Coronavirus, check point, tracking, drones: comment mesurer le degré qu’a pu atteindre la capacité d’hébétude et de soumission des libres citoyens?

Certaines personnes continuent à m’écrire des courriels, voire des commentaires sur ce blog, pour me dire que j’ai tort. Je les remercie infiniment pour leur grande et louable naïveté.  Il est à noter, cependant, que j’ai raison, en général, avec quelques jours ou semaines d’avance.

Et donc, comme je l’annonce depuis plusieurs jours, le port du masque OBLIGATOIRE va être étendu à la Toscane dans les tout prochains jours (après la Lombardie, hier, et la Valle d’Aosta). Bref, il est hautement probable que le port du masque sera bientôt  OBLIGATOIRE sur tout le territoire italien. Et ensuite, dans toute l’Europe? Des centaines de millions de citoyens européens en quarantaine et « autorisés » à aller travailler, voire à faire leurs courses au supermarché dans leur quartier, mais avec un masque. La couleur du masque sera-t-elle décidée par les Zautorités? Et sa marque, sa forme? Je l’ignore. On va savoir prochainement, du moins, le montant des amendes à infliger aux gens qui pourraient persévérer à ne pas vouloir porter un tel masque.

Voici Pâques. A cette occasion, les autorités italiennes annoncent que des « CHECK POINT » seront multipliés partout. Tous les véhicules seront contrôlés afin d’interdire aux gens de rejoindre leurs maisons de villégiature. Je ne sais pas pourquoi la presse italienne emploie des expressions anglaises. Il doit y avoir moyen de dire « CHECK POINT » dans la langue de Dante, je suppose. Peut-être les journalistes trouvent-ils « CHECK POINT » plus facile à comprendre par la Génération Z ? Ou encore, aiment-ils les termes militaires? En prélude à une prochaine et éventuelle militarisation de l’Europe?

Un peu partout en Italie, enfin, on emploie déjà (ou l’on va employer) des drones pour surveiller les citoyens qui pourraient encore sortir de chez eux, dans le vain espoir d’échapper à la quarantaine (ou LOCKDOWN, pour le dire avec les journalistes italiens, que je suppose si manifestement heureux d’employer des ternes anglais).

« Traçage » (TRACKING, comme franglise avec son élégance coutumière Edouard Philippe) des téléphones, masques obligatoires, drones et check point.

On dit que la Suède va suivre le mouvement.

Il restera à comprendre pour quel motif réel l’humanité quasi entière est désormais (ou ne va pas tarder à être mise) en quarantaine, sous la surveillance des drones, avec l’obligation de porter des masques et la certitude que les check point vont fleurir dans les rues.

Pourquoi tant d’informations confuses et contradictoires?

Se passe-t-il autre chose, dans le monde, que le coronavirus? Et quoi? S’il se passe autre chose, la « grande presse » n’en parle certes pas beaucoup.

Espérons que le coronavirus n’ait pas pour but, ou pour résultat, de détourner de quelque chose l’attention des masses…

Ou, pour le dire en d’autres termes, on ne voudrait surtout pas que le coronavirus n’ait d’autre utilité ou d’autre intention que celle de mesurer le degré qu’a pu atteindre la capacité d’hébétude et de soumission des libres citoyens.

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Le coronavirus et la ségrégation collective d’une société qui avait commencé par être poussée à celle de l’individualisme de masse

Faut-il vraiment un grand philosophe pour comprendre que le féminisme, à tout le moins celui d’aujourd’hui dans sa version « Metoo », ainsi que sa médiatisation, est synonyme d’une mise à distance de la participation et du rôle des hommes?

La distanciation sociale, il y a des années qu’elle a été mise en oeuvre. Les exemples abonderaient. Réellement innombrables. La disparition des slows en est un. Roland Jaccard ne me contredira pas.

Il existait jadis une distanciation sociale qui se traduisait dans l’écart, dans le refus de relations entre différentes classes sociales. Une classe refusait d’en fréquenter une autre.

La grande nouveauté, aujourd’hui, sous prétexte de raisons sanitaires, et que l’autorité politique en place entend imposer la distanciation aux classes. En d’autres termes, l’autorité prétend opérer une ségrégation de tous les individus les uns par rapport aux autres. C’est la ségrégation collective d’une société qui avait commencé par être poussée à celle de l’individualisme de masse. On est passé de l’apartheid sud-africain à l’apartheid entre les personnes, consenti par la plupart, accepté voire désiré.

Faut-il vraiment un grand sociologue pour comprendre que la technologie des téléphones portables a conduit, elle aussi, non pas au partage mais, déjà, à la distanciation? Les effets pervers d’Internet, mettant à mal les contacts humains, sont dramatiques.

 La formule est fort simple.

METOO

+ TECHNOLOGIE

+ DISTANCIATION SOCIALE

= L’HORREUR POUR MILLE ANS

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Quand la quarantaine rend leurs quarante ans aux derniers vrais grands écrivains de cette époque

La quarantaine fait du bien à Roland Jaccard.

Je dis souvent que j’ai vingt ans (multipliés par trois). Alors Roland en a quarante (multipliés par deux).

Il vient de publier sur son blog un article qui dit tout sur Proust et sur Albertine: https://leblogderolandjaccard.com/2020/04/04/proust-et-les-photos/

C’est un article à déguster. Moi qui ai lu La recherche du temps perdu une vingtaine de fois et dans tous les sens, et qui ai aussi eu la chance de fréquenter longuement et de correspondre avec de grands spécialistes de Proust (par exemple Edmond Kinds), j’ai été très ému.

« … car, après tout, qui sait si nous n’avons pas aimé Albertine plus que les êtres auxquels nous déclarions notre passion, car elle était encore plus irréelle, encore plus insaisissable et qu’elle au moins elle échappait au Temps? » (Roland Jaccard)

« Proust aimait collectionner les photos », nous rappelle Roland Jaccard. Oui. Et Proust aurait aussi aimé David Hamilton.

Dawn Dunlap dans « Laura les ombres de l’été », 1979, ici en compagnie de la James Bond Girl Maud Adams.

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Coronavirus: où sont et qui sont les vigies et les stylites du monde moderne?

LA QUARANTAINE POUR MILLE ANS ? Tiens, ce serait quasiment drôle si ce n’était tragique: il y a des jours et des jours, voire des semaines que je dis, sur ce modeste blog, que la quarantaine ne finira pas de si tôt. « Oiseau de mauvais augure », m’a-t-on reproché. Pourtant, aujourd’hui, le gouvernement italien a commencé à dire, plus ou moins encore entre les lignes, qu’une sortie de la quarantaine au mois de mai n’était plus vraiment une certitude… Doux euphémismes! Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites…

Grippe espagnole de 1918

MYSTERES DE LA QUARANTAINE ET PROCHAINE OBLIGATION DU PORT DU MASQUE. En France, plus de 160.000 gendarmes et policiers sont mobilisés (chiffres officiels) pour « contrôler » les départs en « vacances ». Donc, si je comprends bien, on envoie 160.000 membres des forces de l’ordre dans les rues pour vérifier que les Français ne sortent pas dans la rue. Cela au moment même où, par exemple en Italie, les autorités commencent à penser à imposer l’obligation du masque. A mon avis, c’est la prochaine étape; le port du masque sera obligatoire partout. Tous en quarantaine. Tous avec un masque. Y compris chez vous puisque, si le virus se diffuse vraiment (cela reste à démontrer) dans l’air avec une grande facilité, je suppose qu’il peut être transmis à tout le monde, y compris à messieurs les policiers et les gendarmes, et aussi à l’intérieur des foyers domestiques. Mais alors, à quoi sert la quarantaine?

DEUXIEME VAGUE ? En Asie, et sans doute pas qu’en Asie, on craint une « deuxième » vague de contamination. Si on attend d’autres vagues en Asie, il y en aura donc sans doute ailleurs.

Carte postale (éditions AGEP, Marseille, années 1980). David Hamilton.

REGARDE PLUS LES FILLES, PETIT HOMME. Dans la vie de tous les jours, et je l’écrivais sur ce blog avant les premières mesures de mise en quarantaine en Italie – mesures qui furent les premières en Europe – les gens ne se touchent plus. Déjà qu’avec Metoo, c’était devenu dangereux de parler à une fille ou de la regarder…

VICTIMES DE L’OPTIMISME. Mon modeste blog a  deux ou trois mille visiteurs par jour. Ce que je ressens, pourtant, c’est que les gens n’ont pas encore vraiment compris ce qui leur arrivait, et encore moins ce qui risque hélas de leur arriver. Il est exact que la phobie du coronavirus ne pouvait guérir l’humanité, en un mois, des longues, insupportablement longues décennies de l’optimisme imbécile dans lequel on a éduqué des milliards d’êtres humains. Qu’est le christianisme, que sont toutes les religions, que sont les promesses électorales, que sont les politiques des gouvernements laïcs ou pseudo-laïcs, qu’est l’économie libérale avec sa publicité et ses « crédits », et toutes les promesses de bonheur et de consommation matérielle qui vont avec toute cette crétinerie, sinon que des produits de l’optimisme? Ne craignez pas tant le coronavirus que l’optimisme. Relisez les grands pessimistes, jusqu’à Cioran.

David Hamilton.

AVEZ-VOUS COMPRIS? NON, PAS ENCORE, IL ME SEMBLE. Si les gens avaient vraiment compris, je pense que davantage de personnes m’écriraient. Je pense que davantage d’amis et d’admirateurs de l’oeuvre de David Hamilton m’écriraient. Je pense que davantage de jeunes filles david-hamiltoniennes (je suis un utopiste: il doit bien en rester mille ou deux mille, quelque part) m’écriraient. Je pense que davantage de personnes se souviendraient des conseils de François Villon et de tous les poètes, et de tous les vrais et grands écrivains de tous les temps, qui pourraient se résumer en: « Ne perdez pas de temps! »

Je pense que davantage de personnes liraient le blog de Roland Jaccard. Car il fait partie des vigies et des stylites du monde moderne. Il en reste peu…

Roland Jaccard

A supposer que l’on aille ici ou là vers une pénurie de médicaments, ou vers une pénurie alimentaire, ou vers une pénurie d’énergie, et à supposer encore plus radicalement que l’on aille vers une pénurie de liberté – une pénurie de toutes les libertés – ne voyez-vous pas que le seul mot d’ordre poétique qui compte est: ne perdez pas de temps!

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Demain, la distanciation sociale pour mille ans?

Je suis habitué à dire des choses qui, pour la plupart, finissent par s’avérer. Il en ira ainsi de mes enquêtes consacrées à la mort de David Hamilton.

En ce qui concerne le coronavirus et la quarantaine, bien que plusieurs de mes amis ou de mes connaissances m’assurent que la quarantaine ne durera pas, soit parce qu’ils sont mal informés, soit parce qu’ils sont crédules, soit parce qu’ils souffrent encore de cette maladie chronique appelée optimisme, je suis au regret de leur dire que – pour ma part – j’estime toujours que la quarantaine durera des mois, voire des années. Et qu’au mieux, elle ne s’interrompra en tout ou partie que pour recommencer. A Wuhan, en Chine, je me demande très fort si elle n’est pas en train de recommencer.

En Italie, on parle actuellement d’une fin de la quarantaine dont la date pourrait varier, d’une région à une autre. Trentino-Alto Adige : 6 avril, Basilicata 7 avril. Valle d’Aosta 8 avril, Puglia 9 avril. Veneto 14 avril, Lombardia 22 avril, Emilia-Romagna 28 avril. Et encore: Lazio 16 avril, puis  Calabria et Campania.

Pauvre Toscane… Quant à la Toscane, elle ne sortirait de la quarantaine qu’entre le 5 et le 16 mai, donc après deux mois – déjà… – de quarantaine. Enfin, selon les déclarations des autorités italiennes, aujourd’hui, il est « plausible » que la Toscane sorte de la quarantaine après le 16 mai. Qu’en termes délicats ces choses-là sont dites…

Combien de régions, combien de pays vont-ils s’entendre dire qu’une sortie de quarantaine est « plausible » dans un mois ou davantage?

On dit maintenant que le virus peut passer d’un humain à un autre non pas seulement en toussant ou en éternuant, mais aussi en respirant…

Les vaccins, qu’ils existent déjà ou doivent encore être mis au point, vont très probablement tarder avant une éventuelle et future commercialisation. Faudra-t-il un an, deux ans, trois ans? Les avis diffèrent…

La grippe espagnole s’est étendue, au minimum, de mars 1918 à juillet 1921 (dernier cas en Nouvelle-Calédonie). Sur quelles données scientifiques se base-t-on pour dire que le coronavirus durera moins?

Si l’on sort de la quarantaine « prochainement », on n’en sortira d’ailleurs pas vraiment puisque, toujours à mon avis:

  1. le « traçage » des citoyens deviendra automatique et / ou généralisé;
  2.  la « distanciation sociale » restera à l’ordre du jour.

En d’autres termes, la quarantaine pourrait fort bien finir – officiellement – pour devenir dans les faits une distanciation sociale permanente.

On se souvient du livre Le Coup d’État permanent de François Mitterrand (Plon, 1964). Aujourd’hui, et demain, la distanciation sociale permanente?

Et que serait la « distanciation sociale », sinon une forme de quarantaine?

Le dernier slow « joue contre joue » n’est plus pour demain, hélas. C’était hier. Ou avant-hier.

 

 

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Métro, boulot, quarantaine?

SOLDAT CHVEIK. Je ne cesse de répéter que je suis un imbécile. Je pense même être un imbécile digne du soldat Chveik. C’est tout dire.

CONFINEMENT. Étant un imbécile, je n’arrive pas à comprendre. L’Italie a suivi la Chine, et Macron a  suivi l’Italie dans l’idée de mettre toute la population en quarantaine. Seulement, voilà, en Chine, la pandémie semble recommencer. Oui: la Chine vient de ré-imposer le confinement dans la province de Jia, région du Henan toute proche du Hubai, épicentre de l’épidémie. Quarantaine aussi, de nouveau, à Hong Kong. Quelle haute autorité daignerait, Messires, expliquer à un manant tel que moi l’utilité d’imposer un confinement aux populations européennes en suivant le modèle chinois, si ce modèle démontre qu’une épidémie (en tout cas celle-là) peut recommencer à tout moment? En d’autres termes: s’il y avait des choses que l’on ne sait pas, par exemple au sujet des modes de transmission de ce virus, et puisque des études scientifiques parlent de 60 à 80 % (à quand 100 %?) de contamination de la population mondiale, à supposer que je doive être contaminé, serait-il possible que je sois contaminé en liberté, honorés Messieurs?

Cela confirme ce que je dis depuis plusieurs jours (les grands imbéciles, hélas, ont souvent raison, en général avec quelques décennies d’avance), à savoir que même si la quarantaine est levée en France, en Italie ou ailleurs, au milieu du mois d’avril ou au mois de mai, elle pourra aussi être de nouveau décidée par Emmanuel Macron, l’homme qui – selon ses propres termes – croit dans la science.

Bref, la quarantaine (qui ne sera – peut-être – levée que « par étapes » et « pas pour tout le monde », selon le premier ministre qu’Emmanuel Macron a  choisi à la France) pourrait recommencer à chaque instant. Pendant combien de temps? Un an? Deux ans? Trois ans? Davantage?

UN TRISTE BILAN. Certes, depuis 1980, l’humanité a subi environ 12.000 épidémies, qui ont contagié et tué des dizaines de millions de personnes. Mais c’est du coronavirus que l’on a décidé de parler. En France, on en est à 509 morts depuis 24 heures. La France est donc désormais en quatrième position dans le classement des morts, après l’Italie, l’Espagne et les Etats-Unis. Hospitalisés en France,  24.639. En thérapie intensive, 6.017 patients. A Paris, il n’y a plus de lits disponibles. Combien de morts devra-t-on déplorer en France dans dix jours, si les courbes de la France suivent – comme il est vraisemblable – celles de l’Italie?

La vraie question est : le confinement est-il un dogme intangible? Ce confinement, qui n’est pas adopté par la Suède, est-il quelque chose que l’on n’a pas le droit de contester? Existe-t-il (ou existera-t-il d’ici peu?) un crime de lèse-quarantaine? Est-ce que moi, par exemple, qui suis un imbécile, j’ai encore le droit de me poser des questions au sujet d’une méthode – le confinement – qui ne marche pas tant que cela en Chine, apparemment, mais que l’Italie puis Macron ont adoptée?

PROBABLE. Délicatesse de l’euphémisme! Il est « probable » que nous ne nous acheminons pas vers un déconfinement qui serait général et absolu, en une fois, pour tout le monde, selon Edouard Philippe. Les Français devront donc rester en quarantaine jusqu’au 15 avril. Les Italiens aussi, même si énormément de citoyens italiens commencent à comprendre que maintes régions de leur pays n’en sortiront pas avant le mois de mai. Optimisme, optimisme, quand tu nous tiens!

De « EN ATTENDANT GODOT » à « EN ATTENDANT UN VACCIN ». L’une des prochaines étapes sera-t-elle d’annoncer aux populations (en France, en Italie, ou ailleurs) qu’il faut attendre un vaccin? Et vu que pour un vaccin, il faudra attendre entre un et trois ans, selon les hypothèses, la quarantaine sera-t-elle prolongée jusque-là?

TRAVAILLER. « Dobbiamo programmare però un ritorno alla normalità che deve essere fatto con gradualità e deve consentire a tutti, in prospettiva, di tornare a lavorare in sicurezza », a déclaré le président du Conseil italien. « Nous devons programmer un retour à la normalité qui doit être fait par étapes et doit consentir à tout le monde de retourner travailler en toute sécurité« . Nobles paroles, certes. Mais en ce qui me concerne, moi qui suis un imbécile, je voudrais me faire le porte-parole de tous ceux qui attendent de sortir de quarantaine non pas pour aller tripalier, mais pour aller écrire des livres, des poèmes, effeuiller la marguerite, se promener voire, si tel est leur bon plaisir, ne pas en foutre une et se tourner les pouces du matin au soir, mais en liberté. Est-ce trop demander? Ou est-ce que « le monde d’après le coronavirus » (grand dada des sociologues du dimanche, si nombreux à la téloche) sera celui, non plus du métro-boulot-dodo mais du métro-boulot-quarantaine?

LES VACANCES? C’EST FINI. « On ne part pas en vacances pendant la période de confinement », a déclaré le ministre de l’Intérieur. Voilà une mesure avec laquelle je suis entièrement d’accord, d’autant plus que, n’ayant jamais travaillé de ma vie, je n’ai jamais autorisé personne à me donner vacance. Je ne vais pas commencer demain. Par conséquent, je ne suis jamais parti en vacances et cet avertissement, que j’entends respecter au pied de la lettre, ne peut me concerner.

LE TRAÇAGE VOLONTAIRE. Quant au premier ministre français, il a commencé à envisager un traçage « volontaire » (ouf! je respire!) des Français en France, via les téléphones portables, et cela naturellement pour mieux lutter contre l’épidémie de coronavirus. Remarquez, dans un monde où des milliards de gens acceptent de se ficher volontairement en s’inscrivant sur les réseaux sociaux, cette proposition de traçage (pardon, de tracking, oh yeah tracking c’est tellement plus intellectuel, pour le dire en franglais comme Edouard Philippe) volontaire puisse rencontrer un enthousiaste succès.

CENSURE AU VATICAN. La censure frappe au Vatican. Un article (publié sur le site du Vatican) d’un jésuite, le père Benedict Mayaki, où ce dernier exprimait sa conviction que le coronavirus fait du bien à la planète (les eaux, à Venise, sont de nouveau limpides; les animaux reprennent possession de leur habitat; l’air à Pékin commence à être moins pollué…), cet article a rapidement été censuré.

PHILIPPINES. Aux Philippines, le président a ordonné à la police de tirer sur ceux qui violent la quarantaine. Espérons que ce genre de pratiques ne s’étende pas.

FRANCE (au 26 mars). En France, au 26 mars, environ 225.000 procès-verbaux pour non respect des mesures de confinement ont été dressés. On serait curieux de savoir dans quelles régions, dans quelles villes, dans quels quartiers, et le profil sociologique des verbalisés. Une amende revient 135 euros. C’est encore modique, vous trouvez? Si votre contestation est rejetée, vous devrez payer une amende majorée : 375 euros pour une première infraction, 400 euros si vous avez été verbalisé une deuxième fois dans un délai de quinze jours.

Je me demande quand des citoyens français ou d’autres pays européens vont commencer à déposer des plaintes devant les plus hautes juridictions, s’ils estiment que leur liberté (notamment d’expression ou de circulation) est amoindrie ou niée. Comme je suis un imbécile, il va encore falloir que je me sacrifie.

Dernière démonstration de ma stupéfiante et scandaleuse imbécillité, je ne voudrais pas en effet, honorés Messieurs, d’une Europe en état d’urgence sanitaire pour mille ans.

Autre chose: dans ce monde du coronavirus, on cause de vaccins, de thérapies, etc.

Je n’entends pas un mot au sujet de la guérison de  l’ãme et du coeur. Et pourtant, dans cette quarantaine, les dépressions et même les suicides, voire les meurtres, risquent d’augmenter.

Il est vrai que je suis un imbécile, et que ces notions de coeur et d’âme sont désuètes et anachroniques. Archaïques… Dépassées…

Pourtant, je continue à dire (il faut répéter les choses: les cerveaux humains ont été bourrés et martelés depuis quelques décennies, ils ne comprennent pas toujours du premier coup) que David Hamilton, son oeuvre, ses albums, ses films, ses textes, certains de ses entretiens à la presse, pourraient aider beaucoup de gens. Notamment de jeunes gens. Ils pourraient les aider dans la cure du coeur et de l’âme.

Parce que, voilà, la vision du monde de David Hamilton n’était pas celle, non, de nos brillantes autorités en guerre contre le coronavirus. Mais je suis confiant. Les résultats ne vont pas tarder, j’en suis certain.

 

 

 

 

 

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Affaire Matzneff, acte 2 ?

«J’ai pris conscience que la personne dont j’étais amoureuse était malade, pathologiquement malade», a écrit Vanessa Springora dans Le Consentement. Cette dame à la vocation apparemment contrariée de psychologue, psychothérapeute ou psychanalyste, mais aujourd’hui autrice, autoresse ou auteure, je ne sais trop (que faut-il dire?), parlait naturellement de l’écrivain Gabriel Matzneff.

Magré  le coronavirus et la quarantaine, voici maintenant une autre dame, du nom de Francesca Gee, qui s’est épanchée  dans les colonnes du New York Times, le 31 mars. Cette ancienne journaliste, qui a aujourd’hui 62 ans, aurait vécu une amourette – elle aussi – à l’âge de 15 ans avec Gabriel Matzneff, qui en avait alors 37. Cette fois, vingt-deux ans de différence entre les amants. Cela ne va toujours pas, semble-t-il. Volet numéro 2 de l’affaire Matzneff.

Voici donc une histoire commencée en 1973, toujours à Paris. En d’autres termes, il y a quarante-quatre ans. Francesca Gee, tout comme Vanessa Springora, raconte avoir rencontré Matzneff par le biais de sa mère. Francesca Gee, tout comme Vanessa Springora, aurait commencé une relation consentie avec lui. Et avec l’accord de ses parents.

Que vous le croyiez ou non, quarante-quatre ans après, cela va très probablement provoquer la sortie d’un roman (jusqu’ici refusé par tous les éditeurs) de Madame Gee, enfin lancée dans la carrière littéraire. Et la sortie d’une pléthore d’articles, se recopiant les uns les autres, de journalistes. En tout cas, cela va leur donner quelque chose à faire pendant cette longue quarantaine.

On a droit aux premières déclarations de la part de Madame Gee. «Il venait tous les jours (devant le lycée de l’alors demoiselle) pour s’assurer que tout le monde comprenne bien qu’il ne fallait rien tenter à mon égard. Il se postait à un endroit bien précis, et c’est là qu’il m’attendait.»

Quelle révélation!… A la sortie de l’école, Gabriel Matzneff n’était donc pas capable de se dédoubler? D’attendre dans deux endroits à la fois? Voire trois ou quatre? Il se postait à un endroit « précis »?

La Sabine évoquée dans le passage suivant du Passe-muraille (Marcel Aymé) faisait mieux.

« Il y avait à Montmartre, dans la rue de l’Abreuvoir, une jeune femme prénommée Sabine qui possédait le don d’ubiquité. Elle pouvait à son gré se multiplier et se trouver en même temps, de corps et d’esprit, en autant de lieux qu’il lui plaisait souhaiter » (Marcel Aymé).

Aucun don d’ubiquité, ce Matzneff…

L’ancienne journaliste, Madame Gee, a aussi raconté affirme que Gabriel Matzneff l’emmenait consulter Michèle Barzach, gynécologue et psychanalyste, ministre de la Santé de 1986 à 1988. Cette dernière, «à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de trente-sept ans et à sa maîtresse de quinze», se plaint Madame Gee.

