dans les annales.

Un autre idiot pas même utile, qui s’inventait quant à lui un passé plus qu’à moitié imaginaire d’extrême-gauche dans des groupuscules de 1968 (où il n’avait laissé que des traces infimes ou inexistantes) et revendiquait même – sans pouvoir aucunement démontrer ses dires – la paternité de fameux slogans soixante-huitards, avait quant à lui cru me liquider d’une formule, en exposant laborieusement que: « Olivier Mathieu court trop les filles » (sic).

Tout récemment, un autre petit esprit a craché son venin rance en déclarant que je n’aurais pas le droit (sic) de parler de David Hamilton, sous prétexte que je n’en parlais pas à la fin des années 1980… On admire la hauteur de tels arguments. Ce catoblépas, l’esprit fissuré de failles, se revendique de Nietzsche (auquel il n’a rien compris); sa « philosophie » de bazar tient en trois ou quatre idées de mauvaise qualité, pompées ici ou là, qu’il a assemblées maladroitement et qu’il prêche depuis trente ou quarante ans à une dizaine d’andouilles dont les quotients intellectuels, ajoutés les uns aux autres, sont presque égaux à celui d’une salade. Ce cocaïnomane cacochyme n’a aucune idée du fait que je parlais de David Hamilton déjà dans les années 1980.

Des amis intimes de David Hamilton considèrent que je suis la personne qui a la meilleure connaissance de l’oeuvre, de la psychologie, de la biographie du grand photographe britannique. Quant à Roland Jaccard, il a préfacé un de mes livres sur David Hamilton. Cela m’honore et me suffit. L’avis des cloportes peut-il vraiment m’importer ?

Faites comme elle, lisez « C’est David Hamilton qu’on assassine ».

En relisant cet article de Roland Jaccard, si j’ai été ému à fond, c’est parce que je me suis trouvé transporté le 8 mars 1978 (trois jours avant la mort de ce charmant amant des lolitas que fut, lui aussi, Claude François), au jour béni de mes premiers slows.

N’en déplaise aux imbéciles, aux incompétents et aux jaloux, qui sont légion, grâce à Je crie à toutes filles mercis et à Roland Jaccard, mes premiers slows sont immortels.

Non, jamais je n’ai « trop parlé » de Véronique et de Corinne, petites soeurs des héroïnes de ces inoubliables films de Jacques Rozier que furent Du côté d’Ourouët ou Adieu Philippine. On ne court jamais assez les filles et on ne parle donc jamais trop de ses premières amours.

J’ai la certitude, et l’humour d’affirmer que mes premiers slows ont été infiniment plus importants qu’une multitude d’événements dits « épocaux », dont je m’astique joyeusement le vit et qui ont fait la « une », parfois pendant des années entières, de la « grande » (sic) presse.

Le microcosme germanopratin, grâce à Roland Jaccard, ne pourra plus vraiment feindre d’ignorer l’existence de Je crie à toutes filles mercis.

Tout va à merveille. Dans cinquante ans, on se souviendra de Je crie à toutes filles mercis.

Une jeune fille en ouvrira les pages, au soleil.

Que demander de plus?

Merci, Roland Jaccard, d’avoir sauvé l’honneur de la critique littéraire.

Olivier Mathieu.

Début mars 2019.

Couverture du livre « Je crie à toutes filles mercis ».

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Les nymphettes se rebiffent

On dit, un peu superficiellement, que la parution du Consentement de Vanessa Springora serait « l’événement éditorial » de 2020. Ceux qui écrivent « événement éditorial » n’osent quand même pas « événement littéraire »?…

Et si l’on gardait raison? Les termes employés par Springora au sujet de Matzneff, ou les mots que l’on retrouve répétés (jusqu’à la nausée) par la presse quasi unanime, ne sont-ils pas parfois – souvent – excessifs? L’un des termes actuellement très à la mode semble: « prédation ». Ce n’est qu’un exemple.

Que le Consentement doive beaucoup au mouvement #MeToo, aucun doute. Mais que doit-il à la littérature? N’est-il pas exagéré de dire que « la France » aurait découvert, « horrifiée », l’histoire de Vanessa Springora? Ne peut-on pas hypothiser qu’existent des dizaines, des centaines de milliers, voire des millions de personnes qui ont autre chose à quoi penser? « La France » dans son ensemble aurait-elle pu avoir une seule et même réaction? Quant à l’histoire de Vanessa Springora, n’est-il pas évident qu’il s’agit de sa version à elle?

Devenue directrice d’une maison d’édition, donc figure haut placée dans le milieu éditorial, cette dame – juste après avoir laissé s’écouler les délais légaux de prescription – a donné sa version sur une relation dite « toxique » (autre mot fort à la mode) qu’elle avait entretenue, au milieu des années 80, avec Gabriel Matzneff. Relation qui a quand même dû pas mal l’aider dans sa carrière, non?

Il aurait pu être intéressant de comparer les versions de l’écrivain et de cette dame. Le problème est que la littérature, ici, passe au second plan. Ce sont les juges, les policiers, les paparazzi qui occupent la scène – sans parler des habituels appels à la haine que l’on trouve ici ou là sur les réseaux « sociaux ».

Résultat? Gabriel Matzneff (dont le nom était parfaitement inconnu, jusqu’à ces dernières semaines, des jeunes générations) a gagné dans tout cela une publicité indésirée puisque son nom n’est plus prononcé pour ses livres, ses romans, ses essais, mais pour le scandale de « l’Affaire Matzneff ».  Ou de l’Affaire Springora, si l’on préfère. Laquelle, dans son livre, parle entre autres du philosophe roumain Emil Cioran (et en parle en des termes qui permettent, à plusieurs personnes qui ont vraiment connu Cioran, de se poser maintes questions quant à la fiabilité du récit springorien)…

Que le viol soit une chose horrible, c’est là une évidence. C’est même un truisme!… Par ailleurs, nous avons dit souvent sur ce blog que les allusions de Gabriel Matzneff aux petits garçons, ou au tourisme sexuel, sont fort peu enthousiasmantes. C’est le moins que l’on puisse dire.

Mais ici – nous parlons exclusivement de l’Affaire Springora – peut-on vraiment évoquer un « piège » qu’aurait « dressé » Matzneff? Que Vanessa Springora ait été une adolescente en recherche d’amour, c’est probable, encore que le slogan de « l’absence du père » ait toujours eu à mes yeux un parfum freudien un peu rance. Quelle adolescente n’est-elle pas en recherche d’amour? Ils ont vécu une histoire. Vanessa était jeune, d’accord. La différence d’âge, entre eux, était importante. Pas plus importante que celle entre Emmanuel et Brigitte, mais soit… De toute façon, Vanessa Springora était – c’est ce qu’elle dit – consentante. Amoureuse.

Sur ce blog, nous avons déjà demandé, et nous répétons: pourquoi ne s’occupe-t-on pas davantage des femmes, des jeunes filles, des mineures violées dans les caves des « tournantes » de banlieue? Celles qui en sortent le visage tuméfié de coups? Celles qui, accessoirement, ne dirigent aucune maison d’édition et ne sont en rien susceptibles, en écrivant un livre qu’elles ne pourraient d’ailleurs pas éditer, de recevoir le soutien de toute la presse tout en obtenant le reniement de 95% des anciens amis, ou supposés tels, de Gabriel Matzneff?…

La sortie du Consentement (trente ou quarante ans après les faits présumés) a déclenché un scandale médiatique – qui aura peut-être, je dis bien peut-être des suites judiciaires – mais qu’est-ce que cela changera pour les victimes anonymes de viols odieux et parfois féroces, de viols survenus dans des réalités sociales fort éloignées des milieux où a évolué, depuis son enfance, Vanessa Springora?

Le 3 janvier 2020, le parquet de Paris a ouvert une enquête contre Gabriel Matzneff. On en verra les résultats. Par ailleurs, quatre maisons d’édition, dont la plus fameuse est indéniablement Gallimard, ont décidé l’une après l’autre de renoncer à la commercialisation des livres du même Matzneff. On parle de lui enlever à peu près tout: ses éditeurs, ses collaborations journalistiques, ses subventions, son studio. J’espère pour lui qu’il a assuré ses arrières. Parce qu’il y en a qui ont choisi de se suicider, pour moins que cela.

Gabriel Matzneff, en quelques jours, est devenu – après David Hamilton et tant d’autres – un « paria ». Cet homme de 83 ans a pourtant encore essayé d’évoquer « la beauté de l’amour que nous vécûmes, Vanessa et moi ».

Comme il a déjà été dit sur ce blog, les nymphettes n’ont sans doute jamais existé – sauf exceptions – que dans l’esprit et le regard des poètes.

Aujourd’hui, les nymphettes se rebiffent…

Et tout cela est dommage. Pour les poètes. Pour les nymphettes aussi. Pour la Littérature aussi – avec un L majuscule.

Publié dans David Hamilton

Gabriel Matzneff, Roland Jaccard et l’apologie du ping pong

Très bref article de Roland Jaccard, amusant et spirituel, sur son blog.

A lire ici : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/27/a-propos-de-matzneff/

C’est un article illustré par une photographie volée de Gabriel Matzneff, à X…, quelque part  « dans le Nord de l’Italie ». Il faut vraiment être fort inculte pour ne pas comprendre de quel endroit précis il s’agit. J’espère pour ma part que Gabriel Matzneff ne se suicidera pas, ou qu’il ne sera pas assassiné.

Roland Jaccard (photo empruntée à son blog)

Je cite cette phrase de Roland Jaccard : « J’arrive à la conclusion que le tennis de table nous vaut moins d’emmerdes et nous procure plus de plaisir que le sexe »…

Ma foi, ce n’est certes pas moi – qui ai pratiqué jadis le tennis de table, en club, à un niveau plus qu’acceptable (j’étais « classé »), et même gagné quelques tournois – qui vais contredire Roland.

