Apologie david-hamiltonienne de l’agenouillement

L’Euro de fouteballe commence, dans ce drôle de monde d’aujourd’hui, ce monde tellement charmant où certains – comme la fédération ukrainienne – semblent avoir de très originales conceptions des frontières puisque – ce n’est qu’un exemple parmi d’autres – les Ukrainiens se sont présentés avec des maillots qui laisseraient à penser que la Crimée leur appartiendrait.

Or la Crimée, jusqu’à plus ample informé, est russe depuis des siècles et en juin 2014, le rouble russe est devenu la monnaie légale. En juillet 2015, Dmitri Medvedev a confirmé que la Crimée avait été pleinement ré-intégrée à la mère patrie. Un referendum l’a confirmé: 98% des habitants de la Crimée, d’ailleurs, approuvent ce rattachement.

Il y a surtout la question de l’agenouillement. Les Ecossais ne s’agenouilleront point avant le coup d’envoi de leurs rencontres (groupe D). Selon le sélectionneur Steve Clarke, la signification de ce geste (un rappel à un fait divers récent survenu aux Etats-Unis) s’est « un peu diluée ». En Hongrie, le premier ministre, Viktor Orban, a exprimé une opinion semblable: « Ce n’est pas une solution » d’apporter un tel « fardeau » moral et historique dans un pays comme la Hongrie qui « n’a jamais été concernée par la traite d’esclaves ».

Les onze joueurs de l’équipe de Belgique, eux, se sont agenouillés avec uen touchante et bien compréhensible unanimité, et du coup l’arbitre espagnol les a imités. Il pourrait échapper pourquoi un arbitre, qui par définition devrait rester neutre, singe ainsi les attitudes de l’une des deux équipes, mais c’est ainsi. Les joueurs russes, eux, sont restés debout (ouh!ouh! fait l’écho).

De nombreuses équipes effectuent ce « geste » (s’agenouiller, au afit, est moins un geste qu’une attitude corporelle) qui est paraît-il « symbolique ».

Symbolique, je veux mon n’veu. Autrefois, l’agenouillement était par exemple un symbole religieux d’adoration ou d’humilité. Il manifestait une attitude de respect, de dévotion. Aujourd’hui, le symbole a dû changer sans que je m’en aperçoive puisque Romero Lukaku, l’un des joueurs belges les plus brillants et emblématiques, a tendu avec beaucoup de grâce son poing droit, fièrement levé. On espère que nul n’y verra un signe d’une déplorable violence, surtout en ces temps où un dénommé Tarel a écopé de quatre mois de prison pour une gifle dont la grande presse ne nous a rien laissé ignorer.

Il y a eu un temps où certains, y compris les plus humbles, refusaient de s’agenouiller. Ainsi Guy de Maupassant, dans La Confession de Théodule Sabot (c’était en 1833), raconte-t-il la rencontre d’un prêtre et de Sabot: « Le prêtre lui fit un signe : « Mettez-vous à genoux sur ce coussin. » Sabot restait debout, honteux d’avoir à s’agenouiller.« 

Aucune honte à s’agenouiller chez les joueurs anglais, les fameux Three Lions (les trois léopards d’or sur fond rouge des armoiries de l’Angleterre), même si je confesse ignorer si l’on a jamais vu un léopard s’agenouiller. Mais l’équipe d’Angleterre a tenu à faire savoir qu’elle désirait ardemment s’agenouiller. Des léopards agenouillés, on aura décidément tout vu.

La littérature est pleine d’exemples de gens qui voulaient vivre, rester, mourir debout. « Oui », me dit-il d’une voix mate, « j’espère bien mourir debout, c’est-à-dire en pleine lucidité. Mourir comme j’ai vécu, sans avoir peur des conséquences, sincère jusqu’au seuil de… de je ne sais quoi… − de la vie éternelle, sans aucun doute. » écrivait ainsi Roger Martin du Gard.

Visiblement, tout ceci est démodé. La vraie de vraie fierté, dorénavant, consiste à s’agenouiller, surtout pas à rester debout. Rester debout pourrait même vous faire mal voir. Très mal voir! Evitez avec le plus grand soin!

Qui sait d’ailleurs jusqu’où iront l’Ecosse, la Croatie, la Hongrie ou la Russie dans cet Euro 2021? A mon humble avis, pas loin du tout. Car si tu veux arriver à quelque chose, de nos jours, vas-y à genoux, c’est moi qui te le dis.

Et n’oubliez pas que dans trois jours, la glorieuse équipe de la France éternelle se présentera fièrement. A genoux, enfants de la Patrie!

*

Ci-dessous, une très ancienne couverture d’un magazine fameux, avec une photographie de David Hamilton, évidemment précurseur de l’agenouillement.

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Quand la beauté était… concrète (magazine KONKRET)

24 8 1972

C’était, le croirez-vous, la beauté des femmes européennes dans un magazine paraissant en effet en Europe, pour être plus précis en Allemagne. David Hamilton y collaborait.

On voudrait rappeler aux abonnés et lecteurs que ce blog est le seul et unique, dans toute la poubelle planétaire de l’ignorance et de l’inculture qui s’appelle « Internet », qui a songé à rassembler toutes les couvertures de l’immense magazine ouest-allemand « Konkret », auquel collaborèrent aussi bien Ulrike Meinhof que David Hamilton.

Bibliographie

Couverture du 5 juillet 1973

Konkret 5 juillet 1973, couverture

Couverture du 16 août 1973

Couverture du 18 janvier 1973

Couverture du 22 juin 1973

Couverture du 26 octobre 1972

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La gifle tarélienne, un concept néo-lacanien?

« C’est ainsi qu’une gifle, — à se reproduire à travers plusieurs générations, violence passionnelle d’abord, puis de plus en plus énigmatique en se répétant dans des scénarios compulsifs dont elle semble plutôt déterminer la construction à la façon d’une histoire de Raymond Roussel, jusqu’à n’être plus que l’impulsion ponctuant de sa syncope une méfiance du sexe quasi paranoïaque, — nous en dira plus long, de s’insérer comme signifiant dans un contexte où un œil appliqué à une chattière, des personnages moins caractérisés par leur psychologie réelle que par des profils comparables à ceux de Tartaglia ou de Pantalon dans la Comedia dell’arte, se retrouveront d’âge en âge en un canevas transformé, — pour former les figures du tarot d’où sera sorti réellement quoiqu’à son insu pour le sujet, les choix, décisifs pour sa destinée, d’objets dès lors chargés pour lui des plus déroutantes valences », écrivait Jacques Lacan. (Vous avez compris quelque chose? Ecrivez-moi, merci).

Il s’appelle Damien Tarel et j’ignore s’il a lu Lacan. A mon avis, pas trop, non. Accusé d’avoir giflé Macron, on apprend en tout cas grâce à la diligence du Monde que Tarel « dormira en prison, jeudi 10 juin ». Il a en effet été condamné à dix-huit mois de prison, dont quatre ferme. Jugé en comparution immédiate, il a reconnu avoir donné cette gifle.

Voilà Damien Tarel privé de droits civiques pendant trois ans. Toute fonction publique lui sera interdite à vie. Il sera interdit au gifleur de détenir des armes durant cinq ans et, pour finir, il devra se soumettre à un « suivi psychologique ». J’ignore totalement en quoi consiste le « suivi psychologique », s’agissant d’un gifleur de l’espèce de Tarel. Lui offrira-t-on les oeuvres complètes de Lacan? Je l’ignore. Et fera-t-il appel de cette condamnation? On le saura dans les tout prochains jours.

Cette gifle, « parfaitement inadmissible », est un « acte de violence délibérée », a déclaré le représentant du ministère public. J’ignore l’utilité de signaler que la gifle était « inadmissible », à moins qu’il n’existe aussi des gifles admissibles. Lacan en parle-t-il quelque part? Qui sait?

« Il n’y a pas d’ITT (incapacité temporaire totale) », selon le magistrat, « mais il y a un acte violent », a-t-il noté. Macron, la grande presse le rappelle avec des accents quasiment épiques, « n’a pas souhaité voir un médecin ». Chapeau.

Damien Tarel encourait trois ans de prison et 45 000 euros d’amende. Il a écopé de quatre mois. Le procureur a cependant d’ores et déjà évoqué un possible risque de récidive. Il a d’ailleurs exposé avoir perçu « une sorte de détermination froide » chez Tarel.

Interrogé jeudi après-midi dans le centre d’entraînement de fouteballe de Clairefontaine, puisque l’Euro de foot commence demain, Macron a qualifié l’acte de Tarel « d’imbécile et violent ».

Non content de n’avoir pas consulté de médecin pour la gifle tarélienne qui n’a occasionné aucune ITT, Macron n’a même pas porté plainte : « La justice s’en est tout de suite saisie, et compte tenu de la place qui est la mienne, je pense qu’il fallait laisser la justice suivre son cours. » La mansuétude n’est pas un vain mot.


Peu de temps après la gifle, mardi, Macron avait dénoncé des « faits isolés », commis par «des individus ultraviolents » qui ne « méritent pas » qu’on les laisse « prendre possession du débat public ». Je pensais quant à moi qu’une gifle, étant une et une seule, ne pouvait certes être qu’un fait isolé, et pas « des faits » (au pluriel). Je pensais aussi, et continue à penser qu’une gifle – la gifle tarélienne – n’a pu avoir pour auteur que le seul Tarel qui, en toute logique, est peut-être un individu « ultra-violent » mais, à moins de s’être dédoublé, peut difficilement être à lui tout seul « des indvidus ». Pour le reste, il me semble assez improbable que Tarel « prenne possession du débat public ».

Par bonheur, la France n’a rien à craindre et tout est bien qui finit bien. Jean Castex a immédiatement appelé «à un sursaut républicain » contre le danger représenté par Tarel et par son acolyte qui, semble-t-il à deux, Tarel mu par « une sorte de détermination froide » et l’acolyte peut-être par la puissance insoupçonnée de sa pensée, ont administré cette gifle lèse-présidentielle heureusement sans ITT.

Marine Le Pen, la présidente du Rassemblement national (RN), a estimé quant à elle que la gifle tarélienne était le produit d’une « bouillie idéologique ». Jean-Luc Mélenchon, lui, a rassuré tout le monde en se disant « solidaire du président ».

Je regretterai longtemps de ne pas savoir ce que Lacan aurait pu dire de Tarel, mais le débat s’est indéniablement enrichi d’une enthousiasmante réflexion de nos plus fins politiciens sur la gifle tarélienne, capable d’inspirer un « sursaut républicain », inspirée par « une sorte de détermination froide » selon les uns tout en étant « le produit d’une bouillie idéologique », selon les autres.

Pour finir, je pose une question dont tout le monde mesurera, je crois, la très profonde gravité: Tarel sera-t-il en mesure de lire et de comprendre tout Lacan en quatre mois?…

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David Hamilton, le passeur de beauté.

Un ami allemand m’envoie cette photo (image suivante) extraite d’un ancien numéro (1971, en pages intérieures) de la revue allemande Spontan. Il a déjà été question de cette revue sur ce blog. L’image est de mauvaise qualité technique, mais c’est sans la moindre importance puisqu’elle n’a d’autre but ici que d’expliciter notre propos.

Maintenant, voici une photographie de David Hamilton, extraite du fameux livre, bien connu des vrais collectionneurs du maître, « David Hamilton for ADO couture » – 2005, 33 x 26 cm, 160 pages, tirage à environ 800 exemplaires.

Tout ceci pour redire, encore une fois, à quel point David Hamilton – qui dut si peu à son pays natal, le Royaume-Uni, et si peu aussi à la France – fut avant tout ancré dans la très grande photographie de charme allemande des années 1970.

David Hamilton, 2005

Un passeur est une personne qui fait passer frauduleusement une frontière à quelqu’un. David Hamilton, ainsi, restera l’artiste de la photographie qui, dans cette époque de terrible abrutissement intellectuel, esthétique, spirituel et moral que fut le vingtième siècle (sans parler de la merde profonde du suivant), aura malgré tout tenté de faire passer la beauté à d’hypothétiques futures générations. Combat parfaitement inutile, et que certains auront eu le courage de mener plutôt que de se vautrer avec les porcs dans les mares de la médiocrité moderne.

Victor Hugo définissait Caron comme le « passeur d’ombres ».

David Hamilton, lui, aura été l’un de ces hommes-là, de plus en plus rares, dont la vocation est d’être un passeur de lumière.

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David Hamilton und ihre tollen Mädchen

Bibliographie david-hamiltonienne

Voici une petite curiosité david-hamiltonienne, dont nous ne pensons pas avoir déjà parlé sur ce blog.

Il s’agit d’un numéro du magazine ouest-allemand VidéoMagazin, plus exactement le numéro du mois de novembre 1984.

Le même organe de presse avait publié en couverture, en décembre 1982, une photo de David Hamilton, représentant Anja Schüte.

La chose intéressante, dans ce numéro de novembre 1984, est que sur la couverture se trouvait une photographie de David Hamilton à la terrasse d’une brasserie fameuse de Paris, à Saint-Germain-des-Prés. Photo prise en 1979, donc déjà cinq ans auparavant…

On y voit David Hamilton, né en 1933 et donc âgé de 46 ans, avec Dawn Dunlap qui en avait 14 (elle en aurait 15 le 28 octobre 1979). Quelle époque scandaleuse, Madame Michu!!!

De la page 34 à la page 51 se trouvait un reportage (titre, en allemand: Erotik. Die lustbetonten Macher. Erotik-Regisseure and ihre Mädchen) qui mérite d’être lu, en tout cas en ce qui concerne David Hamilton et Dawn Dunlap.

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Roland Jaccard, pas fait pour le joug de l’Illusion

Roland Jaccard, (éternel) enfant

Je ne me lasse pas de conseiller aux lecteurs (dont le nombre augmente toujours) de ce blog les articles de Roland Jaccard.

Le dernier en date : https://leblogderolandjaccard.com/2021/06/08/lexquise-ironie-celeste/

Extrait choisi : « Si le philosophe n’est pas prêt à supporter la réprobation générale, il n’est pas prêt non plus à penser librement, à remettre en cause les idées reçues, seul au besoin. » (Roland Jaccard)

Ou encore : « Il est préférable d’éviter de devenir un spécialiste de quoi que ce soit. Pourquoi ? Proust répond : dès lors qu’on est considéré comme tel – de l’hérédité à la politique extérieure bulgare – on est amené à en parler toute sa vie, si l’on n’y met pas bon ordre. Ce que l’on gagne en prestige, on le perd en subtilité intellectuelle. J’ai failli tomber dans le piège avec la psychanalyse. Jusqu’à ce que je comprenne qu’il est préférable de ne se piquer de rien. Il en est de même dans la vie sentimentale: la fidélité, si légère à ses débuts, devient vite un poids qu’on supporte plus ou moins bien, mais dont on donnerait cher pour se débarrasser. » (Roland Jaccard)

On comprend toujours mieux pourquoi Roland Jaccard a été l’un des premiers, et des seuls, à prendre la défense de David Hamilton.

Roland Jaccard https://leblogderolandjaccard.com/2021/01/04/ce-4-1-2021/
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La tentative de gifle à Macron et David Hamilton, deux poids et deux mesures

Emmanuel Macron, apprend-on dans la presse, aurait été bousculé, aujourd’hui 8 juin, dans la Drôme. Un homme aurait giflé le chef de l’Etat, apprend-on d’abord, avant d’être plaqué au sol par le service de sécurité. Cependant, l’Elysée évoque – selon Le Monde – une « tentative » de gifle. Gifle ou tentative de gifle? Qui sait? En tout cas, deux personnes ont été arrêtées, a précisé la préfecture de la Drôme. S’agit-il donc d’une gifle, ou d’une tentative de gifle? La logique voudrait qu’une gifle ne puisse avoir qu’un seul auteur. A moins d’imaginer une baffe en collaboration, donnée par deux personnes à la fois. Il s’agirait donc d’une double demi-baffe, et chacun des deux hommes seraient alors accusés d’avoir donné (ou tenté de donner) une demi-claque chacun sur les joues présidentielles?

Le parquet de Valence a précisé que les deux hommes auraient 28 ans. Ils ont été placés en garde à vue pour violences sur personne dépositaire de l’autorité publique. Saisissant l’avant-bras du président, l’un des individus « semble lui porter ensuite un coup sur la joue » (Le Monde). Semble? Gifle ou pas gifle? Le mystère s’épaissit… Voilà donc une gifle, ou deux demi-gifles, ou une tentative de gifle, ou encore une tentative de ce qui semble une gifle… Selon Le Monde, en tout cas, cette gifle ou tentative de gifle, ou de deux demi-gifles, a été précédée par des «Montjoie! Saint-Denis ! » Quelle horreur!