Gabriel Matzneff a aussi, rappelle le NYT, employé «des centaines de lettres à connotation amoureuse ou sexuelle» écrites par Francesca.

«Aujourd’hui, je considère qu’elles m’ont été extorquées et employées comme armes à mon encontre», proteste Francesca Gee (à relire: le journal intime de Gabriel Matzneff, La Passion Francesca, daté des années 1974 à 1976 mais paru seulement en 1998).

Notre blog, qui a été le premier sur Internet à annoncer – avec des semaines d’avance – l’affaire Vanessa Springora, ne ressent certes aucune surprise, alors que commence le deuxième acte du lynchage médiatique de Gabriel Matzneff.

Nous avons dit, et répétons, que nous ne partageons en rien les goûts affichés par Gabriel Matzneff, dans ses livres, pour les petits garçons. Nous avons dit, et répétons, que les pratiques de tourisme sexuel (qu’il a décrites en suivant quelque peu, sans doute, son amour des rodomontades) sont à nos yeux inconcevables. Nous avons dit, et répétons, que certaines pages des ouvrages de Matzneff nous semblent inutiles, parfois inintéressantes, voire indignes de son habituel talent littéraire.

En revanche, nous avons dit et répétons que nous sommes par principe opposés à toute chasse aux sorcières, un demi-siècle après.

Nous avons dit et répétons que toute la logorrhée écholalique qui jaillit, en suivant toujours la même stratégie éculée,  de tant et tant de plumes, finit par être émétique.

Et que cet acharnement contre un homme de 83 ans, aujourd’hui sans lecteurs (personne, pour ainsi dire, ne lisait plus Matzneff), sans éditeur, sans plus aucun pouvoir, cet acharnement a quelque chose de désolant.

Les auteurs qui ont employé dans leurs romans des extraits de lettres d’amour, reçues jadis de leurs maîtresses, sont extrêmement nombreux. Nous avons dit et répété que nous déplorons toute censure des oeuvres littéraires. Nous le redisons ici.

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Journal sentimental de la quarantaine (3)

J’ai du mal à me souvenir d’une seule voix de fille plus sexy que celle de Diana. Difficile de ne pas penser au poème sublime de Cesare Pavese, Verrà la morte e avrà i tuoi occhi.

Si la mort venait et avait la voix de Diana, elle serait douce.

Diana a gardé le silence pendant une semaine. Ensuite, comme d’habitude, à l’improviste, elle m’a retéléphoné. Elle n’en fait qu’à sa tête. La fille avec des baskets de Michel Delpech devait lui ressembler. Elle disparaît et réapparaît à sa guise. Le fait-elle exprès ? Sauf quand elle s’adonne à son art, Diana est une plume dans le vent. Elle obéit à son instinct et à l’instant. Elle a dû comprendre, aussi, que belle comme elle est, elle peut presque tout se permettre.

Voilà, nous venons de raccrocher. Son silence maintenant durera un mois, une semaine, un jour, ou l’éternité. Ou cinq minutes.

Elle jure qu’après la quarantaine, nous nous reverrons et qu’elle courra vers moi pour se serrer entre mes bras, et que nous irons nous promener. J’ai préféré ne pas lui dire ce que je pensais au sujet de la fin de la quarantaine.

Et encore moins la terrible vérité:

– Je sais que tu es sincère, quand tu dis cela. Mais non, Lolita, à la fin de l’histoire tu ne courras jamais vers Humbert Humbert. Tu seras mariée à Clare Quilty.

O.M.

 

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THE ART OF DAVID HAMILTON : EXHIBITION CATALOGUE (4) : suite et fin

BIBLIOPHILIE

« THE ART OF DAVID HAMILTON: EXHIBITION CATALOGUE »

Quatrième et dernier article de cette série

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THE ART OF DAVID HAMILTON : EXHIBITION CATALOGUE (3)

BIBLIOPHILIE

THE ART OF DAVID HAMILTON : EXHIBITION CATALOGUE

Six superbes images extraites de ce catalogue fort prisé par les collectionneurs david-hamiltoniens.

 

 

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THE ART OF DAVID HAMILTON. EXHIBITION CATALOGUE (2)

Cependant le ministre et son secrétaire poursuivaient leur chemin, vers la rue de la Paix, le long des arcades, s’arrêtant çà et là devant les vitrines des marchands de photographies. −Il y a trop de nudités exposées à ces devantures, dit le ministre. Il conviendrait de réprimer la licence des étalages.

Anatole France,
L’Orme du mail,  paru en 1897.

Bibliophilie

(deuxième article de cette série).

Six photos magnifiques, extraites de l’album de David Hamilton « The art of David Hamilton / Exhibition catalogue« .

 

Voir : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/03/31/the-art-of-david-hamilton-exhibition-catalogue-1/

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Coronavirus: pour combien de temps va-t-on hisser le pavillon de quarantaine?

David Hamilton, le meilleur remède au confinement ?

 

Je le disais hier et le répète. Le peu que je comprenne à la situation, et mes intuitions, me disent que cette affaire de coronavirus va hélas durer des mois, voire des années.

En Italie, il pourrait y avoir jusqu’à 5,9 millions de personnes contagiées (9,8% de la population), selon les chiffres donnés actuellement par l’Imperial College de Londres. On serait à 2,7% au Royaume-Uni, à 0,41% en Allemagne, à 3% en France. Tous les chiffres sont à prendre rigoureusement avec des pincettes. Surtout tant que tout le monde n’aura pas fait un test, à supposer (ce dont je doute) qu’un seul test suffise. En outre, en l’absence de thérapies certaines ou de vaccins, toute personne déclarée saine peut ne plus l’être le lendemain. Tout comme une personne sans symptômes peut être porteuse du virus.

Dès lors, toutes les conditions sont remplies pour que la quarantaine perdure. Le souci principal de pas mal de gouvernements semblant être de faire retourner au turbin les travailleurs. Ils semblent se préoccuper nettement moins des gens qui, comme moi par exemple, voudraient juste aller se promener ou écrire leurs livres.

En Italie, la fin de la quarantaine était espérée (par des naïfs) pour les premiers jours d’avril. Maintenant, elle pourrait avoir lieu début mai. Je n’en crois absolument rien, pour ma part. Au mieux, un retour à la « normale » sera très probablement progressif, en Italie, c’est-à-dire que sa date variera de région à région. Les autorités italiennes craignent en effet que la situation  n’empire, prochainement, dans le sud du pays.

Les pronostics disent que la dernière région, en ordre de temps, qui pourrait permettre aux citoyens de sortir de la quarantaine, sera la Toscane (deux personnes âgées, à Florence, viennent de se suicider).

La Suède reste désormais l’unique pays d’Europe où la population n’a pas été mise en quarantaine. Pour combien de temps? Je l’ignore…

Partout, la quarantaine pourrait aussi être de nouveau imposée, à tout moment, après avoir été suspendue. Dans certaines régions italiennes, il est désormais interdit de parler dans les supermarchés…

Un album de David Hamilton, fort recherché par les collectionneurs sur le marché d el’art

Tout cela donne envie de se replonger dans les albums de David Hamilton. Je publierai, cette nuit, trois articles sur le grand photographe britannique.

David Hamilton, le meilleur remède au confinement ?

Photo David Hamilton

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A lire : https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/29/einstein-une-histoire-reconfortante/

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THE ART OF DAVID HAMILTON, EXHIBITION CATALOGUE (1)

Un album de David Hamilton, fort recherché par les collectionneurs sur le marché de l’art

BIBLIOGRAPHIE

Voici l’un des albums de David Hamilton les plus rares, les plus prisés aussi par les collectionneurs, sur le marché de l’art.

Nous remercions l’un de nos amis, collectionneur de David Hamilton, et aussi un autre de nos amis qui a bien voulu accepter de sa charger de la partie technique, c’est-à-faire de photographier ces images dans un format permettant de les publier ici, sur ce blog.

Nu féminin. Image extraite de l’album de David Hamilton

Baigneuses (nus féminins). Image extraite de l’album de David Hamilton

Une danseuse. Image extraite de l’album de David Hamilton

Une nature morte sublime. Image extraite de l’album de David Hamilton

Nu féminin. Image extraite de l’album de David Hamilton

 

COUVERTURE. Un album de David Hamilton, fort recherché par les collectionneurs sur le marché de l’art

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Privilèges royaux : comment passer la quarantaine avec vingt concubines

Le roi de Thaïlande, qui s’appelle Maha Vajiralongkorn, s’est mis en quarantaine – selon la presse – dans un hôtel en Bavière. En compagnie de vingt concubines. J’avoue que quelque chose m’échappe un peu : l’Europe est en quarantaine, et le roi de Thaïlande « s’auto-isole » – en Europe – avec vingt concubines?…

Le Grand Roi Rama X et ses concubines occupent tout le Grand Hotel Sonnenbichl, à Garmisch-Partenkirchen. Les autorités bavaroises lui auraient accordé un « permis spécial ».  Cependant, 119 membres du royal entourage auraient été renvoyés en Thaïlande, soupçonnés d’avoir le Covid-19.

Le roi aimait beaucoup son chien, qui s’appelait Foo Foo. Quand Foo Foo était encore vivant, l’ex-épouse du roi, Srirasmi, lui chantait en topless  « Happy Birtday » et mangeait en compagnie du chien, dans la gamelle de Foo Foo, le jour de son anniversaire. Foo Foo c’est fou, non? J’ignore ce que Marlène Schiappa pense au sujet de choses de ce genre.

 Matzneff, dans sa modeste auberge à Bordighera, va être jaloux!

La chambre, au Grand Hotel Sonnenbichl de Garmisch-Partenkirchen, doit être à 500 euros la nuit.

Je vais écrire de ce pas aux autorités bavaroises pour voir si elles m’accordent un permis spécial pour passer la quarantaine avec vingt concubines. J’espère qu’elles ne sont pas mineures!  Modestement, moi, je me contenterai même d’une douzaine. Merci d’avance, M’sieur!

 

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Préparez-vous au DEBUT de la quarantaine…

L’EUROPE EN QUARANTAINE. Le « coronavirus » Covid-19 a eu pour effet que l’Europe, expression géographique servant à indiquer ce continent, soit mise en quarantaine. Les gens ne peuvent plus sortir de chez eux. Des dizaines, voire des centaines de milliers d’amendes ont été infligées. Dans certains cas, en Italie, qui sort de chez soi risque jusqu’à douze ans de prison. Je mettais en garde, sur ce blog, contre les risques liberticides que cela contenait, et je le faisais avant même que cette quarantaine ne soit imposée aux populations de toute l’Europe. Et maintenant? Et demain? Ira-t-on vers un renforcement de la quarantaine? Ou vers son allégement?

STATISTIQUES.  La grippe normale, chaque année, fait 470.000 morts dans le monde, en moyenne. Est-ce que l’on met la planète entière en quarantaine? Non. Dès lors, est-ce que le nombre actuel de morts officiellement imputées au coronavirus légitime une telle mise en quarantaine? Le nombre, non. Aujourd’hui, lors de la parution de cet article de blog, les chiffres officiels du coronavirus sont : 34.018 morts attribuées au Covid-19. 723.700 malades et 152.032 guéris. Je dis bien les chiffres officiels, qui pourraient aussi avoir été minimisés (par exemple en Chine), ou alors exagérés. Qui sait?De toute façon, pourquoi mettre la planète en quarantaine pour un coronavirus qui, à cette heure, tue (coronavirus, officiellement 34.000 morts) moins que la grippe (470.000 morts)? Les puissants de ce monde sauraient-ils des choses que le populo ne sait pas? Sinon, à quoi rime tout ceci?

FOLIE HUMAINE. On sait que la Chine, depuis longtemps, étudie et a songé à créer « pour des motifs d’étude » des SUPERVIRUS susceptibles de s’attaquer aux poumons humains. Tout le monde le savait. On en parlait par exemple, dans ce journal télévisé italien, dès novembre 2015.

Aujourd’hui, d’autres savants, ou des experts assurent que ce virus-là n’avait rien à voir avec le coronavirus. Ah bon, tant mieux! On ne demande bien entendu qu’à les croire, mais il n’en reste pas moins qu’il est démontré et indéniable que maints laboratoires au monde – dont les laboratoires chinois de Wuhan – s’intéressaient à de telles questions. La réalité a-t-elle dépassé la fiction? La « science » a-t-elle fait, ces dernières années, des progrès? Qui sait?

ORIGINE ET DATE DE NAISSANCE. Ne parlons que très rapidement, ici, de la question de l’origine du coronavirus. Le coronavirus est-il « né » en décembre 2019? Non, probablement pas, et il est envisageable qu’il ait existé depuis des dizaines d’années. Que son origine, ensuite, soit humaine (laboratoires) ou que cette origine soit animale, elle est de toute façon humaine, comme ce blog l’a dit depuis le début (voire avant le début, en France, de la crise du coronavirus). Et comme il est confirmé ici :

https://www.lemonde.fr/idees/article/2020/03/29/coronavirus-la-pandemie-demande-que-nous-re-definissions-un-contrat-naturel-et-social-entre-l-homme-et-la-nature_6034804_3232.html

LE CORONAVIRUS EST PARMI NOUS. D’ACCORD. ET ENSUITE? Le coronavirus, qu’il se soit échappé d’un laboratoire, ou de plusieurs laboratoires; qu’il ait été inoculé à de malheureux animaux ensuite vendus et mangés sur des marchés (par exemple chinois); qu’il ait été transporté par des maladroits ou des mal intentionnés; le coronavirus  est là. Les hypothèses que nous venons d’énumérer ne sont d’ailleurs nullement les seules. Il y en a d’autres. Pires encore, si je puis dire.

JUSQUES A QUAND ? La quarantaine aussi est là. C’est bien là le problème,  jusques à quand?… En Italie, les mesures de quarantaine sont officiellement prolongées jusqu’au 15 avril. En Allemagne, sauf erreur de ma part, jusqu’au 19 avril. Seulement, voilà, d’autres parlent d’un été complet en quarantaine.

PAS DE FOUTEBALLE!?  N’a-t-on pas d’ores et déjà annulé la grand-messe des fouteballeux milliardaires tapant dans la baballe lors du défunt « Euro 2020 » de fouteballe? Insistons sur ce fait, véritablement miraculeux: les instances footballistiques ont annulé la source à pognon de l’Euro 2020 (qui devait avoir lieu en juin). Tandis que les pouvoirs publics ont décidé et mis en œuvre une quarantaine appelée à durer seulement, officiellement, jusqu’au mois d’avril. Ils savaient donc d’avance qu’en juin, la situation ne permettrait pas la tenue de l’Euro 2020 de fouteballe?

JUSQUES A QUAND ? D’autres voix affirment (à tort ou à raison?) que la quarantaine durera jusqu’au printemps 2021. Devant tant de confusion, il ne reste qu’à espérer qu’elle ne dure pas pour l’éternité. J’aurais tendance à supposer que les différents pays de l’Union européenne, désunis plus que jamais, choisiront des dates de sortie différentes – si tant est que cela advienne – de la quarantaine. Et si l’Union européenne existe toujours lorsqu’on sortira (on peut toujours espérer)  de la quarantaine.

L’Italie a imité la Chine et a imposé une quarantaine, Macron et les autres ont imité l’Italie. On dit que la quarantaine a fonctionné en Chine. Il ne reste à espérer que ce soit vrai. Il ne reste qu’à espérer qu’elle fonctionne en Italie comme en Chine. Il ne reste qu’à espérer qu’elle fonctionne sous d’autres latitudes, et cela alors que (ne l’oublions pas) le virus pourrait – entre autres – muter, s’il ne l’a pas déjà fait.

Ce confinement, dont on affirme qu’il a fonctionné dans la lointaine Chine, on ignore scientifiquement s’il fonctionne vraiment, et surtout combien de temps il fonctionne. Un présumé guéri du coronavirus peut encore être contagieux pendant un certain temps: une contagion peut recommencer dès la fin de la quarantaine. Dès lors, on ne peut absolument pas exclure que, suite à des recommandations émanant d’experts (ou présumés tels), certains pays ne prolongent à outrance la quarantaine.  D’autant plus qu’on annonce déjà une, voire deux probables et futures nouvelles vagues de coronavirus.

Si – toujours sous de vertueux prétextes scientifico-sanitaires –  l’on « trace » (comprenez, si l’on suit à la trace grâce au GPS de leur téléphone portable) toutes les personnes ayant eu ou soupçonnées d’avoir eu des contacts avec des malades de coronavirus, cela va faire du monde et bonjour, la liberté; et si la date de l’hypothétique fin des quarantaines varie de pays à pays, et donc si l’épidémie s’arrête ici pour recommencer là, ou encore si l’on contraint par exemple certaines catégories de citoyens (surtout les personnes âgées?) à observer des périodes plus longues (voire beaucoup, beaucoup plus longues…) d’isolement, on peut dire -vraiment – qu’on n’est pas sorti de la quarantaine.

SEDUCTION. On n’en est pas sorti non plus du point de vue du très peu qui restait, et de l’encore moins qui restera, de la séduction. Je crains fort que la « distanciation sociale » ne continue à être imposée, y compris après une fin officielle (ou provisoire), que les Zautorités qualifieront sans doute pudiquement « d’échelonnée », de la quarantaine. Plus probable encore, les populations (ou des majorités d’icelles) mettront elles-mêmes cette « distanciation sociale » en oeuvre. Bonjour le mariage monogamique, bonjour la fidélité obligée, bonjour l’ennui, bonjour l’ordre moral.

Reflets. Photographie, en noir et blanc, de David Hamilton.

Ce sera le comble de la distanciation amoureuse et érotique qui sévit déjà, pour un grand nombre de raisons et à tout point de vue, depuis des dizaines d’années, sur nos sociétés.

Portrait de jeune fille, par David Hamilton.

L’acharnement du lynchage médiatique contre David Hamilton, l’un des plus grands photographes européens du XXe siècle, et sa mort tragique, en ont été un signe, que très peu ont été capables de comprendre.

NOUREEV, par David Hamilton.

On cause beaucoup de la fin de la globalisation. Blabla. Reste à se demander si la quarantaine globalisée n’en est pas tout au contraire l’aboutissement.

On cause aussi beaucoup de la « fin » de la quarantaine. Blabla. Un monde – le monde occidental moderne – qui n’a jamais commencé grand-chose de noble doit sans doute nécessairement toujours disserter de la « fin » des choses.

Voilà, je vous le dis, en vérité: ne songez pas à la fin de la quarantaine. Préparez-vous à ce qu’elle commence.

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Au temps des « Sugar Plum Bikinis » de David Hamilton

Les Sugar Plum Bikinis, c’était mieux que la « distanciation sociale »

 

Extrait d’une ancienne revue anglaise où David Hamilton – qui comme chacun sait a eu une longue activité de photographe de mode, notamment au début des années 1970 – avait consacré ce reportage, contenant plusieurs photographies, aux « Sugar Plum Bikinis« .

 

Détail d’une page d’un reportage paru dans un magazine anglais, par David Hamilton : Sugar Plum Bikinis

 

Sugar Plum : https://en.wikipedia.org/wiki/Sugar_plum

Bikini : https://fr.wikipedia.org/wiki/Bikini_%28vêtement%29

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David Hamilton. A photographer of beauty captures the latest fashions

Bibliographie

David Hamilton / Sunday Telegraph Magazine

Collection de lingerie Maggie Clarke – photographies de David Hamilton – une double page et six photographies.

Parfois proposé sur le marché à des prix exagérés par des collectionneurs avides, ce très ancien numéro du Telegraph Sunday Magazine, publication à laquelle David Hamilton a collaboré à diverses autres reprises.

Ici, avec une couverture présentant une oeuvre photographique – d’une infinie douceur pittoresque.

La couverture portait le titre: David Hamilton. A photographer of beauty captures the latest fashions.

L’article présentait de nombreuses photographies de la collection Maggie Clark, par David Hamilton.

David Hamilton

Toutes les photos sont ici :

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/03/29/david-hamilton-le-photographe-qui-changeait-meme-la-publicite-en-art/

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Roland Jaccard, Wittgenstein et les nymphettes qui feignaient de lire Heidegger

Roland Jaccard, la zombie philosophie qui peut vous éviter de devenir des zombies

 

Un article infiniment savoureux de Roland Jaccard, ici : https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/27/la-zombie-philosophie/

Ludwig Wittgenstein

On y lit par exemple:

C’était quand même bien les piscines à Lausanne. Des nymphettes lisaient «MAD». Des étudiantes se donnaient un genre avec « SEiN UND ZEIT ». Et moi je jouais au tennis de table sous le soleil. Un temps qui ne reviendra plus. (Roland Jaccard)

Martin Heidegger

Ou encore :

Une relation érotique qui ne soit pas un détournement de mineur est inconcevable. Mais il est avisé de choisir les mineurs parmi les majeurs. (Roland Jaccard)

 

Ou enfin :

La philosophie n’a d’intérêt que lorsqu’elle perd la raison. Wittgenstein, au terme de sa vie, en était arrivé au point où il n’avait plus d’autre désir que de prononcer des sons inarticulés. Je pense, donc je sombre. (Roland Jaccard)

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Ange plein de gaieté, connaissez-vous ces textes et ces livres?

Je profite du fait que, depuis plusieurs jours, et confinement oblige, mon blog a de 2000 à 3000 visiteurs par jour, pour vous proposer de passer votre temps intelligemment.

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Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse,
La honte, les remords, les sanglots, les ennuis,
Et les vagues terreurs de ces affreuses nuits
Qui compriment le coeur comme un papier qu’on froisse ?
Ange plein de gaieté, connaissez-vous l’angoisse ?

(Charles Baudelaire)

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Max Stolzenberg

https://maxstolzenberg.com/

*

Le blog de Roland Jaccard

Tandis que l’Europe s’effondre dans la peur du coronavirus, songez-vous parfois à ces quelques écrivains, peut-être aux derniers grands écrivains de cette époque, confinés à Paris ou ailleurs, mais qui continuent inlassablement à écrire ? De beaux articles, des articles émouvants, et qui mériteraient tant d’être davantage lus.

Roland Jaccard

Sur le blog de Roland Jaccard, je vous conseille par exemple ce texte :

https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/26/une-semaine-avec-karina/

Et

LA ZOMBIE PHILOSOPHIE

Consultez aussi ce site suisse (« Bon pour la tête« ) :

https://bonpourlatete.com/journaliste/roland-jaccard-ecrivain

Enfin, la chaîne YOU TUBE de Roland Jaccard :

https://www.youtube.com/channel/UC4deLL2RaM0tqn_JSJXNvzQ

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En mai 1968 à Nanterre

La chaîne You Tube « En défense de David Hamilton » :

https://www.youtube.com/channel/UCS6eEThmk3qmh7Q9GTbGrKQ

Cette vidéo-ci est la joie de vivre et le contraire du confinement

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Un titre de roman prémonitoire?

La quarantaine

Enfin, je me permets de rappeler le titre de l’un de mes romans, datant de 2003: La quarantaine.

Notice bibliographique (Bibliothèque Nationale de Paris):

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb39044712b.public

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Coronavirus, questions illégitimes

En France, Edouard Philippe a annoncé la tenue samedi d’un « point presse » avec Olivier Véran pour répondre à « toutes les questions que les Français se posent légitimement ».

Vraiment, à toutes?

Y a-t-il, au fait, des questions que les Français  se poseraient illégitimement? Y a-t-il des questions illégitimes?

Question illégitime 1

Ne vaudrait-il pas mieux parler de dissociation, plutôt que de blablater de distanciation sociale?

On cause beaucoup de « distanciation sociale« . Formule inexacte, me semble-t-il, à plus d’un titre. Le mot « social » m’évoque ce qui est relatif à la vie des humains en société. Il m’évoque des processus d’interaction. Il m’évoque le fait de vivre en société. Il m’évoque des individus qui vivent au voisinage de leurs semblables. Il m’évoque les relations qu’entretiennent des individus, voire des classes.

Qu’y a-t-il aujourd’hui, dans la « distanciation » voulue par presque tous les gouvernements de l’Union européenne, de « social »?

N’existe-t-il pas dans la langue française  un mot qui serait beaucoup plus adéquat ? C’est dissocier. Ou: dissociation.

Ne  vivons-nous pas, ne nous fait-on pas vivre le tout début d’un immense processus dissociatif (dirait un psychanalyste) et d’une immense dissociation?

 

Question illégitime 2

Comment et combien de temps un SDF (un chômeur, un pauvre, un laissé pour compte…) peut-il « respecter le confinement »?

Nos Zéminences annoncent que la « crise » – cette crise qu’ils n’ont pas prévue – va durer.