J’avais seize ans…

Dans l’un de mes livres les plus récents, Une dernière leçon de mon école, j’écrivais d’ailleurs  ce qui suit:

« J’ai éprouvé pendant toute ma vie les grands périls qu’il y avait non seulement à penser, mais à clamer ce que je pensais. J’en ai payé les conséquences. Au prix fort. Il a fallu des dizaines d’années pour que de vrais artistes louent mon oeuvre littéraire. Le plus original et le plus courageux, le plus talentueux d’entre eux a été Roland Jaccard. Récemment, Roland m’a consacré plusieurs articles. L’auteur de L’exil intérieur a préfacé un de mes livres. Etrange rencontre, la nôtre. Belle correspondance épistolaire. Une amitié inattendue. Quoi nous réunissait? L’amour des jeunes filles hamiltoniennes et le ping pong, le jeu d’échecs, le goût du suicide, la misanthropie ». (Une dernière leçon de mon école)

Tout esprit lucide ne peut arriver qu’aux conclusions qui suivent: plus personne ne lit; le français est désormais une langue morte; dans la société actuelle, Gabriel Matzneff ne vend plus (depuis très longtemps) de livres, Vanessa Springora ne cesse d’être réimprimée. J’ai tout dit. Qui se préoccupe encore de littérature et de belle écriture?

Allons! Que je crie dans le désert, une fois encore! Je ne peux que rappeler aux lecteurs et abonnés de ce blog qu’ils éprouveraient peut-être du plaisir à lire mes livres. Je le crois, et je l’espère… pour eux.

Voir cet autre article de Roland Jaccard : https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/

Allons, cher Roland, encore une partie de ping pong : comme celle où Peter Sellers dans le rôle de Quilty joue au ping-pong, chez Kubrick…

Ping pong dans « Lolita » de Kubrick

Publié dans David Hamilton

Le joli profil des jeunes filles de David Hamilton

Ce petit article parlant de la Suisse, raison de plus pour le dédier à Roland Jaccard!

*

Voici, parmi beaucoup d’autres, un exemple des cartes de David Hamilton qui étaient publiées autrefois par Neufeld Verlag et Galerie (qui se trouvaient à la fois à Au, une commune suisse du canton de Saint-Gall, et en Autriche à Lustenau – donc à la frontière entre les deux pays).

Ici, la photo a été publiée en 1977 dans « The best of David Hamilton » (éditions Swan / Suisse).

Carte publiée (et diffusée) en Suisse et en Autriche. Photo de David Hamilton, publiée dans l’album (1977) « The best of David Hamilton »

Publié dans David Hamilton

Artistes, nymphettes et pyromanes…

27 janvier , un peu d’humour.

Pour l’anniversaire de Colette Descombes (née le 26 janvier 1943)

L’amusant dessin qui précède, oeuvre du très grand et très fameux dessinateur (Emmanuel) Marcel Vertès, né à Újpest le 10 août 1895 et mort à Paris, le 31 octobre 1961, est encore très d’actualité. Comme pourrait l’être celui qui suit, oeuvre de Jacques Faizant.

En attendant, Marcel Vertès est mort en 1961, très peu après la sortie du film « Les Nymphettes », oeuvre où se révéla Colette Descombes, née le 26 janvier 1943.

On voit ici une « pré-davidhamiltonienne » Colette Descombes, assise sur un fauteuil (photo de presse), elle avait à peine un peu plus de seize ans.

Fleurs du mal, diable au corps (« Cinémonde »).

Quant à moi, je suis né le 14 octobre 1960 et, trois jours plus tôt, ce numéro de « Cinémonde » venait de paraître. Un signe du destin? Je plaisante!

Et comme aujourd’hui, je me sens d’humeur taquine, reste à espérer que « l’écrivain G. », traqué par les fins (?) limiers de la presse, ne finisse pas bientôt comme le personnage de la photo que voici.

Il s’agit de l’écrivain communiste André Viatour, entrant dans le tribunal de Bruxelles en janvier 1961, après avoir été arrêté pour pyromanie (on lui reprochait l’incendie de divers cinémas bruxellois). André Viatour que j’ai fréquenté de 1983 jusqu’à sa mort, survenue en 1987.

 

Publié dans David Hamilton

La haine anonyme des graffiti monte contre Gabriel Matzneff sur les murs de Paris

Marcel Proust, en 1922 dans Sodome et Gomorrhe, évoquait : « Un de ces escaliers de service où des graffiti obscènes sont charbonnés à la porte des appartements ».

26 janvier 2020. Un siècle plus tard, une petite promenade à Paris, aujourd’hui, notamment dans le quartier latin, permet à qui le désire de se rendre compte que des inscriptions obscènes – pour ne pas dire haineuses – à l’égard de Gabriel Matzneff sont apparues et se multiplient. Certaines de ces inscriptions traitent l’écrivain – par exemple – de « pédocriminel ».

D’autres mettent en parallèle les faits  présumés (ceux qui sont reprochés à Gabriel Matzneff par les lyncheurs médiatiques) avec le loyer qu’il paierait pour son studio parisien, prix qui semble tellement préoccuper des tas de gens.

Tout ceci appelle cependant quelques remarques de bon sens. Si Gabriel Matzneff devait rentrer à Paris dans quelques jours (ou quand bon lui semblera), on ose supposer que la police prendra les mesures nécessaires afin d’éviter toute agression physique ou autre vis-à-vis d’un homme de 83 ans.

En effet, si des individus sont ainsi capables de remplir les murs de Paris d’inscriptions (il faut probablement quelques longues minutes pour souiller et déturper ainsi les façades de maisons, dont on se demande au passage ce qu’en pensent les habitants), inscriptions diffamatoires puisqu’à cette heure Gabriel Matzneff n’a pas été condamné à quoi que ce soit, ils ont à l’évidence des capacités à s’organiser.

Au fait, à quoi servent les caméras de télésurveillance installées un peu partout?

Je ne crois pas qu’il soit légal d’aller abîmer des façades tout en insultant et diffamant quelqu’un (c’est-à-dire en se substituant à la justice): https://www.mairie15.paris.fr/ma-mairie/proprete-et-voirie/lutte-contre-les-graffitis-et-nuisibles-97

La ville de Paris n’est-elle pas équipée, depuis des dizaines d’années, de machines à pression servant à effacer les diverses ignominies appelées graffiti sur les murs? La population n’a-t-elle pas souvent fait part, et parfois nettement, de sa lassitude à ce sujet? Les machines anti-graffiti représentent une dépense énorme; la SNCF chiffre le coût des nettoyages de graffiti de ses trains à 5 millions d’euros par an. Le gouvernement français estime le coût du nettoyage de ces mêmes graffiti à plusieurs dizaines de millions d’euros par an. Le seul problème serait-il alors que Gabriel Matzneff paie un loyer jugé insuffisant par toute une masse d’internautes?

Si des anonymes, jeunes ou moins jeunes, incitent directement ou indirectement à la violence contre quelqu’un, on peut craindre à raison que le retour de Gabriel Matzneff à Paris, à supposer qu’il ait lieu, et quand un tel retour sera « médiatisé » par la presse, ne puisse donner des idées délictueuses à des personnes avides de se déguiser en « justiciers ».

On ose supposer que les autorités sont conscientes du problème. Il serait certes étonnant que lesdites autorités permettent quelque débordement de violence physique que ce soit, contre un écrivain de 83 ans.

On rappellera la fin tragique d’un autre homme de 83 ans, en novembre 2016, qui s’appelait David Hamilton.

Publié dans David Hamilton

Nostalgie d’un petit tour avec David Hamilton à Cap d’Agde

Voici d’abord quelques cartes postales de Cap d’Agde, datant plus ou moins toutes des années 1970 et 1980, où l’on reconnaît l’endroit où habitait David Hamilton (et aussi un autre endroit, où habitait la famille de l’une de ses modèles d’alors). Je n’indique pas l’endroit précis par des flèches, bien que je le connaisse : mais deux de mes collaborateurs sont encore en train d’enquêter au sujet des récits que certaines personnes ont faits à propos de l’appartement que possédait à cette époque David Hamilton.

Voici donc des cartes postales largement diffusées, à des milliers voire des dizaines de milliers d’exemplaires. Et qui permettent de se souvenir (pour ceux qui fréquentaient l’endroit) qu’il s’agissait d’une sorte de paradis pour naturistes. « FKK », disent les Allemands.

Les activités culturelles ne manquaient pas. Voici par exemple maintenant (voir plus bas) un document concernant une exposition picturale qui eut lieu en 1986 (précisément l’année où David Hamilton prit quelques photographies de Flavie Lecanu, qui y était en vacances avec son oncle).

Le maire de la ville invitait donc le public à visiter cette exposition. L’invitation présentait une jeune femme blonde à la poitrine largement exhibée.

Pierre Leroy-Beaulieu, né le 5 décembre 1928 à Paris, est mort le 6 octobre 2006 à Agde. C’était lui, le maire, de 1971 à 1989: donc pendant les années « david-hamiltoniennes ». A noter que son frère est Philippe Leroy-Beaulieu, dit Philippe Leroy,  acteur français né le 15 octobre 1930 à Paris, très connu en Italie où il a joué dans beaucoup de films, par exemple le film « david-hamiltonien » La svergognata.

Cap d’Agde / 1986

Exposition / Cap d’Agde / juillet / août / septembre 1986

Et puis, la ville de Cap d’Agde organisait des concours de « Miss ». Autrement dit de jeunes filles dans le plus simple appareil, dont certaines avaient le plaisir d’être notées par le jury. Leur photo paraissait ensuite dans le journal local de Cap d’Agde. Voici à titre de simple exemple le journal du 24 juillet 1976, donc dix ans avant 1986.

Ce qui veut évidemment dire que si Cap d’Agde était une ville de naturistes où les journaux officiels de la ville organisaient des concours de « Miss », David Hamilton n’y était pour rien.

A propos, sont-ce de tels concours pour p’tites Miss qui ont donné des idées « OK » à certaines vacancières? Qui sait?

Et voilà quel était le cadre dans lequel David Hamilton recevait parfois, chez lui, ses modèles. En 1982, il avait reçu la jeune actrice Monika Broeke, qui allait jouer dans son film « Premiers désirs« . Puis dans « Un été à Saint-Tropez« .

Les deux photographies qui suivent, qui sauf erreur de notre part n’ont jamais été publiées dans des albums, ont été prises dans l’appartement de David Hamilton, et l’une d’elles sur le balcon (on reconnaît assez facilement, dehors, l’architecture des lieux).