Qui a pu crier « Monjoie Saint-Denis » dans la Drôme? Des simplets, sans nul doute. Curieux « royalistes »… En Bourgogne, après les Capétiens, en effet, on a dit « Montjoie Saint-André ! » ; en Anjou « Montjoie Anjou ! » tandis que le cri des ducs de Bourbon était « Montjoie Notre-Dame ! » et celui de la maison royale d’Angleterre « Montjoie Notre-Dame Saint-Georges ! » Bref Montjoie fut mis à toutes les sauces.

C’est dans le village de Tain-l’Hermitage (Drôme) que la gifle, ou sa tentative, ou encore la tentative de deux demi-gifles lèse-présidentielles (on attend d’urgence que la presse nous renseigne) semblent avoir eu lieu. La Drôme étant un département qui fait partie de la région Auvergne-Rhône-Alpes, et sa préfecture étant Valence, on aurait pu s’attendre, si ce n’est à « Montjoie Tain-l’Hermitage », du moins à « Montjoie Valence »…

M. Castex a appelé, sans attendre, « à un sursaut républicain ». « La politique, ça ne peut en aucun cas être la violence, l’agression verbale, et encore moins l’agression physique. J’en appelle à un sursaut républicain ; nous sommes tous concernés, il en va des fondements de notre démocratie ».

« Il est inadmissible de s’attaquer physiquement au président de la République, à des responsables politiques, mais plus encore au président, qui est le président », a déclaré Marine Le Pen.

Après avoir ainsi appris grâce à Madame Le Pen que « le président était le président » (qui l’eût dit?), on a ensuite eu droit aux lumières de Damien Abad: « Gifler le président, c’est gifler la République. Intolérable, inacceptable ». Quant à Xavier Bertrand, président ex-LR de la région Hauts-de-France, il « condamne avec la plus grande fermeté le geste inacceptable dont a été victime Emmanuel Macron. »

Cette unanimité est confortante. On serait si heureux, en effet, que les violences physiques – toutes les violences physiques – soient dénoncées, et les coupables punis. Nous croyons pourtant connaître quelques exemples de telles violences qui n’ont nullement été punies, et ne le seront sans doute jamais…

Deux photographies David Hamilton.


Un exemple? Flavie Flament a déclaré, du vivant de David Hamilton: «J’étais déjà dans mon esprit comme un petit déchet, je ne méritais pas qu’on s’insurge, qu’on aille voir le photographe pour me venger, ou lui mettre un coup de poing dans la gueule»… (Flavie Flament, émission «Sept à huit», 16 octobre 2016. Textuel).

Voilà une déclaration qui pourrait être à tout le moins malheureuse. Non? Même dans l’hypothèse où une femme aurait été «violée» trente ans auparavant, chose qui dans le cas de Flavie Lecanu-Flament n’a pas été établie par les tribunaux, et à laquelle pour ma part je ne crois pas, cette dame doit-elle vraiment, profitant en outre de sa réputation de «vedette» de la téloche, se hasarder à de telles déclarations publiques? Même exprimée de façon savamment calculée, la phrase de Flavie Flament n’est-elle pas un peu malheureuse? Tout le monde est-il donc autorisé à suggérer d’aller « mettre un coup de poing dans la gueule » à un citoyen de 83 ans, David Hamilton, jamais condamné par la justice pour quoi que ce soit?…

Photo David Hamilton.

Un esprit faible ne pouvait-il pas interpréter dans
le sens d’une incitation à la «vengeance privée» cette formulation de Flavie Flament, qui semblait exprimer un regret que personne ne soit effectivement allé «voir le photographe»? Il y avait ici une sorte de légitimation indirecte, maligne et subreptice du fait de mettre «un coup de poing dans la gueule» à un homme de 83 ans pour «venger» Flavie Flament. Or, la vengeance n’est pas admise, voire elle est condamnée par le Code pénal.
«Je ne méritais pas qu’on s’insurge, qu’on aille voir le photographe pour me venger,
ou lui mettre un coup de poing dans la gueule» ne semble certes pas, dans la bouche
de Flavie Flament, une condamnation de la «justice privée».

La justice privée, c’est le «droit
de se faire justice à soi-même». En d’autres termes, le Far West. La justice privée
renvoie à des époques non juridiques, anti-juridiques voire carrément pré-juridiques. La
«justice privée» est celle qui règne dans l’état de nature, dans les sociétés primitives et
dans les organisations criminelles. On dit alors qu’il n’y a plus d’État de droit. Est-ce là
l’idée que l’on se fait de la justice?

Toute gifle ou demi-gifle sont à déplorer. Et si, comme dit Castex à juste titre, il faut rejeter « la violence, l’agression verbale, et l’agression physique », comme on aurait voulu entendre autant de personnalités se scandaliser lorsque David Hamilton, 83 ans, jamais condamné à rien par la justice, accusé hors délais légaux, victime d’un lynchage médiatique qui allait durer pendant plusieurs semaines d’affilée, fut par exemple défini comme un « enculé » (circonstance aggravante, insulte homophobe), ou encore que Flavie Flament regretta que personne n’ait été lui mettre un « coup de poing dans la gueule ».

Si quelqu’un est intéressé, on peut lui faire une liste – dont on ne garantit pas l’exhaustivité – des menaces, des violences verbales et des insultes subies par David Hamilton pendant les deux derniers mois de son existence. Dans la presse écrite. A la téloche. A la radio. On attend toujours la première réaction de protestation contre ces menaces, ces violences verbales, ces insultes et les harcèlements dont il fut victime jusqu’au studio où il est mort, à Paris.

Un peu plus d’un mois plus tard, après avoir publiquement déclaré craindre pour sa vie, David Hamilton était retrouvé agonisant, dans ce studio (qui lui avait appartenu jadis), avec la porte ouverte, et un sac de plastique sur la tête

Lorsque deux spectateurs d’une tournée électorale macronienne semblent tenter de donner une baffe (ou deux demi-baffes) à la personne du président qui est le président, on constate que tout le monde est solidaire de lui, de la dame Le Pen au sieur Mélenchon. C’est très bien.

Quel dommage que David Hamilton (dont l’oeuvre a exprimé une si infinie tendresse) n’ait point eu droit, à 83 ans, à autant de soutiens…

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Coronavirus: du variant Delta au variant Oméga, quel passionnant suspense!

Voici quelque chose dont la presse française, pardon, la « grande » presse, parle fort peu. Ce sera pour demain, j’imagine, ou pour la semaine prochaine. De quoi s’agit-il? La question est la suivante: il semblerait qu’un brevet d’un vaccin anti-« coronavirus » ait été déposé en Chine dès février 2020, en d’autres termes avant que ne soit déclarée la « pandémie ». Déposé par qui? Selon plusieurs sources journalistiques, notamment américaines, par un savant chinois. Qui, pour corser le tout, serait mort depuis…


Son nom? Yusen Zhou, selon un quotidien australien, The Australian. Qui sait s’il est vrai que le 24 février 2020, ce monsieur ait breveté un vaccin contre le « Covid 19 »? Brevet qui aurait été présenté au nom de l’Institute of Military Medicine, Academy of Military Sciences. Si l’information est confirmée, ce serait vraiment renversant que M. Zhou ait déposé un tel brevet, car il faudrait alors imaginer que les scientifiques chinois travaillaient là-dessus depuis un certain temps…

A moins de croire, naturellement, que tout le monde se soit mis à inventer des « vaccins », du jour au lendemain, et partout à la fois. Chose plus curieuse encore, si des savants chinois préparaient des vaccins et les brevetaient (cinq petites semaines après la confirmation par la Chine de la transmission humaine du « coronavirus »), pourquoi n’avaient-ils pas averti le reste du monde?…

Il faudrait le demander à Monsieur Zhou. Petit, tout petit problème, il semble avoir disparu. Selon certans, il serait même mort. Ce monsieur travaillait avec ses collègues du Wuhan Institute of Virology (WIV), par exemple Madame Shi Zhengli, experte des coronavirus provenant des chauves-souris. Le New York Post rappelle que Yusen Zhou était un savant renommé, l’un des plus importants en Chine. Il avait aussi travaillé pour l’Université du Minnesota et le New York Blood Center.

Qui sait où se trouve aujourd’hui Monsieur Yusen Zhou? Il semble s’être évaporé… Disparition qui ne semble étrangement avoir ému personne, en Chine. Vivant? Mort? Bien malin qui le dira…

N’y a-t-il pas quelque chose de vaguement « étrange » s’il a vraiment déposé un vaccin dès février 2020, avant de jouer les filles de l’air? Espérons pour lui qu’il n’ait pas attrapé le « coronavirus »! Coronavirus dont l’ancien président américain Donald Trump vient de répéter qu’il est sorti d’un laboratoire chinois.

Si c’était le cas, ce serait ennuyeux. D’autant plus ennuyeux qu’actuellement, nous en sommes au « variant » Delta et que, l’alphabet grec ayant vingt-quatre lettres, quand donc arrivera-t-on au variant Oméga? Dans cinquante ans? Cinq mille? Jamais?

Véran annonce ces jours-ci, au début du mois de juin (on n’est jamais assez prévoyant) que la « pandémie » ne sera pas « vaincue » avant novembre ou décembre. Après quoi, qui sait s’il ne faudra pas prolonger l’état « d’urgence » jusqu’à l’été 2022? Ne pourrait-on pas, d’ailleurs, le prolonger une fois pour toutes jusqu’en 2030 ou 2050?

D’ici à l’été 2022, les Européens en général et les Français en particulier auront eu toute opportunité de s’adapter à la toute nouvelle et très originale conception, dans le monde d’après, de la « liberté ». D’ici là, par ailleurs, la vaccination aura été rendue obligatoire. Comme ce très-modeste et très-humble blog vous le dit d’ailleurs depuis plus d’un an.

Hier, si tu faisais vacciner tes enfants, la République – qui était vraiment déjà très bonne – te payait trois francs.

En Italie, aujourd’hui, vous pouvez vous inscrire plus facilement sur « Tinder » si vous vous êtes fait vacciner. Dans d’autres pays, on fera couler largement la bière pour les vaccinés.

Tout ça est d’un cocasse!

Décidément, faudrait ériger une statue à Monsieur Yusen Zhou…

Lire : https://nypost.com/2021/06/04/chinese-scientist-filed-covid-vaccine-patent-after-contagion-emerged-report/

Lire : https://www.ibtimes.sg/yusen-zhou-chinese-military-scientist-filed-covid-19-vaccine-patent-before-it-was-declared-57993

Lire : https://www.ibtimes.sg/yusen-zhou-chinese-military-scientist-filed-covid-19-vaccine-patent-before-it-was-declared-57993

La « grande » presse française, elle, à cette heure, n’est pas encore au courant…

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« Gabriel Matzneff, tout un art de vivre » (et l’article de François Mitterrand dans Matulu)

Dans le New York Times, on a pu lire en français il y a quelque temps ces lignes horrifiées au sujet de Gabriel Matzneff et d’une « revue culturelle éphémère« .

« Le président signa également un article enthousiaste dans une revue culturelle éphémère, Matulu, pour un numéro spécial consacré à M. Matzneff, en juillet 1986. Qualifiant l’homme de « séducteur impénitent », le président écrit qu’il « m’a toujours étonné par son goût extrême de la rigueur et par la densité de sa réflexion.  » (Source: https://www.nytimes.com/fr/2020/02/11/world/europe/france-gabriel-matzneff-pedophilie.html)

Ma foi, la « revue culturelle éphémère » fut un magazine culturel mensuel, fondé en 1971 et dirigé par Michel Mourlet jusqu’en 1974, donc pendant trois ans. Il reparut en 1986, dirigé par Grégoire Dubreuil, pendant un an.

« Revue éphèmère » tant que voudra le NYT France, mais dont on peut citer, parmi les collaborateurs de 1971 à 1974: François Billetdoux, Jean Dutourd, Roger Caillois, Jean Cau, Joseph Delteil, Michel Déon, Guy Dupré, Étiemble, André Fraigneau, Pierre Grimal, Pierre Gripari, Roger Judrin, Ernst Jünger, Jacques Laurent, Henry de Montherlant, Paul Morand, Georges Perros, Francis Ponge et naturellement… Gabriel Matzneff (auquel, à l’époque, fut consacré un numéro spécial, le 7). Bref, un nombre considérable de grands écrivains. Et la liste n’est absolument pas exhaustive.

Et pourtant, en février 2020, sous la signature d’Alexiane Guichereau, le magazine Livres-Hebdo employait lui aussi l’expression de « revue éphèmère« .

Citons Livres-Hebdo : « François Mitterand a également signé un article dans une revue culturelle éphémère, Matulu, pour un numéro spécial consacré à Gabriel Matzneff, en juillet 1986. »

Bref, quand il s’agit de parler de Matulu, que ce soit le Matulu de 1971-1974 ou le Matulu de 1986, il plaît fort à des tas de journalistes de parler de « revue éphémère ».

Qui sait quelle connaissance réelle ces journalistes ont de « Matulu »? On ne peut leur souhaiter que d’être moins « éphémères », quant à eux, que Matulu, journal dont le titre avait été inventé par Jean Cocteau et où signèrent encore Alfred Eibel, Jacques Lourcelles, Jean-Pierre Martinet, Philippe Beaussant, Gilbert Chateau, Jean-Pierre Dorian, Anne Germain, Bernard Gavoty, Roger Chapelain-Midy, Henri Héraut, Savignac, Michel Ciry, Pierre Fresnay, Abel Gance, le président Bourguiba, Edgar Faure…

En juillet 1986, nouveau numéro spécial Gabriel Matzneff. Avec, au sommaire…

Un sommaire qui comportait de grandes plumes, dont celle de François Mitterrand, alors président en exercice.

De la sorte, c’est l’avenir auquel il vaudrait mieux laisser dire, je pense, quelles auront été les revues les plus « éphémères ». Matulu, à dire la vérité, était une revue de très haute volée…

Grands Dieux, j’en sais sans doute autant voire davantage que les gracieux journalistes qui donnent de « l’éphémère » à Matulu puisque, en ce qui me concerne et contrairement à eux, j’en étais un des collaborateurs (dès le numéro 1 de juin 1986)…

Lecture complémentaire : https://www.revuedesdeuxmondes.fr/matulu-panorama-decapant-de-vie-intellectuelle-annees-pompidou/

Et aussi : https://leseditionsdeparis.com/collection/litterature/Matulu

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David Hamilton, teenagers et paradis perdus

Leonard Norman Cohen (Eliezer ben Nisan ha’Cohen) était pratiquement un contemporain de David Hamilton puisque le chanteur – et romancier – était né le 21 septembre 1934 à Westmount Montréal (au Québec) et qu’il est mort le 7 novembre 2016 à Los Angeles. Quelques jours, donc, avant David Hamilton.

Film Bilitis de David Hamilton, 1977. Ici, photo en noir et blanc.

David Hamilton a rappelé fort souvent que sa carrière photographique avait été inspirée par l’une des chansons les plus fameuses de Léonard Cohen, Suzanne. On dit que Suzanne était une danseuse de Montréal, Suzanne Verdal, dont Cohen ne fut jamais l’amant. « Elle m’a invité en bas à prendre du thé avec des zestes d’orange dedans. Les bateaux passaient devant les fenêtres et je touchais son corps parfait par l’esprit, faute de pouvoir faire autrement », a raconté Leonard Cohen.

Carte postale David Hamilton, éditions Agep. Signature de David Hamilton dans l’angle inférieur droit.

La carrière de David Hamilton commence en effet, au moins d’un point de vue chronologique, en coïncidence avec la chanson de Leonard Cohen, par exemple des photographies alors publiées par le grand magazine ouest-allemand « Twen ».

L’Express affirmait en 2006, au sujet de David Hamilton : « C’est en illustrant la célèbre chanson de Leonard Cohen, Suzanne, qu’il invente son style fait de fleurs, de dentelle, de chapeaux et de jeunes filles nues. » https://www.lexpress.fr/culture/art/david-hamilton-la-quete-de-l-innocence_478924.html

Ici, en roumain : https://www.descopera.ro/dnews/16013546-un-fotograf-britanic-care-cauta-paradisul-a-ajuns-in-infern

A lire surtout cet excellent texte, en anglais, sur David Hamilton : Remembrance of things past: The cultural context and the rise and fall in the popularity of photographer David Hamilton.

http://wrap.warwick.ac.uk/79273/1/WRAP_Remembrance%20of%20things%20past%20The%20cultural%20context.pdf

« In the late 1960s, his photography began to be published, particularly in the
German magazine Twen, which, in 1969, presented his photo shoot of a young model accompanied by the words of the song Suzanne by singer-songwriter Leonard Cohen. With a retro-style interior, the languidness of the model and the link to Cohen’s popular song the images presented an idealized romantic scene, opposing the reality of late 1960s life. » (Hinton, Perry).