Les Etats, actuellement, crient moins victoire sur le front du coronavirus que sur celui des amendes infligées aux citoyens (des dizaines ou des centaines de milliers d’amendes, dans plusieurs pays, par exemple l’Italie ou la France) qui ne respecteraient pas l’ordre de respecter le confinement. Maints exemples, en Italie notamment, de SDF qui se sont vu infliger une amende, parce qu’ils se trouvaient dehors

Autre question: on a (pour combien de temps?) le droit de sortir pour aller travailler. Les chômeurs, eux, que doivent-ils faire? Les chômeurs en fin de droits? Les pauvres? On a (pour combien de temps) le droit de sortir pour faire des courses. En tout cas, tant que les supermarchés seront approvisionnés. Mais dès aujourd’hui, si l’on n’a plus d’argent, que fait-on?

Revue « S » publiée par Europrom (n° du 4 mai 1972). Au sommaire de cette revue dite « pour adultes », on lisait notamment: « 250000 FRANCAIS VIVENT TRES BIEN DANS UNE ENCLAVE DE LIBERTE EROTIQUE, A CANNES LE VRAI FESTIVAL EST CELUI DU FILM EROTIQUE ».                                                                                                                                                                                                                                      Le problème est que le confinement d’aujourd’hui ne laisse guère plus place à la moindre enclave de liberté érotique…

 

Question illégitime 3

Va-t-on suspendre les (dernières) libertés, et quand?

Les compagnies téléphoniques indiquent aux Zautorités les déplacements des populations, surveillées aussi (au moins dans certaines régions italiennes) par les drones qui les survolent.

L’application Waze a désactivé le signalement des contrôles policiers. Et cela, juste au moment où plusieurs associations, comme Human Rights Watch et la Ligue des droits de l’Homme, dénoncent le recours à des contrôles policiers « abusifs » et des « violences » pour faire respecter le confinement.

En Italie, le gouverneur de la Vénétie, Luca Zaia, estime qu’il faut suspendre les libertés démocratiques. En Italie, l’Etat a suspendu les contrôles fiscaux. Tout en ayant toutefois la grande habileté d’en prolonger le terme. Plus de contrôles  actuellement, mais ils seront ensuite prolongés de deux ans.

 

Question illégitime 4

Quelqu’un envisage-t-il un confinement à vie?

 

A-t-on une certitude scientifique quant à l’efficacité du confinement?

Au-delà des blablas de sociologues sur « l’opportunité de changer notre mode de vie », à quoi sert le confinement, au juste, si en outre on sait d’avance – ou si l’on pense – que le coronavirus reviendra l’automne prochain, ou l’hiver prochain?

Quelqu’un envisage-t-il un confinement à vie?

 

Dernière question illégitime

L’état macronien et ses « experts » rendront-ils des comptes après une (éventuelle) sortie de la crise du coronavirus?

AVANT L’EPOQUE DU CORONAVIRUS
L’acteur français Bernard Giraudeau dans le film de David Hamilton, Bilitis (1977)

 

Un article à relire: « Pas toucher, pas regarder, pas siffler, c’est la liberté de la société moderne, le musée des zombies » :

Il y a quelques semaines, bien avant le coronavirus, j’évoquais dans cet article le fait que l’on pouvait de moins en moins se toucher:

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/12/03/pas-toucher-pas-regarder-pas-siffler-cest-la-liberte-de-la-societe-moderne-le-musee-des-zombies/

Il me semble intéressant de noter que le confinement décrété par Macron va dans le même sens, celui de la « distanciation ». Celui de la dissociation.

 

Metoo + confinement, non, ça n’annonce pas une société david-hamiltonienne…

David Hamilton au milieu de ses modèles

 

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Le blog « En défense de David Hamilton » communique

Les rues de nations entières sont vides. L’Europe est vide! Les frontières sont fermées…

Que vont devenir les gens d’ores et déjà faibles d’un point de vue psychologique? Les gens qui souffrent de dépression? De schizophrénie? De dépression bipolaire? De dépendance à des drogues et autres substances? Les gens tentés par l’alcool, ou qui essayaient de sortir de l’alcoolisme? La liste n’est pas exhaustive…

Roland Jaccard

A lire, l’opinion de Roland Jaccard : https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/24/quen-pensent-les-personnes-les-plus-vulnerables/

Les maladies mentales ont causé 21.000 morts en Italie en 2016, année sans confinement. Qu’en sera-t-il en 2020?

A combien de suicides (aujourd’hui et dans les années à venir) portera le confinement? A combien d’épisodes de violence – que ce soit contre des hommes, des femmes ou des enfants – dans les foyers? A combien de maladies, parce que se faire soigner dans un hôpital deviendra de plus en plus difficile?

Hier on a assisté à des « assauts » aux supermarchés, à des exodes. Et demain? Quand l’angoisse collective va monter? A quoi va-t-on assister?

Le blog « En défense de David Hamilton » constate quant à lui qu’il a désormais environ deux mille visiteurs par jour. C’est deux fois plus que d’habitude. Est-ce dû au confinement? Ou à l’énième documentaire qui est passé hier sur les ondes, en racontant comme d’habitude n’importe quoi au sujet de David Hamilton ?

Nous espérons profondément que sur le nombre de nos visiteurs, il y ait de vrais amis de l’œuvre de David Hamilton, de la poésie, de la littérature, de la beauté.

David Hamilton à Capri en 1974

Je me trouve désormais dans une situation dramatique, moi aussi. Ce blog cessera de fonctionner (tout comme la chaîne You Tube « En défense de David Hamilton ») si je me retrouve à la rue, sans prise électrique pour brancher mon ordinateur, sans wifi ou sans Internet (par exemple en cas de fermeture d’Internet). A l’impossible, nul n’est tenu.

Cependant, je me connais. Il se peut que mon corps croule. Pas mon esprit. Je ne croulerai pas, je ne croulerai jamais, psychologiquement parlant. David Hamilton, et sa mémoire, ont encore besoin de moi. Comme en a encore besoin un petit enfant que j’aimais, mort il y a moins de quatre mois, et qui sera l’un des personnages d’un roman que j’espère toujours écrire dans l’avenir.

David Hamilton, Paris, été 1977

J’appelle encore une fois mes amis, fussent-ils rares, à ne pas perdre de temps. Tel aura été mon vrai conseil adressé aux jeunes filles, mais en vérité à tout le monde: ne perdez pas de temps.

Vous pouvez encore écrire à ce blog, tant qu’il en est temps. Les beaux messages, les messages sincères et authentiques seront toujours lus, il leur sera alors sans doute apporté réponse (naturellement, pas à ceux d’insultes ou de menaces).

*

Dans quelques instants, nous allons publier un poème – L’ombre de Bérénice – que nous avions programmé pour le 21 avril 2020, jour anniversaire de la mort de Racine. Cependant, les circonstances actuelles nous poussent à le publier dès aujourd’hui.

 

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Coronavirus: je négativise (et j’espère continuer)

Je suis un imbécile notoire – mieux vaut vous en prévenir d’emblée – mais j’avais cru comprendre que l’être humain, qui découvrait des « planètes habitables » en première page de tous les journaux tous les jours, allait coloniser Mars et faire ami-ami avec les extraterrestres. J’avais dû mal comprendre. A dire vrai, cela m’inquiétait un peu pour les Martiens, à l’existence desquels je ne crois d’ailleurs pas. Je me demandais vaguement pourquoi Mars aurait dû risquer d’être colonisé par une espèce, dite humaine, qui a d’ores et déjà réussi à épuiser les ressources de la Terre, à la polluer, à exterminer des milliers d’espèces animales, et pour ainsi dire à remplacer l’eau des océans par du plastique. Ces brillants résultats avaient-ils vraiment besoin d’être exportés? Un doute cruel m’assaillait.

J’avais cru comprendre que les quatre ou cinq individus aujourd’hui unanimement présentés comme des génies allaient inventer (entre autres!) le secret de l’immortalité, le fil à couper le beurre, voire (selon les journalistes les mieux informés)  l’eau chaude. Et la voiture sans conducteur (au sujet de l’utilité de laquelle je me posais de timides questions, les premières expériences ayant brillamment provoqué quelques morts)! Et la voiture volante! Qui sait, la voiture volante sans conducteur!?  Là aussi, je m’interrogeais, malgré la terreur bien compréhensible qui me rongeait de passer pour un abruti (que je suis évidemment, inutile de nier): est-ce que la voiture volante n’existe pas déjà, sous le nom d’avion?

J’avais cru comprendre que l’intelligence artificielle allait faire des prodiges. Moi, vu que je suis un crétin notoire, j’en étais resté à craindre les ravages de la connerie naturelle.

J’avais cru comprendre que l’on allait apporter Internet au monde entier, et notamment à l’Afrique. J’avais cru comprendre qu’il convenait de positiver. Les plus grands philosophes du monde moderne, notamment les publicitaires de Carrefour, le proclamaient. Et des milliers de perroquets illettrés le répétaient (puisqu’on le leur avait dit) : Carrefour avait inventé le mot « positiver ». Autre insanité: il existe évidemment dans la langue française depuis des siècles.

David Hamilton disait : « Le sourire, c’est bon pour les photos de vacances ».

L’humanité, elle, avait le sourire facile. Tous infiniment contents d’eux. Des hommes simples. Des sages. Et pas stéréotypés du tout. Une originalité débordante. La promesse certaine d’un avenir bienheureux. Une intelligence jamais vue jusqu’à aujourd’hui.

Tout allait à merveille. La France macronienne était « en marche ». On allait pouvoir travailler de moins en moins (chose qui m’intéressait assez peu, personnellement, vu que je n’ai jamais travaillé de ma vie). On serait libre pour l’éternité de faire du tourisme de masse et d’aller bronzer à gogo et noircir à plaisir sous les tropiques, quitte à détruire au moyen des indispensables huiles solaires les barrières de corail (le tourisme de masse ne m’intéresse pas, personnellement, parce que je suis un voyageur).

On continuerait à faire traverser Venise chaque jour par des dizaines de bateaux de croisière énormes dont chacun était susceptible de provoquer un désastre écologique ou culturel. Le monde moderne espérait que les basiliques vénitiennes, avec leurs fondations scandaleusement fragiles, ne mettent pas en péril ce commerce du passage de milliers de bateaux de croisière emportant avec eux, de par le monde, des millions de touristes.

Dans le monde à l’envers, on se lamentait aussi quant aux malheurs réels ou supposés des Zommes à deux bras, deux jambes et mille droits, tandis qu’en Chine et ailleurs  des milliers d’ours et d’autres animaux étaient littéralement torturés afin que les dames puissent trouver sur les rayons des supermarchés des dizaines de shampoings et d’autres crèmes.

J’avais cru comprendre que des millions de libres citoyens pourraient avoir accès à la très grande Culture et, de la sorte, se passionner bientôt, gracieusement avachis devant les autels de leurs téloches, en profonde admiration face aux exploits de fouteballeux milliardaires tapant dans la baballe, ou de sportifs olympiques et même para-olympiques. Y en aurait pour tout le monde. La comédie du spectacle durerait mille ans.

Euh… Ben… J’avais mal compris.

Le coronavirus est arrivé.

Il ne semble plus besoin d’inventer des voitures sans conducteurs.  Les voitures ne roulent plus. Il vaudrait mieux, à mon avis, inventer le conducteur sans voiture. J’entends par là, de recréer des hommes capables de conduire leur vie en se passant – miracle ! – de faire vroum vroum.

Deux tiers de l’humanité sont condamnés au confinement (sous prétexte d’une épidémie de coronavirus qui a fait infiniment moins de morts ou de contagiés que nombre d’épidémies de grippe classiques). Le troisième et dernier tiers va suivre. Confinement qui durera encore combien? Deux mois? Quatre mois? Davantage?

Quant à Internet, l’heure n’est plus semble-t-il à annoncer sa mise à disposition des continents et des pays les plus reculés. La question risque de devenir, plutôt: vont-ils le couper, et quand ?

La planète qu’il faudrait rendre habitable, à l’heure actuelle, j’ai l’impression que c’est la Terre.

C’est clair: dans le monde à l’envers, je suis un crétin, un imbécile et un abruti. C’est un véritable drame. Je vous jure!

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Journal sentimental de la quarantaine (2)

Je voudrais te dire que, cette nuit, j’ai fait un rêve en trois tronçons.

  1.  C’était dans la banlieue ouest d’autrefois. Je marchais en évitant soigneusement, comme toujours, de ne pas marcher dans toutes les flaques de pluie. Tu étais assise. En tailleur. Comme toujours. Je m’approchais de toi. Je t’enlaçais par derrière. Je sentais, dans chacune de mes paumes, une de tes épaules. Nous nous prenions la main. Nos doigts s’imbriquaient. Je t’embrassais.
  2.  Joue contre joue. Nos lèvres se cherchaient. Nous nous embrassions. C’était bien. Comme dit Michel Delpech dans « Chez Laurette ».
  3.  Je retrouvais, par terre, ton bracelet cassé. En deux, comme un symbole. Je te le tendais. Tu t’en allais. Déjà. Comme toujours.

En février, à Paris, un matin j’ai rendu visite à un arbre, à Marly-le-Roi, dont l’écorce a conservé la trace des mots que nous y  avions gravés en 1977. C’est ce soir-là que j’ai aperçu dans un bar la silhouette d’une fille qui te ressemblait étrangement.

Aujourd’hui, 25 mars 2020, je me suis éveillé. Je me sens heureux. La dernière fois que je t’ai vue, c’était au tout début des années 1980. J’ai dû embrasser cinq cents filles. J’effacerais tout, s’il était possible de recommencer et de nous retrouver, là-bas, aux Grandes Terres de Marly-le-Roi, à l’époque où j’avais seize ans et que tu en avais treize. Ni toi ni moi n’avions jamais embrassé. Tu ressemblais un peu à l’une de ces photos en noir et blanc de David Hamilton, jamais parues ni en albums, ni sur Internet, que je possède.

Ma conclusion? Le baiser le plus important de ma vie, Corinne,  c’est celui que je ne t’ai jamais donné.

*

A signaler. Au sujet des filles de 12 ou 13 ans, et puisque Gabriel Matzneff a eu de petits problèmes lorsqu’en 2020 des centaines de journalistes très lettrés qui n’avaient jamais lu une ligne de lui ont fini par lui chercher des poux pour son essai Les moins de seize ans, et puisque Claude François a eu d’autres petits problèmes, à titre posthume lui, pour des déclarations qu’il avait faites autrefois sur des filles de seize, dix-sept ans, je signale que le fameux chanteur à succès Moshe Brand (dit Mike Brant), mort tragiquement à 28 ans, parlait lui aussi dans ce documentaire ( https://www.youtube.com/watch?v=cJskw2EPcMQ   ) de son goût pour toutes les femmes depuis l’áge de 12 ou 13 ans.

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Un peu de beauté, en ces temps de confinement

Sur David Hamilton

 

Beauté pure avec Max Stolzenberg:

Si vous vous ennuyez en ces temps de coronavirus, je vous suggère de regarder :

L’Invitée (L’invitata), film franco-italien réalisé par Vittorio De Seta en 1969, avec Michel Piccoli, Jacques Perrin et la si belle actrice d’origine juive Johanna Shimkus.

Comment j’ai appris à aimer les femmes (Come imparai ad amare le donne), film franco-germano-italien réalisé par Luciano Salce en 1966 avec des actrices comme Romina Power, l’inoubliable Elsa Martinelli, Patrizia Perini, Michèle Mercier, Zarah Leander…

Eutanasia di un amore, film de Enrico Maria Salerno avec Tony Musante et deux des plus belles actrices italiennes de l’après guerre, voire les plus belles: Ornella Muti, Monica Guerritore.

Si je devais dire trois de mes actrices italiennes préférées des années 1970, je dirais en effet Monica Guerritore, Ornella Muti et Romina Power.

 

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Le coronavirus, l’excellent prétexte pour priver l’Europe de ses ultimes libertés?

Que personne ne croie qu’il n’y aurait aucun rapport entre l’Affaire David Hamilton et la crise du coronavirus.

La France est un pays où l’opinion publique n’a pas réagi le moins du monde en faveur de David Hamilton alors que celui-ci, désormais un vieillard de 83 ans, accusé de « viol » par une starlette de la téloche qui alléguait hors délais légaux, et qui alléguait non pas devant les tribunaux mais dans les colonnes de la presse pipole des faits (présumés) remontant à des dizaines d’années, David Hamilton a été insulté à la télévision, n’a pas eu droit à la présomption d’innocence qui est pourtant l’un des fondements du droit, a été diffamé par presque tous les journaux, puis a été retrouvé mort dans des circonstances tragiques et extrêmement troubles, « suicidé » un mois après avoir déclaré publiquement et sur Internet qu’il craignait pour sa vie, et deux jours après avoir révélé qu’il allait porter plainte pour diffamation, alors qu’il existe en outre des témoignages de personnes qui indiquent (par exemple le photographe allemand Max Stolzenberg) que, le jour même de son « suicide », il faisait des projets d’avenir…

La France est aussi un pays où l’on peut donc se demander comment l’opinion publique désormais « confinée » va réagir face à la suppression de sa liberté de circulation.

 

CHIFFRES DU CORONAVIRUS.

Les autorités disent que, à ce jour, 23 mars,  il y aurait 339.000 cas de personnes contagiées par le coronavirus, dans le monde entier. Les morts seraient 14.706, et le total des personnes hospitalisées 98.836.

CHIFFRES DE LA GRIPPE.

Donc, je répète, des chiffres infiniment inférieurs à ceux de la grippe, puisque  3 à 5 millions de personnes sont affectées par le virus de la grippe chaque année (470.000 en meurent). Il y a eu plus de morts – en France – en 2003-2004 à cause de la grippe qu’il n’y en a eu – dans le monde entier – pour le coronavirus, à cette heure.

LA GRIPPE ITALIENNE DE 1969

Et puis, dans ce monde qui s’honore d’avoir tant de mémoire, mais qui de mémoire n’a que dalle, faut-il rappeler (et les exemples abonderaient) qu’en Italie, en 1969, une épidémie de grippe (« la Spaziale ») avait déjà vidé les rues, puisqu’elle avait conduit 13 millions d’Italiens au lit?

Macron parle de la « plus grave crise sanitaire », ce qu’il a certes le droit de dire en tant qu’opinion subjective, mais les chiffres (et pas que les chiffres) le démentent.

On dit que les morts vont diminuer en Italie. C’est très possible. Je dirais même que c’est probable. Les morts, dans ce pays, auront été très nombreux. C’est hélas, il faut le rappeler, le pays d’Europe dont la population est la plus vieille.

UN CONFINEMENT INUTILE ?

La question qui se pose, celle qui va se poser, est celle du confinement et de la durée de ce confinement. Je l’ai posée sur ce blog encore avant que le confinement ne soit décrété et imposé en France.

D’abord, est-ce que ce confinement est seulement utile? Quel sens y a-t-il, par exemple, à autoriser les gens à aller travailler dans la journée, pour ensuite les obliger à se confiner chez eux le soir?

ET LA CONTAGION CHEZ SOI ?

On dit, ou on a dit, que le virus ne survivait pas dans l’air. En est-on certain? Non. Que dit la science (dans laquelle croit Macron, et il s’en vante à la télé)? « La » science, qui n’existe pas, ne dit rien. Les scientifiques se contredisent.

Pourtant, les autorités ont imposé le confinement total avant de savoir – entre autres – combien de temps survit le coronavirus entre quatre murs. Et s’il survivait, par exemple, trois heures? Comment respecter « la » distance de sécurité, dans un appartement? Est-on certain que cette distance soit suffisante?  Comment une famille, disons, de trois, quatre ou cinq personnes, vivant dans un appartement comme en ont des millions de citoyens en France, peut-elle dès lors échapper à la contagion intra muros? Rassurez-vous, ce n’est pas moi qui le dis. C’est par exemple la thèse du professeur Carlo Signorelli, enseignant universitaire fameux et respecté d’Hygiène et de Santé publique.

QUE VA-T-IL RESTER DE LA LIBERTE ?

Je le répète, il n’y a sans doute qu’un seul moyen de lutter contre le coronavirus, à l’éclectisme duquel personne ne semble échapper, d’Albert de Monaco à Harvey Weinstein.

La stratégie consisterait à soumettre tout le monde à des tests (c’est ce que va faire la Vénétie, en Italie), puis à confiner SEULEMENT les malades, tout en laissant LIBRES DE LEURS MOUVEMENTS les gens qui ne le sont pas (ou qui ne le sont plus, parce qu’ils auront développé des anticorps).

Mais dans le monde à l’envers, le monde d’aujourd’hui,  (1) on confine les gens sains  tandis que (2) on ne soigne pas les malades (ou du moins, pas tous puisque, dans trop de pays d’Europe, il n’y a pas de place dans les structures hospitalières). L’Italie, par ailleurs, se rend compte (mieux vaut tard que jamais) du fait qu’il faudrait nettoyer les conduits d’aération des hôpitaux (et pas seulement), parce que le coronavirus pourrait y pulluler.

Macron, qui « croit dans la science », sait-il que c’est dès décembre 2019 que le virus a fait ses premières victimes en Chine? Macron, qui « croit dans la science », et les autorités, se voulaient rassurants. Trop rassurants alors, trop alarmistes aujourd’hui? Pourquoi donc?

Macron, qui « croit dans la science », a-t-il usé de son pouvoir pour engager la France à fabriquer des masques et autres protections indispensables au personnel médical, ou encore du gel hydroalcoolique?

Macron, qui « croit dans la science », a-t-il usé de son pouvoir pour engager les chercheurs à mettre au point sinon des vaccins, du moins des tests de diagnostic rapide ? Macron, qui « croit dans la science », a-t-il usé de son pouvoir pour donner aux hôpitaux des crédits ? Macron, qui « croit dans la science », a-t-il écouté les voix de ceux qui étaient parfois en grève depuis des mois afin d’alerter l’opinion publique et les gouvernants sur l’état critique du service de santé?

Macron, qui « croit dans la science », doit avoir une responsabilité dans le fait d’avoir envoyé chercher des Français  à Wuhan. Et cela a-t-il été fait dans le respect d’élémentaires mesures de prévention?

Le confinement, en d’autres termes, pourrait favoriser la contagion à l’intérieur de ces murs domestiques où, selon la croyance de Macron dans la « Science », on y échapperait.

Le confinement pourrait n’avoir aucune utilité – ou qu’une utilité limitée et éphémère – puisque des scientifiques savent et disent que l’épidémie pourrait ralentir, mais ensuite recommencer (mutations du virus).

Ni la Corée du Sud, ni Taiwan, ni Singapour, ni le Japon n’ont mis en oeuvre un confinement global de la population…

Quand est-ce que des hommes politiques, en Italie ou en France, vont avoir le courage de poser des questions au sujet de l’efficacité mais aussi de la légitimité de ce confinement? Et de sa légitimité, je répète, surtout s’il se prolongeait à outrance? En Italie, Matteo Renzi (ex premier ministre) ou Maria Elisabetta Alberti Casellati (FI, Forza Italia), présidente du Sénat, viennent d’engager vivement le premier ministre Giuseppe Conte à consulter le Parlement.

En 1969, il y avait 13 millions d’Italiens au lit à cause de la grippe. Aujourd’hui, en Italie, tout le pays est reclus de par la volonté d’un décret au sujet duquel le Parlement n’a pas eu son mot à dire.

Quelle que soit la provenance du coronavirus, et quoi qu’il se soit passé dans les coulisses de la haute finance internationale, des industries pharmaceutiques et de la politique, saura-t-on jamais qui et pourquoi, au plus haut niveau, a décidé le confinement entier d’un continent?

Combien de temps les peuples européens trouveront-ils cela « démocratique »?

Quel est le réel projet de nos éminences? De saisir le prétexte ou  l’opportunité d’un coronavirus pour tester les indéniables progrès dans le conditionnement de la population à la perte de ses libertés?

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Ballade à la lune

Photographie de Bilitis, par Max Stolzenberg. La modèle, Bilitis, lit un livre de moi.

Ballade à la Lune.

Voici la lune aux douces joues,

La lune aux yeux mélancoliques,

Voici la lune au temps perdu,

La lune au visage des morts,

Mon amie au milieu du ciel.

Voici la lune en grand silence,

La lune ronde, étincelante.

Dans un reflet, voici la lune,

Lune d’exil, lune d’enfance,

Ecume au ciel, larmes aux yeux.

Pour qui ne dort pas, elle brille,

Et qui sait les yeux qui se lèvent

Pour la contempler, à cette heure,

Aux douze coins de mon Europe?

Cœurs éloignés, cœurs déchirés,

Voici la lune au beau sourire,

Voici la lune qui console,

Entre mes doigts voici la lune,

Voici la lune qui torture,

Voici la lune qui s’approche

Et tout aussitôt se dérobe.