Photographie de David Hamilton, représentant l’actrice allemande Monika Broeke, apparue dans deux films de David Hamilton ( https://www.imdb.com/name/nm0111111/   )

Photo non publiée en album, mais bel et bien dans le magazine français « Photo » paru à la fin de 1983

Plus bas, deux photographies d’exploitation cinématographique – bien connues –  de Monika Broeke (sur l’une des images, en compagnie de l’acteur Patrick Bauchau).

Voir par exemple la revue Cinema, juillet 1983, n° 62, pp. 34-36, en allemand: « Auf dem Traumpfad zum Ruhm: David Hamiltons neuer Star« 

On pourra éventuellement lire : http://www.seuilcritiques.com/article-premiers-desirs-91851789.html

Publié dans David Hamilton

« L’écrivain G. » et la déontologie journalistique du « Wanted »…

« Wanted », film italien de 1967

Gabriel Matzneff est-il visé par un mandat d’arrêt lancé contre lui? Pas à notre connaissance. On dit qu’il serait convoqué, mi-février, par la justice française. A tout le moins jusque-là, est-il encore libre d’aller où il veut? Je pense et j’espère que oui.

Or, après l’hebdomadaire Paris Match qui avait « retrouvé la trace » (sic) de Gabriel Matzneff, Europe 1 se met de la partie. Vous pensiez que les journalistes étaient chargés d’informer? Pas seulement, semble-t-il, car de plus en volontiers ils se changent en détectives, si ce n’est pas en sycophantes.

Et à mon avis, ce n’est qu’un début. La semaine prochaine, disons dans les premiers jours de février, les « révélations journalistiques » vont se multiplier au sujet du nom et de l’adresse de son hôtel, comme à celui de la date du retour de Matzneff à Paris (s’il revient).

 Dès aujourd’hui, Europe 1 précise: « Il vit reclus dans un hôtel du nord de l’Italie ».

Or, voilà: que Gabriel Matzneff vive où il veut, dans un palace ou dans un taudis, en quoi est-ce intéressant pour le public?

Il y a  « progrès »: Paris Match parlait d’Italie, cette fois on a une indication géographique.

On lit: « Paris Match a retrouvé sa trace, dans un hôtel quatre étoiles, du nord de l’Italie, où il vit reclus. « Nous l’avons retrouvé en recoupant les descriptions des hôtels dans ses journaux intimes », raconte Régis le Sommier, directeur adjoint de l’hebdomadaire. (…) « Cela ne date pas de l’époque de ses premiers romans. Nous avons donc enquêté et nous l’avons trouvé là-bas. » Dans cet hôtel, où il a ses habitudes depuis une dizaine d’années », etc. (https://www.europe1.fr/medias-tele/paris-match-a-retrouve-la-trace-de-gabriel-matzneff-en-italie-il-est-dans-une-forme-de-deni-3945440   )

Et voilà donc le lectorat de Paris Match et les auditeurs d’Europe 1 toujours mieux renseignés: Matzneff est dans le nord de l’Italie, dans un quatre étoiles, il en parle dans ses journaux intimes, c’est un hôtel qu’il fréquente depuis une dizaine d’années.

Le corps de David Hamilton est emporté, en catimini, après son « suicide »

 

Trois réflexions.

  1. Ce que subit Gabriel Matzneff, c’est probablement ce qu’aurait subi David Hamilton, sans la fin tragique du 25 novembre 2016.
  2. La presse française, en toute impunité, renseigne et va continuer à renseigner le « grand public » au sujet de l’endroit où se trouve un homme de 83 ans, qui n’a à ce jour jamais été condamné à rien et a tous les droits de voyager.
  3. Se souvient-on de John Lennon assassiné par un de ses admirateurs? Veut-on une liste de personnalités qui ont été assassinées ou agressées en raison de leurs opinions présumées? Est-il journalistiquement « déontologique », à l’époque des « réseaux sociaux », de jeter ainsi de l’huile sur le feu?…

 

Publié dans David Hamilton

David Hamilton, insupportable à la pornographie puritaine / David Hamilton, unbearable to pornographical puritanism…

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

« MeToo déconstruit le script dominant d’une relation sexuelle, à savoir : les préliminaires sont faits pour préparer la pénétration et lorsque l’homme éjacule, c’est-à-dire lorsqu’il a du plaisir, la relation s’arrête. Ce script, les femmes n’en veulent plus« .
Voilà des propos que je découvre sur Internet, attribués à une certaine Camille Froideveaux-Metterie, définie comme « philosophe » et « enseignante de sciences politiques à l’Université de Reims ».

Madame Froideveaux-Metterie est bien sûr libre de penser et d’écrire ce qu’elle veut, mais j’avoue que ces quelques lignes me font sourire. Par exemple, est-il besoin de spécifier, après « lorsqu’il éjacule », une sorte d’explication niveau éducation sexuelle pour classe de troisième: « c’est-à-dire lorsqu’il a du plaisir »? Sans même signaler qu’il existe des éjaculations anorgasmiques et donc sans plaisir. Je n’ai pas complètement saisi pourquoi Madame Froidevaux-Metterie, « philosophe », n’enseigne pas la philosophie mais les sciences politiques. Je n’ai pas non plus saisi si la citation que je viens de faire d’elle appartient à la « philosophie » ou aux « sciences politiques », mais j’ajoute qu’un homme peut éjaculer sans avoir d’orgasme (éjaculation anhédonique) ou avoir un orgasme sans éjaculer (injaculation).

Ce qui est le plus frappant est de voir que Mme Froidevaux-Metterie, parlant en quelque sorte au nom de (toutes) « les femmes », ou s’imaginant le faire, décrète ex cattedra (en italien dans le texte: du haut de sa chaire) que Metoo, qu’elle assimile aux femmes, « ne veulent plus » de ce « script dominant ».

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

Les « préliminaires » ne sont pas faits pour « préparer la pénétration », j’en conviens très volontiers. En tout cas, ils ne devraient pas être fait que pour cela. Quiconque (homme, femme, macho ou féministe) devrait l’admettre et le savoir. Comme je l’ai souvent dit dans plusieurs de mes ouvrages (et de mes romans), l’idée même de sexualité génitale, et exclusivement génitale, est d’un ennui absolument mortel. Vit et vagin, ou pour le dire en d’autres termes bite et con, c’est là quelque chose d’une vulgarité affreusement petite-bourgeoise.

Le cunnilingus (étymologiquement, langue au con) gagne à ne pas être qu’un « préliminaire ». Mais pourquoi le cunnilingus serait-il horriblement macho en tant que préliminaire, mais le bienvenu après éjaculation? Après éjaculation, le pénis étant momentanément hors d’usage, que reste-t-il? Le cunnilingus. Donc l’homme « mauvais » est celui qui cunnilingue avant rapport, et l’homme « bon » celui qui cunnilingue après? Quelle drôle de « philosophie »!

Rien ne devrait être considéré, d’avance, comme un préliminaire (ou comme un post-liminaire). Penser en termes de pré ou de post-liminaires, c’est un peu comme causer en employant des phrases sujet-verbe-complément. C’est primaire. Pré ou post, tout ce qui est de l’ordre du sexe doit être vécu. Sans mettre tant de blabla dessus. Pré ou postliminaire, qu’importe? Le cunnilingus pourra éventuellement être suivi par un rapport génital vit-vagin. Il pourra tout pareillement ne pas l’être.

Le cunninlingus (n’en déplaise aux présumés machos honnis par Metoo) n’est donc pas forcément une préparation à une pénétration. Le cunnilingus peut aussi (n’en déplaise à Metoo) être, dans les faits, une préparation à une pénétration. Un peu d’imagination, Messieurs-Dames! Il serait temps d’oublier les « scripts » écrits par ceux-ci ou par celles-là, et de restituer la sensualité aux poètes, aux artistes, aux écrivains.

Ne décidez pas, avant même d’être sur le seuil (latin praeliminaris, composé de prae  et de liminaris, ce que sera ce seuil – latin limen).

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

*

La revendication (celle de Metoo, paraît-il) au sujet de l’éjaculation est grotesque. L’éjaculation masculine a des caractéristiques physiologiques (période réfractaire) et psychologiques telles qu’il est tout simplement naturel que le rapport s’arrête après l’éjaculation. Un rapport qui continue après l’éjaculation, c’est une américainerie, cela existe dans la pornographie la plus banale et conformiste, ou peut-être dans quelques cas de priapisme.

Un rapport qui continuerait après éjaculation, dans la réalité, serait contre nature. Surtout, un rapport sans fin serait un rapport sans sommet, et d’une platitude complète. C’est parce qu’un rapport commence, qu’il dure et qu’il s’achève qu’il a de la valeur et qu’il a même – parfois – de la beauté.

La femme (si elle n’est pas frigide) a tout le temps qu’elle souhaite de jouir pendant le rapport sexuel, préliminaires compris. Et puis, surtout, aucune sexualité ne devrait avoir pour but l’orgasme. Le mythe de l’orgasme commun est – ici encore – une crétinerie américaine, une américainerie, une américonnerie. Si l’orgasme survient, fort bien. Si cet orgasme est commun aux deux partenaires, fort bien. Mais faire de la recherche de l’orgasme, et de l’orgasme partagé, quelque chose d’absolument indispensable, telle est l’erreur. En vérité, on peut très bien imaginer que des ébats sensuels (je parle de sensualité, pas de sexe-boucherie) s’achèvent sans l’orgasme de l’un ou l’autre des deux partenaires. En toute logique, je pourrais jouir aujourd’hui et toi demain. Ou l’inverse. Il est parfaitement déplaisant d’avoir l’impression de marchander, c’est-à-dire de discuter le prix de quelque chose avec un vendeur dans l’intention d’obtenir un rabais (genre « je suce si tu lèches » / « je lèche si tu suces »).

La quête de l’orgasme en soi étouffe la sensualité. Je suis toujours étonné du grand nombre de personnes à qui il faut encore expliquer que l’orgasme devrait très souvent être évité, repoussé, et qu’il devrait toujours s’agir d’autre chose que du résultat du travail mécanique d’une bite dans un con. L’orgasme devrait toujours être accompagné de celui du coeur et de l’âme. Le coeur et l’âme, voilà des denrées plus rares que la bite, il est vrai.