*

Voici (image suivante) la photographie qui servira en 1977 d’affiche au film Bilitis, bien que l’image date en vérité de 1973 et que l’un des deux modèles (celui qui se trouve derrière l’autre) ne soit nullement Patti d’Arbanville, comme le croient et le disent pourtant des dizaines de sites sur Internet.

David Hamilton, inspiré par Nabokov, Balthus ou Cohen, s’est toujours dit, et était à la recherche d’un paradis perdu. Ce sont les seuls qui comptent…

Autre lecture vivement suggérée : The Cultural Construction of the Girl “Teen”: A Cross-cultural Analysis of Feminine Adolescence Portrayed in Popular Culture (https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/17475759.2016.1141309 ).

Des photos de David Hamilton: https://www.musemagazine.it/d-ete-et-de-poesie/

Et encore un article (en anglais) sur David Hamilton, un article qui vaut vraiment le détour: http://julystars.blogspot.com/2010/04/it-post-magazine.html

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Grand précurseur et en avance sur son temps, David Hamilton et son « Chéri » de 1969

Bibliographie david-hamiltonienne

Voici la couverture du numéro 67 de « Photo » (avril 1973). Photographie de David Hamilton, une image très proche ayant été publiée également quelque temps auparavant (soyons précis: janvier 1970) en couverture du mythique magazine ouest-allemand « Twen« . La modèle était mannequin et – selon ce que l’on apprenait dans ce numéro de Photo – s’appelait « Chéri« .

Voir : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/12/05/twenteen-twen-party-avec-david-hamilton/

Pas « Chérie », non, non, non, pas davantage « Chéri.e » (ahahahahahahahahahahahahahahaha!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!), vous avez bien lu, mais « Chéri« . La séance photographique a eu lieu à Agadir, en janvier 1969. Ma foi, la grotesque et imbécile écriture inclusive n’existait pas, mais le Chéri de 1969 avait un certain charme voire, si j’ose, un charme certain.

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David Hamilton: noblesse oblige, rustres s’abstenir.

C’était le monde d’avant. Dans la presse française, ici dans le magazine « Photo » de juin 1972, magazine auquel David Hamilton a par ailleurs beaucoup collaboré, paraissaient de charmantes publicités de ce genre.

Grands Dieux, ai-je dit « charmantes »!? Aujourd’hui, il y aurait quasiment de quoi trembler. Un couple hétérosexuel, à l’évidence deux nobles, jeunes, beaux et blonds. Elle, apparemment très fière de la candeur de sa peau et de la blondeur de sa chevelure, de longs doigts effilés pas abîmés semble-t-il par le travail et pas même par le « télétravail », un sein charmant en transparence (quelle horreur! Zuckerberg ne supporterait point une telle abomination sur Fesse de Bouc!) et vantant une eau – une eau noble, elle aussi – explicitement déconseillée aux « rustres ». (Rustre, les dictionnaires: personne grossière, brutale et sans éducation. Qui témoigne d’un manque de finesse, de savoir-vivre, d’éducation. »)

Un tel élitisme, une telle apologie de ce qui est noble (et noble, rappelons-le, a pour antonyme: ignoble), voilà quelque chose dont je me demande si on l’autoriserait aujourd’hui.

Tiens! Je trouve que c’est pourtant une très bonne définition de l’oeuvre de David Hamilton, oeuvre qui n’eut en effet rien d’ignoble.

Voici une photo de Dawn Dunlap, en juin 1979. Dawn était née le 28 octobre 1964.

Puis deux cartes postales de David Hamilton.

Dawn Dunlap, née en octobre 1964, photographiée ici en juin 1979 par Davi

Carte postale David Hamilton.

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Rendons les enfants de choeur à Marx, et les lolitas à Nabokov…

Le marxisme n’en finirait-il pas de mourir? En Allemagne, aujourd’hui, Marx a même offert ses démissions au papet de Rome. Marx, et à titre posthume encore, reconnaîtrait-il le papet? Mais non, mais non. Rassurez-vous. Si le Vatican a annoncé officiellement que, concernant les accusations de « pédophilie », il accepterait désormais les dénonciations anonymes, c’est très ouvertement que le cardinal Reinhard Marx vient de déclarer qu’il « partageait la responsabilité pour la catastrophe des abus sexuels commis par les membres de l’Eglise pendant ces dernières décennies ». Amen.

« Dieu est mort », disait Nietzsche. Marx, lui, est vivant. L’Eglise catholique est « au point mort », nous enseigne cet homme particulièrement perspicace. Et un homme modeste puisque Reinhard Marx espère que les démissions dudit Reinhard Marx puissent marquer « un signal pour de nouveaux débuts, pour un nouveau réveil de l’Eglise ».

En attendant avec beaucoup d’intérêt ce nouveau réveil dû au génie de Reinhard Marx, que dire de sérieux?

Les abus sont déplorables. La chose est particulièrement évidente dans les milieux de la religion chrétienne en général et catholique en particulier. Il aurait été étonnant, après un peu plus de deux mille ans de « péché originel » et autres culpabilisations de la sensualité, que les choses puissent aller mieux qu’elles ne vont. D’autant plus que les milieux catholiques sont presque totalement composés de personnes appartenant au genre masculin (les pasteurs peuvent se marier et avoir des enfants et, dans une partie des Églises protestantes, des femmes peuvent être pasteurs).

Enfant de choeur est une activité risquée, c’est clair. Pour une fois qu’un Marx prend leur défense, il a bien raison..

Personnellement, il m’est fort difficile d’exprimer une opinion au sujet de messieurs capables d’avoir des relations, vénales ou pas vénales, avec de jeunes garçons. Qu’ils soient curés ou laïcs, ou encore qu’ils s’appellent Matzneff ou Foucault. Je l’ai dit souvent sur ce blog. Je ne jugerai jamais les oeuvres de Matzneff ou de Foucault par rapport aux actes dont les accusent des sycophantes. Je ne suis ni juge, ni moraliste et je tiens à pouvoir continuer à lire Baudelaire malgré le jugement de l’éminent tribunal correctionnel de la Seine du 27 août 1857 ayant condamné le poète (il voulait, selon madame Michu, « infuser son venin à sa soeur ») pour délit d’outrage à la morale publique et aux bonnes mœurs. Jugement cassé, d’ailleurs, depuis lors.

Les abus sur des garçons ne font partie ni de mon histoire, ni de mes goûts, c’est quelque chose qui m’est incompréhensible. La chose vaut, évidemment, en ce qui concerne les petites filles aussi. « Abuser » signifie, en français (voyez les dictionnaires) « user mal », « tromper la bonne foi », « induire en erreur ». Tout abus sexuel – Marx (Reinhard) a bien mille fois raison – est quelque chose à quoi il est pénible de seulement songer.

Une fois établi cela, il reste surtout à se plonger dans quelques livres du passé, ceux de Nabokov naturellement, ou dans quelques films d’autrefois. Difficile de ne pas songer à l’admirable film Lolita d’Adrian Lyne. Dans le rôle d’Annabel Leigh, Emma Griffiths Malin était purement david-hamiltonienne.

A ceux qui comprennent l’italien, je suggère un beau film de 1973, La seduzione, réalisé par Fernando Di Leo, avec ce très grand acteur qu’est Maurice Ronet, et les actrices italiennes Lisa Gastoni et Jenny Tamburi. On peut en voir des extraits sur You Tube, et je conseille vivement ce détour à tous les cinéphiles. Fernando Di Leo, né le 11 janvier 1932 à San Ferdinando di Puglia, est mort le 1er décembre 2003 à Rome. L’un des plus brillants cinéastes italiens, notamment pour son film Avoir vingt ans.

Tout comme l’on ne peut que conseiller la lecture d’un livre paru, si mes souvenirs sont bons, au mois d’octobre 2010, aux éditions de l’Archipel: La jeune fille et Serge Gainsbourg, par Constance Meyer.

Constance Meyer, quand elle avait seize ans, en 1985 (plus ou moins donc à l’époque de Matzneff et de l’héroïne de La prunelle de mes yeux) avait visiblement consenti à vivre une histoire d’amour avec le chanteur Serge Gainsbourg, histoire narrée dans ce livre, « La jeune fille et Gainsbourg ».

Même époque, les années 1980, même âge et en plus, comme Springora, Constance Meyer avait des parents divorcés (chose fort courante et d’ailleurs, si on a légalisé le divorce, c’est sans doute pour que les gens divorcent).

Il y a aussi eu des histoires d’amour, beaucoup de belles histoires (et tant que la société ne sera pas complètement totalitaire, il y en aura sans doute encore dans l’avenir). C’était à l’époque que Roland Jaccard appelle, à juste titre, le temps d’avant.

Pour finir, une lecture d’un poème sublime de Nabokov, par Serge Gainsbourg.

Nabokov, Lolita, David Hamilton, Serge Gainsbourg… et tout le reste est censure.

Perdue : Dolorès Haze. Signalement :
Bouche « éclatante », cheveux « noisette » ;
Age : cinq mille trois cents jours (presque quinze ans !)
Profession : « néant » (ou bien « starlette »).

Où va-t-on te chercher, Dolorès quel tapis
Magique vers quel astre t’emporte ?
Et quelle marque a-t-elle – Antilope ? Okapi ? –
La voiture qui vibre à ta porte ?

Qui est ton nouveau dieu ! Ce chansonnier bâtard,
Pince-guitare au bar Rimatane ?
Ah, les beaux soirs d’antan quand nous restions si tard
Enlacés près du feu, ma Gitane ?

Ce maudit würlitzer, Lolita, me rend fou !
Avec qui danses-tu, ma caillette ?
Toi et lui en blue jeans et maillot plein de trous,
Et moi, seul dans mon coin, qui vous guette.

Mac Fatum, vieux babouin, est bienheureux, ma foi !
Avec sa femme enfant il voyage,
Et la farfouille au frais, dans les parcs où la loi
Protège tout animal sauvage.

Lolita ! Ses yeux gris demeuraient grands ouverts
Lorsque je baisais sa bouche close.
Dites, connaissez-vous le parfum « soleils verts » ?
Tiens, vous êtes français, je suppose ?

L’autre soir, un air froid d’opéra m’alita.
Son fêlé – bien fol est qui s’y fie !
Il neige. Le décor s’écroule, Lolita !
Lolita, qu’ai-je fait de ta vie ?

C’est fini, je me meurs, ma Lolita, ma Lo !
Oui je meurs de remords et de haine,
Mais ce gros poing velu je le lève à nouveau,
A tes pieds, de nouveau, je me traîne.

Hé, l’agent ! Les voilà – rasant cette lueur
De vitrine que l’orage écrase ;
Socquettes blanches : c’est elle ! Mon pauvre coeur !
C’est bien elle, c’est Dolorès Haze.

Sergent rendez-la moi, ma Lolita, ma Lo
Aux yeux si cruels, aux lèvres si douces.
Lolita : tout au plus quarante et un kilos,
Ma Lo : haute de soixante pouces.

Ma voiture épuisée est en piteux état,
La dernière étape est la plus dure.
Dans l’herbe d’un fossé je mourrai, Lolita,
Et tout le reste est littérature.

Nabokov.

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Que les « êtres humains » sont fatigants…

Il y a environ quarante ans que j’explique aux gens que je suis incapable de répondre à la question: « Ça va? »… Je dis quarante ans parce que, quand j’avais vingt ans, je passais des heures à discourir de cela avec un agrégé de philosophie abruti qui, depuis lors, a fait une belle p’tite carrière d’agrégé de philo abruti. Je pense que j’ai aussi tenté diverses explications, à ce sujet, dans mes livres, dès mes textes de jeunesse. L’existence humaine, malheureusement, consiste à expliquer des choses à des tas de gens et en vain et, quand je crèverai, je ne suis pas certain que plus de trois personnes auront compris la moitié du quart de ce que je disais.

Quand quelqu’un me demande « Ça va? », un, je n’ai pas forcément envie de lui répondre. D’autant plus que sa question est d’une présomption extrême puisqu’il s’arroge le droit de penser qu’il pourrait comprendre ma réponse. Ce qui n’est nullement dit.

Deux, cette question est un tic de langage. Dire « ça va oui et toi » relève de l’hypocrisie, de la facilité, du condom verbal pour cons d’hommes. Mon meilleur ami, que je connais depuis quelques dizaines d’années, et moi, nous ne nous sommes jamais demandé si ça allait. Sur notre front n’est en effet point gravée la parole formée des lettres c, o, n, n, a, r et d.

Trois, que signifie « ça va? »… Deux heures après la mort de ma mère, j’ai rencontré par hasard dans la rue une fille que je ne voyais plus depuis dix ans. Elle m’a demandé comment ça allait. J’ai dit que j’allais à merveille. Je suppose que tout le monde, deux heures après la mort de sa mère, ne déclare pas aller « à merveille ». Moi, si. Ma mère avait cessé de souffrir. J’étais un peu jaloux d’elle, mais j’allais vraiment à merveille.

Il y a quand même des morts qui m’ont préoccupé. La mort de ma grand-mère et celle de mon père, surtout. Je les détestais tous deux complètement. Ces morts ne m’ont fait ni chaud ni froid (j’ai éclaté de rire, devant témoins, en apprenant la mort de mon père) mais cela m’a quand même emmerdé, je le confesse humblement. J’ai profondément espéré que ces deux ordures aient souffert le martyre. Je l’espère encore.

D’autres personnes me demandent donc si « ça va ». Je pourrais avoir tiré la plus belle des lolitas, ou avoir gagné au loto, ou quoi que ce soit d’autre, cela ne changerait rien. Mon chien est mort il y a vingt ans et j’irai donc toujours mal. Bref, quoi donc autorise qui que ce soit, sinon sa connerie ontologiquement humaine, à me demander « ça va »?

Pour me demander cela, il faudrait d’abord savoir si mon interlocuteur et moi avons la même conception du « bien » et du « mal ». Or, je n’ai aucune conception du « bien » et du « mal », ces deux mouches conceptuelles pour gobe-mouches. Nietzsche non plus ne savait pas ce que c’était, le bien et le mal. Laissons les hochets du bien et du mal à M. et Mme Michu…

Je ne suis pas en mesure de dire si je vais « bien » ou « mal », la chose la plus probable étant que je ne vais ni bien ni mal, ou alors à la fois bien et mal. Logique du tiers inclus.

Je me suis disputé tout récemment avec quelqu’un que j’aime. Cette personne me disait « mais je suis sincère en te demandant si tu vas bien ». Je n’en doute pas une seconde. Mais moi, je suis sincère en disant que je ne comprends pas cette question. Je n’y pige que dalle. Voilà, je viens de redonner une explication. La millième dans ma vie. Je sais d’avance que cela ne servira à rien…

Je dois passer sur le billard très prochainement. Autre chose extraordinaire, le nombre de gens qui m’écrivent pour me dire que tout ira bien. Qu’en savent-ils, si cela ira « bien » (sic) ou « mal » (sic)? Ont-ils une sphère de cristal? Certains me vantent les mérites de la science. D’autres, ceux de la religion. Rien ne m’est épargné. Je ne crois ni en l’une, ni en l’autre. Quand ma mère a eu son cancer du pancréas, qui est officiellement incurable (la survie des milliardaires semble parfois un peu plus longue que celle des pauvres gens), ce fut pareil. On m’en a servi, des miracles de la science et de la religion.

Je me demande parfois si les gens me prennent pour un imbécile pareil à eux. Je me demande s’ils me prennent pour un crétin. J’ai beau avoir écrit dans des dizaines de romans que je rédigeais mon testament à l’âge de cinq ans, ils me disent, maintenant que j’en ai soixante, que tout ira bien, que la « Science » va tout régler et, si ce n’est elle, ce sera le petit Jésus.

Or, rien ne va jamais aller bien. Les rarissimes choses qui pourraient me rendre véritablement heureux relèvent d’une telle utopie que les probabilités qu’elles s’avèrent sont absolument infimes. Par exemple, que je puisse remonter dans le temps jusqu’à mes rares moments heureux; parler avec quelques morts; trouver la réponse à deux ou trois questions. Et puis, vivre quelque chose dont je parlerai sans doute dans un hypothétique futur roman, mais qui ne correspondrait d’ailleurs pas du tout, mais alors pas du tout, à la puanteur des temps d’aujourd’hui.