Sur les tombes des Coquillarts

Fidèles à François Villon

Et les oliviers argentés,

Et sur la mer grande, la lune,

Elle répand sa clarté bleue,

Et son silence, et ses secrets.

Voici la lune de Laforgue,

Lune insaisissable à la corde

Du nœud au cou patibulaire.

Lune papier, encre et crayon

C’est la lune au ciel des prisons,

Elle me sourit tristement.

Et c’est la lune au cœur battant,

C’est la lune écho d’un poème

Et c’est la lune clé des champs.

La lune est une voile blanche,

La lune est au soleil un sein,

La lune est un rire, un larcin,

La lune est ballon suspendu,

Orage de nuit est la lune,

La lune est un accroche-cœur,

La lune est étreinte de plume,

Elle se serre entre mes bras

Et je la sens tout contre moi

Et je la baise sur le front,

Mais voici le matin déjà,

La lune a traversé le ciel

Des prisons, des lits et des mers,

Le ciel des yeux, le ciel des cœurs,

La voici, là-bas, qui s’en va,

Des Coquillarts la grande amie,

La lune élan, la lune instant,

Et la lune de cette nuit

Ne reviendra jamais, jamais.

Et vous, mes frères Coquillarts,

Vous les exilés, les marins,

Truands, poètes, amoureux,

Vous avez vu, en d’anciens siècles,

Cette lune au minuit du ciel,

La lune qui crève mon cœur.

Tu luiras, lune, sur ma tombe,

Tu y pleureras doucement.

La verrez-vous, au ciel, la lune,

Quand je pourrirai sous la terre?

Que vous dira-t-elle de moi?

 

(Poème extrait des « Jeunes filles ont l’âge de mon exil« , trois éditions: 2010, 2016 et 2018).

Photo Dennis Scott

Photo de la grande époque des magazines de charme allemands des années 1970

Photo très récente prise par Max Stolzenberg

Photo très récemment prise par Max Stolzenberg

Illustrations.

Les modèles de ces magazines étaient très populaires, autrefois.  La photographie sur le canapé a été prise par Dennis Scott, l’un des photographes préférés de Max Stolzenberg.

Bilitis lisant un livre de moi (photo: Max Stolzenberg)  est une photographie prise hier.  

Les deux autres photos de Max Stolzenberg sont également très récentes.

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Journal sentimental de la quarantaine (1)

Dawn Dunlap (« Laura Moore »), 1979

En ces temps de coronavirus, je commence ici une rubrique qui pourrait s’appeler: Journal sentimental de la quarantaine. Sa parution – si toutefois elle se poursuit – sera irrégulière. Peut-être des pages d’un hypothétique futur roman?

*

A Roland Jaccard.

*

Diana m’a téléphoné. Je ne m’attendais plus du tout à ce qu’elle le fasse. Sa voix mélancolique est veinée de fraîcheur rieuse. Cela m’émeut même qu’elle prononce mon prénom. Hier, elle a envisagé de me rejoindre, malgré le confinement auquel nous soumet – sous prétexte de coronavirus – la Démocrature. A dire vrai, je ne sais pas si elle l’a envisagé; mais il m’a semblé que oui. Je lui ai répondu qu’elle pouvait venir toquer à ma fenêtre à n’importe quelle heure du jour et de la nuit. Elle ne le ferait certainement pas, je le savais. Dire à une fille qu’elle peut venir lancer des cailloux dans vos vitres à tout moment, c’est peut-être lui en dire trop. Mais c’est aussi un excellent moyen pour rendre un rien plus supportable la longue angoisse que scande la nuit, seconde après seconde. Et à part ça? Diana m’a dit qu’elle était heureuse. Le ton de sa voix, à mon avis, ne confirmait pas exactement son propos, mais c’est sans importance. Le fait est que Diana se croit heureuse, ou veut me faire croire qu’il en est ainsi. Certes, je trouve que c’est un peu une faute de goût, de sa part. Une fille qui devine que je lui offre de partager un bout de mon chemin ne devrait pas parler d’être heureuse. Avec un autre que moi. Avec moi non plus, surtout. Cette idée en elle-même – le bonheur – est un truisme simpliste. Cinq minutes plus tard, en toute logique, Diana m’a dit cette fois qu’elle ne savait pas si elle était heureuse. Tout cela est touchant. Je peux donner à une fille les plus belles saisons de son existence entière. Mais la rendre heureuse, moi, ne serait-ce pas médiocre? Un Roland Jaccard ou un David Hamilton peuvent comprendre cela. Cependant, comment l’expliquer à une fille de vingt ans (Diana a vingt ans) ? Son appel téléphonique ne m’en a pas moins rempli les yeux de quelques larmes piquantes. De joie. Voilà déjà beaucoup. Et dire que Diana n’a aucune idée de mon âge à moi. Elle doit croire que j’ai vingt ans de plus qu’elle. Elle serait très surprise d’apprendre que j’en ai, non, pas vingt, mais quarante. Logique: quarante, quarantaine. Le lendemain, c’est-à-dire aujourd’hui, Diana avait changé d’avis. Il y a exactement un kilomètre entre chez elle et chez moi, selon Google Maps. Diana m’a écrit: « C’est loin ». J’ai répondu: « Je suis d’accord avec toi ». C’est comme quand une fille m’explique qu’elle est amoureuse du premier interchangeable venu. Je cherche toujours à la consoler: « Je comprends »…

Olivier Mathieu.

 

Diana called me. I didn’t expect her to do it at all. His melancholy voice is veined with a laughing freshness. It even moves me that she pronounces my first name. Yesterday, she considered joining me, despite the containment to which we are subjected – under the pretext of coronavirus – the Democrature. To tell the truth, I do not know if she considered it; but it seemed to me that yes. I told her that she could come knocking on my window at any time of the day and night. She certainly wouldn’t, I knew that. Telling a girl that she can come and throw rocks in your windows at any time may be telling her too much. But it is also a great way to make a little more bearable the long anguish that chants at night, second after second. And other than that? Diana told me she was happy. The tone of his voice, in my opinion, did not exactly confirm his point, but it does not matter. The fact is, Diana thinks she’s happy, or wants me to think it’s so. Admittedly, I think it’s a bit of a lack of taste on his part. A girl who guesses I offer her to share a piece of my path should not talk about being happy. With someone other. And not even with me. This idea in itself – happiness – is a simplistic truism. Five minutes later, logically, Diana told me this time that she did not know if she was happy. It’s all touching. I can give a girl the most beautiful seasons of her entire life. But make her happy, wouldn’t that be too much mediocre? A Roland Jaccard or a David Hamilton can understand that. However, how do you explain it to a twenty-year-old girl (Diana is twenty)? His phone call filled my eyes with a few pungent tears. It’s a joy. That’s a lot. And to think that Diana has no idea of my age to me. She must believe that I am twenty years older than her. She would be very surprised to learn that I have, no, not twenty, but forty. Logic: 40, quarantine. The next day, today, Diana had changed her mind. There’s exactly a mile between her home and my house, according to Google Maps. Diana wrote to me: « It’s a long way ». I said, « I agree with you. » It’s like when a girl explains to me that she is in love with the first interchangeable comer. I always try to console her: « I understand » …

Olivier Mathieu.

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La guerre et l’amour au temps du coronavirus

A l’époque du coronavirus

Couple sur la plage, à l’époque de David Hamilton

Emmanuel Macron se dit – et nous veut – en « état de guerre ».  Ce sont ses mots. On se souvient de ses autres formules. On se croirait il y a cent ans, en pleine première guerre mondiale. Mais cette logorrhée guerrière a-t-elle vraiment lieu d’être, aujourd’hui?

Pour ma part, et je l’ai dit et répété sur ce blog, je ne crois pas que le coronavirus de 2020 soit forcément « chinois ». Tout comme la « grippe espagnole » n’avait rien d’espagnol. Le coronavirus est humain. Le coronavirus est en grande partie le produit de la bêtise humaine. Soit qu’il s’agisse de la bêtise consistant à fabriquer dans des laboratoires, pour des fins militaires, des virus tueurs. Soit qu’il s’agisse de celle consistant à injecter des virus à des animaux puis à vendre ces cobayes dans des marchés chinois, c’est-à-dire dans un pays ou des régions où ces animaux sont mangés par les populations.

Le coronavirus, donc, a franchi les barrières entre les espèces (par exemple celles entre les canards et les porcs) et est arrivé aux humains. Est-ce qu’il s’agit pourtant d’une « guerre », comme dit Macron? Le terme est-il adéquat? Dans la seule guerre qui soit, qui est celle du vivant, la mort triomphera toujours. On ne pourra jamais vaincre définitivement le coronavirus. Le coronavirus a des « ancêtres ». Il aura des « descendants ». Né de mutations, il en aura d’autres. Nous devons et devrons cohabiter avec lui. Ce ne sont pas les slogans jupitériens qui vont faire peur au coronavirus. Il vaudrait mieux dire, au pluriel : aux coronavirus d’hier, d’aujourd’hui et de demain.

Est-ce que ce coronavirus ressemble à ce que la presse et les politiciens en disent? J’ai des doutes, là-dessus. J’espère qu’il est encore permis d’avoir des doutes…   Est-on face à une pandémie de fin du monde, ou face à une grippe quasiment banale? Si le coronavirus n’est pas banal, c’est pour le traitement politico-médiatique qui lui est réservé par la caste journalistique et par celle des gouvernants. Si le coronavirus n’est pas banal, c’est en ceci qu’il permet à des gouvernements de prendre des mesures de « confinement » qui sont, au sens propre, extraordinaires: elles sortent de l’ordre habituel. Aujourd’hui, 22 mars, en Italie, les mesures s’intensifient. Surtout en Lombardie et Piémont (cinq mille euros d’amende pour des rassemblements dans les rues). Mais ailleurs, c’est presque pareil. La situation en Emilie-Romagne est dramatique. Stefano Bonaccini, président de cette région, se félicite du recours aux ordonnances.  Dans quelques jours, ce sera sans doute au tour de la Toscane.

A l’époque du coronavirus

Extrait de Bilitis, de David Hamilton (film, 1977): un couple de jeunes filles

Pourtant, il faudrait que tout un chacun se renseigne au sujet des affections respiratoires auxquelles les populations sont confrontées chaque année, et qui causent énormément de morts, dans le monde entier. En 2014-2015, en France, la grippe a provoqué 18.300 morts.

La grippe fait environ 500.000 morts par an. En ce qui concerne le Covid-19, le fameux coronavirus, nous sommes encore éloignés de ces chiffres-là. La Chine, au moment où paraît cet article, semble (au moins selon les informations officielles)  avoir jugulé l’épidémie. Les chiffres que la presse donne au sujet de la mortalité du coronavirus méritent-ils que l’on parle de « guerre »?…

Ce qui relève d’une guerre, sans aucun doute, est le traitement politique et médiatique de cet épisode de coronavirus. La mise en scène  de ce macabre spectacle sur les télévisions, sur les radios, dans les journaux.

Le coronavirus n’est dangereux, semble-t-il, qu’en cas de pathologie préexistante. Certes, en Italie, quelques malades beaucoup plus jeunes sont morts. Il faudra savoir si, eux aussi, n’avaient pas des fragilités liées à d’autres maladies. Si vous ne souffrez pas d’une à trois pathologies graves (principalement hypertension, diabète, maladies cardiovasculaire, cancer) et si vous vous trouvez sous l’âge moyen de 80 ans, vous avez peu de probabilités que le coronavirus vous tue. En Italie, sauf erreur de ma part, il y a très peu de décès en-dessous de 65 ans.

Le coronavirus tue, certes, et pour le moment il tue – la plupart du temps – des octogénaires déjà malades. Mais presque  tous ces malades, en Italie, sont des gens qui vivent en Lombardie, l’une des régions les plus polluées. Ce sont des gens qui souffrent de maladies – souvent chroniques – liées au mode de vie occidental. La question est donc de comprendre, selon moi, si ces gens meurent de coronavirus, ou parce que le coronavirus donne le coup de grâce à des organismes dont la santé a été sacrifiée sur l’autel des intérêts politico-industriels.

A l’époque du coronavirus

Photo David Hamilton

Quiconque connaît l’Italie, et j’y habite depuis trente ans, sait que Milan est une ville industrielle. Combien de ces industries ne sont-elles pas toxiques pour la santé des populations? Je répète: est-ce le coronavirus qui tue? Ou est-ce le smog, est-ce les conduits d’aération (trop vétustes, ils ont pu véhiculer le coronavirus), est-ce que c’est le retard avec lequel on a  procédé à des tests? Est-ce le coronavirus qui tue, ou les pathologies liées au mode de vie occidental et, notamment, à la pollution industrielle ou atmosphérique?

Beaucoup de mes amis, dans le monde entier, m’écrivent pour me demander, horrifiés – et je les comprends : pourquoi tant de morts en Italie? Ces chiffres, qui sont certes d’un grand effet quand on les lit en première page sur tous les journaux, quelle interprétation leur donner? Tant que l’on n’aura pas fait des tests systématiques à toute la  population italienne, ou des autres pays européens, sur quelle donnée vraiment fiable peut-on s’appuyer? On possède juste le nombre de cas (plus exactement, de cas déclarés) et le nombre des décès. On aurait tout au contraire besoin de savoir combien il y a de contagiés dans toute la population italienne (ou la population d’autres pays).

Or, les pays de l’Union européenne ayant des stratégies diverses, ou mises en oeuvre à des moments différents, on assiste actuellement à une immense et pathétique cacophonie. Rien ne permet guère de se faire la moindre idée conforme à la réalité de la progression du coronavirus et de son effective diffusion. Le nombre de personnes déclarées « positives » au coronavirus est très probablement inférieur au nombre de personnes infectées. En Italie, et je pense ailleurs aussi, on sait que beaucoup de gens auront contracté le virus, mais ne le sauront jamais. Quelle est la mortalité réelle? A cette heure, est-elle encore infime, si on la compare aux statistiques annuelles des affections respiratoires?

Probablement, des statisticiens, des sociologues, des journalistes cherchent à imaginer le nombre de morts que pourrait faire le coronavirus. Je crains que les chiffres parfois énormes que ces gens avancent n’aient d’autre effet que celui d’apeurer encore davantage les populations. Je ne sais si c’est le but recherché, mais c’est en tout cas le résultat (et, périodiquement, on voit en Italie des files kilométriques de gens qui attendent, des heures durant, devant les supermarchés). Quoi cause le plus de dégâts? Le coronavirus? Ou la peur, entretenue par la presse, du coronavirus? N’y a-t-il pas, dans tous ces chiffres abstraits dont on assomme les auditeurs des télévisions et les lecteurs de la « grande presse »,  beaucoup d’exagération?

Que faire, alors? Attendre que toute la population soit « positive » au coronavirus, la multiplication des immunisés conduisant à un effet collectif de protection? C’est ce qu’ont voulu faire, ou veulent faire la Grande-Bretagne et les Pays-Bas. Selon Mark Rutte, beaucoup de Néerlandais seront  contaminés par le coronavirus et plus il y aura de gens immunisés, moins il y aura de chance que la contagion s’étende aux personnes vulnérables et aux seniors. D’où son refus du confinement car selon lui (et lui aussi, comme Macron, doit avoir des « conseillers scientifiques »), une fermeture complète n’apporterait aucune garantie que le Covid-19 ne frappe pas de nouveau, lorsque des mesures de confinement total seront levées.

Encore une démonstration des contradictions de l’Union européenne. Pourquoi, dans presque tous les pays, organise-t-on le confinement – au sujet duquel on n’a pas de certitudes? Pourquoi la France a-t-elle suivi l’Italie avec tant de retard? En France et en Italie, on espère interdire de circuler au virus en imposant la quarantaine aux citoyens…

En Italie, est-ce que ce sera le coronavirus qui tuera, ou bien  le nombre réduit de lits en soins intensifs, dans des  hôpitaux victimes de politiques aberrantes et scandaleuses depuis des dizaines et des dizaines d’années? Certains pays – l’Italie, l’Espagne, la France – pourraient bien être non pas ceux où le coronavirus serait le plus « méchant », mais ceux dont des politiques malencontreuses ont conduit à réduire l’efficacité hospitalière.

Ce n’est pas contre le coronavirus que l’on devrait être « en guerre », mais contre les politiques d’austérité  qui ont abouti à délabrer les services de soins intensifs.

Voilà ce qui se joue vraiment en Europe: un virus peu dangereux pour l’immense majorité des individus a cependant une dangerosité extrême pour les personnes de plus de 80 ans. Résultat, l’Italie – pour l’heure, et pour des raisons économiques que d’infrastructures – a renoncé à soumettre à des tests toutes les personnes qui pourraient s’avérer malades. On a choisi de confiner la population. Supposons, admettons, que cela puisse ralentir  l’épidémie. Et ensuite?

  Faut-il réellement enfermer tout le monde, quand on sait que seule une minorité de personnes est réellement en danger?   Ne serait-il pas plus intelligent de tester le plus de gens possibles, et de confiner non pas l’ensemble de la population, mais seulement les malades?

L’Italie, elle, ne teste pas grand monde mais enjoint à tout le monde de rester à la maison. Les autorités italiennes ordonnent un confinement total, sur l’ensemble du territoire, mais quelle sera l’utilité de cette mesure? Quel en sera le résultat? Les autorités italiennes manquent souvent de ce qui pourrait consentir à lutter plus efficacement contre le coronavirus: lits en réanimation, respirateurs artificiels, masques,  médecins. Les autorités intiment en revanche à des millions de gens, la plupart en bonne santé ou pas à risque, de ne pas sortir de chez eux…

La Chine et la Corée ont agi de façon complètement différente. Ces pays ont réussi leur pari, à ce qu’il semble. Ce qui explique que l’Italie fasse appel (contre espèces sonnantes et trébuchantes, précisons-le) à des médecins et à du matériel médical chinois.

A quoi pensent les politiciens de l’Union européenne? Ils gouvernent sans prévoir. Ils n’ont rien prévu. Macron dit qu’il est « en guerre ». Mais la guerre, n’était-ce pas avant qu’il fallait la mener?  L’Italie et la France étaient totalement impréparées à l’urgence coronavirus.

L’Italie a renoncé (pour l’heure) au dépistage systématique du coronavirus. L’Italie et la France ont privilégié le confinement dont je doute très fort – et je ne suis pas le seul –  qu’il soit une réponse efficace au coronavirus. Le fait est que des millions d’Italiens, sains, absolument pas porteurs du coronavirus, n’ont pas le droit de mettre un pied dans la rue. L’Italie et d’autres pays, dont la France, conseillent aux gens de ne pas aller à l’hôpital! Quand  ils sont malades ou craignent de l’être, on espère qu’ils guérissent tout seuls. Dans le même temps,  les personnes à risque, qui sont une minorité, s’exposent à des complications. Quand elles sont en détresse respiratoire aiguë, elles finissent par arriver dans les services de soins intensifs, où on leur souhaite très fort de trouver, à temps, un lit disponible. L’Italie et la France confinent donc des millions de citoyens sans les tester et sans les traiter.

Tous ceux qui « croient en la science » devraient apprendre que croire en la science ne sert à rien si, parallèlement, le système hospitalier est… malade. Peu importe ce en quoi l’on « croit » ou pas. La science n’est pas une croyance. La science n’est pas une opinion personnelle, fût-elle celle de Jupiter. La science est ce qui devrait rester, quand on s’est extirpé des marais des croyances.

Il faut sans doute sortir de la crise du coronavirus? Alors, il faut sortir de l’hystérie collective et de qui entretient cette hystérie. Il serait certainement profitable à beaucoup de gens de commencer à se poser, dès aujourd’hui, des questions au sujet de la façon dont  leurs gouvernants ont répondu à « l’urgence » d’une pandémie – vraie ou supposée, mais dont les effets seront catastrophiques – dont la littérature, le cinéma, et des scientifiques aussi, annoncent le risque depuis parfois trente ans.

C’est pourtant à ces mêmes gouvernants que les populations confient encore le soin de la « guerre » contre le coronavirus. La responsabilité de la chute de leur Système, sera-t-elle attribuée à l’inanité de leurs principes et des politiques qu’ils ont menées? Ou le coronavirus sera-t-il un bouc émissaire idéal?

Finissons par une note plus gaie, si j’ose dire: je me demande combien de divorces vont être demandés, en France ou en Italie ou ailleurs, par des couples (hétérosexuels ou homosexuels) soudain obligés de cohabiter 24 heures sur 24 avec leur conjoint. Sauf cas exceptionnels, à mon avis, ça promet.

 

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On ne peut pas coïter coitement. Post coronavirus, l’humanité sera à réenchanter.

Mort à Venise (Visconti)

On voit fleurir, ici ou là, sur le fumier d’Internet, des textes qui parlent du moment où le coronavirus aura été vaincu et où « tout sera fini ».

Curieuse conception, qui montre que les masses n’ont pas encore commencé à comprendre quoi que ce soit.

Il n’est absolument pas temps de songer au moment où le coronavirus aura été vaincu. En tout cas, cela m’est impossible. Je n’ai pas de boule de cristal.

Pour l’instant, les choses ne font – sans doute – que commencer.

Personnellement, j’ai perdu mon frère jumeau à la naissance. Depuis celle-ci, je vis en comptant les jours, les heures, les minutes, les secondes qui me séparent de la mort, qui est toujours possible. A chaque heure de mon existence, j’ai dit: ultima forsan.

C’est d’ailleurs de là qu’est née ma conception de l’érotisme, que je m’honore de ne pas partager avec beaucoup de gens. D’ailleurs, je m’honore de ne pas partager grand-chose avec qui que ce soit. Ma conception de l’érotisme a toujours pris racine dans le temps: il n’y a jamais le temps. D’où le fait que toutes mes histoires d’amour, les grandes et les petites aussi, sont toujours nées dans un coup de foudre. Les choses, en amour, se font – devraient se faire – tout de suite. Carpe diem. Hic et nunc.

Je me suis toujours trouvé au bord d’un précipice. La vie est une falaise sur le bord de laquelle nous marchons, du début à la fin, au-dessus de l’océan de la mort. Ce qui est le plus intéressant dans l’orgasme, c’est la fraction de seconde d’avant l’orgasme.

La vie d’un poète est d’être en permanence orgastique, l’orgasme en question étant la mort.

Voilà que les masses occidentales, soudain, grâce au coronavirus, s’aperçoivent qu’elles luttent contre un adversaire invisible. Mais moi, je n’ai pas eu besoin de ce coronavirus pour m’enseigner quoi que ce soit. L’adversaire invisible, c’est la mort. Pas le coronavirus.

Et la philosophie de l’érotisme de David Hamilton n’était pas loin de ce que je viens d’exprimer. Il se peut d’ailleurs que, dans les semaines qui suivent, j’entame un dialogue avec le photographe Max Stolzenberg au sujet de David Hamilton, de l’érotisme, de la mort.

Photographie empruntée au site du photographe allemand Max Stolzenberg

Quand le coronavirus aura été vaincu, s’il doit l’être, il ne s’agira nullement de continuer à vivre – à ne pas vivre – comme l’Europe le faisait depuis environ un siècle. Depuis près d’un siècle, à de rarissimes exceptions près, l’Europe ne vivait plus.

Il s’agira tout au plus, après le coronavirus, de commencer. De retrouver le sens d’Eros et de Thanatos. Qui veut l’un sans l’autre n’aura jamais rien.

On ne peut pas coïter coitement. Je ne sais pas si l’homme après le coït est un animal triste. Mais après le coronavirus, l’humanité sera à réenchanter. Il y aura du boulot.

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Roland Jaccard

A lire ce magnifique article de Roland Jaccard : https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/20/peut-etre-que-jetais-une-fille-bete/

 

 

 

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Ein exklusives Interview mit Max Stolzenberg / Un entretien exclusif avec Max Stolzenberg

Photographie récente de Max Stolzenberg

Ein exklusives Interview mit Max Stolzenberg

Un entretien exclusif avec Max Stolzenberg

Max Stolzenberg, David Hamiltons persönlicher Freund und sehr talentierter Fotograf, gab uns ein exklusives Interview. 

Max Stolzenberg, ami personnel de David Hamilton, et photographe de très grand talent, nous a accordé un entretien exclusif. Le voici.

David Hamilton et le photographe allemand Max Stolzenberg, été 2016

Max Stolzenberg, Sie sind in der großen Ära der deutschen Zeitschrift « Konkret » geboren. Wer ist Max Stolzenberg?

Das ist eine gute Frage! Kann man überhaupt selber wissen wer man ist? In jedem Fall versuche ich mit meinen Bildern der Welt etwas von Ihrer Schönheit zurück zu geben die Sie, vor allem in den letzten 30 Jahren, verloren hat.

In erster Linie bin ich aber wohl ein Individualist und vor allem Nonkonformist. Ich bin Romantiker, aber auch vom Barock inspiriert.