Depuis les années 60 et 70 (que de temps perdu entre blabla soixante-huitard et coincerie degaulliste : quel ennui tout cela n’aurait-il pas été, s’il n’y avait eu David Hamilton et quelques rares autres), l’égalitarisme a pourri aussi le sexe.

Photographie (ici en noir et blanc) extraite du film – et du tournage – de « Laura les ombres de l’été » (1979, David Hamilton)

Lorsque l’homme éjacule, la relation peut parfaitement s’arrêter. Ou lorsque la femme jouit. Question sur laquelle ne devraient s’exprimer que les amants. En s’inspirant de leur propre expérience. Pas de ce que disent les magazines pour dames, les sexologues / psychanalystes, les camionneurs du bar du Commerce, ou les féministes à la tribune de leurs comices.

 Dans le sexe comme dans tous les domaines, moi j’ai vécu en homme libre. Liberté! Liberté! Liberté! A commencer par la mienne, ça va de soi. La seule révolution sensuelle et authentique commence (et finit) par soi.

Photographie David Hamilton

La première des avancées serait de réviser tant et tant d’idées fausses :

  • sur l’éjaculation dite « précoce » (dans certains cas, « tardive »), car le moment d’une éjaculation est strictement sans importance, c’est sa qualité qui compte. Or, l’orgasme de l’un n’est pas – et ne peut pas être – celui d’un autre parce que le cerveau, l’intelligence, l’imagination, le monde intérieur de l’un ne sont pas ceux d’un autre. Je ne peux imaginer que Baudelaire ait joui comme un beauf;
  • sur les dimensions péniennes (j’ai, par immense bonheur, une petite queue), fierté de médiocres dans un monde où tant d’individus, y compris parmi les dirigeants, n’ont pas de cerveau, sans que cela ne choque qui que ce soit. J’ai expliqué dans plusieurs livres pourquoi la grosse queue (qui n’apporte pas la moindre garantie à la femme en matière d’orgasme) est une obsession simpliste; une fierté de primaire; un conformisme imposé aux individus de la société massifiée et manipulée d’aujourd’hui;
  • sur l’orgasme (qui vaut avant tout comme expérience de petite mort, donc de préliminaire à la grande mort);
  • en deux mots, sur les immenses supériorités d’une sensualité qui ne soit pas (ou pas principalement) génitale.

Je ne me suis jamais considéré comme, et je n’ai jamais été une machine à faire jouir ces dames. Depuis les slogans soixante-huitards ridicules, insignifiants, privés de sens (« jouir sans entraves » est une crétinerie, « il est interdit d’interdire » aussi) jusqu’aux conceptions degaullistes tout pareillement ridicules, insignifiantes, privées de sens, j’eusse rêvé d’un monde sans « scripts » machistes, sans « scripts » féministes, sans « scripts » néo-féministes. Un monde de sensualité. Un monde d’émotion. Un monde de liberté gagnée de haute lutte(et pas de liberté distribuée à tout le monde, au berceau, comme un gadget dans la lessive Bonux) et un monde… d’entraves. Oui oui, Messieurs-Dames: parce que voilà, je vous le dis en vérité, vous ne serez jamais libres sans entraves

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

Tel est le script que j’ai écrit pour moi, celui que j’ai décrit dans mes livres, et celui que j’ai suivi. Une sensualité haute doit être romantique, tragique, david-hamiltonienne au fond (tiens, relisez les Contes érotiques de David Hamilton).

Chez David Hamilton, aucune pornographie, aucune pédophilie: pas une seule photo de sexe féminin béant, pas même entr’ouvert; pas de personnages masculins (si l’on exclut quelques portraits d’hommes presque toujours complètement habillés, par exemple Rudolf Nouréev), donc pas (par exemple) de fellations; pas une seule photo de rapport sexuel homme-femme (ou homme-homme); pas un seul enfant mais, tout au contraire, seulement des jeunes filles nubiles et pubères. Un monde de beauté, d’innocence, de pureté. Rien, strictement rien de génital.

David Hamilton, décidément, ne pouvait être qu’insupportable au pornographical-puritanism d’aujourd’hui…

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

Photographie extraite du film (ou du tournage) de « Un été à Saint-Tropez » (David Hamilton), ou de l’album photographique « Un été à Saint-Tropez » (publié en France, Allemagne, Angleterre)

C’est ce que j’ai dit et écrit, par exemple, dans mes livres (récents) Une dernière leçon de mon école ou Je crie à toutes filles mercis

Livres pratiquement lus par personne (aujourd’hui, qui lit encore?) mais dont quelques exemplaires restent encore disponibles, dans l’hypothèse (quasi miraculeuse) où désireraient les lire par exemple certains des abonnés à ce blog…

Photographie de Favid Hamilton parue dans la revue allemande « Konkret » du 29 mars 1973.

Photographie David Hamilton

Publié dans David Hamilton

AFFAIRE HAMILTON, DE NOUVEAUX TEMOIGNAGES. Icône de Saint-Tropez : David Hamilton a-t-il tourné un film, Madame Michu, là où, en plein 68, avait échoué le cadavre d’un homme décapité?

Imagine-t-on quelque Folle Furieuse déclarant?…

  • « Vous savez, David Hamilton a tourné un film sur Saint-Tropez. Vous savez, un grand officier fut décapité le 29 avril 68 et son corps s’échoua le 17 mai, en plein 68 , sur la plage de Saint-Tropez. Vous voyez les lieux où David Hamilton aimait à faire ses films?« 
  • Oooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooooh! (désapprobation populaire)

*

Rassurez-vous, braves gens, David Hamilton n’avait décapité personne et pourra difficilement être accusé d’avoir eu quoi que ce soit à voir avec la mort tragique de Caïus Silvius Torpetius.

Images extraites de ce très, très beau film de David Hamilton que fut « Un été à Saint Tropez« .

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton). Actrice et modèle de David Hamilton: Joan.

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton). Ce que j’ai appelé « la plus jolie bataille d’oreillers de toute l’histoire du cinéma »

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton)

Image extraite de : « Un été à Saint Tropez » (David Hamilton). En outre, cette photo a servi d’illustration à plusieurs DVD du film.

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton)

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton)

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton)

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton)

« Un été à Saint Tropez » (David Hamilton)

 

 

 

Publié dans David Hamilton

ROLAND JACCARD OU LA FIERTÉ D’ÊTRE UN DINOSAURE INTEMPESTIF

Roland Jaccard dans « Le service littéraire », avril 2018, n° 116. Au sujet de mon livre « David Hamilton suicidé, mais par qui? »

Excellent article, à mon avis, de Roland Jaccard sur son blog : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/24/propos-intempestifs/

On pourrait discuter sur certains points – mais que Jésus ait été « un prestidigitateur qui a raté la fin de sa carrière » est une jolie formule, une formule amusante et charmante, et exacte, même pas méchante par rapport à tout ce que l’on pourrait en dire.

On doit applaudir les lignes qui suivent: « Je n’arrive pas à comprendre qu’après les affaires Millet et Matzneff il puisse y avoir encore de jeunes ambitieux qui tiennent à être édités chez Gallimard et tant de vieux auteurs qui ne se désolidarisent pas de leur boss ».

Et applaudir, de même, ce qui n’est au fond qu’une simple évidence: « Je n’arrive pas à comprendre que l’avortement soit autorisé, alors que le suicide assisté ne l’est pas. Simple question de logique ».

Ou encore: « Je n’arrive pas à comprendre que la chasse aux pédophiles soit devenue un sport national, alors que le mariage des homosexuels qui peuvent adopter un enfant est plébiscité. Nul n’ignore pourtant que l’enfant peut devenir l’objet de leurs jeux sexuels ».

Et pour finir: « Je n’arrive pas à comprendre la capitulation des hommes face au néo-féminisme castrateur qui les guette ».

Pour ma part, je partage la presque totalité de cet article, pour ne pas dire sa totalité.

Roland Jaccard est un homme sensible et un penseur courageux et joueur à la fois. Ce grand connaisseur de l’âme humaine est doué d’une profonde psychologie. Il sait comment va le monde – et notamment le monde de l’édition à Paris – et on ne lui fait pas prendre des lanternes pour des vessies.

« C’est David Hamilton qu’on assassine », préface de Roland Jaccard.

Comment ne pas rappeler sa préface à mon livre « C’est David Hamilton qu’on assassine« ?

Comment ne pas rappeler, ici, son article consacré à mon livre « David Hamilton suicidé, mais par qui?« , article paru dans Le service littéraire n° 116?

Couverture du livre « David Hamilton suicidé… mais par qui? »

Comment ne pas rappeler, ici, son article consacré à mon livre « Je crie à toutes filles mercis« , article paru dans Le service littéraire n° 126?

Couverture du livre « Je crie à toutes filles mercis ».

Comment ne pas rappeler, ici, son article consacré à mon roman « Dans le ciel« ? https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/

Oui, Roland Jaccard est intempestif. Ce qui est intempestif est ce qui s’accomplit à contretemps. Roland Jaccard n’appartient pas à l’époque d’aujourd’hui. Moi non plus. Ce temps n’est pas le nôtre. Je partage avec lui la fierté d’être un dinosaure.

 

 

Publié dans David Hamilton

Tendresse de « Laura, les ombres de l’été », de David Hamilton avec Dawn Dunlap

Photographies de plateau ou images extraites du film (1979) de David Hamilton, « Laura les ombres de l’été« , avec comme actrices principales Dawn Dunlap et Maud Adams. L’une de ces images a aussi été publiée comme carte postale (éditions Agep, Marseille).

Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ». Cette image a notamment été employée pour l’affiche italienne du film (dont le titre, en Italie, était : « Primizie d’amore »).

Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, extraite du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ». Ici, l’image a été publiée en tant que carte postale (signature de l’auteur, en bas à droite) par les éditions AGEP de Marseille.