Le moment où tout commence à ne pas aller bien du tout est celui où un spermatozoïde issu d’une giclée puante de sperme rencontre un ovule et que vous voilà créé, juste parce qu’une bite avait convaincu son propriétaire que remplir un vagin soit vraiment primordial. Dès cette seconde, vous êtes dans la merde et vous crèverez un tout petit peu plus tard dans vos déjections, en vous rendant compte que vous n’avez rien fait de votre vie. Eventuellement, en ayant l’illusion qu’il en soit autrement. « Tout ira bien », me dit-on, et je comprends très bien que cela provient de bons sentiments. Ou encore, mes interlocuteurs pensent peut-être que cela me « rassure ». Cela ne me rassure pas du tout. Je chie, par ailleurs, sur les « bons » sentiments, avec tout le respect qu’ils m’inspirent. Pour le dire poliment, je leur écarte les fesses, aux bons sentiments, et je me les encule.

Roland Jaccard, 2020

Ce qui fait plaisir avec Roland Jaccard, dans un article qu’il m’a consacré récemment, c’est qu’en voilà un qui n’est ni un hypocrite, ni un imbécile.

Il écrivait donc, à la fin de son article : « Même à onze kilomètres de Gourville, Olivier Mathieu, ne s’accroche pas à la bouée de sauvetage que lui offre le destin. Il préfère crever en solitaire …. comme je le comprends ! » (Roland Jaccard). ( Source: https://leblogderolandjaccard.com/2021/02/28/a-onze-kilometres-de-gourville/ )

Cela a quand même plus de gueule de dire à un ami qu’il va crever, que de lui souhaiter d’aller « bien ».

Vers 1987, un autre de mes amis, cette fois un écrivain communiste, s’est suicidé. Cela aussi, je l’ai raconté dans mes romans. Quand j’ai appris sa mort, j’ai été profondément heureux pour lui. Enfin, il avait réussi quelque chose. Enfin, il allait définitivement bien.

Un livre de Roland Jaccard

Malheureusement, nous vivons dans un monde sans ordre, un monde de faux ordre. Qui est aussi un monde sans anarchie, un monde de fausse anarchie pour petits bourges conformistes et gogos. Et moi, j’aime l’ordre. Il n’est que très logique que les vrais anarchistes aiment l’ordre. Sinon, ils n’auraient plus rien à renverser. Casanova le libertin était aussi indic de la Sérénissime.

J’aime l’ordre par amour de l’anarchie, et l’anarchie par amour de l’ordre. Toutes choses d’une simplicité élémentaire. En tout cas, élémentaires pour le petit, le minuscule pourcentage de gens ayant encore, sur cette planète de crétins, un cerveau en état de fonctionnement. Cela ne fait pas beaucoup de monde, j’en conviens!

*

« J’aimerais que tout le monde vous voie comme une personne. » « Mais je ne suis pas une personne », répondit Foucault sèchement. « Très bien, alors comme un être humain ! » « C’est pire encore ! » dit encore Foucault en éclatant de rire.

(Roland Jaccard : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/27/michel-foucault-dans-la-vallee-de-la-mort/)

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Le « trèfle » des Enfants des Aprems

Je pense pouvoir annoncer désormais que mon livre Les Enfants des Aprems rejoindra d’ici deux (ou trois?) semaines ses lecteurs…

-Olivier Mathieu, vous allez publier un nouveau roman: Les enfants des aprems (ISBN 978-2-9571545-6-2)

-Ce n’est pas un roman. Je dirais que c’est un récit, assez proche de Ma petite bande de jeunes filles en fleurs, et Encore une gorgée de soleil. Deux livres dont Roland Jaccard a parlé sur son blog. Les enfants des aprems est un ouvrage bref. Seulement 54 pages!

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », 2020: la couverture (photo du photographe français Jean-François Chassaing)

-J’ai lu sur votre blog que vous avez écrit certains passages de ces Enfants des Aprems en anglais! Je suis surpris. N’êtes-vous pas un adversaire de l’anglais?

-J’aime la langue de Shakespeare, j’aime Lord Byron, j’aime F.S. Fitzgerald, j’aime Ezra Pound, j’aime Henry Miller, j’aime Orwell et j’aime Nabokov, j’aime Anais Nin et j’aime David Hamilton, et je suis un adversaire du globish. S’il s’agit d’employer des mots d’anglais dans la conversation, alors que ces mots peuvent être traduits en français, j’estime que c’est du snobisme et une soumission servile à l’impérialisme sous-culturel anglo-américain.

-Vous en parliez dans votre roman, paru en 2019, Dans le ciel. (Page 56 et suivantes).

-Oui, j’habitais dans une maison où vivaient deux connards. Un couple. Ces abrutis ne pouvaient pas tâcher d’articuler une phrase, fût-elle sommaire, sans ajouter que « c’est cool ». Ce tic langagier est partagé par des millions de simplistes et de conformistes. Dans Les Enfants des Aprems, je n’emploie pas des mots anglais au milieu de phrases en français. Il y a des passages en français, il y a des passages en anglais. J’espère que les simplets qui parsèment leurs conversations de « c’est cool » vont réussir à les piger. A moins que leur pseudo-connaissance de l’anglais ne se limite, justement, à la parole « cool ». J’aime Shakespeare. En revanche, les gens me font rire quand ils causent globish, parce qu’ils ont été convaincus que cela faisait chic. Ma maman, qui parlait dix-sept langues et a traduit des livres depuis à peu près toutes les langues du monde, y compris de l’américain, parlait anglais mieux que 98% des anglophones. Anachronique et ridicule, n’est-ce point, ma maman? Dans la région du Salento elle parlait grec ancien, à la fin des années 1940 et au début des années 1950, avec des paysans d’Italie du Sud. Elle étudiait l’étrusque. A Moscou, elle parlait russe. Elle ne ressentait pas le besoin d’ânonner trois mots d’angliche à Paris…

-Je croyais avoir compris, par la lecture de vos livres, que votre connaissance de l’anglais n’était pas bonne.

-En effet. Elle est très mauvaise. Il est plus que probable que les passages en anglais des Enfants des Aprems contiennent donc des erreurs. J’en assume toute la responsabilité. Je n’ai jamais pris une leçon d’anglais de ma vie. J’ai appris l’anglais grâce à mes fiancées anglophones. Simplement, j’ai estimé que l’alternance du français et de l’anglais, dans Les enfants des aprems, était fonctionnelle. Une grande vérité est que l’on ne dit pas les mêmes choses de la même façon, selon la langue que l’on emploie. Il y a des choses, dans Les enfants des aprems, que – réellement, pour une multitude de raisons – je désirais dire en anglais. Et comme jusqu’à présent et depuis soixante ans c’est moi qui décide de ma vie, ainsi ai-je voulu et ainsi ai-je fait.

-Pourquoi ce titre?

-J’ai appelé « temps des Aprems » la période la plus heureuse de mon enfance. « Aprem » fut ma première apocope. Il y a longtemps que je me suis défini comme l’Enfant des Aprems. Ainsi ce livre est… un trèfle!

-Un trèfle?!!

-Oui. Le trèfle est cette plante à feuilles à trois folioles, dont le nom signifie « à trois feuilles » (italien trifoglio). Il existe des « trèfles à quatre feuilles », et aussi à cinq. Dire « trèfle à quatre feuilles » est amusant, puisqu’on dit en vérité « trois feuilles à quatre feuilles ». L’italien, lui, a quadrifoglio. Les « enfants des aprems » sont trois. Voilà pourquoi je parle de trèfle. Le trèfle est aussi cette forme d’architecture fort connue, faite au moyen de trois cercles dont les centres sont placés au sommet d’un triangle équilatéral. C’est l’image de ma vie. C’est en tout cas celle des Enfants des aprems.

-Un récit sur votre enfance, et sur l’enfance. On dit aussi que c’est la suite de l’un de vos romans d’autrefois?

-Oui, c’est d’une certaine façon la suite de l’un de mes romans. Les enfants des aprems est un livre sur l’enfance, la mort, la distance – celle dans l’espace, celle dans le temps – et l’amour. Le livre arrive…

– Dans Les Enfants des Aprems, David Hamilton est-il cité?

-Une seule fois, en une demi-ligne.

-Dawn Dunlap?

-Non.

-Vous êtes content de votre livre?

-Je pense que c’est ce que j’ai écrit de mieux.

-C’est vrai?

-C’est vrai, puisque je le pense.

-Et ensuite? D’autres projets?

Les enfants des aprems pourrait avoir une suite. Pas certain. Mais ce serait un roman, cette fois. Un gros roman. J’ai déjà le titre, chose infiniment rare chez moi. Mais je ne l’écrirai certainement pas – si toutefois je l’écris! – avant la fin de 2022. C’est là une certitude absolue. Or, d’ici là, il peut se passer tant de choses. C’est loin, 2022. Il suffit de se rappeler la scène des souliers rouges, entre Swann et Oriane de Guermantes…

Propos recueillis par J.-P. Fleury, docteur en sociologie.

Un essai de couverture de mon livre « Une dernière leçon de mon école », photographie du photographe allemand Max Stolzenberg.

***

Marcel Proust, A la Recherche du Temps perdu, Le Côté de Guermantes, 1922.

  • Hé bien, en un mot la raison qui vous empêchera de venir en Italie ? questionna la duchesse en se levant pour prendre congé de nous.
  • Mais, ma chère amie, c’est que je serai mort depuis plusieurs mois. D’après les médecins que j’ai consultés, à la fin de l’année le mal que j’ai, et qui peut du reste m’emporter tout de suite, ne me laissera pas en tous les cas plus de trois ou quatre mois à vivre, et encore c’est un grand maximum, répondit Swann en souriant, tandis que le valet de pied ouvrait la porte vitrée du vestibule pour laisser passer la duchesse.
  • Qu’est-ce que vous me dites là ? s’écria la duchesse en s’arrêtant une seconde dans sa marche vers la voiture et en levant ses beaux yeux bleus et mélancoliques, mais pleins d’incertitude. Placée pour la première fois de sa vie entre deux devoirs aussi différents que monter dans sa voiture pour aller dîner en ville, et témoigner de la pitié à un homme qui va mourir, elle ne voyait rien dans le code des convenances qui indiquât la jurisprudence à suivre.
    et, ne sachant auquel donner la préférence, elle crut devoir faire semblant de ne pas croire que la seconde alternative eût à se poser, de façon à obéir à la première qui demandait en ce moment moins d’efforts, et pensa que la meilleure manière de résoudre le conflit était de le nier. « Vous voulez plaisanter ? » dit-elle à Swann.
  • Ce serait une plaisanterie d’un goût charmant, répondit ironiquement Swann. Je ne sais pas pourquoi je vous dis cela, je ne vous avais pas parlé de ma maladie jusqu’ici. Mais comme vous me l’avez demandé et que maintenant je peux mourir d’un jour à l’autre… Mais surtout je ne veux pas que vous vous retardiez, vous dînez en ville, ajouta-t-il parce qu’il savait que, pour les autres, leurs propres obligations mondaines priment la mort d’un ami, et qu’il se mettait
    à leur place, grâce à sa politesse. Mais celle de la duchesse lui permettait aussi d’apercevoir confusément que le dîner où elle allait devait moins compter pour Swann que sa propre mort. Aussi, tout en continuant son chemin vers la voiture, baissa-t-elle les épaules en disant: « Ne vous occupez pas de ce dîner. Il n’a aucune importance ! » Mais ces mots mirent de mauvaise humeur le duc qui s’écria : « Voyons, Oriane, ne restez pas à bavarder comme cela et à
    échanger vos jérémiades avec Swann, vous savez bien pourtant que Mme de Saint Euverte tient à ce qu’on se mette à table à huit heures tapant. Il faut savoir ce que vous voulez, voilà bien cinq minutes que vos chevaux attendent. Je vous demande pardon, Charles, dit-il en se tournant vers Swann, mais il est huit heures moins dix. Oriane est toujours en retard, il nous faut plus de cinq minutes pour aller chez la mère Saint-Euverte.»
    Mme de Guermantes s’avança décidément vers la voiture et redit un dernier adieu à Swann. « Vous savez, nous reparlerons de cela, je ne crois pas un mot de ce que vous dites, mais il faut en parler ensemble. On vous aura bêtement effrayé, venez déjeuner, le jour que vous voudrez (pour Mme de Guermantes tout se résolvait toujours en déjeuners), vous me direz votre jour et votre heure », et relevant sa jupe rouge elle posa son pied sur le marchepied.
    Elle allait entrer en voiture, quand, voyant ce pied, le duc s’écria d’une voix terrible : « Oriane, qu’est-ce que vous alliez faire, malheureuse. Vous avez gardé vos souliers noirs! Avec une toilette rouge! Remontez vite mettre vos souliers rouges, ou bien, dit-il au valet de pied, dites tout de suite à la femme de chambre de Mme la duchesse de descendre des souliers rouges ».

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Les ligues de vertu qui ont tout su, des ligues de vertu, au sujet des « turpitudes » de Michel Foucault…

Comme on le sait sans doute, un certain Guy Sorman a trouvé son heure de publicité, tout récemment, en affirmant que Michel Foucault avait eu des relations sexuelles vénales avec des enfants en Tunisie. Selon Sorman, l’engagement politique de Michel Foucault aurait été carrément « l’alibi de ses turpitudes ». Diantre!

Léger problème, les allégations de Sorman ( https://france-amerique.com/le-talent-n-excuse-plus-les-crimes/ ), pourtant aussi massivement relayées par la grande presse que celles de Flavie Flament contre David Hamilton, peuvent-elles être prises au sérieux? Très loin de là. La biographie de Michel Foucault en Tunisie (y était-il, d’ailleurs, en 1969?) ne confirme en rien les rumeurs rapportées par Sorman sur son blog, où ce monsieur aime aussi apporter son soutien à Denise Bombardier contre Gabriel Matzneff.

Sorman avait ensuite persévéré dans ses accusations dans un ouvrage intitulé Mon dictionnaire du bullshit, puis sur un plateau de téloche ( https://www.france.tv/france-5/c-ce-soir-le-debat/c-ce-soir-le-debat-saison-1/2340055-invite-guy-sorman.html ) ou encore dans The Sunday Times (https://www.thetimes.co.uk/article/french-philosopher-michel-foucault-abused-boys-in-tunisia-6t5sj7jvw ).

Selon Sorman, Michel Foucault aurait eu des relations avec des enfant de huit à dix ans, et cela sur des pierres tombales dans un village proche de Tunis, pendant les vacances de Pâques 1969. Le détail des pierres tombales était sans doute destiné à frapper les imaginations.

Plusieurs enquêtes journalistiques ( https://www.jeuneafrique.com/1147268/politique/tunisie-michel-foucault-netait-pas-pedophile-mais-il-etait-seduit-par-les-jeunes-ephebes/ ) mettent en cause les accusations sur les agissements que Sorman prête à Michel Foucault dans le village de Sidi Bou Saïd.

N’étant pas pour ma part homosexuel, je suis d’autant moins suspect de défendre Michel Foucault, ici, par solidarité avec lui. Qu’il ait eu des partenaires sexuels est possible et probable, mais tout indique qu’ils n’avaient certainement pas « de huit à dix ans ». Quant aux pierres tombales, elles ressemblent fort à un invention pure.

En effet, voilà que Sorman, au cours d’un entretien paru dans le journal allemand Die Zeit (numéro du 7 avril 2021: https://www.zeit.de/2021/15/michel-foucault-vorwuerfe-sexueller-kindesmissbrauch-tunesien?utm_referrer=https%3A%2F%2Ffr.wikipedia.org%2F), a admis en toute ingénuité qu’il n’avait nullement vu Michel Foucault dans ce cimetière. Comme tant de témoins de tant de choses, il avait répercuté une rumeur qu’il aurait entendue dans l’entourage de… Jean Daniel, ancien directeur et éditorialiste du Nouvel Observateur. Et remarquez que Jean Daniel Bensaïd, né le 21 juillet 1920 à Blida en Algérie, ne pourra point confirmer puisqu’il vient de mourir, le 19 février 2020 à Paris.

Sorman est, à l’évidence, un témoin à géométrie variable. D’ailleurs, le même Sorman, qui a peut-être un avenir dans l’humorisme, affirme tout à coup que Michel Foucault ne l’intéresse pas particulièrement, et qu’il ne possède pas la moindre preuve de ce qu’il affirme…

On est passé d’accusations de turpitude (latin turpitudo « laideur; laideur morale, honte, infamie ») à la découverte que probablement, tout ou presque était né dans les imaginations débordantes de gens désoeuvrés, Madame Michu confiant à Monsieur Lambda, et ce dernier à Sorman, des potins, des ragots ou des choses amplifiées et déformées.