Die Romantik fasziniert mich vor allem aufgrund der Idee einer allumfassenden Philosophie von Kunst und Wissenschaft. Ich war schon immer der Meinung, das sich beides nicht voneinander trennen läßt.

Wissenschaft ist Kunst, Kunst ist Wissenschaft. Das Eine braucht das Andere zum Überleben.

In Europa weicht die Kunst an allen Fronten dem bloßen Kommerz, der inzwischen eine Ersatzreligion für eine völlig desorientierte, zerrissene und inhomogene Gesellschaft geworden ist. Die Wissenschaft wird strikt von der Wirtschaft diktiert. Es gibt fast ausschließlich Zweckforschung. Für die reine Forschung im Sinne einer Erweiterung des Wissens in alle Richtungen ist kaum Geld vorhanden.

Schauen Sie sich das Mäuse Utopia Experiment von John Calhoun an und sie werden unschwer erkennen in welcher Phase der Menschheit wir uns befinden.

Ich selber habe ein technisches Studium abgeschlossen in dem ich aber nie angefangen habe zu arbeiten. Zu oft musste ich erkennen, das dem Kommerz zu liebe jegliche Moral geopfert wurde. Verstehen Sie mich nicht falsch, ich bin kein Moralist, aber wenn alles nur noch der Erzeugung von Wirtschaftswachstum dienen soll, dann werden wir entmenschlicht. Das Europa von heute ist in weiten Teilen entmenschlicht.
Ich versuche dieser Entwicklung entgegen zu halten. Das macht mich vor allem zu einem Außenseiter, auf den die Gesellschaft argwöhnisch schaut weil ich mich weder von ihren Neurosen noch ihrer Hysterie anstecken lasse. Ich glaube ich bin jemand der glücklich ist. Das aber will die Gesellschaft nicht.

Photographie de Max STOLZENBERG. Photo empruntée au site http://maxstolzenberg.com/, auquel nous renvoyons

Wie sind Sie zur Fotografie gekommen? Ist es eine Leidenschaft, die in Ihrer Kindheit geboren wurde?

Ja, bereits als kleiner Junge habe ich das Fotografieren von meinem Vater gelernt, der selber ein begeisterter Fotograf war.
In den Ausgaben des Magazins „Foto“ habe ich bereits mit jungen Jahren gestöbert und mich sehr früh für Akt und Landschaftsfotografie interessiert. Helmut Newton, Gunter Sachs, Erich Klemm, Dennis Scott, Jacques Bourboulon und natürlich und vor allem der Altmeister der romantischen Fotografie David Hamilton waren meine großen Vorbilder.
Zu meiner ersten Kommunion bekam ich eine Ricoh KR-5 geschenkt. Mit Ihr machte ich kurze Zeit später meine ersten professionellen Aufnahmen, mit denen ich mehrere Wettbewerbe gewann.
Als Jungs gingen wir übrigens im Sommer oft Altpapier sammeln, mit den Pfadfindern, für einen guten Zweck. Ich saß immer oben auf dem Wagen auf den die Bündel mit Zeitschriften geworfen wurden. Ich habe mir alle Magazine heraus gesucht die Bilder von Hamilton und meinen anderen Vorbildern enthielten. Ich habe sie alle noch immer hier bei mir in meiner Bibliothek. Das war eine schöne Zeit.

SACHS, HAMILTON et FUCHS. Paris, 1977

Wer sind ihre Meister? Was halten Sie von Gunter Sachs, David Hamilton?

Beide sind für mich ein großes Vorbild. Vor allem natürlich David Hamilton, dem ich viel zu verdanken habe. Er hat mir schließlich in den letzten Jahren seines Lebens die Geheimnisse seiner Fotografie anvertraut und mit seiner Kritik dazu beigetragen das ich mich zu dem Künstler entwickeln konnte der ich heute bin. Ich bewahre seinen Stil und baue ihn aus. Entwickle neue Techniken und versuche die romantische Fotografie am Leben zu erhalten.

Wissen Sie, heutzutage nennt sich jeder Fotograf. Mit Einführung der digitalen Fotografie und vor allem des Handy ist die Anzahl der Hobby Fotografen praktisch explodiert. Vor allem ist es nun jedem möglich seine vermeintliche Kunst im Internet zu präsentieren. Eine aberwitzige Menge von unfassbar, furchtbar hässlichen Bildern strömt jeden Tag in die Netzwerke, aufgenommen von Milliarden kleiner Linsen. Ich selber besitze schon seit vielen Jahren kein Handy mehr. Mein Leben hat sich dadurch erheblich verbessert.

Gunter Sachs

Was halten Sie von David Hamiltons Tod?

Ich war bestürzt als mich die Nachricht von seinem Tod ereilte, hatte ich doch noch am Tag seines Todes zwei Mal mit Ihm telefoniert. Wir hatten geplant uns zu seiner Ausstellung in Lüttich zu treffen, diese wurde aber verschoben. Deswegen verabredeten wir ein neues Treffen.
David wollte, das ich zusammen mit meiner Freundin, die Grafikerin und Model ist, für ihn an einem Projekt arbeite. Er war ganz normal am Telefon. Ich hätte niemals damit gerechnet das mich am Montag der folgenden Woche die Nachricht über seinen Tod ereilen würde. Bis heute ist es für mich ein großes Rätsel.

Ob es Selbstmord war? Es mag sein, das sich Menschen aus einer Kurzschlussreaktion heraus umbringen. Aber auf diese Art und Weise? Bei geöffneter Türe? Mit einem Plastiksack über dem Kopf? Das erscheint mir doch alles sehr zweifelhaft. Ich würde mir wünschen die Bilder der Polizei einmal sehen zu dürfen und den Bericht zu lesen.

Gunter Sachs et Soraya

Was ist Ihre Philosophie, die nicht « metoo » Philosophie ist?

Meine Philosophie ist die eines Menschen, der in Einklang mit der Natur lebt. Fortschritt, ja, aber mit Verstand. Nicht jede neue Technologie sollte um des Profits und des Wirtschaftswachstums Willen sofort in der Breite der Bevölkerung zur Anwendung kommen. Die Dinge haben sehr komplexe Zusammenhänge und oft lassen sich Veränderungen, obwohl der Schaden den Sie anrichten erheblich ist, nicht mehr rückgängig machen. Die Gier frisst das Gehirn der Menschen.
Eine Rückbesinnung auf das Wesentliche täte gut.
Viele Dinge sollten neu überdacht werden. Das Schulsystem, das Gesundheitswesen, den Sinn bestimmter Berufe, die Liste ist unendlich lang.
Kurz gesagt, meine Philosophie ist die eines Friedrich Hölderlin. Die Ästhetik ist die Königsdisziplin der Philosophie. Ich hoffe dies kommt in meinen Bildern zum Ausdruck.
Außerdem glaube ich das es wichtig ist das Leben als Spiel zu verstehen. Man muss es halt nur recht zu spielen wissen. David Hamilton und Gunter Sachs hatten das verstanden.

Metoo hingegen trägt in meinen Augen nur zu eine weitere Entmenschlichung der Gesellschaft bei. Es ist eine Hysterie, bei der durch fehlende Differenzierung jeder Opfer werden kann. Ein gefundenes Fressen für den hirnlosen ignoranten Mob, dessen größtes Vergnügen es ist auf jeden, der nicht seinen rigiden moralischen Vorstellungen folgt einzuprügeln bis ihn, zumindest der gesellschaftliche, Tod ereilt.

Wenn Immanuel Kant uns sehen würde, er würde sich im Grabe umdrehen. Die klassische selbstverschuldete Unmündigkeit grassiert in weiten Teilen der Menschheit. Warum auch selber denken nicht wahr? Es ist doch viel einfacher unreflektiert den Müll erneut auszuspeien den die Medien einem ins Gehirn einhämmern. Bitte bedient euch wieder eueres eigenen Verstandes!

Die größten Opfer bringen zur Zeit übrigens die Künstler.
In Zeiten wo Schriftsteller gezwungen werden sich von Ihren Werken zu distanzieren, wo das Gedicht eines brillanten Künstlers wie Eugen Gomringer von der Wand einer Hochschule entfernt werden soll, weil es angeblich sexistisch ist (der Dichter hatte sich erdreistet darüber zu schreiben, das er die Allee hinunter schaut und Blumen und Frauen bewundert) muss man sich tatsächlich über nichts mehr wundern. Wo soll das hinführen, wenn schon die bloße Bewunderung für eine Frau als sexistisch erachtet wird! Jede normale Frau würde sich freuen bewundert zu werden.
Leider gibt es in unserer Gesellschaft allerdings kaum noch die Spezies einer normalen Frau. Dies ist das Resultat einer völlig fehlgeleiteten Entwicklung an der auch die Männer selber eine gehörige Mitschuld haben. Gibt es in diesen unseren kranken Zeiten doch kaum noch einen Mann vom Format eines Gunter Sachs.
Es fehlt der Typ des Playboy und Gentleman in unserer Welt. Es gibt niemanden mehr der es wirklich versteht ein Mann zu sein. Entweder findet man den völlig verweichlichten Typen, oder aber den Macho, der Frauen nur als Sexobjekt betrachtet. Kein Wunder das sich die weibliche Bevölkerung, ob dieser wenig attraktiven Auswahl, oft dem kruden Gedanken des Feminismus hingibt. Einer Bewegung die man getrost als Ersatzbefriedigung für frustrierte Frauen ansehen kann.

Sachs et Brigitte Bardot

Und was war z.B. mit der Tochter von Dario Argento?

Als Galionsfigur der Metoo Bewegung hatte sie selber Sex mit einem 17jährigen!
Mich stört das nicht, Sie kann das Bett teilen mit wem sie möchte. Ich bin, wie bereits erwähnt, kein Moralist und ich maße mir nicht an über andere zu urteilen, aber ein bisschen mehr Ehrlichkeit zu sich selber würde ihr und vielen anderen vielleicht gut tun!

Metoo scheint mir auch eine willkommene Gelegenheit für alternde Stars zu sein, die ihre dahinschwindenden Karrieren mit ein paar medienwirksamen Anekdoten ein wenig aufpäppeln wollen.
Ach, hättet ihr doch besser alle sofort Konsequenzen gezogen, oder für immer geschwiegen!
Aber nach 40 oder mehr Jahren? Ich halte es da eher mit Brigitte Bardot, die dieser ganzen Sache gegenüber meiner Meinung nach die richtige Einstellung hat. Jeder hat gewusst bei welchen Produzenten man über die Besetzungscouch musste. Jeder! Sich dann um der Karriere Willen darauf einzulassen um sich Jahrzehnte später zu beschweren ist lächerlich. Es wurde schließlich keiner gezwungen.
Wenn man die Wahl hat und sich dafür entscheidet ob einer Karriere willen mit einem älteren Mann mehr oder weniger unfreiwillig Sex zu haben, dann sollte man auch dazu stehen. Und genau das ist das Problem dieser Frauen. Sie stehen nicht zu Ihrer Entscheidung und suchen nach einem Schuldigen dafür.

Es ist ganz klar, das viele Dinge nicht so gelaufen sind, das man sie als moralisch einwandfrei erachten könnte. Aber so ist die Welt halt. Das wird sich nicht ändern. Ich schlage vor dies einfach zu akzeptieren. Das gehört zum Leben dazu! In jedem Fall ist es aber nicht ein derartiges Geschrei wert.
Wenn wir anfangen aufgrund einiger unschöner Exzesse unser Leben nach ganz rigiden Maßstäben zu regulieren werden wir bald in einer Welt Leben der gegenüber George Orwells „1984“ und Die Staatssicherheit der DDR wie ein Kindergeburtstag erscheinen!
Das, was wir im Moment am wenigsten gebrauchen können sind noch mehr Gesetze, die das Leben eines jeden einschränken und dafür sorgen, das jeder unter Generalverdacht gestellt werden kann.
Was wir ebenfalls nicht gebrauchen können sind die Schwarz-Weiß Maler, diejenigen, die kein Grau mehr kennen, die nicht differenzieren können.
Auf solch einem Nährboden entsteht immer Gewalt und Ignoranz. Beides Tritt grundsätzlich zusammen auf.

Es gibt keinen Leitfaden und erst recht keine Gesetzte, die das sexuelle Leben regeln könnten. Dafür sind die Menschen zu unterschiedlich. Seine Erfahrungen muss jeder selbst machen. Man kann nur früh genug und auf die richtige Art und Weise aufklären und dann nur noch das Beste hoffen.

Denken Sie noch einmal an das was ich oben erwähnte.
Das Leben ist ein Spiel. Sie müssen es nur richtig zu spielen wissen.
Und bitte, bedienen Sie sich Ihres Verstandes dabei.

(Entretien avec Max Stolzenberg, texte en allemand).

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FRIEDERIKE, photographie de Max Stolzenberg, empruntée à son site Internet

Texte français de l’entretien avec Max Stolzenberg

Französischer Text des Interviews mit Max Stolzenberg

Photographie de Gunter Sachs

Max Stolzenberg, vous êtes né à la grande époque  du magazine allemand « Konkret ». Qui est Max Stolzenberg?

C’est une bonne question! Peut-on jamais savoir qui on est ? En tout cas, avec mes photos, j’essaie de redonner au monde quelque chose de la beauté qu’il a perdu, surtout au cours des trente dernières années.

Mais avant tout, je suis probablement individualiste et surtout anticonformiste. Je suis romantique, mais aussi inspiré par le baroque.
Le romantisme me fascine principalement à cause de l’idée d’une philosophie globale de l’art et de la science. J’ai toujours cru que les deux ne peuvent pas être séparés.
La science, c’est l’art, l’art, c’est la science. L’un a besoin de l’autre pour survivre.
En Europe, l’art sur tous les fronts cède la place au simple commerce, qui est devenu une religion de substitution à une société complètement désorientée, déchirée et  en rien homogène. La science est strictement dictée par les affaires. Il y a presque exclusivement des recherches à cet effet. Il n’y a pratiquement pas d’argent disponible pour la recherche pure dans le sens d’élargir les connaissances dans toutes les directions.
Observez l’expérience de John Calhoun pour voir  facilement dans quelle phase de l’humanité nous sommes.
J’ai moi-même obtenu un diplôme technique dans un domaine dans lequel je n’ai jamais commencé à travailler. Trop souvent, j’ai dû réaliser que toute morale a été sacrifiée au commerce. Ne me méprenez pas, je ne suis pas moraliste, mais si l’unique optique qui reste à l’humanité est de générer de la croissance économique, alors nous serons déshumanisés. L’Europe d’aujourd’hui est largement déshumanisée.
J’essaie de contrer cette évolution. Cela fait de moi, avant tout, un étranger que la société regarde de façon suspecte parce que je ne suis pas infecté par leurs névroses ou leur hystérie. Je pense que je suis quelqu’un d’heureux. Mais la société ne veut pas cela.

Portrait de jeune fille, au bord de la mer, par David Hamilton

Comment en êtes-vous venu à la photographie? Est-ce une passion née dans votre enfance?

Oui, même quand j’étais jeune, j’ai appris à photographier grâce à mon père, qui était lui-même un photographe passionné.
Dans les numéros du magazine « Photo » j’ai parcouru à un jeune âge et me suis intéressé à la photographie de nu et de paysage très tôt. Helmut Newton, Gunter Sachs, Erich Klemm, Dennis Scott, Jacques Bourboulon et bien sûr et surtout le grand maître de la photographie romantique David Hamilton étaient mes modèles.
Pour ma première communion, on m’a donné un Ricoh KR-5. Avec cet appareil, j’ai fait mes premiers enregistrements professionnels peu de temps après, et j’ai gagné plusieurs concours.
En tant que garçons, au fait, nous allions souvent chercher du papier usagé en été, avec les scouts, pour une bonne cause. Je me suis toujours assis sur le dessus de la voiture sur laquelle les paquets de magazines étaient jetés. J’ai cherché tous les magazines qui contenaient des photos de David Hamilton et des autres photographes que j’aimais. Je les ai encore tous dans ma bibliothèque. C’était un bon moment.

Portrait de jeune fille par David Hamilton.

Qui sont vos maîtres ? Que pensez-vous de Gunter Sachs, de David Hamilton?

Les deux sont d’excellents modèles à suivre, pour moi. Surtout, bien sûr, David Hamilton, à qui je dois beaucoup. Dans les dernières années de sa vie, il m’a finalement confié les secrets de sa photographie et avec les critiques qu’il m’adressait, il a contribué au fait que j’ai pu devenir l’artiste que je suis aujourd’hui. Je garde son style et je le prolonge. Pour développer de nouvelles techniques et essayer de garder la photographie romantique vivante. Vous savez, tout le monde dit qu’il est photographe, aujourd’hui. Avec l’introduction de la photographie numérique et surtout le téléphone portable, le nombre de photographes amateurs a pratiquement explosé. Par-dessus tout, il est désormais possible pour chacun de présenter son art supposé sur Internet. Une quantité incroyable d’images incompréhensibles et terriblement laides se déverse dans les « réseaux sociaux », chaque jour. Je ne possède pas de téléphone portable depuis de nombreuses années. Ma vie s’est considérablement améliorée.

Photo de Max Stolzenberg, http://maxstolzenberg.com/

Que pensez-vous de la mort de David Hamilton ?

J’ai été consterné quand j’ai appris la nouvelle de sa disparition, parce que le jour de sa mort, je lui avais parlé deux fois au téléphone. Nous avions prévu de nous rencontrer pour son exposition en Belgique, mais l’exposition en question a été reportée. C’est pourquoi nous avons organisé une nouvelle réunion.
David voulait que je travaille sur un projet pour lui avec ma petite amie, qui est graphiste et mannequin. Il était normal au téléphone. Je ne m’attendais pas à ce que la nouvelle de sa mort me parvienne, le lundi de la semaine suivante. À ce jour, c’est un grand mystère pour moi. C’était un suicide ? Il se peut que des gens se suicident à la suite d’une réaction en court-circuit. Mais de cette façon? Avec la porte ouverte ? Avec un sac en plastique sur la tête ? Cela me semble très douteux. J’aimerais voir les photos de la police et lire le rapport.

Ramatuelle. Photo de Max Stolzenberg, http://maxstolzenberg.com/

Quelle est votre philosophie, qui n’est pas celle de  « Metoo »?

Ma philosophie est celle d’une personne qui vit en harmonie avec la nature. Progrès, oui, mais avec raison. Toutes les nouvelles technologies ne devraient pas être appliquées immédiatement à l’ensemble de la population au nom du profit et de la croissance économique. Les choses nouent entre elles des relations très complexes et changent souvent, bien que les dommages qu’elles peuvent provoquer  soient importants, et ne puissent plus être annulés. La cupidité mange le cerveau des gens.
Un retour à l’essentiel serait une bonne chose.
Beaucoup de choses devraient être reconsidérées. Le système scolaire, le système de santé, le sens de certaines professions, la liste est infiniment longue.
En bref, ma philosophie est celle de Friedrich Hölderlin. L’esthétique est la discipline suprême de la philosophie. J’espère que cela s’exprime dans mes photos.
Je pense aussi qu’il est important de comprendre la vie comme un jeu. Il suffit de savoir jouer. David Hamilton et Gunter Sachs l’ont compris.
Metoo, d’autre part, à mon avis, ne contribue qu’à une nouvelle déshumanisation de la société. C’est une hystérie dans laquelle n’importe qui peut se poser en victime. C’est là quelque chose qui a été trouvé pour la foule ignorante et sans cervelle, dont le plus grand plaisir est de s’en prendre à quiconque ne suit pas ses idées morales rigides. Jusqu’à ce qu’il meure, au moins socialement.

Si Emmanuel Kant nous voyait, il se retournerait dans la tombe. L’immaturité  est répandue dans une grande partie de l’humanité. « Pourquoi tu ne penses pas comme il faut? » Il y a beaucoup de choses fausses que les médias martèlent dans les cerveaux. S’il vous plaît, utilisez votre propre esprit à nouveau!
Soit dit en passant, les plus grands sacrifices sont actuellement faits par les artistes.
A une époque où les écrivains sont obligés de se distancier de leurs œuvres, où le poème d’un artiste brillant comme Eugen Gomringer doit être retiré du mur d’un collège parce qu’il est censé être sexiste, vous n’avez vraiment plus à être surpris de quoi que ce soit. Où cela va-t-il mener, quand la simple admiration pour une femme est considérée comme sexiste ! N’importe quelle femme normale serait heureuse d’être admirée.
Malheureusement, dans notre société, cependant, il n’y a pratiquement plus – semble-t-il – de femme normale. C’est le résultat d’un développement complètement malavisé, dans lequel les hommes eux-mêmes devraient être blâmés. En ces temps de maladie, il n’y a guère plus d’homme de la taille d’un Gunter Sachs.
Le type du playboy et du gentleman  manquent, dans notre monde. Il n’y a guère plus personne qui sache vraiment être un homme. Soit vous trouvez des gars complètement ramollis, ou des machos qui ne voient la femme que comme un objet sexuel. Pas étonnant que la population féminine, face à ce choix peu attrayant, se livre souvent à l’idée grossière du féminisme. Un mouvement qui peut être considéré avec confiance comme un substitut pour les femmes frustrées.

Photo de Max Stolzenberg

Et la fille de Dario Argento ?

Figure de proue du mouvement Metoo, elle a eu des relations sexuelles avec un jeune homme de 17 ans lui-même! Ca ne me dérange pas, elle peut partager son lit avec qui elle veut. Je ne suis pas un moraliste, comme déjà dit plus haut, et je ne prétends pas juger les autres, mais un peu plus d’honnêteté pourrait lui faire du bien!
Metoo me semble aussi être une occasion de choix pour des stars vieillissantes qui veulent enrichir leur carrière déclinante avec quelques anecdotes médiatiques.  Oh, si vous aviez toutes pris des mesures immédiates, ou gardé le silence pour toujours!
Mais après quarante ans ou davantage? Je suis plus en phase avec Brigitte Bardot, qui, à mon avis, démontre une bonne attitude à l’égard de tout cela. Tout le monde savait ce qu’était la promotion canapé. Ensuite, s’impliquer pour le bien de votre carrière et se plaindre des décennies plus tard est ridicule. Après tout, personne n’a été forcé.
Si vous avez le choix et si vous décidez d’avoir des relations sexuelles pour le bien d’une carrière, alors vous devriez également vous y tenir. Et c’est précisément le problème de ces femmes. Tenez-vous en à votre décision et ne cherchez pas un coupable.
Il est tout à fait clair que beaucoup de choses ne se sont pas passées d’une facon qui pourraient les faire considérer comme moralement irréprochables. Mais c’est comme ça que va le monde. Cela ne changera pas. Cela fait partie de la vie! En tout cas, je ne crois pas que cela mérite tant de clameurs.
Si nous commençons à réglementer nos vies selon des normes très rigides, en raison de certains excès désagréables, nous allons bientôt en revenir à George Orwell et à son livre « 1984 », ou à la Stasi de la RDA!
Ce que nous devrions éviter pour le moment, ce sont les lois toujours plus nombreuses qui limitent la vie de chacun et qui font que tout le monde puisse être placé sous suspicion générale.
Ce que nous ne pouvons pas non plus utiliser, ce sont les peintres en noir et blanc, ceux qui ne connaissent plus le gris, qui ne peuvent pas se différencier.
La violence et l’ignorance surgissent toujours sur un tel terrain fertile. Les deux se produisent ensemble, en principe.
Il n’y a pas de guide, et certainement pas de loi qui pourrait réglementer la vie sexuelle. Les gens sont trop différents pour ça. Chacun doit faire ses propres expériences. Vous ne pouvez pas éduquer assez tôt, et de la bonne façon, et seulement espérer que tout aille pour le mieux. Réfléchissez à ce que j’ai dit plus haut. La vie est un jeu. Vous avez juste besoin de savoir comment jouer correctement. En utilisant votre esprit!

(Entretien avec Max Stolzenberg, traduction en français)

Photographie de Max STOLZENBERG, ami de David Hamilton. Photo empruntée au site http://maxstolzenberg.com/, auquel nous renvoyons

 

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Une parenthèse sur « Konkret »

Max Stolzenberg est né à peu près au moment de ces photographies dans le magazine « Konkret », dont la très grande époque s’est étendue  à mon sens entre 1971 et 1973. Ce fut aussi l’époque où David Hamilton collaborait à cette publication.

Toutes les photographies qui suivent – absolument sublimes – de cet article sont extraites du journal allemand « Konkret », entre 1971 et 1973. Cela signifie que toutes ces jeunes filles sont aujourd’hui mortes ou nonagénaires.

Qui n’aurait jamais entendu parler de « Konkret » devrait se renseigner (y compris dans de nombreux articles de ce blog).

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L’ordre régnera, je vous le dis, dans l’Europe de Coronavirus Land.