Photographie extraite du film et du tournage de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Scène dite de la « danse ». Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Belle photographie de James Mitchell, lié dans la vie de façon très proche à la famille Ricci (Nina Ricci), acteur et personnage masculin du sculpteur dans le film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Scène de la danse. Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Scène où le sculpteur, devenu aveugle, travaille tout de même à une statue, en palpant le modèle. Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Photographie de Maud Adams et de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Photographie de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

Film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ». L’actrice, de face, connue comme « Joan », a tourné dans plusieurs films de David Hamilton et a été l’un de ses modèles préférés pendant plusieurs années (fin des années 1970, début des années 1980).

Tendre photographie de Maud Adams et de l’actrice américaine Dawn Dunlap, personnage principal du film de David Hamilton (1979) « Laura les ombres de l’été ».

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Images de « Tendres cousines » de David Hamilton

 

 Images extraites de « Tendres cousines » (film de David Hamilton, d’après le roman homonyme de Pascal Lainé, éditions Gallimard). Sur de nombreuses photos, on reconnaît par exemple l’acteur Thierry Tévini et l’actrice allemande Anja Schüte. Ces images illustrent à merveille l’univers romanesque de Pascal Lainé et le talent de photographe (et de cinéaste) de David Hamilton.

Promenades dans la campagne, odeur des foins, cousines espionnées, timidités adolescentes…

Images naïves et innocentes d’une enfance d’autrefois (le film raconte en effet une histoire datée de juste avant la déclaration, par la France et l’Angleterre, de ce qui deviendra la seconde guerre mondiale).

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La justice rejette une accusation déshonorante à l’égard de Pierre Joxe

David Hamilton (mars 1977)

Le droit de cuissage, parfois aussi appelé droit de jambage, était une coutume qui conférait paraît-il aux seigneurs du Moyen Âge le droit de passer une jambe nue dans le lit de la mariée voire, dans certaines régions, de coucher avec la femme d’un vassal (ou d’un serf), lors de la première nuit des noces.

Ici et plus récemment – en octobre 2017 – il ne s’agissait pas de droit de cuissage mais la fille d’un ancien ministre (Éric Besson) avait accusé Pierre Joxe d’avoir posé à plusieurs reprises la main sur sa cuisse, la remontant même « vers (son) entrejambe». Faits censés s’être produits lors d’une représentation à l’Opéra Bastille, en mars 2010.

Sur un blog, Alexandra Besson, avait décrit (d’abord sans le nommer) un « ancien ministre de (François) Mitterrand », avant de l’accuser nommément dans le magazine L’Express. C’est la stratégie qui fut celle de Flavie Flament puis de Vanessa Springora, commençant par « ne pas nommer » David Hamilton ou Gabriel Matzneff…

Un ancien article de Roland Jaccard sur Gabriel Matzneff

Pierre Joxe avait dénoncé « un tissu de contre-vérités » et exigé « des excuses écrites et publiques », ce qu’Alexandra Besson n’avait pas fait. Il l’avait assignée en diffamation. Ce qu’avait annoncé David Hamilton, au sujet de Flavie Flament, trois jours avant que l’on retrouve le corps du vieil homme dans son studio parisien de Montparnasse, dont la porte était paraît-il « ouverte », et « suicidé ».

Le corps de David Hamilton est emporté, en catimini, après son « suicide »

Mercredi, un tribunal a condamné Alexandra Besson (qui se fait appeler Ariane Fornia) à verser à Pierre Joxe un euro symbolique de dommages et intérêts ainsi que 3000 euros au titre des frais de justice. Alexandra Besson se devait « de disposer d’éléments lui permettant de soutenir les faits qu’elle dénonçait publiquement », a estimé le tribunal dans son jugement. « Or précisément, les pièces produites […] ne démontrent pas qu’elle avait les éléments lui permettant de dénoncer les faits d’agression sexuelle à l’encontre de M. Pierre Joxe ».

Le tribunal a aussi rappelé que les faits étaient prescrits, « que Mme Alexandra Besson n’a pas déposé plainte, que Monsieur Joxe n’a pas été inquiété judiciairement pour ces faits et qu’il n’y a pas de témoignage direct des faits dénoncés ».

Ou peut-être Alexandra Besson alias Arianne Fornia estimait-elle qu’il lui suffirait de produire – en tant que preuves – des témoignages selon lesquels elle avait raconté ces faits à des proches dès 2010 ou 2011.

Pierre Joxe, aujourd’hui âgé de 85 ans, avait dénoncé « injures » et « calomnies ». «Jamais de ma vie, ni là ni ailleurs, je ne me suis conduit comme elle le raconte », avait affirmé l’ancien ministre de François Mitterrand.

« Pierre Joxe est très soulagé parce qu’il a passé deux ans avec cette accusation parfaitement déshonorante », a dit son avocat, Me Jean-Yves Dupeux. « Le tribunal le rétablit dans son honneur ».

Les faits dénoncés par Alexandra Besson étaient – répétons-le –  prescrits. Elle aurait affirmé son intention de faire appel.

Publié dans David Hamilton

Gabriel Matzneff poursuivi à la trace

Et voilà. Je l’annonçais déjà – je le craignais – il y a plusieurs jours. La chasse à l’homme journalistique contre Gabriel Matzneff se poursuit. Il y a quelques minutes, Paris Match vient de publier un article « exclusif » où l’on apprend (quel intérêt pour le public?) que Gabriel Matzneff serait « sur la Riviera italienne » et qu’il aurait « choisi un confortable exil dans un hôtel balnéaire ».

Paris Match – qui s’en vante – « a enquêté en France et en Italie et a retrouvé sa trace sur la Riviera, au bord de la Méditerranée dans un quatre-étoile où il a ses habitudes depuis plus de dix ans. Il y séjourne depuis le début du mois de janvier et retournera en France au début du mois de février ».

On appréciera le vocabulaire employé: « retrouver la trace ».

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Paris-Match-a-retrouve-la-trace-de-Gabriel-Matzneff-en-Italie-1670110

Donc, un journal français très lu (et qui se trouve probablement dans la salle d’attente de votre dentiste) éprouve le besoin de révéler qu’un homme de 83 ans – par ailleurs cible d’une campagne de presse constante depuis plusieurs semaines – se trouve sur la Riviera (« au bord de la Méditerranée », merci pour la précision), et dans un hôtel « quatre étoiles ». Et on indique aussi les dates de son séjour présumé.

Encore un petit effort, et le nom de l’hôtel en question va-t-il être publié par la presse?…

 

Publié dans David Hamilton

L’amour, seul remède à l’ignorance, au mensonge et à l’imbécillité

David Hamilton « américain » (sic)?

Le journal Gala ne semble pas savoir que  David Hamilton était britannique et non pas américain…

« Certains évoquent le nom de David Hamilton, célèbre photographe américain dont les accusations de viol par Flavie Flament avaient porté un sérieux coup à sa réputation ».

(Gala, 20 janvier 2020: https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/laeticia-hallyday-libre-dans-son-corps-et-decomplexe-ce-shooting-photo-qui-avait-tant-plu-a-johnny_441835 )

Vanessa Springora et Cioran.

Ce que dit Vanessa Springora de Cioran dans Le Consentement m’avait immédiatement fait tiquer, même si je ne l’ai jamais rencontré.

Il me semble de plus en plus évident que le sujet (les affirmations de Springora sur Cioran) mérite d’être creusé. Il le sera probablement, dans les rarissimes journaux encore doués de sens critique qu’il y a en France, ou sur des blogs indépendants.

Roland Jaccard attaqué dans la presse italienne

Dans le journal italien La Stampa, le 5 janvier 2020, un journaliste rappelle un article de Roland Jaccard paru dans Le Monde, il y a des dizaines d’années, au sujet d’un livre de Matzneff: « Allora, per quel testo, il critico Roland Jaccard lo aveva incensato su Le Monde« .

( https://www.lastampa.it/topnews/tempi-moderni/2020/01/05/news/libro-denuncia-trascina-lo-scrittore-matzneff-in-uno-scandalo-sessuale-tutti-sapevano-ma-hanno-taciuto-1.38290682  )

La drague à la piscine Deligny

Dans le journal Le Monde, on lisait il y a quelques jours, au sujet de Gabriel Matzneff: « c’est comme si la fermeture en 1993 de la piscine Deligny, où l’écrivain aimait tant draguer en compagnie de l’auteur de Sugar Babies, le psychanalyste Roland Jaccard, avait marqué le début symbolique de son déclin ».

( https://www.lemonde.fr/societe/article/2020/01/06/gabriel-matzneff-questions-sur-un-prix-renaudot_6024917_3224.html )

Dis-moi la vérité sur l’amour

La réponse des écrivains, ce sont leurs livres. Roland Jaccard vient de publier un nouvel ouvrage, dans la collection Le banquet aux Editions de l’Aire.

Renseignez-vous ici, commandez-le, lisez-le : https://www.rts.ch/info/culture/livres/11014943-roland-jaccard-un-seducteur-fatigue-dans-sa-bibliotheque-.html

Publié dans David Hamilton

Vanessa Springora a-t-elle jamais rencontré Emil Cioran?

Mon ami Roland Jaccard a bien connu Cioran.

Que pense-t-il de ceci? Et qu’en pense-t-on?