Au demeurant, Michel Foucault, né un 15 octobre comme Nietzsche (le 15 octobre 1926, à Poitiers), est mort le 25 juin 1984. Il y a presque quarante ans.

On lira avec profit: https://www.lexpress.fr/actualite/idees-et-debats/michel-foucault-et-la-pedophilie-enquete-sur-un-emballement-mediatique_2148517.html

Tout ceci n’a point empêché un éditeur allemand de prendre des mesures liberticides contre l’oeuvre de Foucault. Ainsi que Roland Jaccard le déplore ici : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/29/foucault-en-californie-ca-se-complique/

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Matzneff et Foucault face à la Censure

Image empruntée au site de l’éditeur du livre.

« Les livres se lisent, ils ne se brûlent pas » : voilà un propos qui semble un lieu commun. Malheureusement, en 2021, ce n’en est plus un. Et c’est ce qu’a dit – selon l’AFP – l’éditeur Michele Silenzi dans un entretien où il explique les raisons pour lesquelles il a décidé de publier Vanessavirus, le mémoire en défense de l’écrivain Gabriel Matzneff face à la campagne de lynchage médiatique dont il est victime depuis plusieurs mois.

Vanessavirus est donc sorti cette semaine (en France, ce très modeste et très humble blog est le premier à l’avoir révélé à ses lecteurs) aux éditions Liberilibri. Le premier tirage serait, dit-on, de 2 000 exemplaires. En outre, Matzneff a été par Giuliano Ferrara, journaliste fort connu en Italie et qui fut aussi ministre de Silvio Berlusconi. Vanessavirus est « l’histoire d’une chasse à l’homme, l’histoire d’un assassinat », écrit la maison d’édition. « On ne peut plus réfléchir sur rien si un fait n’est pas historicisé et compris dans son contexte et dans son évolution historique« . Il était temps de s’en apercevoir, mais, comme on dit, nieux vaut tard que jamais…


Gabriel Matzneff a auto-édité Vanessavirus, en langue française, avec un tirage officiel de deux cents exemplaires. Les lecteurs de ce blog apprendront sans doute avec plaisir que la première édition italienne peut naturllement être commandée sur Internet. C’est « la première à être acceptée par une maison d’édition européenne et à être présente dans les librairies« , se félicite à juste titre Liberilibri ( https://www.liberilibri.it/ ), maison d’édition fondée en 1986 à Macerata, capitale provinciale de la région des Marches. Mon petit doigt me dit qu’il pourrait y avoir d’autres éditions, ici ou là, dans pas forcément très longtemps…

Dans le même ordre d’idées, et s’agissant cette fois d’un géant comme Michel Foucault, lisez les articles que Roland Jaccard vient de lui consacrer : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/27/michel-foucault-dans-la-vallee-de-la-mort/

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« Le temps d’un été », ah ça ira, ça ira (à la seringue)!

« La vaccination doit se faire de manière claire, transparente, en partageant à chaque étape toutes les informations, ce que nous savons comme ce que nous ne savons pas. Et je veux aussi être clair, je ne rendrai pas la vaccination obligatoire« , avait dit – textuellement – Macron il y a quelques mois.

Désormais, tandis que le ministère de la Santé a annoncé que la prise de rendez-vous sur Internet était désormais ouverte à tous les Français majeurs, le chef d’État a cependant dit: « Aucune porte n’est fermée par essence« .

Donc, on est passé en quelques semaines de « la vaccination ne sera pas obligatoire » à : « La vaccination pourrait être rendue obligatoire« .

Vous remarquerez qu’il y a déjà plusieurs mois, ce très-modeste et très-humble blog s’amusait en constatant que le même Macron, qui avait reconfiné après avoir juré de ne pas reconfiner, promettait maintenant de ne pas rendre la vaccination obligatoire. En France, c’est au moins depuis Mongénéral que l’on peut voire que l’on doit dire tout et le contraire de tout, à distance rapprochée.

Ayant annoncé le projet des reconfinements successifs avant même la fin du tout premier confinement, il y a aussi un an environ que ce très-modeste et très-humble blog l’écrit, la vaccination sera évidemment rendue obligatoire. C’est le but de ces messieurs, depuis le début de la représentation.

Ce que Le Monde confirme plus ou moins, aujourd’hui 30 mai, puisqu’on lit : « L’exécutif s’interroge sur les bons moyens pour convaincre les Français d’accepter de se faire vacciner, y compris la vaccination obligatoire.« 

Tout ceci est littéralement à pisser de rire. En effet, je confirme, je me compisse de rire.

Je pisse de rire. L’un des bons moyens de « convaincre » les Français « d’accepter » quelque chose serait donc de rendre ce quelque chose obligatoire. Mais, M’sieur, si quelque chose est obligatoire, il n’y a plus aucun choix. Il n’y a plus aucune possibilité « d’accepter ». Tu peux accepter si tu peux aussi refuser. Si c’est obligatoire, il n’y a plus aucune liberté. Le mot « obligatoire » vient du terme de bas latin juridique obligatorius qui signifie «qui a la force d’obliger». A moins qu’en démocratie, dorénavant, la liberté consiste à accepter ce qui est… obligatoire? Oh ma vessie! Oh ma vessie! Pitié pour ma vessie!

Avant la fin de 2021, disons à l’automne, oui – comme ce blog vous le dit depuis environ un an – la vaccination sera rendue obligatoire. Quelqu’un veut parier?… Sous prétexte des méchants variants (et voici le variant indien Messieurs-Dames, et puis le vietnamien, en attendant ceux d’après), sous prétexte aussi des futures pandémies que les « experts sanitaires » et marchands de vaccins et de masques annoncent non sans une certaine délectation (avant même que l’on ait la moindre certitude officielle au sujet de l’origine du « coronavirus », je dis certitude officielle puisque seul un imbécile peut penser que le « coronavirus » soit sorti d’ailleurs que du laboratoire de Wuhan, chose ici encore que ce blog vous dit depuis plus d’un an, chose que pensait Donald Trump et que même Biden – c’est tout dire! – va devoir reconnaître un jour ou l’autre).

On aura donc commencé par la propagande, par l’un des bourrages de crâne de masse les plus démentiels de l’Histoire, par la « persuasion ». Puis, quand il ne restera qu’une poignée d’irréductibles à vacciner, la vaccination – telle est mon opinion – SERA rendue obligatoire et / ou on les vaccinera, s’il le faut, de force. Au demeurant, plus de neuf sur dix « anti-vaccins » courront se faire vacciner et deviendront même des prosélytes de la vaccination.

« À la lanterne! À la lanterne, les aristocrates! Ça ira! » Et les autres tremblent, ils se cachent écrivait en 1870 le charmant Erckmann-Chatrian dans Histoire d’un paysan, 1789-1815.

Hier la République te conduisait à la lanterne, demain elle te conduira à la seringue. Tu es prêt, homme « libre »?

*

« Covid-19 : le Parlement adopte définitivement la sortie progressive de l’état d’urgence », vient de titrer Le Monde. Cela aussi, c’est à pisser de rire…

Le Parlement adopte définitivement la sortie progressive de l’état d’urgence? Bref, cette sortie sera définitivement progressive et toute cette farce liberticide n’aura jamais de fin.

Certes, comédie du spectacle oblige, les députés de gauche (Gauche démocrate et républicaine, France insoumise, PS) ont décidé de saisir le Conseil constitutionnel, jugeant que ce projet « donne des pouvoirs très importants au gouvernement sur des bases beaucoup trop vagues et imprécises ». Ce qui est le moins du moins que l’on puisse dire…


Pour qui ne l’aurait pas compris, ou n’aurait pas voulu le comprendre, on s’achemine vers une sorte de faux-semblant de « régime transitoire » qui prévoit de donner un cadre légal aux mesures de déconfinement annoncées par l’exécutif. Mesures de déconfinement qui consistent dans des aménagements infimes aux restrictions aux libertés. Restrictions qui, en vérité, demeurent ou sont, ou seront remplacées par d’autres.

Les élites ne manquent jamais d’évoquer « l’hypothèse » (sic) d’une « reprise épidémique ». Ainsi, l’état d’urgence – pour qui l’ignorerait – est censé « prendre fin » (ah ah ah ah ah ah ah) le 30 septembre (donc, encore quatre mois entiers), même si l’exécutif aurait préféré fin octobre. Fin septembre, je pense qu’il sera prolongé: en effet, les vacances seront finies, les passeports vaccinaux seront en place, les populations toujours de mieux en mieux et de plus en plus technologiquement fichées. Les gouvernements auront satisfait une bonne partie de leurs désirs inoculatoires – leur obsession de vacciner tout le monde, du berceau à la tombe. Il sera temps, alors, de s’en prendre aux éventuels irréductibles (voir plus haut).

Que signifie, père Ubu, « le Parlement adopte définitivement la sortie progressive de l’état d’urgence« ?… Cela signifie que le couvre-feu reste « possible » (sic) et est « prévu » pendant tout le mois de juin 2021. A partir de juillet, « si » (sic) l’exécutif « envisage encore » (sic) d’y recourir, il ne lui restera qu’à déclarer de nouveau l’état « d’urgence » (sic) pour une durée « limitée à trente jours » (sic) avant, « éventuellement » (sic), de repasser devant le Parlement. Lequel Parlement, se contentant de dire oui à tout, dira ce que vous devinez sans doute…

Et cela va durer jusqu’aux calendes grecques puisque, en septembre, la saison froide menacera, et que des « études scientifiques » innombrables auront probablement découvert qui sait combien de « variants », contraignant ces malheureux Macron, Castex et Véran, à reconfiner et à rendre obligatoire la vaccination.

Songez qu’à l’initiative du Sénat, les reconfinements locaux prévus ne pourront être décidés que pour un mois au maximum. Pour le mois suivant, en effet, le Parlement devra encore être « consulté ».

Quant au « passe » sanitaire, il sera « temporaire, le temps d’un été ». Le « temps d’un été » est une (charmante) expression du rapporteur du texte au Sénat, M. Philippe Bas (Les Républicains).

« Temporaire »? Je m’insurge! Quand je songe à tous les nouveaux variants que les experts vont faire jaillir de leurs chapeaux de magiciens, quand je songe à tous les laboratoires remplis dans le monde entier d’éprouvettes destinées aux guerres bactériologiques, quand je songe à la prochaine obligation de se faire vacciner chaque année par une, deux ou trois (ou qui sait combien?) doses des vaccins, ou des mélanges de ces vaccins, quand je pense à ces infinités de pandémies qui ne vont pas appauvrir les laboratoires mais permettront (par pure et simple coïncidence) d’espionner et de surveiller les masses pour de si vertueux motifs sanitaires, temporaire… Ce mot, temporaire, me heurte! « Temporaire », « temporaire », est-ce que ce « temporaire » ne traduirait point une périlleuse tendance au laxisme, pour ne pas dire à l’anarchie pure et simple? « Viens par ici, mon gaillard! Gendarmes, attrapez-moi ce lascar, immobilisez-le, et vous docteur piquez! »

Ainsi Macron, après avoir juré qu’il ne reconfinerait pas, aura reconfiné. Après avoir juré qu’il ne rendrait pas la vaccination obligatoire, il l’aura rendue obligatoire. Ce ne sera certainement pas la dernière étape. Quelle sera la suivante? La suppression de l’argent comptant? Le microchip obligatoire?

Ce qui est le plus significatif, la cerise sur le gâteau, c’est qu’ensuite je n’exclus même pas qu’il soit de nouveau élu par les Français. Les amants fervents de la servitude volontaire auront ainsi non seulement le gouvernement qu’ils méritent amplement, mais qu’ils désirent ardemment…!

Quant à moi, je continue à me compisser de rire. Pitié pour ma vessie, mes Zéminences! Oh! Pitié pour ma vessie!

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David Hamilton, à la pointe de la lesbophilie dès les années 1970

A signaler ce livre, « Lesbian Film Guide » (écrit en anglais), datant de 2000 et oeuvre d’Alison Darren. Editeur: Continuum International Publishing Group Ltd. David Hamilton y est cité, pour Bilitis, page 23 (et dans l’index, p. 228).

On en apprend tous les jours. La cour d’assises de Paris vient de condamner un homme de vingt-cinq ans à quatorze ans de prison pour viol (il a eu une remise de peine d’un an, en appel, parce qu’il avait avoué), mais le point intéressant – voire historique, comme dit la presse – est que la condamnation a été rendue en vertu de l’orientation sexuelle de la plaignante.

En mars 2020, la circonstance aggravante de l’homophobie n’avait pas été retenue. Cette fois, les jurés et les juges ont estimé qu’il s’agissait d’un viol « lesbophobe ». Le mot va-t-il entrer au dictionnaire? Ou l’est-il déjà?

Les faits remontent au 8 octobre 2017, dans un appartement de Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), où la jeune femme de 34 ans avait refusé d’avoir une relation sexuelle, cela après une rencontre et un flirt dans les rues de Paris. La plaignante a expliqué: « Le viol était nourri par ça, il voulait me nier en tant que lesbienne, me punir. Au premier procès, j’avais été niée une deuxième fois par la justice, la société, dans mon identité, c’était ça le plus dur».

Le Monde entre dans les détails: « Jeanne a toujours maintenu ses déclarations : elle a bien envisagé d’avoir une relation sexuelle avec lui mais après des tentatives douloureuses, elle lui a demandé d’arrêter. » (Le Monde).

Donc, si je comprends bien, un monsieur est aujourd’hui susceptible de rencontrer une femme lesbienne qui flirte avec lui, envisage d’avoir une relation sexuelle avec lui et l’emmène chez elle mais qui, après quelques dures (Le Monde ne précise pas combien) « tentatives douloureuses », change d’avis. Le monsieur, quant à lui apparemment cocaïnomane et ivre mort, la viole et la bat sous prétexte qu’elle est lesbienne, allant jusqu’à lui perforer un tympan. Violée parce que lesbienne, la dame déclare donc se sentir « niée en tant que lesbienne ». Certes, l’ensemble de tout cela brosse un inquiétant portrait de la société contemporaine…!

« Quatre pour cent des femmes hétérosexuelles disent avoir été victimes de viol, contre 10 % des femmes lesbiennes », avait précisé l’avocate générale lors du premier procès, qui s’était tenu en 2020 à Bobigny. A ce point, on devine que le crime de « viol homophobe » va vite devenir le nouveau débat et que l’année prochaine, on aura une nouvelle loi.

Un numéro de 1971 (couverture) du magazine ouest-allemand Konkret, consacré à la défense des lesbiennes, magazine auquel David Hamilton collaborait amplement en ces années-là (1970-1973).

C’était mieux – je trouve, pour ma part – à l’époque de Bilitis de David Hamilton (1977). Il y avait aussi moins de viols, en ce temps-là, je pense et j’espère. Moins de violence en général. Moins de « guerre des sexes ». Mais davantage d’amour et d’émotion. Davantage de poésie.

David Hamilton collaborait à maintes revues, comme Konkret et Jasmin, publications ouest-allemandes qui étaient très souvent à la pointe de la lutte en faveur des lesbiennes. Le même David Hamilton, ensuite, dans Bilitis, avait mis en scène les amours sapphiques des deux personnages féminins. Et est-ce vraiment un hasard si « The Daughters of Bilitis » fut le (fameux) premier groupe lesbien aux Etats-Unis, fondé dès 1955?

Plus d’une de ses photographies représente – on le sait – avec sa pudeur bien connue des couples de jeunes filles. Le caractère profondément lesbophile de David Hamilton – qui est d’ailleurs aussi celui de ce blog – ne peut donc échapper à personne.

Un numéro de 1972 (couverture) du magazine ouest-allemand Konkret, consacré à la défense des lesbiennes, magazine auquel David Hamilton collaborait amplement en ces années-là (1970-1973).

« Le nom Bilitis a été utilisé pour le titre d’un film érotique réalisé par David Hamilton en 1977 et dont l’une des thématiques est le lesbianisme« , observe tout pareillement et à juste titre un blog Mediapart (https://blogs.mediapart.fr/lueur/blog/310519/kinsey-alias-docteur-sexe-revolution-sexuelle-pedophilie-et-theorie-du-genre-0 ).

Voyez aussi : https://lgbt.wikia.org/wiki/Bilitis

Ou encore cette liste de films LGBT, sur Wikipédia: https://fr.wikipedia.org/wiki/Liste_de_films_LGBT_en_France

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Dawn Dunlap et Fernando Allende dans Heartbreaker (1983)

Article dédié à notre unique abonné au Mexique!