Si les choses tournent mal, on se souviendra (peut-être) dans l’avenir d’une société occidentale moderne qui ne roulait plus carrosse (trop aristocratique, le carrosse)  mais roulait bagnole (démocratique à souhait, ça, la bagnole), alors que les poudres subtiles augmentent la diffusion du coronavirus. L’espèce humaine est certes la seule qui ressente l’impérieux besoin d’asseoir ses précieuses fesses dans des machines qui cancérisent tout le monde, y compris ses propres enfants.

Si les choses tournent mal, on se souviendra (peut-être) dans l’avenir d’une société occidentale moderne qui payait grassement (à millions d’euros)  des fouteballeux pour taper dans une baballe, la même société qui, frappée par le coronavirus, n’a déjà plus de place dans ses hôpitaux (en Espagne, les médecins doivent effectuer une sélection parmi ceux qui sont soignés, ou pas) et est contrainte de faire appel (c’est le cas en Italie) à des médecins cubains et à des importations de masques protecteurs chinois.

Si les choses tournent mal, on se souviendra (peut-être) dans l’avenir d’une société occidentale moderne qui, jusqu’à la fin, aura été régie et dirigée par le pognon. La ville de Brescia, en Italie, est particulièrement exposée. En Italie, les « tampons » (les tests pour diagnostiquer le coronavirus) manquent. Heureusement, une entreprise italienne vient d’en produire un demi-million. Malheureusement, cette entreprise, qui s’appelle Copan Diagnostics, les a vendus aux Etats-Unis. Les tampons sont partis par la base aérienne américaine d’Aviano (« Italie »)…

Tout démontre l’impuissance et l’incapacité des gouvernements de « l’Union européenne ». Ils n’ont rien prévu, ils agissent au mieux avec retard et de façon contradictoire ou absurde, ils pédalent littéralement dans la purée mais ils restent à leur place. L’ex-première dame de France, Carla Bruni bling-bling, qui est d’origine italienne, fait quant à elle semblant de tousser et d’asphyxier. C’est vraiment d’un goût exquis. Le Botox ne protège pas du coronavirus, mais plus probablement, du sens de la décence.

La société occidentale moderne, société d’une parfaite superficialité, société sans aucune épaisseur intellectuelle ou spirituelle, a emprunté à la Chine jusqu’à son système de « confinement » des populations.

En Italie, on parle d’encore réduire les horaires d’ouverture des magasins. Seuls ceux qui vendent des produits alimentaires de première nécessité demeureront ouverts, par exemple exclusivement le matin.

Vingt mille militaires, pour lutter contre les assemblements de citoyens dans la rue, vont être déployés… dans les rues. Espérons qu’ils n’attraperont pas le coronavirus. En tout cas, ils auront le droit – eux – de faire des tests. Contrairement à la très grande majorité de la population italienne.

La course à pied dans les parcs et les promenades vont être interdites. Les écoles ne rouvriront probablement pas avant septembre. Dans plusieurs communes du Sud de l’Italie, les autorités emploient des drones pour vérifier que les gens ne sortent pas de chez eux. Dans toute l’Italie, les téléphones portables sont espionnés, dans le même but. Si tu sors de chez toi, Big Brother le sait. Quant au maire de la ville de Palerme, il s’énerve: « Restez à la maison, c’est un ordre« . Ouh là là, nos Zéminences s’énervent.

Quelle est – au fait – la constitutionnalité de mesures interdisant à des populations entières de sortir de chez elles et cela, surtout, si ces mesures se prolongent? Je me pose la question. Il n’est pas exclu que des citoyens finissent par adresser des recours à la justice, jusqu’aux plus hautes instances de celle-ci.

On parle du « pic » de l’épidémie. En vérité, personne ne sait quand il arrivera. Les autorités italiennes disent qu’il arrivera dans une semaine, dans deux semaines « peut-être ». Oui, p’têt ben qu’oui, p’têt ben qu’non, je veux mon n’veu. Comme dirait l’autre, gouverner c’est prévoir.

En attendant, on a dépassé 10.000 morts (chiffres officiels, ceux des statistiques; les chiffres réels sont sans doute supérieurs, sans doute au moins 250.000 contagiés en Italie) dans le monde. L’Italie est le pays le plus touché. L’OMS n’hésite pas à parler de scénarios qui aboutiraient à la mort, dans le monde entier, de millions de personnes. On évoque aussi 25 millions de chômeurs.

On a confiné les gens chez eux, mais j’ai peur que bientôt on leur annonce qu’ils ne peuvent pas non plus tenir un blog, ou jouer à des jeux vidéo,  ou regarder – si tel est leur bon plaisir – des vidéos porno ou des vidéos tout court. Parce qu’il va falloir réserver Internet au « télé-travail ». Le travail c’est la santé, pas vrai?

Voilà une société où les gens ne peuvent d’ores et déjà plus se serrer la main ou se faire la bise, où chacun doit rester chez soi, où de savants et doctes psychanalystes s’interrogent sur les « dangers  du sexe » et où, bientôt, Internet fermera ou subira des limitations impressionnantes (en Italie, le ralentissement d’Internet a déjà atteint, à ce jour, 10 %).

En Italie toujours, la presse raconte l’histoire d’une fille de 17 ans qui a bravé les gouvernementaux décrets pour rejoindre son copain. Lequel a appelé la police. Ou encore, des parents ont été verbalisés parce qu’après des jours d’enfermement, ils avaient osé consentir à leurs enfants de moins de dix ans une petite promenade à l’air libre. Verbalisé, aussi, un jeune garçon qui, contrôlé dans la rue, a déclaré qu’il allait donner à manger aux pigeons. Et en effet, me demandé-je, pourquoi les pigeons devraient-ils mourir de faim?

Le capitalisme et le libéralisme ont délabré les hôpitaux européens, les fouteballeurs décampent dans leurs avions privés, l’Union européenne a confiné ses habitants (sauf les Pays-Bas, pour l’instant) mais ayez confiance, braves gens: les forces armées déployées dans les rues ne permettront en aucun cas que l’on donne à manger aux pigeons. L’ordre régnera, je vous le dis, dans l’Europe de Coronavirus Land.

Des études scientifiques (ou présumées telles) ne vont pas tarder, à mon humble avis, à affirmer que la quarantaine doit être plus longue que les quatorze jours initialement prévus. Les politiciens disent (et diront) kif kif. Le consensus, comme ils causent. Le gouverneur de la Campania (Naples) vient de le dire: « Il faut tout militariser« . Je ne pense pas que les populations italiennes auront le droit de sortir de chez elles avant la fin du mois de juin, et je me veux optimiste.

Espérons qu’il ne s’agisse pas d’une quarantaine à vie. Parce qu’une quarantaine comme celle qui est déjà en cours, il n’y en a pas d’exemples – à ma connaissance – dans l’Histoire.

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Vous devriez encore lire (et essayer de comprendre) « Une dernière leçon de mon école »

Avec une photographie de couverture de MAX STOLZENBERG

 

Les jeunes filles, sur les photos, sont en train de lire – ou tiennent en main – mon précédent livre, Je crie à toutes filles mercis.

Un petit extrait de mon livre (2019) Une dernière leçon de mon école.

 

« Où finira ma route? A Rome, Venise, Naples, Florence ? (…) Zum letzten Mal, en allemand, signifie: «Pour la dernière fois». J’ai toujours été fasciné par ces mots. Zum letzten Mal. Fasciné par la musicalité de zum, article neutre décliné au datif, zu dem. Dire zum ou zu dem est la même chose mais je préfère zum. J’aime les allitérations de letzten et de zum, les consonnes tzt si difficiles à prononcer. Quelle musique! Z, M, L… TZT, N, M, L… Le M final de zum et le L au début de letzten se retrouvent ensuite dans Mal. Le drame est d’être né en Occident et au bout de deux mille ans de modernité. Grands Dieux, quelle féteur! (…) L’espèce humaine, réduite à des masses d’ilotes dénaturés et manipulés, va bientôt avoir fini de détruire cette planète. Ils vont pourrir la terre, la mer et le ciel. L’Europe, minée de l’intérieur, va être balayée. Il y a longtemps que tel était son destin. Dans le monde à l’envers, le laid a pris la place du beau, le faux celle du vrai, tout ce qui est ignoble et petit celle de ce qui fut noble et grand. Les hommes ont cessé de défendre leurs donjons. (…) L’humanité est entrée dans le stade ultime de son agonie. C’est l’heure où rien ne sert plus à rien. Aussi bien les progressistes que les pseudo-moralistes d’extrême droite, autoproclamés adversaires de la décadence, forment et constituent l’avant-garde de la décadence. L’Occident est étymologiquement ce qui doit tomber et il n’est que grand temps qu’il s’effondre. Il devrait juste être temps pour munir les faux intellectuels de pelles, en leur bottant le cul et en leur enjoignant d’aller creuser et boucher des trous. (…)
Je suis le seul et dernier Ménippe. Ma patrie, c’est la littérature. La loi que je reconnais, ma loi d’écrivain.

Olivier Mathieu, extrait du livre « Une dernière leçon  de mon école » (début 2019).

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Natassja Kinski et Dawn Dunlap

« Ce furent des années glorieuses qui prirent fin au début des années 1990, en même temps que coulait la piscine Deligny, lieu mythique du glamour et du sexe. J’y ai même connu Nastassja Kinski »

Roland Jaccard.

*

« Dès les premières pages où il évoque Nastassja Kinski, j’ai su que j’allais aimer ces carnets intimes en forme de roman. Nastassja Kinski, c’est ma jeunesse en fuite à la piscine Deligny. Je l’avais évoquée dans L’âme est un vaste pays. Comment aurais-je pu oublier Nastassja Kinski ? La pureté de son visage. La perfection de son corps. Il y a des filles comme elle, dit Arnaud, qui incarnent la beauté d’une époque. J’ai beau chercher autour de moi, je n’en trouve pas. Il y a si longtemps que ma jeunesse est en fuite. »

Roland Jaccard.

https://leblogderolandjaccard.com/2019/01/16/la-jeunesse-en-fuite-darnaud-le-guern/

 

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Bibliophilie

 

Wochen Ende, avec un article sur Nastassja Kinski et Dawn Dunlap

Dans le journal allemand « Wochenend Magazin » daté 24.01.1980, un article sur Nastassia Kinski et Dawn Dunlap (l’actrice de David Hamilton dans le film « Laura les ombres de l’été » de 1979).  L’article avait pour titre : « Das aktuelle Kaleidoskop: Nastassia Kinski, Dawn Dunlap« .

Polanski avec Natassja Kinski et Dawn Dunlap, Paris, 1979

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Crier dans le désert vaut mieux que marcher au pas avec les boeufs

Je songe avec une infinie pitié à l’Europe. A l’Europe que j’aime: l’Europe continentale, l’Europe politique et historique, l’Europe culturelle et spirituelle aussi, cette Europe qui n’a pour ainsi dire jamais existé sinon dans des tentatives de plus en plus éphémères et qui se sont achevées par des échecs. Je songe à mon Europe, qui se trouve évidemment aux antipodes de l’Union européenne.

Où est-elle, d’ailleurs,  l’Union européenne? De quelle « union » parle-t-on quand chacun des pays (ou presque) qui constituent l’UE ferme ses frontières aux voisins? Qu’a-t-elle fait depuis des années, l’UE, sinon émaner des « directives » (sic) « européennes » (resic) au sujet du « respect des critères » – les siens propres –  du Traité de Maastricht? Les gouvernements ont démontré leur allégeance au CAC40, et à leur euro, mais les services publics et la protection sociale (j’en sais personnellement quelque chose) sont lamentables. Où est-elle, l’UE, quand l’Italie doit faire appel contre le coronavirus à des médecins chinois qui débarquent en Italie avec des tonnes de matériel médical?

Je songe avec une infinie tristesse, avec une infinie perplexité aussi, à l’arrivée inattendue (inattendue ?) de ce coronavirus dans un monde où l’on annonçait, à mots couverts ou pas, l’imminence d’une crise. Une crise à laquelle le coronavirus offre, au fond, un alibi tombé du ciel.

Gouverner, c’est prévoir? J’observe les politiciens qui, partout, ont fait semblant de gouverner leurs peuples mais n’ont absolument rien prévu.

J’observe l’Italie où les hôpitaux  de la Lombardie – et de plusieurs autres régions de ce pays – ne pourront bientôt plus recevoir de malades, soit parce qu’ils n’auront plus de lits disponibles, soit parce qu’il n’y aura plus assez de médecins. J’observe les pays d’Europe, où les masques de protection (à supposer d’ailleurs qu’ils soient vraiment utiles) manquent. J’observe les pays où le nombre des contagiés est forcément infiniment plus important que ce que disent les chiffres officiels. Je songe avec une infinie pitié aux malades qui sont morts, et à ceux qui mourront sans soins, solitaires, dans des couloirs d’hôpitaux ou chez eux.

Je songe avec une infinie pitié à tous les gens confinés chez eux  et qui, il me semble, sont victimes depuis des dizaines d’années de bien d’autres genres de confinement intellectuel et spirituel.  En vérité, le confinement est une poupée gigogne et toi, petit homme occidental, tu es prisonnier de la plus petite de ces poupées.

« Ne sors pas de chez toi », conseille un pouvoir totalement impuissant. « Ne va pas à l’hôpital », entend-on en Italie, et je ne crois pas que le discours soit très différent en France. Les hôpitaux publics, en Italie et en France, ont été étranglés financièrement. Parce que la logique de ce système – illogique en tout – est une logique exclusivement financière qui a conduit partout à faire des “économies” au détriment des gens. Au détriment de l’humain – du vraiment humain. Au détriment du coeur.

Tous ces gouvernements qui n’ont rien prévu, tous ces gouvernements qui ont opéré des coupes sombres dans les budgets des hôpitaux, tous ces gouvernements qui ont privilégié le fric, la haute finance, les banques, la spéculation, les profits des riches, tous ces gouvernements qui ont démontré qu’ils étaient des suivistes serviles de l’économisme, est-ce donc d’eux que l’on attend un quelconque salut?

Pourtant, les monarques de carton-pâte et leurs ministres n’ont aucunement l’élémentaire décence de démissionner. Ils restent à leur place. Quand un ministraillon démissionne, un autre arrive. Tous restent vissés au pouvoir comme les huîtres à leur rocher. Ils veulent sauver « l’économie », qui est leur mère et leur maîtresse et avec laquelle ils ont une consubstantialité plénière.

Mieux encore, pire encore. Ils vont maintenant  imposer aux populations des mesures liberticides, au nom des vertueux principes de leur « guerre sanitaire », officiellement « pour quinze jours », puis pour un mois, puis pour deux mois, puis pour trois mois, puis pour combien de temps? Pour combien d’années? Pour toujours, comme « l’état d’urgence » lié aux attaques terroristes finit par devenir… permanent. En Italie, on parle de doter de bracelets électroniques les gens positifs au coronavirus. Comme les délinquants. Le ministre de l’Intérieur italien, Madame Lamorgese, annonce de nouvelles interdictions. Il y a déjà (chiffres officiels) sept mille soldats dans les rues

Qui sait si, maintenant, on ne va pas vous dire que le « télé-travail » doit être la priorité? Prélude à une fermeture, ici puis là, puis partout, d’Internet?…

A ce jour, ou plus exactement à cette heure, il y a eu 3405 morts en Italie. L’OMS parle soudain du risque de millions de morts dans le monde entier. Je suis quant à moi très heureux de me trouver en Italie. Ma conception du monde a toujours été et reste dramatique. D’une certaine façon, je trouve cela logique de me trouver dans le pays le plus touché au monde, et où le nombre de morts a désormais dépassé celui des décès chinois.

Je crains très fort l’avènement, dans le monde entier, de ce que j’appelle – le mot est assez souvent employé en Italie – la Démocrature.

L’Europe a obéi aux mauvais maîtres . Elle n’a pas écouté, en revanche, ceux qu’elle aurait dû écouter. Et cela, depuis très, très longtemps. L’un des derniers exemples en date a été donné par le sort qui a été réservé à David Hamilton, cet immense photographe du XXe siècle qui a été diffamé, insulté, victime d’un lynchage médiatique, privé de ses droits les plus élémentaires et notamment de sa présomption d’innocence, avant que son nom et son oeuvre  ne subissent une damnatio memoriae en règle.

David Hamilton en 2008

Je n’ai pour ma part que des regrets d’ordre personnel, et pas si nombreux que cela. L’un de ces regrets est de n’avoir pas pu revoir la tombe d’un petit garçon mort il y a trois mois, et à l’enterrement duquel je n’ai pas seulement été invité. L’autre regret est que je serai sans doute dans l’impossibilité d’écrire le prochain roman dont j’envisageais la rédaction. Ce sera, au mieux, pour dans quelques mois. Ma foi, j’ai écrit beaucoup de romans et, en somme, j’ai fait ce que j’ai pu. Les livres sont des bouteilles à la mer. Les articles de blog aussi, à leur façon.

Roland Jaccard

Roland Jaccard vient de publier celui-ci, magnifique et auquel je souscris mot à mot. Méditez-le !

https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/19/surpopulation-et-relaxation-demographique/

Nous sommes des hommes qui crions dans le désert. C’est toujours mieux que marcher au pas avec les boeufs.

A lire aussi ce « portrait de mon père« , profondément émouvant. Il est assez logique, dans un monde qui s’écroule, de se retourner vers ceux que nous avons aimés: Roland Jaccard vers son père, tout comme j’ai consacré mon dernier roman en date (le dernier tout court?) à la mort d’un enfant.

Lisez donc : https://leblogderolandjaccard.com/2020/03/18/portrait-de-mon-pere/

 

 

 

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Coronavirus et censure: il est temps de revenir aux pigeons voyageurs

 

David Hamilton

Il s’appelle Olivier Véran, il est neurologue, il a été nommé « ministre des Solidarités et de la Santé » pour remplacer Agnès Buzyn qui avait quant à elle pris la place de Benjamin Griveaux (du nom du monsieur qui a reconnu être l’auteur de cinq ou six vidéos grivoises envoyées entre mai et août 2018 à une étudiante en droit qu’il avait rencontrée en ligne).

Olivier Véran vient de commencer quant à lui sa nouvelle activité en estimant que la mainmise du pouvoir chinois sur les réseaux sociaux avait favorisé la gestion sanitaire de l’épidémie de coronavirus.  « Je ne suis pas sûr que ce serait possible de réaliser tout cela dans un pays dans lequel les réseaux sociaux seraient ouverts« .

On ne saurait mieux dresser un parallèle entre le muselage des réseaux sociaux et l’efficacité sanitaire. Et voilà: comme vous l’annonçait depuis plusieurs jours le blog « En défense de David Hamilton », des élus et des personnalités publiques appellent à « réguler » Internet en France.

On pourrait donc lire les propos de Veran comme une (première) tentative de justifier la censure et la limitation des libertés sur Internet.  Après, on pourrait aussi – tant qu’on y est – passer à la surveillance des masses à l’aide de capteurs et de scanners corporels, s’ajoutant au vaste réseau des caméras à reconnaissance faciale déployées à travers la Chine.

Bien sûr, le néo-ministre Véran s’est empressé de jurer qu’il ne songeait pas du tout à faire l’apologie de la censure.

En attendant – c’est une technique vieille comme le monde – on a  lancé de la sorte un premier coup de sonde afin de voir comment les populations réagiraient à un projet de censure de la liberté sur Internet.

« Adam et Ève chassés de l’Éden » par le peintre florentin Masaccio, avant et après la suppression des ajouts de censure

En d’autres termes, se trompe-t-on en craignant qu’existe une volonté du gouvernement français, et des autres gouvernements européens voire mondiaux,  de restreindre drastiquement la liberté d’expression sur les réseaux dits « sociaux »?

Est-il sain de permettre aux réseaux sociaux de juger leurs propres contenus ? Peut-on imaginer une société où – sous prétexte d’urgence sanitaire – l’appréciation de l’éventuel caractère illicite d’un contenu serait jugé par des algorithmes, et non pas par l’autorité judiciaire?

Photographie de David Hamilton. Début des années 1970. Photographie – superbe – publiée notamment comme carte postale (éditions Agep, Marseille).

S’il y a des personnes qui, désormais confinées chez elles, dans des pays aux frontières fermées, désirent m’écrire, elles peuvent (encore) le faire. Je crains que bientôt, il ne reste que les pigeons voyageurs.

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Bienvenue au printemps, saison david-hamiltonienne

J’ignore si beaucoup des lecteurs du blog connaissent Eutanasia di un amore, l’un des plus beaux films d’amour italiens, qui date de 1978 et se passe à Florence et à Paris. C’est un film (regardez-le, en italien si possible) qui décrit fort bien la ville de Florence, et dont les acteurs sont Tony Musante (Anonimo veneziano), une très belle Ornella Muti et une peut-être encore plus belle Monica Guerritore. Très david-hamiltonienne, la scène des jeunes Allemandes nues sur la plage. Dans ce film, je me souviens aussi d’une scène où, dans un bal populaire, on déploie une banderole avec les mots: « Benvenuta estate« .

Ce petit article pour dire: « bienvenue au printemps« .

Photographie de Dawn Dunlap (vers 1983), la plus jolie actrice de David Hamilton

21 mars 2020, printemps.

Poème dédié à une lectrice lointaine.

 

Je me souviens de voix illuminant le ciel

Qui ont dit mon prénom, et d’aucunes princesses,

En toute saison, sous la lune ou le soleil,

Au temps qui fut le temps des élans de jeunesse.

Je me souviens de ciels reflétés par les yeux

De cœurs battants, de pleurs et du hasard des rues,

De rires au printemps et de bancs d’amoureux,

Puis d’horizons tueurs d’illusions disparues.

Et si le parc de juin se résigne à l’absence

Et ferme les bouquins de la philosophie,

Dans l’automne je sais qu’à la fin des vacances,

Ne s’en reviendront plus au grand jamais les filles.

 

(Poème publié dans mon livre LES JEUNES FILLES ONT L’AGE DE MON EXIL, trois éditions, 2010, 2016 et 2018).

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Coronavirus: l’air du temps désormais est liberticide

Une danseuse de David Hamilton. illustration employée pour une publicité NINA RICCI / L’AIR DU TEMPS

David Hamilton / Nina Ricci / parfum « Bigarade »

Photographie de David Hamilton, usée ici pour une publicité « Nina Ricci » datant, sauf erreur de notre part, de 1972.

Nina Ricci, image rare, photographie David Hamilton

Nina Ricci / David Hamilton

Combien de jours encore – voire combien d’heures – avant que le gouvernement italien n’interdise la moindre activité ou sortie dans la rue? Et en France?…

 

En Italie, les autorités commencent à reconnaître qu’elles suivent les déplacements des populations en « traçant » leurs téléphones portables. Hier, en effet, la Région Lombardie a communiqué les données :  40 pour cent des gens ont encore fait des déplacements de plus de trois cents mètres, malgré les interdictions et les appels à ne pas quitter sa maison. Un certain Giulio Gallera a confirmé : « Il y a une application que les grandes compagnies de téléphone ont mise à notre disposition pour voir d’une manière agrégée et totalement anonyme le flux des gens, comment ils se sont déplacés dans la région ou à l’extérieur ».

Le président de la région Lombardie, Attilio Fontana, a averti : « Mes amis, je dis cela d’une manière polie, mais dans quelque temps, nous devrons changer de ton parce que si vous ne comprenez pas, nous devrons être un peu plus agressifs, pour vous faire  comprendre. (…) Pour l’instant, nous vous le demandons avec la tranquillité d’esprit habituelle, mais si nous allons de l’avant, nous demanderons aussi au gouvernement des manières fortes.« 

L’Europe prenant exemple sur l’Italie, m’est avis que si l’épidémie de coronavirus ne cesse pas, les Français aussi seront bientôt « tracés » de façon à ce que les grandes compagnies de téléphone mettent à disposition des autorités leurs déplacements. De façon « anonyme », naturellement. Tout comme est paraît-il « anonyme », en France, que le gouvernement puisse envoyer ou faire envoyer un message sur votre téléphone portable.

Il y a déjà eu énormément (quasiment un demi-million?) d’amendes infligées à des gens coupables d’être sortis de chez eux. Dans certaines régions italiennes, il est maintenant interdit de faire du jogging.

Si la police italienne vous contrôle dehors, vous devez vous justifier. Si vous mentez, vous risquez jusqu’à douze ans de prison.

Je pense que le 3 avril, les mesures destinées à empêcher les gens de sortir de chez eux seront drastiquement renforcées. Probablement par une augmentation des amendes. Mais aussi par le déploiement de l’armée dans les rues.

Et, vu que la situation en France recalque la situation italienne avec une dizaine de jours de retard…

*

 

 

Il ne me semble pas que le coronavirus soit vraiment « chinois », tout comme la grippe de 1918 n’avait rien d’espagnol, étant apparue en Chine (?) puis aux Etats-Unis puis en France. Mais qu’importe? On ne saura sans doute jamais vraiment l’origine géographique du virus de la grippe de 1918, et saura-t-on jamais celle du coronavirus?