 

« Utilisation de Cioran par Mme Springora »

J’ai vaguement parcouru le livre de Mme Springora. Mais j’ai lu et relu, avec attention et déplaisir, quelques pages – lecture à la suite de laquelle j’ai fini par me poser des questions sur l’ensemble du réquisitoire qui, ces derniers jours, a déclenché une telle tempête dans le monde des lettres et de la morale.
Ce sont des pages où il est question de Cioran. Je l’ai connu sans doute mieux que ne l’a connu Mme Springora, et c’est de là que vient mon étonnement, générateur de doutes.
« Machinalement, je me retrouve en bas d’un immeuble cossu dont le premier étage est occupé par un ami de G., un philosophe d’origine roumaine […]. » Cioran n’habitait pas le premier étage – ce qui, manifestement, cherche à suggérer une certaine opulence -, mais trois chambres de bonne réunies en appartement, au dernier étage.
« Une petite dame d’un certain âge m’ouvre […]. » Simone Boué était grande.
« […] et l’épouse d’Emil […] » Cioran n’a jamais consenti à épouser Simone, qu’il présentait toujours, de manière assez gauche, comme sa « compagne ».
« Emil, c’est V., l’amie de G.! » Aussi bien Cioran lui-même que Simone avaient le prénom Emil en horreur. Elle ne l’appelait donc jamais ainsi, du moins pas en public, préférant utiliser le nom de famille: Cioran.
« […] crie-t-elle à travers l’appartement, puis elle s’engouffre dans un couloir […] » Dans la minuscule entrée s’ouvrait, sur la droite, la non moins minuscule pièce qui servait de bureau, et, devant, une sorte de salon. S’agissant d’un espace particulièrement exigu, prétendre que Simone ait pu crier « à travers l’appartement » est ridicule. Quant au couloir, il n’existait tout simplement pas.
« Le nez d’aigle » de Cioran peut être infirmé par n’importe quelle photographie. Quant à son accent, s’il était, effectivement, fort, il ne lui faisait nullement déformer les mots (« tzitrón? tchocoláte? »).
« Emil, je n’en peux plus […] » Même ses meilleurs amis ne l’appelaient jamais « Emil ». À plus forte raison, une gamine de 15 ans ne se serait pas autorisé une telle familiarité.
« La vision des petits doigts potelés de la femme de Cioran […] » Les mains de Simone n’étaient ni petites ni potelées. « Toute pomponnée, ses cheveux bleutés […] » Simone avait des cheveux blonds foncé, avec une mèche blanche sur le devant. « En son temps, elle a été une comédienne en vogue. Puis elle a cessé de tourner dans des films. » Simone Boué n’a jamais été comédienne, mais professeur d’anglais, et cela durant toute sa vie.
Quant au petit discours que Cioran aurait tenu pour la défense de « G. », il est parfaitement invraisemblable. D’une discrétion maladive, détestant se mêler des affaires d’autrui, Cioran n’aurait jamais accepté de commenter les affaires personnelles de quiconque, et encore moins celles d’une gamine.
Un si grand nombre d’affabulations en seulement cinq pages me font croire que Mme Springora n’a jamais été chez Cioran, et peut-être même ne l’a-t-elle jamais connu. Mais alors, qu’en est-il du reste du livre?

(Texte de Radu Portocala. 14 janvier 2020, 15:22 : Facebook)

https://www.facebook.com/radu.portocala.50?__tn__=%2CdC-R-R&eid=ARAMW-grfr3u0ZtHqtvKf3KIpUwfm7jG1RkZ08wcvYhJ0ZaBDlzwacmb6diTKNl3tHdoxDSmny9gXJre&hc_ref=ARSw_xMdMAVjwivHzPTifQEztQoRwWmTQTIyS3ic-lhmzKlLymk39CHtQh5JioKujCU&fref=nf

 

Publié dans David Hamilton

L’ère du « Wanted » numérique

Le corps de David Hamilton est emporté, en catimini, après son « suicide »

La société risque apparemment, et peut-être pour de nombreuses années, de « boycotter » ou de chercher à boycotter des artistes – vrais artistes ou faux artistes, peu importe ici – accusés d’agressions sexuelles ou de « viol ».

Rappelons la position de ce blog: si des individus sont coupables, qu’ils soient condamnés; mais qu’on laisse leurs oeuvres en paix. Et que l’on établisse une distinction entre qui est coupable et qui est, simplement, accusé. Car on peut être accusé à tort.

La culture de la dénonciation publique, venue des Etats-Unis, m’a toujours semblé abjecte. Je le pensais déjà il y a très longtemps, au temps de ma jeunesse. C’est une culture (ou une sous-culture) du ragot, de la délation, mais aussi de l’humiliation volontaire: toute la presse se mettant soudain à qualifier publiquement tel ou tel artiste de « pédophile » ou de « prédateur »,  et cela – notons-le bien – alors qu’aucune décision de justice n’a été rendue!

Exemple: la veuve de Johnny Halliday, qui a d’ailleurs refait sa vie, vient de publier sur les réseaux sociaux des photographies d’elle, dévêtue. Là-dessus, des journaux de gossip se demandent (ou font semblant de se demander) si ces clichés seraient l’oeuvre de David Hamilton (la réponse, au fait, est : non). Notons  que David Hamilton est de plus en plus souvent qualifié par la presse du terme: « le prédateur ». Voilà donc un homme qui est mort sans avoir été condamné à quoi que ce soit, mais que des plumitifs traitent de « prédateur » (sic) après sa mort, même s’ils n’ont aucune preuve qu’il l’ait jamais été. Ce qu’ils appellent « preuve » consistant sans doute dans les affirmations en ce sens de Flavie Flament.

« Le magazine Voici s’interroge sur le photographe des photos les plus anciennes : pourrait-il s’agit de David Hamilton, le photographe par ailleurs accusé de viol par l’animatrice Flavie Flament ? Laeticia aurait en effet croisé le chemin du prédateur dans ses jeunes années, dans la région du Cap d’Agde où résidaient ses grands-parents et sa mère. »

( https://www.rtl.be/people/potins/laeticia-hallyday-nue-elle-assume-photos–1189492.aspx )

Claude François, photographie DAVID HAMILTON

Il y a de l’inconcevable ici. Claude François, dans un entretien d’autrefois, aurait tenu des propos aujourd’hui « inacceptables » sur les jeunes filles? Boycott! Tel ou tel humoriste est  accusé de faire rire, mais sans respecter les canons du politiquement correct? Boycott!  Sur les « réseaux sociaux », aussitôt, de véritables cohortes d’internautes se constituent. Ils appellent à la damnatio memoriae d’un artiste, à l’interdiction d’un film, à la suppression d’un spectacle, à la censure d’un écrit. Et certains n’hésitent même pas à avoir recours aux menaces de mort. La masse des internautes « justiciers » crée une actualité qui est ensuite reprise, amplifiée, répercutée dans les médias. Et c’est l’hallali. La curée.

MeToo aussi est une mode qui, officiellement, a débuté sur lesdits « réseaux sociaux » vers l’automne 2017. Sous prétexte de « dénonciations », on risque des drames et, par exemple, le suicide de personnes accusées et auxquelles est très souvent niée toute présomption d’innocence.

Polanski avec Natassja Kinski et Dawn Dunlap, Paris, 1979

Songeons que Roman Polanski, Woody Allen, Kirk Douglas, Marlon Brando, Klaus Kinski, Jerry Lee Lewis, Bill Cosby,  ou encore des artistes français (ou établis depuis longtemps en France) comme Luc Besson, Jean-Luc Lahaye, Ibrahim Maalouf,  Christophe Ruggia ou David Hamilton,  tout dernièrement enfin Gabriel Matzneff font partie de cette  liste de proscription, très longue et absolument pas exhaustive. Il est clair qu’il y a parmi eux de très grands artistes (et aussi d’autres que, à titre personnel, j’hésiterais à définir de la sorte, sans parler de ceux qui me sont parfaitement inconnus) mais ce qui frappe est d’abord le très grand nombre de personnalités, si différentes les unes des autres, qui sont ainsi soupçonnées, vilipendées, condamnées au pilori.

Le monde occidental moderne (si prompt à condamner moralement des décisions prises par exemple par le système judiciaire en Iran) veut-il en revenir à la philosophie du  « Wanted » décrite par les westerns? Veut-on priver de procès et de défense des individus dont une éventuelle culpabilité ne devrait pourtant être prononcée que par des tribunaux? Veut-on les pendre en place publique? En tout état de cause, étant accusés de choses différentes, ils ne sauraient être tous pareillement coupables.  Comment peut-on accepter que, par exemple, l’adresse personnelle d’un vieil homme comme Gabriel Matzneff (et s’il était jeune, cela ne changerait rien) ait été pratiquement publiée dans la presse, tandis que des journaux révélaient sa présence supposée dans un pays voisin de la France? Quelqu’un veut-il courir le risque d’armer le bras de vengeurs expéditifs?

Sous prétexte de lutter contre le harcèlement, ne se livre-ton pas à un autre harcèlement? Autrefois, un paria pouvait déménager. Aujourd’hui, toujours « grâce » aux réseaux sociaux, qui peut se vanter d’échapper à ce « Wanted » pour ainsi dire universel?

Le Matin Dimanche, 12 janvier 2020, Roland Jaccard défend Gabriel Matzneff

Qui pourra jamais échapper à cette chasse aux sorcières numérique? A l’animosité, pour ne pas dire à la hargne, de personnes qui n’ont sans doute jamais lu une seule ligne de tel ou tel écrivain mais pourraient hélas l’agresser, lui cracher dessus, le lyncher (au propre ou au figuré) s’ils le rencontraient, probablement sûrs en leur for intérieur – en outre – d’être les paladins du « bien » contre l’incarnation du « mal »?

Je pensais qu’en France, cette culture de la délation ne serait pas entrée – en ce début du XXIe siècle – dans les moeurs. Parce qu’enfin, il serait excellent que personne n’oublie que pour accuser quelqu’un, en bonne logique, il faut des preuves.  Que c’est à la justice de déterminer la valeur et la véracité de ces preuves. A la justice, et non pas à la rumeur véhiculée par les tribunaux médiatiques.

Il me semble trop facile que les grandes accusatrices disent ensuite  « ne pas chercher l’aide de la justice ». C’est justement ici qu’est le problème.  S’adresser à la justice, c’est risquer en retour une plainte en diffamation. En revanche, lancer des accusations sur la place publique est trop simple. Simpliste. Puisque tous (ou presque tous) les journaux prennent pour argent comptant des « viols » que ces dames déclarent avoir subis il y a  très longtemps. Du temps où elles étaient des jeunes filles.

Je ne sais pas trop, quant à moi, comment qualifier un phénomène de mode qui serait bien aise de se déguiser en « révolution politique », à ceci près qu’il s’appuie sur la technologie numérique, c’est-à-dire en définitive sur une masse anonyme de gens qui disent – et répètent – la même chose. Veut-on en arriver à une société où la vérité sera liée au nombre de gens qui répéteront quelque chose? Ou en est-on déjà arrivé à une telle société?

Je dis, pour conclure, qu’il ne naîtra rien de bon de tout ceci. Ni les hommes, ni les femmes n’en tireront nul avantage que ce soit, je le crains. Tout comme le machisme, un féminisme exacerbé ne conduira nullement à une égalité entre les sexes, mais à la poursuite de la guerre des sexes. Ni les hommes ne seront plus des hommes; ni les femmes, des femmes. C’est infiniment dommage.