L’acteur mexicain Luis Fernando Allende Arenas (né le 10 novembre 1952), en 1983, dans le film Heartbreaker avec Dawn Dunlap.

L’acteur mexicain Luis Fernando Allende Arenas (né le 10 novembre 1952), en 1983, dans le film Heartbreaker avec Dawn Dunlap.

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Une photographie sublime et très peu connue de David Hamilton dans l’extraordinaire magazine « Jasmin für das Leben zu zweit » (26 octobre 1970)

Le magazine « Jasmin für das Leben zu zweit » a été l’une des véritables merveilles de la presse ouest-allemande du début des années 1970, à une époque si lointaine où de tels journaux, en Europe, tenaient de toute évidence à rendre hommage à la beauté des femmes.

J’en avais déjà parlé ici, allez voir, cela vaut la peine : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/01/14/nostalgie-des-temps-de-jasmin/

Couverture (juillet 1971) de « JASMIN »

Les couvertures de Jasmin, pour ne parler ici que d’elles, étaient dues à des photographes variés et innombrables, talentueux (que l’Europe avait de talent!) bien connus des amateurs de beauté.

Citons (parmi des dizaines d’autres) Jochen Harder, Albrecht Hengstenberg, Onofrio Paccione, ou naturellement le très connu et très remarquable Guido Mangold, collaborateur par exemple de Konkret (tout comme David Hamilton).

Extrait d’un numéro de « Jasmin » datant de 1969.
Extrait d’un numéro de « Jasmin » datant de 1969.

Voici maintenant quelques couvertures. C’est évidemment un choix personnel que je fais ici, parmi des dizaines et des centaines d’autres. Presque toutes mériteraient qu’on les reproduise. C’est un incroyable hymne à la beauté. Aucune vulgarité, aucune pornographie de beaufs frustrés, naturellement. Et si vous comparez avec les pauvres filles siliconées aux regards vides de 2021, vous devriez noter une certaine différence…

***

Et, pour finir, voici une photographie rare (voir plus bas). C’est, à mes yeux, la plus belle de toutes les magnifiques couvertures de Jasmin.

C’est, soyons précis, la couverture du numéro du 26 octobre 1970. Impossible de savoir, sur tout Internet (qui est une grande poubelle de l’ignorance et de l’inculture crasse), qui est l’auteur de cette photo. Je vais donc vous le dire.

Je ne suis nullement certain que beaucoup de gens, y compris parmi les amateurs – ou supposés tels… – de David Hamilton, sachent que la couverture qui suit est une oeuvre, en effet, de David Hamilton!

C’est l’une des dix ou vingt photographies de David Hamilton qui suffiraient, à elles seules, à faire de lui l’un des plus grands photographes de la Jeune Fille.

Une image comme celle-ci est à la photographie ce que Lolita de Nabokov est à la littérature. Ce n’est pas seulement une photographie. C’est bien davantage!…

LA PURE SPLENDEUR DAVID-HAMILTONIENNE


Magazine ouest-allemand « Jasmin » für das Leben zu zweit (26 octobre 1970). Une photographie, absolument SUBLIME, de David Hamilton.
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Le très peu d’intelligence et de beauté qui reste dans un monde de crétins

Il y a quelques petites consolations à la vie. Elles ne sont pas nombreuses. L’une des principales est sans doute la musique.

Eric Clapton, Stand and Deliver.

Quand vous écoutez le pianiste juif – si peu connu aujourd’hui – Benno Moiseiwitsch, par exemple la Fantaisie de l’opus 17 de Schumann (enregistrement à Londres, 20 juillet 1953), vous entendez la voix des anges sur la terre.

Aujourd’hui que le rock a perdu le peu de puissance révolutionnaire qu’il avait – si rarement – autrefois (aujourd’hui, les rockers qui jouaient jadis aux transgressifs présentent le Téléthon ou parrainent des campagnes pour le port de la capote anglaise ou pour le vaccin anti-coronavirus…), il arrive de pouvoir entendre une chanson encore chargée de l’énergie des années 1970 ou 1980.

C’est le cas de Stand and Deliver, chanson de Van Morrison et Eric Clapton. Deux des plus grandes rockstars et qui, bien que rockstars, ne sont pas de petits esclaves minables serviles du politiquement correct et de la propagande. Voici donc leur chanson anti-lockdown.

Roland Jaccard et Michel Foucault

Vous pouvez aussi lire Roland Jaccard. Je sens bien que Roland est comme moi. Il fatigue. Son article tout récent sur Michel Foucault est à lire (ici : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/27/michel-foucault-dans-la-vallee-de-la-mort/)

J’aime ce passage : « J’aimerais que tout le monde vous voie comme une personne. » « Mais je ne suis pas une personne », répondit Foucault sèchement. « Très bien, alors comme un être humain ! » « C’est pire encore ! » dit encore Foucault en éclatant de rire. (Roland Jaccard).

Roland Jaccard, 2020

Max Stolzenberg

Par ailleurs, le photographe Max Stolzenberg – ami de David Hamilton, qu’il a encore croisé quelques semaines avant sa mort – vient de publier sur son site un poème de moi.

C’est ici : https://maxstolzenberg.com/2021/05/25/summer-vibes/

J’aime particulièrement la photo « OLD WOOD » de Max Stolzenberg : https://maxstolzenberg.com/2021/05/25/summer-vibes/

Magazine ouest-allemand Konkret (1972), à l’époque où David Hamilton y collaborait.

Mon poème est celui-ci.

Les amours ont vieilli et les amis sont morts,
Trop nombreux les amours où manqua tout amour
Mais voilà que surgit au fond de ma mémoire
L’image des sommeils au temps de mon enfance,
Le reste ne fut rien, dans les bras de ma mère.
Et défilent mes morts au revers des nuages
Et se posent sur moi les yeux irrésistibles
Et de larmes noyés en un pacte échangé.
C’est les yeux de mon chien, c’est les yeux de mes maîtres,
La nuit était profonde et lourd le conformisme
Et j’ai feint de trahir pour ne jamais trahir.
J’entends encor sonner le concert du triangle
Et c’est l’odeur des foins, l’acier brille au soleil,
C’est les yeux des enfants morts à l’âge de l’ange.
Que m’absolvent mes morts, que le ciel pleure en pluie,
Que les instants d’antan au bel arc-en-ciel brillent.
L’enfance se fait proche, j’en reviens au principe.
Il sera toujours bref, le temps des jupes courtes.
Je voudrais pas crever avant l’été prochain.

Le site de Max Stolzenberg.
L’extraordinaire joie de vivre des années 1970, époque où il restait un peu de beauté et de liberté. Ici, couverture d’un magazine ouest-allemand (1976). Les canons de la beauté ont beaucoup changé, depuis…
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David Hamilton, simply a matter of good taste.

Le document que voici est intéressant à plus d’un titre. Il s’agit en effet d’une publicité, que l’on peut dater plus ou moins du début des années 1980, pour le Bitter Campari. Une marque qui, notamment à l’époque, se caractérisait par des publicités dont certaines étaient – dessins ou photos – de vraies petites oeuvres d’art. La photo ici est l’oeuvre de David Hamilton et a été publiée dans un certain nombre de magazines. Ici, selon toute vraisemblance, dans un magazine américain. D’autres photographes, parfois éminents, offraient leurs oeuvres pour de telles publicités Campari, entreprise liée au monde de l’art depuis sa naissance dans les années 1860 ( https://it.wikipedia.org/wiki/Campari ).

Photographie de David Hamilton pour une publicité Bitter Campari.
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Les « plaisirs secrets » et David Hamilton

Bibliographie david-hamiltonienne.

Juste au milieu des années 1980 est paru SECRET PLEASURES (1984) de Susan Marchant-Haycox, laquelle a consacré aussi au moins un autre ouvrage à la lingerie féminine. Le livre semble avoir été publié dans plusieurs pays. L’un de mes correspondants me dit que David Hamilton y a collaboré. On y trouve aussi des photos de Claus Wickrath, Jeff Dunas, Didier Gaillard, Joe Gaffney, Simon Bocanegra, etc.

David Hamilton, photo dans « Secret pleasures » (1984)

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Gros plan sur David Hamilton

Bibliographie david-hamiltonienne

Couverture du numéro 5 de « Première », paru en France en 1977 et consacrant plusieurs pages et articles (à partir de la page 67) à DAVID HAMILTON.

En 1977, le numéro de « Première » (numéro 5, page 67) consacrait plusieurs pages à « Bilitis » de David Hamilton. « Gros plan »: une sélection des plus belles photos de Bilitis.

Jean-Pierre Lavoignat, un nom bien connu des cinéphiles (https://www.franceinter.fr/personnes/jean-pierre-lavoignat ) écrivait un article où il confondait les Chansons de Bilitis avec de mystérieux « champs » (???) de Bilitis, et où le nom de l’acteur Gilles Kohler était mal orthographié, mais qui vaut encore la peine d’être lu.

On en dit toujours trop peu sur Pierre Louÿs, l’auteur des « Chansons de Bilitis », dont certains ont affirmé qu’il était le fils de Georges Louis (1847-1917), son propre demi-frère. Pierre Louys avait en tout cas épousé, en 1899, la plus jeune fille du charmant poète José-Maria de Heredia, Louise, après avoir été l’amant de sa seconde fille, Marie.

Né à Gand le 10 décembre 1870, mort à Paris le 4 juin 1925, on célébrera donc dans quelques jours l’anniversaire de la mort d’un homme féru de culture et d’érotisme, mort dans la misère et à qui ses moeurs éphébophiles (coucher avec les deux filles d’Hérédia, quand même !) avaient valu mauvaise réputation. Louise de Hérédia était née en 1878, il l’avait épousée quand elle avait 19 ans. Et dès 1917, il avait concubiné avec Aline Steenackers (née en 1895, donc sa cadette de 25 ans), qui en avait 21.

Article de l’éminent cinéphile Jean-Pierre Lavoignat, en 1977, dans un numéro de « Première » (numéro 5, page 67) qui consacrait plusieurs pages à « Bilitis » de David Hamilton. « Gros plan »: une sélection des plus belles photos de Bilitis.
Photo de David Hamilton parue dans le numéro de « Première » (numéro 5, page 67) qui consacrait plusieurs pages à « Bilitis ». « Gros plan »: une sélection des plus belles photos de Bilitis.
Photo de David Hamilton parue dans le numéro de « Première » (numéro 5, page 67) qui consacrait plusieurs pages à « Bilitis ». « Gros plan »: une sélection des plus belles photos de Bilitis.
Photo de David Hamilton parue dans le numéro de « Première » (numéro 5, page 67) qui consacrait plusieurs pages à « Bilitis ». « Gros plan »: une sélection des plus belles photos de Bilitis.
Photo de David Hamilton parue dans le numéro de « Première » (numéro 5, page 67) qui consacrait plusieurs pages à « Bilitis ». « Gros plan »: une sélection des plus belles photos de Bilitis.
Pendant le tournage de « Bilitis » (1977)
Tournage de Bilitis (1977)
Bilitis de David Hamilton (1977)
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« Vanessavirus » de Gabriel Matzneff est dans les librairies

Il y a trop de journaux en France pour que les Français sachent grand-chose, sauf ce que les maîtres de la propagande veulent qu’ils croient savoir, sur le « coronavirus » et sur le reste.

La presse en France n’a donc pas dit, soit qu’elle l’ignore, soit qu’elle ne veuille pas le faire savoir, que Vanessavirus de Gabriel Matzneff va être publié après-demain, le 26 mai, en Italie, dans une traduction de Giuliano Ferrara.

Je le savais depuis quelques semaines. Je le dis aujourd’hui. Ce très-modeste et très-humble blog est donc le premier à l’annoncer en France. Merci pour lui.

https://www.ibs.it/vanessavirus-libro-gabriel-matzneff/e/9788898094967

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David Hamilton, poète de l’image

David Hamilton pour Nina Ricci

Voici une illustration de David Hamilton, parmi des dizaines d’autres, pour son amie Nina Ricci.

Et voici, ici, le texte imprimé sur une carte Nina Ricci (illustrée par David Hamilton) de 1974.

David Hamilton, poète de l’image. Photographie extraite du tournage du film « Bilitis », sorti en France sur les écrans en 1977.
David Hamilton, poète de l’image. Photographie extraite du tournage du film « Laura les ombres de l’été », sorti en France sur les écrans en 1979. Sur cette image, l’actrice américaine Dawn Dunlap.
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Les grands contre-jour de David Hamilton

« Face à la mer et au soleil, un contre-jour d’argent m’aveugle »…

Paul Morand, New York,1930.

Nous avons souvent parlé des cas, assez nombreux, où David Hamilton a publié plusieurs photos appartenant à une même séance photographique. L’un des plus emblématiques est celui-ci. Il existe de très nombreuses images de cette séance sur une plage (voir d’autres articles de ce blog, et l’on en connaît donc parfaitement le lieu et la date). Aujourd’hui, en voici trois. Parce qu’elles sont hamiltoniennes et belles, parce qu’elles sont proustiennes et parce qu’elles évoquent la « petite bande des jeunes filles » de Proust. « Elle avait commencé de parler comme elle eût fait avec une de ces femmes, avec, peut-être, une de mes jeunes filles en fleurs »… (Marcel Proust, La prisonnière).

Photographie David Hamilton. Ici, carte postale, éditions Agep. Signature de David Hamilton dans l’angle inférieur droit. A noter que cette photo de 1973 sera utilisée (voir plus bas), en 1979, lors de la sortie du film « Laura les ombres de l’été ».
Photographie David Hamilton. Même séance photographique. Ici, carte postale, éditions Agep. Signature de David Hamilton dans l’angle inférieur droit.
Photographie David Hamilton. Ici, couverture d’un disque de Raymond Lefèvre. De très nombreux 33 tours de Raymond Lefèvre ont été illustrés par David Hamilton. Label: Barclay.
A noter que cette photo de 1973 (la première de cet article) sera utilisée, en 1979, lors de la sortie du film « Laura les ombres de l’été », comme le démontre le document que voici, avec les noms des trois principaux producteurs du film. Malcolm James Thomson, avec qui j’ai été longtemps en contact, est aujourd’hui décédé.
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Une très belle trilogie d’articles de Roland Jaccard

Il est des écrivains qui s’approchent de l’heure du bilan, à supposer qu’ils n’aient pas senti la nécessité d’écrire leur testament (ce fut mon cas) dès leur plus tendre enfance.

Roland Jaccard

Roland Jaccard vient de publier trois beaux articles. L’un, « au cas où la littérature survivrait ailleurs que dans les catacombes« , au sujet de l’un de ses amis mort tout récemment – Raphaël Sorin – « un signe de ralliement pour les esprits libres« . M’est avis, personnellement, que la littérature ne survivra pas même dans les catacombes, mais passons.

https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/16/raphael-sorin-linoubliable/

L’autre article évoque un autre de ses amis, Frédéric Schiffter, « assez lucide pour savoir que nous sommes tous amenés à devoir renoncer tôt ou tard aux rares plaisirs que l’existence nous accorde pour mieux nous duper« . Roland Jaccard ajoute cette phrase, à laquelle je suis très sensible: « Quand l’univers sera éteint, disait Kierkegaard, la musique continuera à faire « le bruit de l’être ». » C’est ce que l’on ne peut guère manquer de songer et de ressentir en écoutant des pianistes comme Horowitz, Rubinstein, Haskil ou Richter.

C’est ici : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/19/schiffter-le-pessimiste-chic/

Le troisième article de cette trilogie évoque Jean-Pierre Georges: « Comme chacun de nous, plutôt que de boire en un instant la ciguë, il passe sa vie à la siroter. Il est vrai, comme il se plaît à le répéter, qu’il n’est pas aisé de quitter une vie dans laquelle on n’est jamais parvenu à entrer ».

Et c’est ici : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/21/jean-pierre-georges-poete-de-la-lassitude/

De la sorte, l’auteur de L’exil intérieur nous dit ou nous rappelle que, malgré l’optimisme contemporain (optimisme, ce mot qui forme une rime si riche avec le mot imbécillité), la vie n’a d’autre utilité – pour ceux, du moins, qui sont capables d’en saisir l’occasion – que de nous pousser à penser la mort. Parlant de trois amis, un ancien vivant et deux futurs morts, Roland Jaccard parle de lui et il parle de nous. Et voilà pourquoi Roland est un écrivain, un vrai, pas un faiseur. Roland se traite parfois de « nihiliste de salon ». Il a complètement raison, mais c’est parce que le salon jaccardien a la vastitude et la puissance de la littérature – la bonne.