Que ledit coronavirus se soit échappé de laboratoires chinois ou américains, je n’en sais rien et, pour moi, cela ne change pas grand-chose. Qu’il soit dû à la barbarie de la vivisection (c’est-à-dire à l’inoculation de virus à de malheureux animaux qui sont ensuite vendus sur les marchés chinois, et mangés), ou à quelque interaction de populations humaines, porcines ou aviaires, je n’en sais rien non plus mais, quoi qu’il en soit, je n’ai toujours aucune responsabilité là-dedans.

Que les gouvernements européens aient opéré (comme en Italie) des coupes financières massives dans les budgets de la santé publique et des hôpitaux, c’est là une évidence et je n’y porte aucune responsabilité.

Que le gouvernement italien ait suivi les méthodes de « confinement » employées en Chine, puis que Macron ait suivi le mouvement avec retard, c’est l’affaire de toutes ces éminences. Que d’autres gouvernements semblent hésiter encore (au moins provisoirement) à de tels « confinements », c’est leur affaire aussi.

Le fait est que, n’ayant personnellement pas l’ombre de la moindre responsabilité dans les politiques désastreuses mises en place depuis des dizaines d’années en Italie, en France ou dans cette expression géographique appelée « Europe »,  c’est pourtant moi qui ne peux plus sortir dans la rue où je risque de 206 euros d’amende (tarif actuel, en Italie) à douze ans de prison (si je mentais). Rues qui seront bientôt patrouillées par les forces armées.

J’avoue qu’il m’est difficile de comprendre pourquoi certains pays s’en remettent au confinement, et d’autres pas. Qui – des uns ou des autres – a raison? Et qu’adviendra-t-il si le confinement ne sert à rien, voire n’améliore pas les choses? Serait-il en effet si idiot que cela d’attendre, voire d’espérer une contamination rapide d’un énorme pourcentage des populations, parce que dans l’attente d’une deuxième vague virale à partir de combinaisons, mutations ou réassortiments du premier virus, cela produirait une relative immunisation des personnes ayant été contaminées auparavant par la première vague?

Adieu la liberté de circulation, en Italie, en France et ailleurs. Pouvoirs spéciaux… Etat d’urgence sanitaire…

On dit que la semaine prochaine sera capitale, en Italie. On espère en effet que l’épidémie atteigne son pic avant de s’essouffler (pour la grippe de 1918, il a fallu attendre deux mois). Je l’espère aussi. Sinon, c’est la liberté qui va couler. A pic.

Une danseuse de David Hamilton. illustration employée pour une publicité NINA RICCI / L’AIR DU TEMPS

L’air du temps est liberticide. Je préférais l’Air du Temps de Nina Ricci.

Et là, on se dit: la vie, combien de temps perdu.

Le temps perdu qui fut – aussi – un thème david-hamiltonien.

Photo David Hamilton. 1988. Illustration employée pour une publicité NINA RICCI / L’AIR DU TEMPS

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Le confinement, un étouffoir à scandales?

A lire ou relire :
https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2018/02/24/lettre-ouverte-a-emmanuel-macron-par-olivier-mathieu-ecrivain/

*

« Je savais que la vague du tsunami était devant nous« , a déclaré l’ancien ministre de la Santé, qui est médecin de profession, Madame Agnès Buzyn. Elle affirme avoir prévenu dès le mois de janvier 2020 MM. Édouard Philippe et Emmanuel Macron de l’impossible qu’il y aurait d’organiser des élections municipales (où elle avait remplacé Griveaux).

Dans Le Monde, Mme Buzyn dit: « Quand j’ai quitté le ministère, je pleurais parce que je savais que la vague du tsunami était devant nous. Je suis partie en sachant que les élections n’auraient pas lieu« .

Citons encore: « Le 11 janvier, j’ai envoyé un message au président sur la situation. Le 30 janvier, j’ai averti Édouard Philippe que les élections ne pourraient sans doute pas se tenir« .

Madame Buzyn est-elle déprimée? A-t-elle des comptes à régler avec ses anciens amis politiques? C’est possible… Toujours est-il que si un ancien ministre de la Santé, médecin, fait de telles déclarations (« il va y avoir des milliers de morts« ), il semble difficile de ne pas chercher à en vérifier l’authenticité. D’urgence…

Il s’agit là de propos « effarants » aux yeux de Marine Le Pen, « consternants » selon Jean-Luc Mélenchon. « A-t-elle su et prévenu trois mois avant ? Et dans ce cas pourquoi rien n’a-t-il été fait ? Pourquoi raconte-t-elle cette histoire maintenant, quand il est trop tard ? Se rend-elle compte qu’elle engage sa responsabilité pénale et celle des autres personnes qu’elle dit avoir prévenues? « , s’est demandé à très juste titre le dirigeant de La France insoumise.

Fabien Roussel – pour le PCF –  a dénoncé des déclarations « graves », « car elles montrent le plus laid visage de la politique, celui du mensonge, de l’opportunisme et de la lâcheté« .

L’exécutif a-t-il « minimisé la crise, tardé à prendre les mesures nécessaires malgré un risque connu ?« , surenchérit Jordan Bardella (RN).

«Cette bombe devrait faire sauter ce gouvernement d’incapables qui a mis en danger les Français !», estime  quant à elle l’eurodéputée (Les Républicains) Nadine Morano.

Y a-t-il et y aura-t-il vraiment une affaire Buzyn?  La seule vraie question est de savoir si Macron a sous-estimé la gravité de la crise du coronavirus. Macron, qui à l’entendre « croit dans la science », ne croirait-il pas trop facilement dans les gens qui constituent ses comités scientifiques?  Ne les a-t-il pas suivis quand ils se montraient trop optimistes, avant  de continuer à les suivre quand ils ont commencé à manifester du pessimisme? Cette indécision « présidentielle » n’est-elle pas inquiétante?

Le corps de David Hamilton est emporté, en catimini, après son « suicide »

Ma lettre ouverte à Emmanuel Macron

Je voudrais rappeler ici ma lettre ouverte à Emmanuel Macron, lettre qui ne m’a (évidemment) valu aucune réponse. Pourtant, cette lettre, il est donné à tout un chacun de la lire et de juger si elle ne s’appuyait pas sur des motifs sérieux, puisqu’il s’agissait de la mort tragique – et survenue dans des circonstances très troublantes – de David Hamilton.

Si vous ne l’aviez pas lue, la voici :

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2018/02/24/lettre-ouverte-a-emmanuel-macron-par-olivier-mathieu-ecrivain/

David Hamilton

Emmanuel Macron, comme on sait, a accueilli la reine incontestée du gossip, Flavie Flament, à l’Elysée. Par ailleurs, au moment d’aller bombarder la Syrie, cette opération belliqueuse fut baptisée « opération Hamilton », certes sans prénom mais, selon plusieurs organes de presse, en référence à David Hamilton.

Pourquoi donc donner, à une opération militaire (d’ailleurs ratée) le nom d’un paisible photographe dont toute l’oeuvre artistique témoigne d’une sensibilité à fleur de peau?

Portrait de jeune fille, par David Hamilton.

Rappelons que l’opération guerrière « Hamilton » fut menée par la France, la Grande-Bretagne et les Etats-Unis, et que de nombreux missiles furent tirés sur les villes de Damas et Homs en « représailles » contre la – prétendue et présumée – attaque chimique de Douma par le gouvernement syrien. Cette action de guerre eut lieu le 14 avril 2018 (David Hamilton, rappelons-le, est né un 15 avril).  Et en outre, de nombreux missiles français ne purent même pas être tirés. La frégate Aquitaine, dit-on, ne parvint pas à tirer ses trois missiles, tout comme la frégate Auvergne…

Il est évident, ou il devrait l’être, que si Agnès Buzyn avait raison (qui sait cependant si elle ne va pas se rétracter fort vite?), et donc si l’on devait apprendre qu’Emmanuel Macron avait été mis au courant dès le mois de janvier 2020 de l’ampleur qu’allait prendre l’épidémie de coronavirus, la chose serait gravissime.

Reste cependant à évaluer l’effet que le « confinement » aura sur le scandale Buzyn, et sur tous les scandales à venir…

Un effet d’étouffoir?…

 

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Qu’eussent dit Épiménide le Crétois et Eubulide de Milet en découvrant mon « paradoxe du confinement »?

M. le président,

Vous avez récemment affirmé que : « Les Français qui sont actuellement à l’étranger et souhaitent rentrer pourront bien entendu rejoindre notre pays. Nous organiserons, pour celles et ceux qui le souhaitent et là où c’est nécessaire, leur rapatriement ». Et vous avez invité les candidats au retour à se rapprocher des ambassades et consulats.

Détenteur d’une carte d’identité qui porte les mots « République française », et me trouvant actuellement hors de France, j’en conclus que c’est censé me concerner, tout ça; et je tiens à vous en remercier.

Cependant,  j’apprends que les déplacements en France « sont interdits sauf dans les cas suivants et uniquement à condition d’être munis d’une attestation« .

« Déplacements entre le domicile et le lieu d’exercice de l’activité professionnelle, lorsqu’ils sont indispensables à l’exercice d’activités ne pouvant être organisées sous forme de télétravail (sur justificatif permanent) ou déplacements professionnels ne pouvant être différés« –

Or, M. le président, je ne possède point de domicile et n’exerce aucune activité professionnelle. Le fait d’être  SDF ou sans emploi ne me fait pas encourir, supposé-je, que l’on me pende à une potence ou que l’on me jette dans une geôle. C’est déjà, pour moi, un immense bonheur, savez-vous?

Mais si la France avait la bonté, M. le président, d’organiser mon rapatriement, quel serait mon sort? Y a-t-il vraiment un sens à ce que je rentre en France où, ensuite, je n’aurais pas le droit de me déplacer à ma guise?

J’ai en effet consulté avec appréhension les autres motifs pour lesquels  il me serait peut-être consenti d’avoir le droit de me déplacer.

« Déplacements pour motif familial impérieux, pour l’assistance aux personnes vulnérables ou la garde d’enfants ; déplacements brefs, à proximité du domicile, liés à l’activité physique individuelle des personnes, à l’exclusion de toute pratique sportive collective, et aux besoins des animaux de compagnie« .

Ah là là là, M. le président, je ne possède point de famille. Votre sagacité vous permettra sans aucun doute de comprendre que je ne pourrais dès lors, sans vilement mentir, arguer d’un motif familial, impérieux ou pas.

Comment pourrais-je me déplacer, y compris « brièvement », à proximité d’un domicile que je ne possède point?

Je ne vois qu’une seule solution, cher Monsieur Macron, à la résolution de ce paradoxe. Est-ce que vos services  pourraient avoir l’obligeance de m’offrir un logement? Pourraient-ils vérifier (cela va sans dire) que mon futur domicile se trouve à proximité des « magasins autorisés »?

A la suite du don généreux  que va donc me faire la République d’un domicile, ce pour quoi elle aura droit à ma reconnaissance sans bornes (je préférerais le septième arrondissement de Paris, si ce n’est pas abuser),  je pourrai enfin et par bonheur remplir les conditions nécessaires à l’accomplissement de déplacements brefs à proximité d’icelui.

Afin de mieux manifester ma bonne volonté, je suggère aussi que la République m’offre un animal de compagnie, si nécessaire (j’ai une certaine prédilection, je me permets de le stipuler, pour les labradors)  afin que je puisse l’accompagner faire ses besoins.

Sinon, cher Monsieur Macron, si j’étais rapatrié, quel serait mon destin? Ou bien mon destin serait que vos zélés policiers me dressassent des amendes parce que je me déplacerais en plein confinement, ou bien il me contraindrait à me planter juste en face de l’Elysée, où j’imiterais l’immobilité d’airain – ou celle de marbre – des statues, immobilité grâce à laquelle j’espérerais ne point me rendre passible de l’accusation de me déplacer, puisque j’entends admirablement que  les déplacements sont interdits et que, pire encore, je n’entre dans aucune des catégories de citoyens (citoyens travailleurs et citoyens possédant un domicile) autorisés à sortir de leurs pénates.

Tiens, je sens que je ne vais en aucun cas me rapprocher des ambassades, et pas davantage des consulats.

O.M.

 

Paradoxe du confinement.

Je peux être rapatrié.

Mais en France, je ne pourrais pas me déplacer.

Le rapatriement pour moi, au fait, ce n’est pas pressé.

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Pour échapper au confinement, évadez-vous avec ces deux livres (une vidéo de Roland Jaccard)

Cette vidéo, aujourd’hui, sur la chaîne You Tube de Roland Jaccard.

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Comment passer utilement le temps pendant le confinement décrété par les macroniens édits

Voici que sonnent les coups de midi. L’heure où Macron, président de la France en marche,  a décidé que devait commencer le confinement des Français.

D’après ce que me disent des amis parisiens, dont certains ont vingt ans, et ce que je lis dans la presse internationale, beaucoup d’habitants de la capitale se sont amassés dans les gares. Le premier résultat, involontaire naturellement, du confinement voulu par Macron « pour au moins quinze jours » aura été un accroissement des assemblements.

Combien de temps va durer cet exode? Quand vont commencer à pleuvoir les contraventions? Que vont faire les SDF qui, n’ayant pas de domicile fixe, auront de grandes difficultés à respecter les édits macroniens?…

Espérons en tout cas que les gens qui quittent Paris (souhaitons qu’ils aient des maisons à la campagne) ou autres déçus du macronisme n’aient pas décidé de se rendre à Lourdes. Parce que, pour la première fois, le « sanctuaire » de cette ville a fermé ses portes « pour quelque temps » à cause du coronavirus. Les pèlerinages étaient déjà interrompus depuis une semaine. Voilà reposée, au passage, la question cruciale du mal. Si « Dieu » a créé le monde, il a aussi créé le coronavirus. Pourquoi alors les autorités religieuses s’opposent-elles à la volonté de leur Seigneur? Et si « Dieu » n’existe pas, alors toute l’histoire du sanctuaire de Lourdes est une vaste blague et une gigantesque fraude, pour laquelle cette clique devrait d’ailleurs rendre des comptes pour diffusion de fausses nouvelles, abus de faiblesse et escroquerie en secte organisée.

Si la France ne croit plus en Emmanuel Macron (comme semblent l’indiquer les résultats du premier tour des municipales, dont l’examen du scrutin me laisse toutefois hypothiser que ses cousins, neveux et petits neveux aient voté en masse pour lui) ni en Bernadette Soubirous (cette jeune paysanne qui a vu, promis juré, et à dix-huit reprises excusez du peu, une Dame lui déclarant être l’Immaculée Conception, quatre ans après la proclamation du dogme de l’Immaculée Conception par le pape Pie IX), je vous demande: où va-t-on?

Le confinement macronien devrait durer jusqu’au 15 avril. Si ce n’est un hommage à David Hamilton (né le 15 avril 1933), en est-ce un à Bernardette Soubirous, morte le 16 avril (1879)?

*

Je suggère en tout cas à mes amis et lecteurs, pour mieux passer ce confinement, de se replonger dans mes livres et romans.

Je peux même les leur envoyer sous forme de PDF.

Ils pourront, après lecture, m’envoyer leurs commentaires.

Voici trois articles de critiques littéraires et d’écrivains, plus ou moins récents, parus dans la presse française. L’un de Michel Marmin, dans Éléments. L’autre, d’Etienne de Montety en première page du Figaro, en 2011. Le troisième, de Roland Jaccard, en 2018 dans le Service littéraire.

Un article du critique littéraire Michel Marmin

UNE du FIGARO 8 avril 2011

Roland Jaccard dans « Le service littéraire », avril 2018, n° 116. Au sujet de mon livre « David Hamilton suicidé, mais par qui? »

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C. comme Consolation, Consentement, Coronavirus et la France « en marche » vers le Confinement

En Italie, est en vigueur le confinement des populations. J’en sais quelque chose. En Espagne aussi. Je ne crois donc pas qu’il soit irrévérencieux de se demander ce qu’il y a de vrai dans la rumeur de l’instauration prochaine, sans doute par décret, d’un confinement généralisé ou partiel des populations en France.

Macron va de nouveau causer à la télé, ce soir. S’il dit quelque chose, on va donc vraisemblablement savoir si le président élu de  « la France en marche » va décider pour les Français l’obligation de rester chez eux jusqu’à une date encore à déterminer (certains parlent du 15 avril).

Portrait de David Hamilton

Tiens! Pourquoi le 15 avril? Quand Macron a ordonné d’aller bombarder la Syrie, on a dit qu’il avait appelé cette (brillante) opération « opération Hamilton » en référence à David Hamilton.  Si le confinement devait être décrété jusqu’au 15 avril, serait-ce encore en l’honneur de David Hamilton, né le 15 avril 1933? L’époux de Brigitte nourrirait-il quelque secrète obsession pour l’auteur des Jeunes filles en fleurs (film présenté en 1972 au Festival de Cannes) ?

Document rarissime, au sujet du film « Les jeunes filles en fleurs » de David Hamilton (17 mai 1972)

En Italie, on peut (encore) sortir pour faire des courses alimentaires (les files d’attente s’allongent démesurément sur les trottoirs) ou pour se rendre à la pharmacie. Va-t-il en aller de même en France? Ou encore, un couvre-feu sera-t-il mis en place chaque soir? Sous la surveillance de la police ou des militaires? Il serait certes surprenant que les Zautorités ne travaillent pas à ces hypothèses, et à d’autres.

Personnellement, je ne suis pas partisan d’un tel confinement généralisé, qui me semble liberticide et dont l’efficacité, surtout, reste à démontrer.  L’Italie – d’où je vous écris – est en quarantaine totale depuis le 9 mars, et les habitants ne sont autorisés à sortir que pour des impératifs personnels dûment vérifiés (dans toute l’Italie, de très zélés carabiniers infligent des amendes à des SDF, parce que le décret dit que tout le monde doit rester chez soi, chose difficile pour qui n’a pas de toit).  Je souhaite à ceux qui continuent à se promener dans les rues du Bel Paese d’être doués d’une connaissance parfaite de la langue italienne, et d’une excellente dialectique. Sinon, ils risquent une amende (de 206 euros; ne me demandez pas pourquoi 206 et pas 200, mais des fonctionnaires en ont décidé de la sorte: 206 euros) et trois mois de prison.

Revenons à la France d’il y a quelques mois. C’était la France de La Consolation, cette oeuvre où Flavie Flament la reine du gossip raconte le nombre (vraiment étonnant) de viols et d’agressions sexuelles dont elle déclare avoir été victime. C’était la France où, tous les mois, l’ex Miss OK et starlette de la téloche trouvait l’occasion de refaire parler d’elle et du « viol » qu’elle a affirmé (trente ans environ après les faits présumés) avoir subi de la part de David Hamilton, bien que celui-ci l’ait farouchement nié, qu’il ait rejeté avec véhémence les accusations en ce sens, qu’il n’ait jamais été condamné à quoi que ce soit par la justice française, ou encore qu’il ait été censé bénéficier comme chaque citoyen de la présomption d’innocence.

Roland Jaccard et Gabriel Matzneff (photo empruntée au site de Roland Jaccard)

C’était la France aussi de Vanessa Springora qui, elle, avait publié Le Consentement. Un ouvrage où elle accusait son ancien amant, Gabriel Matzneff, d’avoir eu sur elle une coupable « emprise », au temps (lointain) de sa jeunesse. Les fins journalistes de France avaient alors « découvert » ce que Gabriel Matzneff écrivait au su et au vu de tout le monde depuis une quarantaine d’années (et aussi, au milieu de magnifiques  pages littéraires, un grand nombre de vantardises, d’idioties ou de déclarations fort pénibles au sujet de ses activités de tourisme sexuel ou de son goût pour les petits enfants). Le bouquin de Springora (dans lequel elle prétend avoir connu le philosophe Emil Cioran, ce qu’ont contesté plusieurs des amis intimes et des proches de ce dernier) avait en tout cas provoqué un odieux lynchage médiatique, long de plusieurs semaines, de Gabriel Matzneff. Lequel s’était répandu en excuses partielles, souvent aussi incohérentes qu’inutiles.

Sur Vanessa Springora et Cioran lisez par exemple : https://www.causeur.fr/cioran-roland-jaccard-vanessa-springora-affaire-gabriel-matzneff-172951

Ou encore : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/01/21/vanessa-springora-a-t-elle-jamais-rencontre-emil-cioran/

Bref, La Consolation et (surtout) le Consentement avaient obtenu leur p’tit succès germanopratin escompté.

Personne ne devinait cependant que dans cette Italie où s’était réfugié Gabriel Matzneff (à l’hôtel Parigi de Bordighera, tout près de la frontière),  allait faire son apparition un personnage inattendu : le coronavirus Covid-19.

De telle sorte la réalité,  meilleure romancière que l’autrice Flavie Springora et l’autoresse Vanessa Flament, allait écrire: Le Confinement.

Le Confinement serait-il donc aussi proche d’ « En Marche » que la roche tarpéienne l’est du Capitole?

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En cette époque de coronavirus, je demande à toute jeune fille qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie

Voici les chiffres, les statistiques et les cartes des malades et des morts, région par région, en Italie et en Europe :

https://lab.gedidigital.it/gedi-visual/2020/coronavirus-i-contagi-in-italia/?ref=RHPPTP-BH-I250745935-C12-P8-S1.4-T1

L’un des grands problèmes posés par le coronavirus, en Italie, est que les hôpitaux étant bondés et risquant de ne plus pouvoir recevoir personne, les autorités demandent expressément aux malades potentiels de rester chez eux. On espère que leur exposition au coronavirus sera légère et qu’ils guérirons tout seuls. Quand un patient arrive encore dans un hôpital, désormais, il est souvent voisin au point de non retour.

En d’autres termes, le nombre officiel des malades, en Italie, est extrêmement inférieur à la réalité. Je ne vois pas pourquoi il en irait autrement en France. Il y a donc les malades, les morts, mais aussi une véritable infinité de malades qui ne sont pas comptabilisés, ignorent souvent qu’ils sont positifs au virus, ou vivent dans la terreur de l’être et restent chez eux, où ils risquent de contagier leurs familles. Ce qui indique les évidentes limites, y compris sanitaires, du choix de confiner une population entière à la maison.

Le « pic » de l’épidémie, en Italie, n’est semble-t-il pas atteint. Quand le sera-t-il? On l’ignore. Probablement, mais la chose n’est pas certaine, l’arrivée des beaux jours et de la chaleur pourrait avoir un effet positif. Sans que l’on sache vraiment si, comme l’affirment les autorités anglaises (qui « prédisent » quant à elles 80% de leur propre population contagiée et 318.000 morts, hypothèse qui correspond au pourcentage actuel des morts en Italie), il y aura simplement pendant l’été une atténuation de la pandémie, avant que tout ne recommence avec davantage de virulence, à l’automne.

Voilà donc la pandémie qui, selon certains, pourrait durer des mois ou des années. Une pandémie qui a provoqué la fin de l’espace Schengen. Jamais sans doute, en Europe, la circulation des personnes n’a-t-elle été aussi difficile. Non seulement entre pays, puisque les frontières sont fermées, mais aussi entre une région et l’autre. Aujourd’hui, il n’est pour ainsi dire plus possible d’aller en Sicile, par exemple.

Officiellement, on dit que les décrets du gouvernement italien sont valables jusqu’au 3 avril. Je crains que ce ne soit que pure utopie. Au mois d’avril, j’estime quant à moi que des mesures nouvelles seront édictées, et que celles qui sont actuellement en vigueur seront largement renforcées. Cela semble un scénario orwellien, mais on pourrait hélas fort bien imaginer une Europe sillonnée par les militaires, non seulement pour interdire aux gens de mettre un pied dans la rue mais aussi pour prévenir ou empêcher émeutes ou pillages. Les forces armées espagnoles contrôlent déjà les rues.

Dans ces conditions d’Europe barricadée et où des gouvernements vont vite se donner les « pouvoirs spéciaux » , je pose une question et je crois que je suis le premier: qui sait s’il n’y aura pas aussi des restrictions, à un moment donné, à Internet?

Une image extraite du magazine allemand « Konkret » (années 1971-1973): les temps d’une insouciance solaire, d’une joie de vivre, d’une beauté aujourd’hui trop oubliées

Hier, j’ai publié sur ce blog un texte prémonitoire de Charles Baudelaire, où on lit: « Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie« .

C’est une phrase que je reprends à mon compte: oui, je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie.

Et puisque ce blog est dédié à la personne et à la mémoire de David Hamilton, je demande évidemment à toute jeune fille qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie.