Que la lutte contre les violences sexuelles – quand celles-ci sont démontrées et avérées – soit nécessaire et utile, c’est une évidence. Mais on doit refuser aussi les violences que représentent les dénonciations médiatiques et les campagnes menées par les tribunaux autoproclamés des réseaux sociaux.

Qui sera le prochain? Après Matzneff, à qui le tour?…

 

Publié dans David Hamilton

Les jeunes filles pittoresques de David Hamilton et leurs antonymes, les jeunes filles flamentables

Carte postale plutôt rare de David Hamilton (éditions Agep, Marseille). Tournage du film « Laura les ombres de l’été » (1979). Nous prions nos lecteurs de bien vouloir nous excuser pour la mauvaise qualité technique de l’image ici reproduite.

« Flamentable »: un néologisme?

Deux articles, coup sur coup, sur le blog de Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie. Il y propose même un néologisme, flamentable, qui rappelle lamentable (latin lamentabilis, « plaintif; déplorable »).

On lira donc: https://lequichotte.com/2020/01/19/flavie-flament-flamentable-justiciere/

Et : https://lequichotte.com/2020/01/20/riester-ministre-de-linculture-entendrait-deneutraliser-et-ideologiser-les-fichiers-de-la-bnf/

Photo David Hamilton. Publiée ici en août 1973 dans le journal allemand « Konkret »

Remerciements

Mes remerciements, par ailleurs, à Patrice qui, sachant les difficultés actuelles de ma vie, m’écrit en substance ce qui suit: « Merci d’avoir continué le blog malgré ces circonstances extrêmes« .

Quelques photographies de David Hamilton, certaines représentant de claires allusions à des oeuvres pittoresques, ou à des peintres célèbres.

« Pittoresque »: qui appartient, qui est relatif à la peinture; qui produit un magnifique effet en peinture, dans un tableau, par le contraste ou la richesse des coloris; qui est digne d’être peint, de fournir un sujet à un peintre.

 

Cette illustration est extraite de l’album de David Hamilton (publié au Japon) que les collectionneurs du grand photographe connaissent sous l’appellation de « Monochrome rouge ». Années 1980.

Cette illustration est extraite de l’album de David Hamilton (publié au Japon) que les collectionneurs du grand photographe connaissent sous l’appellation de « Monochrome rouge ». Années 1980.

Cette illustration est extraite de l’album de David Hamilton (publié au Japon) que les collectionneurs du grand photographe connaissent sous l’appellation de « Monochrome rouge ». Années 1980.

Cette illustration est extraite de l’album de David Hamilton (publié au Japon) que les collectionneurs du grand photographe connaissent sous l’appellation de « Monochrome rouge ». Années 1980.

Photographie de David Hamilton, usée ici pour une publicité « Nina Ricci » datant, sauf erreur de notre part, de 1972.

Publié dans David Hamilton

Voici venir les temps, les derniers temps de jouir des délices infinies des artistes d’hier.

Il me semble que la plus grande partie de la hargne médiatique contre Gabriel Matzneff est (provisoirement?)  passée. Voilà en effet trois semaines entières que tous les sans talent littéraire, les petits jaloux, les illettrés ordinaires des milieux médiatiques et éditoriaux, les incultes s’en donnent à coeur joie dans la désignation de Gabriel Matzneff, dernier avatar en date du « mal » – et qui a ainsi l’immense avantage, pour eux, de leur permettre de se déguiser en « bons ». C’est un scénario tellement éculé qu’il ferait rire, s’il ne faisait dégueuler.

Tous ces plumitifs crachent leur venin, se répètent, se recopient les uns les autres mais, à un certain point, même des hébétés devraient finir par s’apercevoir de leur propre absence totale d’originalité, de leur lâcheté, de leur inanité. Même leurs lecteurs, amoureux  du bourrage de crâne incessant auquel on les soumet désormais du berceau à la tombe, pourraient s’en rendre compte…

Des tas de gens qui n’ont jamais ouvert un livre de leur vie, encore moins un livre de Matzneff, ont en revanche lu dans la presse gossip ( genre Le Monde) ou sérieuse (genre Gala) que Gabriel Matzneff était le diable. Donc Gabriel Matzneff est le diable. Ils n’ont pas besoin, pour le condamner, de le lire. D’autant plus qu’en le lisant, ils pourraient comprendre qu’ils… ne comprennent pas ce qu’ils lisent et qu’il est plus facile, pour eux, de déchiffrer les panneaux de signalisation sur les autoroutes, qui auront représenté au dernier jour de leurs existences l’essentiel de leur bibliothèque.

Personnellement, j’ai toujours peu apprécié en Matzneff certains de ses côtés disons trop mondains. Ses propos sur les petits garçons n’ont jamais été ma tasse de thé, ils n’ont jamais suscité empathie ou enthousiasme en moi. Tout au contraire. Mais voilà, vu que je ne l’ai jamais fréquenté dans la vie courante et que je ne suis ni moraliste, ni censeur, ni juge, ni fonctionnaire de police, je faisais avec ses livres comme avec tous les livres de tous les auteurs. J’étais libre de les fermer, ou de passer rapidement quelques pages ou quelques paragraphes. Etant doué de sens critique, je n’ai d’ailleurs aucune raison d’être d’accord avec cent pour cent de ce qu’écrit qui que ce soit. Personne ne me le demande. J’ai lu La recherche de Proust une quarantaine de fois. Il y a des choses que je n’y aime pas. Au demeurant, les choses qui ne m’y plaisent pas aujourd’hui ne sont pas forcément celles qui ne me plaisaient pas à l’âge de vingt ans. Mais j’adore l’ouvrage.

Ma bibliothèque est pleine de livres d’auteurs. Que j’en raffole ou que je les exècre, je voudrais bien que personne ne les brûle. Je n’ai pas besoin qu’on les fasse précéder de préfaces ou d’avertissements m’indiquant ce que j’ai à en penser. J’aime bien penser par moi-même.

Il ne faut donc pas me confondre avec un ministre de la « Culture » qui avoue ne jamais avoir lu Matzneff mais pense quand même que les livres de ce dernier pourraient être des « pièces à conviction » pour une enquête de police, et qu’il faudrait évoquer dans les notices des auteurs présents à la BNF leurs condamnations (pour l’instant, Matzneff n’a jamais été condamné), les polémiques faites autour d’eux… et pourquoi pas leurs bulletins scolaires, ou le nombre de points qu’ils ont encore sur leur permis de conduire, ou s’ils donnent des étrennes à leur concierge?

Comment va finir l’Affaire Matzneff? Il n’y a guère que deux ou trois hypothèses. Certaines sont tragiques. Je ne peux que lui souhaiter de trouver un refuge, quelque part, comme je l’ai toujours souhaité à tous les parias et à tous ceux qui sont désignés comme des « bêtes » et que les meutes courrent.

Pour le reste, tant que survivront à chaque génération mille, cent, dix personnes cultivées, lettrées, douées du sens de la beauté, ces personnes-là apprécieront toujours les livres de Gabriel Matzneff, les romans de Roland Jaccard, les albums photographiques de David Hamilton.

Puis, quand l’être humain se sera définitivement transformé en robot lobotomisé ou « transhumain » – combien de temps faut-il attendre? dix ans? cinquante? – tout sera fini. Terminé.

En attendant, au moins tant que la surveillance de masse ne débouchera pas sur des commandos de la police de la pensée pénétrant chez vous à cinq heures du matin pour jeter dans des bûchers les livres interdits, il sera toujours possible à une petite – toute petite élite – de jouir des délices infinies des artistes d’hier.

*

Le consentement de Vanessa Springora sera peut-être bientôt le livre le plus vendu en France, ce qui donne des sueurs froides quand on songe à ce qu’est devenue la « littérature » en ce pays.

Par ailleurs, on se souvient peut-être que Flavie Flament avait fait imprimer une deuxième édition de La Consolation, où elle avait fini par indiquer en toutes lettres le nom de David Hamilton. On peut donc imaginer une nouvelle édition du Consentement où « l’écrivain G. », ou « G.M. », sera appelé par son nom. Quant à La Consolation, c’était devenu un téléfilm, ou quelque chose de ce genre. A quand la sortie d’une pellicule sur Le Consentement dans les salles?…

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Un texte « david-hamiltonien » sur Vanessa (Paris, 1986)

Bibliophilie.

Voici un texte littéraire et, d’une certaine façon, david-hamiltonien, datant de 1983 (j’avais vingt-deux ans quand je l’ai écrit), publié en 1986, dont le personnage féminin s’appelait Vanessa (*).

(*) Non, pas Vanessa Springora: il y a d’autres Vanessa que Vanessa Springora…

*

Le texte suivant est extrait de « La Nouvelle Revue de Paris« , n° 6, juin 1986 [192 p.] / n° spécial «Jacques Perret », avec des textes de Jacques Perret, Georges Laffly, Jean Cocteau, Jean de Malestroit, Olivier Mathieu, Antonel Perli, Banine, Guy Dupré, René Quinton, Michel Bulteau, Baron Bulto, Jacqueline Kelen, Marcel Schneider, Irène Lagut, Dante-Gabriel Rossetti, Pierre Boutang, Platov, Joseph de Saint-Elie, Philippe Barthelet, Christian Jacq, Jean-Paul Bertrand, Grace Dolancourt, Hubert Juin, Frédéric Musso.

Rappelons à l’intention des bibliophiles que « La Nouvelle Revue de Paris » a paru (1985-1989) à Monaco, aux éditions du Rocher. Le président d’honneur  en était Jean Mistler, le directeur Michel Bulteau et la rédaction dirigée par MM. Jean-Paul Bertrand, Michel Bulteau, Christian Jacq.