J’ajoute que tout ceci me touche beaucoup, non seulement parce que Roland est un ami, non seulement parce que nous parlons parfois de tout ceci ; mais aussi parce que, tandis que j’attends la parution (il faudra encore, je le crains, plusieurs semaines) de mon prochain livre (un récit bref) Les enfants des aprems, j’ai même trouvé le thème et le titre d’un roman, cette fois, que je ne pense écrire – si jamais je l’écris – qu’en 2022, pour des raisons que je sais. Or, il est absolument rarissime que je trouve un titre de roman avant de l’avoir écrit. Je crois même que cela n’est jamais arrivé… Qui sait – à l’heure où moi aussi, je vais dresser le bilan – de quoi ce sera le signe?

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Le 28 septembre 2021, pas de procès pour Gabriel Matzneff…

Les lecteurs de ce très-humble et très-modeste blog, s’ils ont un peu de mémoire, se souviendront sans doute du très grand nombre de fois où, tandis que la « grande » presse évoquait le procès à venir contre Matzneff, notre blog se contentait de dire que ce procès n’aurait probablement pas lieu. C’était il y a plusieurs mois. On rappellera, accessoirement, que ce blog est aussi le premier endroit où l’affaire Springora a été évoquée, tout en étant aussi le seul qui ait lu et recensé l’ouvrage Vanessavirus. Tout simplement parce que, dans le monde d’aujourd’hui, la vraie grande presse, c’est ce blog – ou encore, par exemple, le blog de Roland Jaccard.

Et notre très-humble et très-modeste blog avait raison, comme d’habitude. En effet, ainsi que pouvait le deviner toute personne munie d’un cerveau plus ou moins en état de fonctionnement, Gabriel Matzneff ne sera nullement jugé pour « apologie de la pédocriminalité ». Le tribunal correctionnel de Paris a invalidé aujourd’hui la citation d’une association, annulant de ce fait la tenue de ce procès dont plus d’un espérait depuis si longtemps qu’il ait lieu le 28 septembre 2021.

Las! Le 28 septembre 2021, pas de procès Matzneff. A moins, naturellement, que tout ceci ne fasse partie de ce que l’immense Guy Debord appelait à si juste titre la comédie du spectacle. Car l’association a paraît-il indiqué son intention de faire appel de la décision du tribunal.

Cette association avait cité Matzneff à comparaître, dès le mois de janvier 2020, pour trois articles parus entre fin décembre 2019 et début janvier 2020 dans L’Obs, Le Parisien et L’Express. L’’écrivain se serait rendu coupable d’apologie d’actes pédocriminels « et précisément du crime de viol aggravé », cela parce qu’il se serait permis d’évoquer une relation qu’il avait entrenue avec une certaine Vanessa Springora il y a quarante ans. Celle-ci venait quant à elle de publier un pamphlet, littérairement des plus médiocres, intitulé «Le Consentement», contre son ancien amant désormais âgé de 83 ans. Tiens, 83 ans, l’âge de David Hamilton lors de sa mort.

Dans cette procédure pour « apologie », l’avocat de Gabriel Matzneff, Me Emmanuel Pierrat, avait brillamment énuméré toute une série de motifs pour lesquels il demandait la nullité de l’action entreprise. Lors d’une audience au mois d’avril, l’avocat adverse ne s’était point présenté. Cet avocat, Me Méhana Mouhou, a tenu à faire savoir qu’il avait ce jour-là un impératif médical lié au Covid-19. En effet, ce jour-là, il se faisait vacciner. Première dose, seconde dose, et quel vaccin? On ignore tout de ce détail aussi piquant qu’une seringue.

Mais Méhana Mouhou a estimé, selon la presse, que la décision du tribunal serait scandaleuse et « violerait » – c’est le terme qu’il a employé – les droits de la défense. Maintenant qu’il est vacciné, il ne reste en tout cas à ses clients qu’à souhaiter que cette fameuse étoile du Barreau de Rouen collecte des preuves contre Gabriel Matzneff, puisque le principe de la citation à comparaître consiste en une telle collecte de preuves présumées.


Le tribunal aurait surtout estimé que la citation en question était nulle car l’association n’avait pas cru bon de mentionner d’adresse à Paris. Voilà donc une procédure de citation qui risque de finir le bec dans l’eau. Enfin, l’essentiel est peut-être que tous les deux ou trois mois, la presse en remette une couche au sujet de Gabriel Matzneff. Tout comme, tous les trois mois, on assiste pendant deux ou trois jours à une nouvelle salve d’articles publicisant les habituelles allégations de l’ex-Miss OK 1988 contre David Hamilton.

Me Emmanuel Pierrat s’est limité à un constat de simple bon sens: « Je suis heureux que l’état de droit l’emporte sur le tribunal des tweets et de la morale ».

La grande presse, elle, cause de tout ceci en rappelant à ses lecteurs (mais reste-t-il vraiment beaucoup de lecteurs à la « grande » presse?) que Gabriel Matzneff a répondu au pamphlet springorien au moyen de son Vanessavirus. A la suite de quoi, cette presse – témoignant ainsi de son habituelle et abyssale hypocrisie – feint de s’étonner que Vanessavirus ne soit pas disponible en librairie.

C’est très drôle. La « grande » presse crache, pendant des semaines et des mois, sur un écrivain octogénaire. Ce dernier perd ses éditeurs. Il devient un paria. A la suite de quoi la « grande » presse fait ses choux gras de qui, comme Gabriel Matzneff, doit passer par un système de souscription ou de financement participatif pour s’éditer.

Resterait d’ailleurs à comprendre pourquoi, pour la grande presse, le premier minable qui s’auto-édite est souvent un génie. Tandis que Matzneff, s’il s’auto-édite, est ici aussi à vouer aux gémonies et à l’ironie facile de plumitifs incapables d’écrire dix lignes sans y faire douze fautes d’orthographe et de syntaxe. Curieux monde, vraiment, que celui-ci…

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David Hamilton et le naturisme

Photographie rare de David Hamilton, vers la fin des années 1970 ou le début des années 1980

Voici une photo très rare de David Hamilton. Elle a été prise lors de l’une des séances photographiques dont le grand artiste se souvenait avec le plus d’émotion. C’est une photo qui a déjà été publiée (l’autre illustration – voir plus bas – montre en effet un extrait du texte d’un entretien avec David Hamilton au sujet du naturisme, c’est le texte qui se trouve exactement derrière la photo en question). Mais à notre connaissance elle était, jusqu’à aujourd’hui, introuvable sur Internet.

Extrait d’un entretien avec David Hamilton, se trouvant derrière la photo en question.
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Il sera toujours bref, le temps des jupes courtes (poème)

Photographie très célèbre de David Hamilton, connue comme « Nu à la cascade » ou « La cascade », datant du tout début des années 1970. La photo (ou des photos de la même séance photographique) a été publiée dans des albums, dans des revues, aussi bien en couleurs qu’en noir et blanc, comme ici.

Les amours ont vieilli et les amis sont morts,
Trop nombreux les amours où manqua tout amour
Mais voilà que surgit au fond de ma mémoire
L’image des sommeils au temps de mon enfance,
Le reste ne fut rien, dans les bras de ma mère.
Et défilent mes morts au revers des nuages
Et se posent sur moi les yeux irrésistibles
Et de larmes noyés en un pacte échangé.
C’est les yeux de mon chien, c’est les yeux de mes maîtres,
La nuit était profonde et lourd le conformisme
Et j’ai feint de trahir pour ne jamais trahir.
J’entends encor sonner le concert du triangle
Et c’est l’odeur des foins, l’acier brille au soleil,
C’est les yeux des enfants morts à l’âge de l’ange.
Que m’absolvent mes morts, que le ciel pleure en pluie,
Que les instants d’antan au bel arc-en-ciel brillent.
L’enfance se fait proche, j’en reviens au principe.
Il sera toujours bref, le temps des jupes courtes.
Je voudrais pas crever avant l’été prochain.

O.M., 20 mai 2021

Photographie bien connue de David Hamilton, ici en noir et blanc, datant des années 1970. La modèle prend une pose que l’on retrouvera souvent dans l’oeuvre de David Hamilton.
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Quelques-uns des trop nombreux « mystères » du dernier été de David Hamilton…

Voici un tout bref article, quelques lignes, sur l’été 2016, qui fut le dernier été de David Hamilton (mort le 25 novembre 2016).

Ce n’est pas au hasard que j’emploie cette expression de « dernier été« . L’été fut sa saison préférée. Son oeuvre a manifesté une certaine « obsession » de ce concept de dernier été. C’est encore un point qui nous rapproche, lui et moi.  Le film « Premiers désirs » a ainsi pour sous-titre: le dernier été d’une jeune fille. Laura a pour sous-titre Les ombres de l’été. Et il y a d’autres exemples de ce genre à donner. Mais ce n’est pas l’argument principal.

Je sais beaucoup de choses sur le dernier été de David Hamilton. J’enquête sur d’autres. Plusieurs témoins directs ont eu des heures de conversation, à ce sujet, avec moi. Trois ou quatre témoins, peu importe leur nombre exact.

Que dire, pour l’instant? Fin juin 2016, plus exactement dans les tout derniers jours de juin, David Hamilton prépare son été. Il a des projets. Il attend des visites. Plusieurs de ses amis lui écrivent, en lui annonçant leur arrivée, et en fixant des rendez-vous avec lui.

Le 10 juillet 2016, David Hamilton était toujours dans le Sud de la France, et racontait volontiers à ses amis ce qui faisait alors son actualité, une exposition aux Moulins de Ramatuelle.

Rien de secret ici : https://www.purepeople.com/media/exclusif-david-hamilton-21e-soiree-b_m2766219

Voyez aussi : https://www.luxe-infinity.com/vacances-voyages/hotellerie-luxe-palaces/saint-tropez-21eme-soiree-blanche/

Ce modeste blog va vous en dire davantage: des invitations sur papier avaient été lancées et envoyées par la poste. Dans certains cas, malheureusement, certains ne savaient pas que David Hamilton leur avait envoyé une invitation pour la « nuit blanche » parce que cette invitation était arrivée en l’absence des destinataires.

« Nuit blanche » qui avait eu lieu le 8 juillet 2016. Les jours suivants, David Hamilton avait fixé divers rendez-vous avec plusieurs personnes de ses amis. Pourtant, selon nos informations, il y avait aussi autour de David Hamilton des gens qui, en quelque sorte, tournaient autour de lui (ou autour de ses amis) comme des vautours. A commencer par des filles qui rêvaient de se faire photographier par lui. Ceci n’est qu’un exemple anecdotique.

Mais ce n’est certes pas tout. A la veille du 14 juillet, encore, David Hamilton rencontre des gens, des amis, par exemple au café L’Ormeau, ou encore au (fameux) Club 55. C’était avant le confinement et, à cette saison, l’endroit était évidemment bondé.

Des amis de David Hamilton, des membres de leurs familles, quelques modèles aussi. Laissons de côté des détails et des anecdotes qui, ici, ne serviraient pas à grand-chose afin d’illustrer notre propos.

Ce qui est intéressant est de noter la présence, en cet été 2016, de tant de personnages qui seront aussi acteurs ou spectateurs des derniers mois de David Hamilton. Nous sommes en juillet 2016 et David Hamilton ignore qu’il n’a plus que quatre mois à vivre.

Mi-juillet, l’exposition était toujours ouverte aux visites. Une exposition où je ne suis pas allé personnellement mais qui, pour ce que j’en sais, semblait assez improvisée. Beaucoup de photos, par ailleurs, étaient des photos numériques, retravaillées avec Photoshop. C’était aussi le cas – par exemple – d’une photo utilisée sur une carte de visite de David Hamilton.

Pour résumer, des images assez mal présentées, dans des cadres à bon marché. L’impression technique des images n’était pas de très bonne qualité, non plus. Beaucoup de ces photos, disent des gens très bien informés, avaient été « empruntées à un ami ». Une exposition mise en place dans une grande hâte.

Selon des photos prises par des personnes présentes, voire parues dans la presse, la pièce était trop petite pour contenir autant de photos. David Hamilton parfois était assis à l’écart, comme un peu absent. L’exposition allait rencontrer peu de succès. Ce qui n’empêchait pas le grand photographe de signer parfois quelques (rares) photos.

A qui David Hamilton, si peu de mois avant le début de l’Affaire Flament, faisait-il encore confiance? Difficile de le dire. A qui ne faisait-il plus confiance? Cela serait plus facile à dire…

Beaucoup de choses semblaient avoir changé, ou changer rapidement, cet été-là. En tout cas, David Hamilton glisse à quelqu’un que: des choses étranges se passent. Une semaine plus tard, parfois très diffèrent en tête à tête de ce qu’il était en groupe, David Hamilton était de bonne humeur, son regard clair. Pourtant, il se passait quelque chose.

Et soudain, après des appels téléphoniques, David Hamilton n’est plus le même. Il semblait être en colère, ou effrayé, ou les deux choses à la fois. Il avait l’air dépassé par quelque chose… Quelque chose en rapport avec tout ce qui va se passer dès l’automne suivant?

Ce qui venait de se passer était que David Hamilton avait subi un vol de photos, voire de dessins et d’argent.

A quelques centaines de mètres de la plage où tant de photos de David Hamilton avaient été prises tout au long de sa carrière, ce 23 juillet 2016 dans l’après-midi, disons à partir de trois heures, David Hamilton était de nouveau attablé au Club 55. Tout le monde semblait furieux et la version donnée par la plupart était que « des photographies de David Hamilton avaient été volées« . Officiellement, par des « gitans« . Sans la moindre preuve, apparemment. Sans l’ombre d’un gitan dans cette affaire…

Ce qui suit n’a jamais été dit (à notre connaissance) dans la presse: certaines des photographies de David Hamilton avaient été trouvées dans les buissons du voisinage. Des « gitans » auraient donc volé des photos de David Hamilton pour aller les disperser dans des buissons? Peu probable…

C’est ainsi que cette exposition fut fermée. Elle devait durer jusqu’à la mi-septembre (voyez, plus haut, les articles de presse cités par mes soins). Or, l’exposition ne devait plus jamais rouvrir ses portes...

Quelques semaines plus tard, suite aux allégations de Flavie Flament, une autre exposition (en Belgique) de David Hamilton serait à son tour fermée par les organisateurs. Y aurait-il un rapport quelconque entre ces deux fermetures? Ou s’agit-il d’une simple coïncidence? Qui sait?

Ce que je puis affirmer d’après plusieurs témoignages dignes de foi, David Hamilton était profondément affecté. Couru au « Moulin », David Hamilton avait demandé au propriétaire des lieux d’ouvrir la salle où se trouvaient quelques photos restantes. C’était un triste spectacle. Certains cadres avaient été endommagés. Pourquoi des « gitans » – des boucs émissaires – s’en seraient-ils pris à des photos de David Hamilton?… Mais alors, qui d’autre? Pour quelle raison?…

Certaines des photos de l’exposition appartenaient, dit-on, à un ami de David Hamilton. Voilà un « ami » bien discret. Cet ami a-t-il déposé plainte pour cette dégradation de ses biens? Il semble que non… La police, d’ailleurs, a-t-elle été avertie de ce vol et de ces dégradations? Et si non, pour quel motif la police n’a-t-elle pas été avertie?… Voilà un vol dont, apparemment, la presse – elle non plus – n’a rien dit…

Des photos dans des expositions de ce genre sont généralement frappées au moyen d’un timbre sec. Elles ne peuvent pas être vendues sans pièce d’identité. Les photos de l’exposition portaient presque toutes, voire toutes, un cachet sec avec les mots: « Moulins de Ramatuelle » et « Hommage à David Hamilton ». Fort bien…

Pourquoi des « gitans » auraient-ils volé des photos invendables, avant de les disperser dans les buissons?… Et puis, si certaines des photos avaient été empruntées à un « ami », elles n’auraient pas porté – elles – un tel timbre. Il y a donc plus d’un mystère. Et pourquoi les photos portaient-elles les inscriptions « Moulins de Ramatuelle » et « Hommage à David Hamilton »? Et non pas le timbre habituel de David Hamilton?

Tiens, voilà encore des questions qui eussent mérité, lors de la mort si étrange de David Hamilton, que la police se pose. Enfin, à condition de juger cette mort digne d’une enquête… Surtout que « l’ami » ayant prêté des photos ne devait pas être très difficile à contacter…

Continuons dans l’étrange. Ce 23 juillet, David Hamilton était au téléphone. Il criait. J’affirme qu’il restait environ quelques photos dans la pièce. Jetées les unes sur les autres dans une petite pièce. La plupart d’entre elles étaient appuyées sur un mur, certaines simplement par terre. En attendant quoi? Que l’on détruise tout cela?