Portrait de David Hamilton

Dans ma quarantaine italienne, je continue à écrire, à lire, à penser, à publier des articles sur ce blog (tant que les Etats n’appuieront pas sur les interrupteurs d’Internet…), et aussi à correspondre avec quelques amis écrivains qui sont eux aussi en quarantaine, à Paris ou ailleurs.

Comment ne pas songer à Roland Jaccard, qui poursuit inlassablement la publication de ses vidéos cyniques, nihilistes et tendres sur sa chaîne « Roland Jaccard le vampire« ?

Roland Jaccard, plus virulent que le coronavirus

Je sais qu’il reste hélas fort peu d’Eros et Thanatos en ce monde mais les textes, poèmes, dessins, photos, témoignages des lecteurs et abonnés de ce blog sont de nature à nous intéresser. Si donc vous avez envie de nous écrire sur le vaste thème qu’est « Eros et Thanatos« , sur David Hamilton, et sur tout ce que vous voulez, n’hésitez surtout pas. Nous publierons tout ce qui nous émouvra.

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Dawn Dunlap, actrice de David Hamilton

J’ai consacré en 2017 à Dawn Dunlap, actrice américaine née le 28 octobre 1964, un livre intitulé « Le portrait de Dawn Dunlap« .

Voyez cet article de Roland Jaccard : « Olivier Mathieu a été l’amant – imaginaire? – de Dawn Dunlap, l’actrice américaine découverte dans Laura, les ombres de l’été (1979), le film de David Hamilton »… ( https://bonpourlatete.com/chroniques/olivier-mathieu-dit-merci-a-toutes-les-filles    )

David Hamilton et Dawn Dunlap à Paris en novembre 1979

Dawn Dunlap : https://fr.wikipedia.org/wiki/Dawn_Dunlap

David Hamilton, Dawn Dunlap, Patrick Juvet (1979)

David Hamilton, Patrick Juvet, Dawn Dunlap

Daid Hamilton durant le tournage de « Laura les ombres de l’été », 1979, avec l’actrice du film, Dawn Dunlap

De gauche à droite (1979): David Hamilton, « Dawn » Dunlap, James Mtchell

D.H. et Dawn Dunlap, 1979

Le portrait de Dawn Dunlap : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45239061h

Voici une photographie de Dawn Dunlap, prise en 1981 ou 1982, et donc  juste entre le film de David Hamilton Laura les ombres de l’été (1979) et les autres films qu’elle tournera dans les années 1983-1985 aux Etats-Unis.

Dawn Dunlap.

 

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Le monde va finir (Fusées)

Le monde va finir ; la seule raison pour laquelle il pourrait durer, c’est qu’il existe. Que cette raison est faible, comparée à toutes celles qui annoncent le contraire, particulièrement à celle-ci : Qu’est-ce que le monde a désormais à faire sous le ciel ? Car, en supposant qu’il continuât à exister matériellement, serait-ce une existence digne de ce nom et du dictionnaire historique ? Je ne dis pas que le monde se réduit aux expédients et au désordre bouffon des républiques du Sud-Amérique, que peut-être même nous retournerons à l’état sauvage et que nous irons, à travers les ruines herbues de notre civilisation, chercher notre pâture, un fusil à la main.
Non ; car ce sort et ces aventures supposeraient encore une certaine énergie vitale, écho des premiers âges. Nouvel exemple et nouvelles victimes des inexplorables lois morales, nous périrons par où nous avons cru vivre.
La mécanique nous aura tellement américanisés, le progrès aura si bien atrophié en nous toute la partie spirituelle, que rien parmi les rêveries sanguinaires, sacrilèges ou anti-naturelles des utopistes ne pourra être comparé à ses résultats positifs.
Je demande à tout homme qui pense de me montrer ce qui subsiste de la vie. De la religion, je crois inutile d’en parler et d’en chercher les restes, puisque se donner encore la peine de nier Dieu est le seul scandale en pareilles matières. La propriété avait disparu virtuellement avec la suppression du droit d’aînesse ; mais le temps viendra où l’humanité, comme un ogre vengeur, arrachera leur dernier morceau à ceux qui croiront avoir hérité légitimement des révolutions. Encore, là ne serait pas le mal suprême.
L’imagination humaine peut concevoir, sans trop de peine, des républiques ou autres Etats communautaires dignes de quelque gloire, s’ils sont dirigés par des hommes sacrés, par certains aristocrates. Mais ce n’est pas particulièrement par des institutions politiques que se manifestera la ruine universelle, ou le progrès universel ; car peu m’importe le nom. Ce sera par l’avilissement des cœurs.
Ai-je besoin de dire que le peu qui restera de politique se débattra péniblement dans les étreintes de l’animalité générale, et que les gouvernements seront forcés, pour se maintenir et pour créer un fantôme d’ordre, de recourir à des moyens qui feraient frissonner notre humanité actuelle, pourtant si endurcie ! Alors, le fils fuira la famille, non pas à dix-huit ans, mais à douze, émancipé par sa précocité gloutonne; il la fuira, non pas pour chercher des aventures héroïques, non pas pour délivrer une beauté prisonnière dans une tour, non pas pour immortaliser un galetas par de sublimes pensées, mais pour fonder un commerce, pour s’enrichir, et pour faire concurrence à son infâme papa, fondateur et actionnaire d’un journal qui répandra les lumières et qui ferait considérer le siècle d’alors comme un suppôt de la superstition.
Alors, les errantes, les déclassées, celles qui ont eu quelques amants, et qu’on appelle parfois des anges en raison et en remerciement de l’étourderie qui brille, lumière de hasard, dans leur existence logique comme le mal, alors celles-là, dis-je, ne seront plus qu’impitoyable sagesse, sagesse qui condamnera tout, fors l’argent, tout, même les erreurs des sens ! Alors, ce qui ressemblera à la vertu — que dis-je — tout ce qui ne sera pas l’ardeur vers Plutus sera réputé un immense ridicule.
La justice — si, à cette époque fortunée, il peut encore exister une justice —fera interdire les citoyens qui ne sauront pas faire fortune. Ton épouse, ô bourgeois ! Ta chaste moitié dont la légitimité fait pour toi la poésie, introduisant désormais dans la légalité une infamie irréprochable, gardienne vigilante et amoureuse de ton coffre-fort, ne sera plus que l’idéal parfait de la femme entretenue. Ta fille, avec une nubilité enfantine, rêvera dans son berceau qu’elle se vend un million. Et toi-même, ô bourgeois — moins poète encore que tu n’es aujourd’hui — tu n’y trouveras rien à redire ; tu ne regretteras rien. Car il y a des choses, dans l’homme, qui se fortifient et prospèrent à mesure que d’autres se délicatisent et s’amoindrissent, et, grâce un progrès de ces temps, il ne te restera de tes entrailles que des viscères ! Ces temps sont peut-être bien proches ; qui sait même s’ils ne sont pas venus, et si l’épaississement de notre nature n’est pas le seul obstacle qui nous empêche d’apprécier le milieu dans lequel nous respirons !
Quant à moi, qui sens quelquefois en moi le ridicule d’un prophète, je sais que je n’y trouverai jamais la charité d’un médecin.
Perdu dans ce vilain monde, coudoyé par les foules, je suis comme un homme lassé dont l’œil ne voit en arrière, dans les années profondes, que désabusement et amerture, et devant lui qu’un orage où rien de neuf n’est contenu, ni enseignement ni douleur.
Le soir où cet homme a volé à la destinée quelques heures de plaisir, bercé dans sa digestion, oublieux — autant que possible — du passé, content du présent et résigné à l’avenir, enivré de son sang-froid et de son dandysme, fier de n’être pas aussi bas que ceux qui passent, il se dit en contemplant la fumée de son cigare : Que m’importe où vont ces consciences ?
Je crois que j’ai dérivé dans ce que les gens du métier appellent un hors-d’œuvre. Cependant, je laisserai ces pages, parce que je veux dater ma tristesse.

Charles Baudelaire. Fusées.

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Le coronavirus vient présenter l’addition au monde à l’envers

Au Vatican le papet prie, en Italie il arrive que des gens chantent aux fenêtres et le président du Conseil y lit une promesse que tout ira bien, et en France  Macron a déclamé son pensum à la téloche pour dire qu’il « croyait dans la science ». Et cela, au moment même où la science témoigne son impuissance face à un virus dont personne ne sait l’origine. Mais, quelle que soit cette origine (laboratoires chinois, soldats américains, ingestions d’animaux contaminés), il est là, le coronavirus. Elle est là (même si elle a été déclarée avec un grand retard probablement lié à des raisons économiques et financières), la pandémie.

Le coronavirus vient rappeler l’existence de la mort à une société mondiale, occidentale en particulier, qui croyait depuis des dizaines d’années que l’on pouvait détruire la nature, gaver les humains et les animaux d’antibiotiques, polluer la planète, y organiser pour l’éternité des voyages de tourisme de masse, etc, etc, etc, sans jamais avoir rien à payer.

Voilà: le coronavirus vient présenter l’addition à un système mondial qui, depuis bientôt cent ans, est mal gouverné. Qui est gouverné à l’envers. Or, il y a quarante ans que je le répète, la réalité finit et finira toujours par prendre le dessus.

Dans toute l’Europe, en France, en Italie, en Espagne, le temps est celui de la quarantaine. Partout, des mesures « de sécurité » vont être édictées, puis renforcées jour après jour et semaine après semaine. C’est là ce qui se produit en Italie (je suis aux premières loges pour assister à cet étonnant spectacle). Adieu, liberté de circulation. Pour commencer.

Le gouvernement français imite ses homologues européens. Fermeture de tous les lieux publics jugés, par nos éminences, «non essentiels». Plus le droit d’aller au bar. En revanche, aujourd’hui, les élections municipales sont maintenues. Moi, n’ayant jamais voté de ma vie, je confesse humblement avoir quelques difficultés à comprendre l’essentialité des municipales. Mais  la déculottée que devrait subir son parti, Macron pourra toujours en accuser l’affluence (qui sera forcément réduite) et le coronavirus.

Restaurants, bars, discothèques, cinémas, on met la clé sous la porte. Officiellement, pour quelques semaines. Le gouvernement promet que vont rester ouverts les magasins alimentaires, les pharmacies, les banques, les bureaux de tabac et les stations-essence. Pour l’heure, sans doute. Ce n’est pas moi qui me plaindrai, le jour où les banques fermeront. Je n’ai pas de compte en banque. Je suis pauvre.

En Italie, aujourd’hui, les hôpitaux de la Lombardie – les meilleurs du pays – ont annoncé qu’ils sont arrivés au seuil de saturation.  Il n’y aura bientôt plus de lits disponibles en réanimation.

En France, les chiffres (officiels) parlent  de 4.500 personnes contaminées (dont plus de trois cents cas graves). La France a atteint le stade 3 de l’épidémie. Les prières du papet, les chansons aux balcons italiens, et même le discours télévisé de Macron n’ont point dissuadé le virus de circuler, en toute liberté, dans toute l’Europe. Qui est le centre de la pandémie. Cela faisait longtemps que l’Europe n’était plus le centre de quoi que ce soit.

Comme en Italie (et ce blog le prédisait il y a déjà plusieurs jours), le coronavirus semble frapper y compris au sein des jeunes générations. Comme en Italie, des membres du gouvernement sont positifs (notamment le ministre de la « Culture », Franck Riester). Et une douzaine de députés, à l’Assemblée. Comme en Italie, les médecins vont être obligés de choisir quels patients soigner en priorité, lorsque les services de réanimation seront débordés.

Pour moi, tout ça ne change rien. Strictement rien. Les Zautorités françaises avaient déjà conseillé à leurs sujets de se laver les mains et de ne plus se faire la bise. Elles causent maintenant de limiter les contacts avec la famille ou les amis et de rester chez soi. Par immense bonheur, je n’ai aucune famille. Je m’honore aussi d’avoir très peu d’amis. Solitaire et pauvre en argent, ne fréquentant généralement ni les bars ni les restaurants ni les discothèques, je continue à faire ce que j’ai toujours fait. Ce que je veux. Lire, écrire, penser. Écouter de la musique. Non, le coronavirus ne bouleverse pas ma vie. J’observe, c’est tout.  Le coronavirus est très instructif. J’aime m’instruire. J’adore. Roland Jaccard aussi (voyez la chaîne You Tube « Roland Jaccard le vampire »).

Que l’Occident s’écroule ne peut avoir quelque chose de surprenant que pour un imbécile. Même son étymologie (latin occidens, participe passé de occidere «tomber») le vouait à ce destin. Tout ceci est un spectacle que les meilleurs avaient prévu depuis longtemps. Il me semble même que la représentation commence avec quelque retard.

La peur règne, la méfiance s’installe, le coronavirus isole encore davantage tout un chacun dans la petite bulle de son insignifiance, dans le face à face narcissique de chaque petit moi avec son téléphone portable. Sur le territoire italien, la police a arrêté les très rares personnes qui, la nuit, ont encore été surprises à la recherche de prostituées. Par ailleurs, un gamin a été verbalisé parce qu’il cherchait à rejoindre sa copine. Le coronavirus pourrait rapidement devenir un allié de choix de l’ordre moral et de l’asexualisation, qui était déjà presque complète, de ce monde.

Face au coronavirus, donc face à la mort, les bigots de la « Science » et les superstitieux de « Dieu » continuent à adorer en hébétés cette chose dont ils ignorent tout, et qu’ils appellent la « vie ». Paraphrasant Bernanos, je dirais: la vie, pourquoi? La vie, pour quoi?

Il n’y a plus d’Eros. On continue à nier Thanatos.  Voici l’addition. Elle a nom: coronavirus.

L’addition: « Ce que nos pères appelaient la carte à payer, ce que les paysans appellent le compte, et les savants en goguette le quantum » (Alfred Delvau, Dictionnaire de la langue verte, argots parisiens comparés. Paris, E. Dentu, 1866).

 

 

 

 

 

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Les nymphettes, sorcières d’immortalité?

Vu que la France va bientôt se trouver en quarantaine à cause du coronavirus, j’espère que mes amis parisiens Emmanuel, Antoine, Olivier et d’autres, et puis quelques jeunes filles, vont en profiter pour lire ou relire mes livres!

*

Qu’il sorte d’un laboratoire chinois de Wuhan (en passant par de malheureux animaux torturés par des « savants », vivisectionneurs, qui leur inoculent des bactéries), ou alors que le patient zéro ait été un soldat américain, le coronavirus me fatigue. Tout ce qui est collectif me fatigue vite. Je ne crois pas au collectivisme du drame. Si tout le monde doit mourir de coronavirus – ce que je ne crois d’ailleurs aucunement – ne vaudrait-il pas mieux employer les derniers jours à parler d’autre chose?

Je me demande s’il reste encore des jeunes gens, des jeunes filles qui aiment la littérature, la poésie.

Ce blog est ouvert à tous les textes qui me sembleront intéressants, beaux, émouvants.

Si vous voulez, envoyez des poèmes, des dessins, des textes. Ecrivez-nous…

Toutes les images qui suivent: David Hamilton, film: « Un été à Saint-Tropez ».

Nous publierons très probablement dans quelques jours un entretien avec un photographe.

Le 21 avril (jour de la mort de Racine), ce sera un poème intitulé : L’ombre de Bérénice.

*

Voici un tout petit extrait de mes récents mémoires, « Je crie à toutes filles mercis ».

Il pourrait s’intituler: les nymphettes, sorcières d’immortalité.

 

Les nymphettes, sorcières d’immortalité.

 

J’avais donné des informations à deux touristes – une jeune fille de Sankt-Peterbourg et son mari – en leur indiquant aussi dans quel petit bar florentin, s’ils le voulaient, ils pourraient me retrouver ce soir-là. J’avais été surpris que Natochka m’y rejoigne seule. Son mari, m’avait-elle expliqué, était resté à l’hôtel. Par une magnifique soirée florentine, maintenant, je longeais l’Arno, sous les regards de tous les messieurs. Ce n’était pas moi qui attirais leur attention. Natochka avait dix-huit ans et elle était Russe. Une merveille de la race européenne, un corps qui semblait avoir été sculpté par Arno Breker, Michel-Ange et Praxitèle à la fois. Des cuisses interminables. Un maintien de reine. Une beauté suprême. Brune, les cheveux longs, d’immenses yeux clairs, un regard intelligent et tendre, des taches de rousseur sur les joues. Une bouche rouge, souriante, parfaitement dessinée. Une jupe blanche légère, au-dessus des genoux.

– « Quel genre de soirée voudrais-tu passer? »

                                            – « Une soirée romantique ».

Pour toute réponse, je lui avais saisi la main et je l’avais embrassée. Cet enfant serait foudroyé. Nous étions sur le Lungarno Amerigo Vespucci, presque sur le Ponte alla Carraia et, entre les longs cils de Natochka, j’avais contemplé dans le ciel de ses yeux les derniers reflets, couleur coquelicot, d’un soleil couchant qui mettait du rose, du violet, de l’orange, du jaune et du vert au firmament piqué d’étoiles claires. La respiration de la jeune fille était paisible, délicieuse son haleine. Sa robe décolletée laissait apercevoir la naissance délicatement dorée de ses seins, soulevés par une palpitation douce. Elle chantait l’admirable Ave Maria faussement attribué à Caccini, oeuvre de Vladimir Fiodorovitch Vavilov. Nous avions poursuivi notre promenade Oltrarno, du côté de Piazza Santo Spirito et Natochka n’avait pas tardé à ôter ses chaussures à talons hauts. Sa démarche était souple et légère, à la fois nonchalante, dandinante et noble. Elle semblait danser sur les trottoirs encore chauds, pieds nus. Nous avions savouré une glace un peu à l’écart des touristes, à l’angle de via dei Michelozzi et de Borgo Tegolaio, puis nous avions contourné le Giardino di Boboli en direction de Porta Romana. Nous admirions les palais, les façades, les jardins, les statues. Et nous nous embrassions avec une ardeur toujours renouvelée. Elle semblait émue. Je l’étais aussi. Elle me fixait longuement. Je faisais de même. Natochka était affectée par de charmants tics nerveux. Toutes les dix ou vingt secondes, ses paupières tressaillaient. Elle avait les yeux verts et elle embrassait les yeux ouverts et il y avait dans cette espèce de clignotement quelque chose de profondément émouvant et enfantin, comme la répétition à l’infini d’un signe d’entente qu’elle m’eût adressé. Dans une boucle du viale Machiavelli, à l’intersection de via del Bobolino et de via del Mascherino, nous nous étions allongés sur une pelouse d’herbe tendre inondée par la lumière de la lune et nous avions fait l’amour sous les beaux vieux arbres d’un parc public. Il devenait de plus en plus émouvant de faire l’amour avec de pareilles beautés, parce que le véritable défi que je m’imposais était de marquer la mémoire de ces filles appelées à vivre très longtemps après moi. La recette de l’immortalité, je la cherchais dans les nymphettes et c’était en elles que je trouvais au moins son illusion. Je devinais que s’approchaient les ultimes années où je serais ainsi recouvert des pieds à la tête par des fleurs, des graines, de la poudre d’étoiles. Les dernières fois que les foins de l’été florentin seraient couchés par le vent, ou par mon corps et celui d’une Lolita roulant dedans ensemble. Grâce, éternité de ces moments suspendus. La chair de Natochka douce comme la plume, ferme comme la pierre, les herbes dans la brise, les branches argentées des oliviers. Les orangers en fleurs dans la majesté du mois de juin. Et moi, je feignais d’oublier que j’avais déjà accompli beaucoup plus que la moitié du chemin de ma vie. A l’aube, j’avais raccompagné Natochka jusqu’à la porte de l’albergo Abaco, via dei Banchi, à une vingtaine de mètres de la maison de via Rondinelli où Carlo Lorenzini était mort, foudroyé par une crise cardiaque.

(« Je crie à toutes filles mercis », mémoires, 2018).

 

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Dernières nouvelles du triangle germanopratin situé entre le Café du passez-moi la rhubarbe cher ami, le Bar du oui je vous passe le sené, et la Brasserie du Renvoi d’ascenseur

Le grand public apprend que Christophe Girard ( https://www.parismarais.com/fr/arts-et-culture/personnalites-du-marais/christophe-girard-1956.html  ), adjoint à la « Culture » de la mairesse de Paris Anne Hidalgo, par ailleurs candidat aux municipales dans le 18e arrondissement, aurait accordé maintes faveurs à l’écrivain Gabriel Matzneff.

Selon Valeurs actuelles, Matzneff vantait quant à lui les mérites de Christophe Girard dans une publication intitulée « Triangul’ère », consacrée au monde gay. Vu que je n’étais pas abonné à cette revue certainement passionnante, et que dans ma grande et notoire inculture j’en ignorais jusqu’à l’existence, je me suis renseigné.

J’ai constaté que si Matzneff faisait de la pub à Christophe Girard, homosexuel revendiqué (il est marié à un Olivier, avec lequel il concubine depuis vingt ans) et collaborateur de Triangul’ère, il n’était pas le seul. Libération aussi faisait de la pub gratuite à cette revue si ambitieusement dite « d’art » et de « culture » (grands dieux, la culture se niche vraiment partout, de nos jours) : https://www.liberation.fr/medias/2000/12/23/triangul-ere-revue-homo-tres-sexuelle_348944

Cette revue  publiée par des « éditions Christophe Gendron » est aussi citée sur ce site des musées de la ville de Paris (tiens!) : http://parismuseescollections.paris.fr/fr/ressources-bibliographiques/triangul-ere

En d’autres termes, de Matzneff à Triangul’ère en passant par Libération, et le cirage de pompes étant transversal, presque tout le monde faisait ami-ami avec tout le monde. Un éloge par ici, une allocation à vie par là…

Voici la table des matières d’un  « collector » (1999) de Triangul’ère. La plupart de ces noms censés appartenir au monde de « l’art » et de la « culture » me sont inconnus (je dois vraiment être un imbécile inculte et illettré).

Bon, pour adoucir la quarantaine à laquelle le gouvernement italien a voué les populations de ce pays,  je m’en retourne à la lecture de ma collection complète des albums consacrés par David Hamilton à ces jeunes filles qu’il aimait tant.

David Hamilton est mort pauvre et dans la misère. La Mairie de Paris n’avait visiblement pas pensé à lui attribuer une allocation à vie. Mais cela se comprend aisément: il ne collaborait pas même, lui, à Triangul’ère! Il ne faisait donc ni de l’art, ni de la culture. Cqfd.

 

 

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Défense de la bise, du bisou et de la bisette

Je suis horrifié par la haine que l’on porte actuellement, en ces temps de hantise coronavirienne, aux bises. Oui, aux bisous.

Je me souviens avec une très grande émotion de ma découverte adolescente des bises. Je me demande même si, très souvent, le souvenir des premières bises n’est pas plus fort que celui des premières pelles – premières pelles dont j’ai décrit l’expérience dans plus d’un de mes romans.

Je me souviens de mes toutes premières bises (elles aussi, je les ai racontées). Je me rappelle la recherche qui était la mienne des règles qui les régissaient, pensais-je. C’était apparemment un geste spontané mais j’avais vite saisi que l’improvisation, somme toute, n’y avait pas tant de place que ça. En tout cas, je commençais toujours sur la joue droite de la fille. C’était un rite (à l’époque, dans ma banlieue parisienne, c’était quatre fois: deux fois sur chaque joue), mais nullement un rite sans conséquence.

Ce furent les premières fois que j’avais senti sur ma peau les lèvres parfois un peu humides d’une jeune fille; et ces lèvres, en plus, faisaient parfois un bruit d’abeille (Edmond Rostand). Comment voulez-vous oublier cela?

Romeo e Giulietta (film, 1967)

C’était aussi la première fois que, sautant ainsi d’une joue à l’autre, je passais au-dessus de bouches que je n’aurais jamais osé embrasser et qu’en effet je n’ai jamais embrassées (voyez mon roman, datant de 2010: Voyage en Arromanches).

Faire la bise une, deux, trois, quatre fois n’a jamais le même sens. Mais aujourd’hui, je trouve toujours que la bise reste quelque chose de formidable. J’aime aussi faire des bisous en faisant l’amour. Tout comme j’aime bien vouvoyer mes amantes ou leur parler en employant  l’imparfait du subjonctif (j’ai décrit cela dans plusieurs romans érotiques, par exemple Jouissive à Venise, 2013).

Je me souviens de bises par lesquelles certaines de mes histoires d’amour ont commencé. Je me souviens de bises par lesquelles elles ont parfois fini. On met beaucoup de temps à savoir embrasser, mais aussi à savoir faire la bise, voilà ce que j’ai appris. Je n’ai jamais oublié les bises du temps de mes premières amours, plus ou moins près des lèvres…

Voilà pourquoi, M’sieur Macron, je fais et ferai la bise et continuerai à la faire, à qui voudra la recevoir, autant qu’il me plaira.

Marcello Mastroianni et Anita Ekberg

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