De Jean D’Ormesson à Jean Cau, d’Otto Weininger à Lou Reed, de Jacques de Ricaumont à Ezra Pound, de Francis Scott Fitzgerald à Michel Déon, de Michel Houellebecq à Olivier Mathieu…

Liste, probablement exhaustive, des collaborateurs (*): Adeline, Daniel Aranjo, Claude Arnaud, Wilko B., Banine, Philippe Barthelet, Christian de Bartillat, Sophie Basch, Jacques Benoist-Méchin, Frédéric Berthet, Jean-Paul Bertrand, Jean-Louis Bory, Anne-Marie Bouisson, William Burroughs, Pierre Boutang, Marcel Brion, François Broche, R.P. Bruckberger, Jean Brun, Samuel Brussell, Michel Bulteau, Baron Bulto, Manuel Burrus, Truman Capote, Jean Cau, Jean Chalon, Jacques Chancel, Malcolm de Chazal, Yves Chiron, Florent Chopin, Marianne Clouzot, Jean Cocteau, Michel Collomb, Jean-Louis Curtis, Marie-Laure David, Victor-Henry Debidour, Philippe Delerm, Jean-Pierre Deloux, Pierre Demarne, Michel Déon, Diane Deriaz, Michel Desbruères, Eric Deschodt, Luc Dietrich, Heimito von Doderer, Grace Dolancourt, Geneviève Dormann, Paul Drouot, Charles Du Bos, Grégoire Dubreuil, Georges Dumézil, Guy Dupré, Jean Dutourd, Hugo Dyserinck, Pierre Emmanuel, John Fante, Solange Fasquelle, Jean-Jacques Faussot, Jacques Ferry, Francis Scott Fitzgerald, Jean-Louis Foncine, André Fraigneau, Olivier Frébourg, Wolfgang Friedrichs, William Gaddis, Matthieu Galey, Pierre Gaxotte, Michel Guimbal, Ginette Guitard-Auviste, Jean Guitton, Kléber Haedens, Christian Harrel-Courtès, Peter Härtling, Hermann Hesse, René Hilsum, Friedrich Hölderlin, Vintila Horia, Michel Houellebecq, Christian Jacq, Edmond Jaloux, Hubert Juin, Alain Jouffroy, Ernst Jünger, Jacqueline Kelen, Arnold de Keyserling, Manfred de Keyserling, Alexis Klimov, Boris Kochno, Olivier La Ramée, Jacques de Lacretelle, Valery Larbaud, Martine Leca, Georges Laffly, Irène Lagut, Olivier Larronde, Bernard Leconte, Eric Leguèbe, Jérôme Leroy, Henry Jean-Marie Levet, Arnould de Liedekerke, Jean Lorrain, H.P. Lovecraft, Detlev Lüders, Jean de Malestroit, Jean José Marchand, Abbé Bruno-Jean Martin, Jean-Charles Masson, Olivier Mathieu, Michael McClure, Matthieu Messager, Jean Mistler, Pierre Moinot, Jean Moal, Michel Mohrt, Paul Morand, Bernard Morlino, Michel Mourlet, Elliott Murphy, Frédéric Musso, Gérald Neveu, Dominique Noguez, François Nourissier, Louis Nucera, Jean d’Ormesson, Wilfred Owen, Jean-Marc Parisis, Jean Parvulesco, Ricardo Paseyro, Claude Pélieu, Antonel Perli, Jacques Perret, Claude Planet, Platov, Bernard Plessy, Edgar Poe, Ezra Pound, Henri Pourrat, Pierre Pupier, René Quinton, Bruno Racine, Raymond Radiguet, Lucien Rebatet, Lou Reed, Jacques de Ricaumont, Jean Richier, Jacques Rivière, Stanislas Rodanski, Dante-Gabriel Rossetti, Georges Saint-Clair, Joseph de Saint-Elie, Philippe de Saint Robert, Ghislain Sartoris, Corona Schmiele, Marcel Schneider, Delmore Schwartz, Philippe Sénart, François Sentein, Siouxie Sioux, Edith Sitwell, Willy de Spens, Philippe Soupault, Jules Supervielle, François Taillandier, Gustave Thibon, Erika Tunner, Jean-René Van der Plaetsen, Vauvenargues, Louis Veuillot, Vincent Villedieu, Alain Virmaux, Odette Virmaux, Otto Weininger, Tom Wolfe…

(*) Non, on n’y trouvait pas Gabriel Matzneff!

*

Voir entre autres mon article sur le grand Emmanuel Berl dans « La Nouvelle Revue de Paris« , n° 5, mars 1986 [214 p.] / n° spécial «Hermann de Keyserling » avec des textes de Christian de Bartillat, Charles Du Bos, Anne-Marie Bouisson, Michel Bulteau, Olivier Mathieu, Jean Dutourd, Hugo Dyserinck, Pierre Gaxotte, Vintila Horia, Manfred et Arnold de Keyserling, Alexis Klimov, etc.

Et encore mon article sur Raymond Abellio dans « La Nouvelle Revue de Paris« , n° 8, décembre 1986 [192 p.] / n° spécial «Jean Dutourd » avec des textes de Jean Dutourd, Michel Bulteau, Marcel Brion, R.P. Bruckberger, Michel Déon, Paul Drouot, Bernard Leconte, Olivier Mathieu, Paul Morand, Lucien Rebatet, Jacques Rivière, François Taillandier, etc.

 

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Roland Jaccard, Gabriel Matzneff, David Hamilton et le plaisir d’être un grognard du dernier carré

On lit ici, sous la plume de Nicolas Martin ( https://largeur.com/?p=10281   ) :

… « Gabriel Matzneff pour justifier aujourd’hui ce soutien de naguère à celui qui passe désormais, sauf aux yeux de derniers grognards comme le psychanalyste et écrivain Roland Jaccard, pour l’affreux des affreux ».

Oui, il est très doux de grognarder.

« C’étaient tous de vieux soldats et ils se mirent tout de suite à grognarder avec tant d’aisance qu’on se sentit entièrement rassuré » (Jean Giono, Un roi sans divertissement, qui ne put être publié qu’en 1947).

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Et voilà Gabriel Matzneff et David Hamilton hâtivement amalgamés

Notre blog ayant été le premier à annoncer l’Affaire Matzneff, nous ne sommes nullement surpris de voir que depuis quelques jours, on commence à établir des parallèles douteux entre Gabriel Matzneff (écrivain actuellement en vie) et David Hamilton (photographe mort depuis 2016).

Il s’agit souvent – chez les adversaires des deux artistes – de discours emphatiques et verbeux, de propositions sans queue ni tête, de logorrhée. Syntaxes bancales, métaphores approximatives, analogies absurdes, lieux communs et clichés, fautes d’orthographe, titres purement et simplement imaginaires d’albums attribués à David Hamilton…

Exemples tout récents, parmi d’autres.

1. Un historien du nom de Michel Porret écrit:

« Or, vers 1970, après André Gide et Roger Peyrefitte, la pédophilie visuelle du photographe David Hamilton (suicidé en 2015?) et celle écrite des «écrivains d’avant-garde» (Tony Duvert, Gabriel Matzneff) emplissent les librairies. Ancien libraire, puis-je oublier l’engouement pour les Jeunes filles en fleur de Hamilton, cadeau livresque passe-partout ».

https://www.letemps.ch/opinions/gabriel-matzneff-david-hamilton-autres-carnage-pedophilique

C’est raté:

  • David Hamilton est mort en 2016, pas en 2015;
  • aucun livre de David Hamilton ne s’est jamais appelé Les jeunes filles en fleur;
  • d’ailleurs, un ancien libraire devrait savoir qu’on écrit jeunes filles en fleurs (Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs).

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2. On lit ici: https://www.gauchebdo.ch/2020/01/16/le-consentement/

« On peut associer l’écrivain au photographe David Hamilton et son «flou artistique», reconnaissable dès la fin des années 60, qui entourait les très jeunes filles (moins de 16 ans) qu’il faisait poser, avec l’assentiment des mères, d’ailleurs. Les livres des deux individus s’étalaient dans les vitrines des librairies ».

C’est raté:

  • David Hamilton est très loin d’avoir employé son « flou artistique » à toutes les époques de sa carrière, pour le savoir il suffit d’avoir lu et consulté ses albums. Et notamment, il ne l’employait nullement et on ne pouvait donc pas le reconnaître « à la fin des années 60 ».

*

3. On lit ici: https://www.ladepeche.fr/2020/01/05/matzneff-et-lage-pivot,8642003.php

« Lolita, lumière de ma vie, feu de mes reins. Mon péché, mon âme »… Ainsi débute la déposition de Humbert Humbert, mort en prison d’un accident vasculaire, héros criminel du roman de Vladimir Nabokov dont le titre – « Lolita » – désigne aujourd’hui les petites filles très maquillées, ces adorables babys girls dont le rouge à lèvres est trop grand pour leurs lèvres, mais que leurs mères tiennent à faire monter sur le podium (Tu seras mini Miss, ma fille, plus tard, je te présenterai à David Hamilton, un gentil photographe) ».

Ici, on est tout simplement confondu, estomaqué  par ce que l’on vient de lire puisque l’auteur de ces lignes réussit à mettre dans le même sac Humbert Humbert (personnage fictif), Vladimir Nabokov et David Hamilton (tous les deux morts) et… les podiums des mini Miss.

Notons que « Roman de Vladimir Nabokov dont le titre – « Lolita » – désigne aujourd’hui les petites filles très maquillées » fait sourire. Le titre du roman de Nabokov, en effet, désigne le roman de Nabokov. Tout au plus, c’est le mot « lolita » qui est entré – par antonomase – dans le langage commun pour désigner une jeune fille aguichante.

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4. En Suisse, un certain Jean Romain écrit: https://www.tdg.ch/reflexions/pedophilie-pensee-68-action-reelle/story/26251068

« Cet hyperlatif est ce qui distingue ces années de celles qui les ont précédées, où on a cultivé le secret. Des Daniel Cohn-Bendit, des David Hamilton, des Gabriel Matzneff ont franchi allègrement les portes de l’hyperlatif, attitude que bien des intellectuels et des médias parisiens, fascinés, ont approuvée ».

Euh… « Des Daniel Cohn-Bendit, des David Hamilton, des Gabriel Matzneff ont franchi allègrement les portes de l’hyperlatif? »

Je vais essayer de comprendre ce que signifie « franchir allègrement les portes de l’hyperlatif ».

En attendant, je signale aux élèves de Monsieur l’enseignant que l’orthographe de leur maître est douteuse: en français, on écrit « allégrement » et pas « allègrement »…

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