Le lendemain encore, le 24 juillet 2016, David Hamilton (cette fois, au Café l’Ormeau) en parlait avec quelqu’un (un monsieur, certainement, d’une grande discrétion).

Pourquoi d’ailleurs David Hamilton n’aurait-il pas parlé d’un vol, ou d’une destruction d’exposition, dont il avait été victime?…

La question est celle-ci: tout ceci était-il un signe avant-coureur de la tempête qui allait s’abattre sur David Hamilton? Un signe avant-coureur, lié à tant d’autres dont le faisceau allait converger dans le drame de David Hamilton, puisque dans cet épisode on retrouve tant d’autres personnages apparaissant dans tous les autres épisodes de ce si curieux été 2016 où plus d’un faisait évidemment tout, par ailleurs, pour éloigner le photographe de Paris…

*

Pendant ce temps, enfin, des éditeurs parisiens étaient sur le point de publier le bouquin de Flament et tout l’engrenage médiatique que l’on sait allait se mettre en branle…

Cette fois, la fin de l’été allait ne faire qu’un avec le dernier été de David Hamilton…

Voilà un vol dont la presse n’a pas parlé, qui n’a pas apparemment pas eu de suites judiciaires, et voilà une fermeture d’exposition (juillet 2016, après une semaine) qui fut suivie par l’Affaire Flament, avec la fermeture d’une autre exposition à Namur, et enfin par la mort (par « suicide ») de David Hamilton…

Or tout cela n’a point donné envie à d’éventuels fins limiers, et aux brillants journalistes de la France d’aujourd’hui, de se livrer à la moindre enquête…

Ce vol de juillet 2016, si je n’en parlais pas, personne n’en aurait encore parlé cinq ans après…

Bizarre, bizarre, comme disait Louis Jouvet…

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Souvenirs des époques lolitesques

Libération 5 juillet 1977
Photographie de David Hamilton, prise au début des années 1970 à Ramatuelle.
Une très ancienne couverture (août 1958, numéro 10) de la remarquable revue ouest-allemande d’ultra-gauche « Konkret« , dont Ulrike Meinhof sera longtemps l’éditorialiste, et à laquelle collaborera amplement, dans les années 1970 à 1973, aussi bien pour réaliser des couvertures que des pages intérieures, David Hamilton.

« Lolita, light of my life, fire of my loins. My sin, my soul. Lo-lee-ta: the tip of the tongue taking a trip of three steps down the palate to tap, at three, on the teeth. Lo. Lee. Ta. She was Lo, plain Lo, in the morning, standing four feet ten in one sock. She was Lola in slacks. She was Dolly at school. She was Dolores on the dotted line. But in my arms she was always Lolita. »

(Vladimir Nabokov)

Lolita et ses amants / Roland Jaccard / « Le Monde »

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L’aurore de Dawn Dunlap et le temps des jupes courtes

Nous sommes au début des années 1980. D’ores et déjà, l’époque s’éloigne, qui fut celle (1979) du film de David Hamilton, Laura les ombres de l’été. Dawn Dunlap, qui abandonnera définitivement le cinéma quelques années plus tard, se prête à une séance de photographie (le photographe n’est pas David Hamilton). Certaines images de cette époque paraissent encore dans la presse, dans des magazines notamment espagnols et italiens.

A ma connaissance et sauf erreur de ma part, cette photo date de 1981 ou plus probablement encore de l’été 1982. Son auteur est, je pense, le photographe Michaël Montfort.

Le charme de Laura les ombres de l’été s’est un peu enfui. Reste pourtant un sourire adorable. De ceux qui me font dire, comme je l’ai écrit jadis dans mon livre Les filles du Jazz Club: « Il sera toujours bref, le temps des jupes courtes« .

Rappelons qu’en couverture de mon livre Le portrait de Dawn Dunlap, j’ai aussi publié une photographie de l’actrice, prise à Paris en 1979, qui n’avait strictement jamais été publiée où que ce fût.

Voyez enfin cette recension de Roland Jaccard, il y a plusieurs années déjà, dans Causeur d’Elisabeth Lévy: « J’aimais bien David Hamilton de quelques années mon aîné, que je croisais parfois boulevard Montparnasse. Ses photos avaient bercé mon adolescence. Et personne n’y voyait rien d’obscène. Les plus grands artistes avaient travaillé avec lui et même Alain Robbe-Grillet avait signé un livre : Rêves de jeunes filles avec Hamilton dont la notoriété s’étendait au monde entier. Il y régnait un érotisme doux, presque chaste, qui n’offusquait personne. Ses films, en revanche, passaient inaperçus : le photographe avait éclipsé le cinéaste dont on retiendra néanmoins Laura ou les ombres de l’été avec Dawn Dunlap actrice à laquelle Olivier Mathieu a rendu un bel hommage dans Le Portrait de Dawn Dunlap. » (ROLAND JACCARD) https://www.causeur.fr/david-hamilton-flavie-flament-philosophie-149372

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David Hamilton et le baiser à la jolie petite fille en robe bleue

Cette carte postale de David Hamilton, publiée jadis par les éditions Agep, n’est certainement pas l’une des plus courantes. C’est même peut-être l’une des plus rares. A ma connaissance, elle n’avait en tout cas jamais été publiée sur ce blog.

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David Hamilton, maître inégalé de l’érotisme

Photographie David Hamilton. La photo a été publiée dans le numéro 48 du MAGAZINE PHOTO – septembre 1971. Titre de l’article en question: Galerie « rêves de jeunes filles » par David Hamilton.
Détail d’une photographie de David Hamilton. La photo entière a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970.
Détail d’une photographie de David Hamilton. La photo entière, très célèbre, a été publiée dans d’innombrables revues, ou encore sous forme d’affiches, ou encore dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970.
Photographie David Hamilton. Elle a été publiée notamment dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970.
Détail d’une photographie de David Hamilton. La photo a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970. Modèle: Eva. La photo a été aussi publiée, entre autres, à l’époque, dans le grand magazine ouest-allemand « TWEN ».
Photographie de David Hamilton. Elle a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970.
Photographie (détail) de David Hamilton. La photo, prise à Ramatuelle, a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970. Modèle: Hente.
Détail d’une photographie de David Hamilton. La photo a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970. Modèles: Inger et Eva.
Photographie de David Hamilton. La photo a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970.
Détail d’une photographie sublime, en noir et blanc, de David Hamilton. La photo a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970.
Détail d’une très belle photographie, en noir et blanc, de David Hamilton. La photo entière a été publiée dans le numéro 35 du MAGAZINE PHOTO – 1970. Titre « La toilette ». Photo prise à Ramatuelle.
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Quand Lo Duca et Bessy rendaient hommage au génie immense du cinéaste David Hamilton…

Voici un numéro rare (le numéro 9, pour être précis) de la série Filmarchives, qui paraissait en France entre la fin des années 1970 et le début des années 1980, datant ici du mois de janvier 1980. La publication était diffusée en kiosques par les NMPP.

Bibliographie. Couverture de la grande revue « L’érotisme au cinéma », ici le numéro 9 de janvier 1980, par deux des plus grands historiens de l’érotisme et du cinéma, Lo Duca et Maurice Bessy. Photographie de couverture David Hamilton (Dawn Dunlap, Laura les ombres de l’été)

Il s’agissait de cahiers bimestriels, qui comptaient en général 88 pages dont 8 en couleurs, et en moyenne 150 à 200 photos par cahier. Je ne peux qu’engager les lecteurs de ce blog à consulter et acquérir tous les numéros de cette absolument remarquable publication!

Ce numéro-ci, consacré à David Hamilton et Dawn Dunlap, comptait environ quatre-vingts pages. Comme on le voit, la couverture présentait une photo très fameuse – et très belle – extraite du film « Laura les Ombres de l’Eté« , de David Hamilton, sorti en France à la fin du mois de novembre 1979.

Le seul livre consacré à Dawn Dunlap est, je m’en honore… le mien : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45239061h

Mais nous sommes en 2021 et, en démocratie, personne n’est par bonheur obligé d’avoir du goût.

Les auteurs étaient Joseph-Marie LO DUCA et Maurice BESSY, deux immenses cinéphiles, qui avaient publié (entre autres) L’érotisme au cinéma, chez Jean-Jacques Pauvert. Ce sont là deux intellectuels qui ont marqué l’histoire du cinéma. Giuseppe Maria Lo Duca était né le 18 novembre 1910 à Milan et est mort le 6 août 2004 à Samois-sur-Seine, en France. Maurice Bessy était exactement contemporain de Joseph-Marie Lo Duca. Ecrivain et romancier, ce dernier était né le 4 décembre 1910 à Nice et est mort le 15 novembre 1993 à Paris. En collaboration ou séparément, deux hommes qui ont consacré leurs vies à l’érotisme et au cinéma. Encore deux, tiens, qui, eux, devaient regarder « des livres de femmes nues »…

L’érotisme au cinéma, numéro 10 (1981). Lo Duca et Maurice Bessy.
Numéro 12 de 1981

De la sorte, que deux des plus grands historiens du cinéma aient ainsi rendu hommage à « Laura les ombres de l’été » de David Hamilton est pour nous une simple confirmation de l’importance de ce film et, naturellement, de David Hamilton en tant que cinéaste.

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Quelle Lolita pleurera David Hamilton?

Voici un texte, que je viens de retrouver, paru dans Libération en juillet 1977. C’est un joli texte, aussi.

Libération 5 juillet 1977

Comme on aurait aimé qu’une modèle de David Hamilton écrive à celui-ci, le 26 novembre 2016, au lendemain de son lynchage médiatique et de son présumé « suicide », un texte de cette sorte!

1977, l’année où est mort Nabokov, l’année de « Bilitis » aussi. C’était le temps où les Lolitas pleuraient encore leurs auteurs et quelque chose me laisse à penser, par bonheur, que ce sera certes l’apanage de la minorité de la minoroté mais qu’il en ira toujours ainsi.

Il n’y a eu en France qu’un seul écrivain pour avoir le courage de défendre David Hamilton, que ce soit dans Causeur d’Elisabeth Lévy, dans Le service littéraire de François Ceresa, sur son blog, ou enfin sur sa chaîne YouTube avec sa caméra-stylo: ce fut Roland Jaccard.

Chapeau, Roland.

Roland Jaccard, 2020
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Pour les « adolescents européens normalement évolués de notre milieu et de notre temps » qu’osait évoquer Vladimir Nabokov

Nabokov est mort le 2 juillet 1977 à Lausanne. Sans attendre le 2 juillet prochain, ces quelques mots et ces quelques images.

Playboy, avril 1969. Au sommaire, Nabokov.

Même si nous savons désormais, selon le témoignage d’une dame Glazic, que le jeune Castex « ne regardait pas de livres de femmes nues« , comment cacher que nous sommes quant à nous de pauvres pécheurs?

Il est même aisé de subodorer que pas mal de gens, à commencer par Vladimir Nabokov, ont dû regarder dans leur jeunesse ces odieux « livres de femmes nues » que par bonheur pour la France, dans sa jeunesse et toujours selon Madame Glazic citée par Le Monde, Castex ne regardait pas, lui.

Prenons le roman Lolita, dans l’admirable traduction que nous a laissée Éric Kahane, né le 29 avril 1926 à Paris, et mort dans cette même ville le 5 octobre 1999.

2001, Gallimard.

Ouvrons-le au hasard, ou presque. «Elle ne cessait de ramasser des poignées de sable fin qu’elle laissait couler entre ses doigts. Nos esprits vibraient au même diapason que ceux de tous les pré-adolescents européens normalement évolués de notre milieu et de notre temps » Vladimir Nabokov, Lolita (Collection Folio, 1984), traduction de E.K. Kahane.

Ou encore: « La courbe de son dos pré-adolescent, la douceur glissante comme l’ivoire de sa peau sous la robe mince que j’avais bouchonnée en la serrant dans mes bras. » Vladimir Nabokov, Lolita, (Collection Folio, 1984), traduction de E.K. Kahane.

Une édition arménienne de Lolita

Une telle beauté d’écriture, une telle profondeur ne sont pas données à tout le monde. Mais qui sait, parmi les « élites », qui a lu Lolita? Qui sait, aussi, qui l’a compris?…

Lolita / édition Penguin Books Ltd

David Hamilton, dans plus d’un entretien avec la presse, avait coutume de dire qu’il avait apporté à la photographie ce que Balthus avait donné à la peinture et Nabokov à la littérature. C’est parfaitement exact. En voilà trois qui avaient dû regarder des « livres de femmes nues ».

Les temps ont changé…

Lolita / Penguin Books Ltd 2

Playboy, mars 1966, au sommaire Vladimir Nabokov
Playboy, mars 1965, au sommaire V. Nabokov
Nabokov (mai 1969)
Nabokov et Balthus. Titre original en italien : « Lolita sulla tela. Poetiche dell’invenzione in Balthus e Nabokov »
Playboy, janvier 1966, au sommaire V. Nabokov
Playboy, février 1975, au sommaire V. Nabokov
Playboy, février 1966, au sommaire Vladimir Nabokov

Sauf improbable accélération de l’Histoire, personne ne me chargera jamais d’aller occuper Matignon. Tant mieux, d’ailleurs, parce que je serais dans l’obligation de décliner une si aimable proposition.

Grands Dieux, à tout prendre, je me résigne donc à lire Lolita et d’anciens numéros de Playboy. Sans parler de ces abominables « livres de femmes nues » qui répugnent aux âmes vraiment morales.

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Tu me recopieras cent fois le douzième commandement: « Je ne regarderai pas de livres de femmes nues ».

Playboy, février 1975, avec au sommaire Vladimir Nabokov

Depuis que je suis au monde, j’ai vu en France et ailleurs beaucoup de « nouveaux » premiers ministres (nouveaux quand ils viennent d’être nommés), qui finissent un jour ou l’autre par s’ajouter aux longues théories d’anciens premiers ministres. L’actuel, qui s’appelle Jean Castex, était invité vendredi dans son village natal, afin d’y dévoiler la plaque de l’école, rebaptisée au prénom de son grand-père. « Ce n’était pas écrit qu’un enfant de Vic puisse un jour occuper l’hôtel Matignon », a déclaré Jean Castex. Je veux, mon n’veu.

Selon Le Monde de ce jour, une ancienne voisine de la famille Castex lui a lancé: « Tu es beau ! Je ne vais pas au lit tant que je t’ai pas vu à la télé »…

La dame en question, dont Le Monde indique le nom et l’âge (« Marie Glazic, une ancienne voisine de 74 ans »), « se souvient d’un jeune Gascon « bien comme il faut ». « Toi, tu regardais pas des livres de femmes nues… »

Un travail du fameux critique d’art (et député) italien Vittorio Sgarbi, publié par les grandes éditions italiennes Giunti, au sujet du peintre Balthus.

Ce merveilleux récit journalistique laisse songeur, par plus d’un point. La dame a en effet 74 ans. Son ancien voisin, Jean Castex, né à Vic et dont il n’était écrit nulle part qu’il « occupe » l’hôtel Matignon, en a 55. A la naissance de M. Castex, en 1965, Madame Glazic avait donc 22 ans. Et comme pourront sans doute le confirmer des hommes de science (j’ai même un ami, Roland Jaccard, qui a été psychanalyste pendant six mois), il doit être rare que des bébés regardent des « livres de femmes nues ».

A quel âge regarde-t-on, si on en regarde, d’abominables « livres de femmes nues »? Disons, quinze ans? Jean Castex a eu quinze ans en 1980. Madame Glazic avait alors 37. Cependant, en 1979, selon Wikipédia, Castex était en internat.

Comme l’on suppose que Madame Glazic était restée à Vic, et qu’elle ne surveillait pas Monsieur Castex jusque dans son internat de 1979 à 1982 (au lycée privé de Garaison à Monléon-Magnoac, dans les Hautes-Pyrénées), puis lors de ses études à Toulouse, on admire d’autant plus une société dont les grands journaux (comme Le Monde) donnent la parole à de grands témoins de l’Histoire, comme cette dame qui, à 74 ans, est catégorique: Jean Castex était un « Gascon comme il faut » puisque « lui, il ne regardait pas de livres de femmes nues« .

Voici un bel emploi (Castex l’instituteur devait le savoir) d’un pronom personnel tonique, parfois dit renforcé, en tête de phrase.

Vladimir Nabokov

Que de questions, dès lors, ne se posent-elles point à mon esprit curieux? « Lui » ne regardait pas de livres de femmes nues? Et les autres, alors? Des noms! Des noms! On tremble d’apprendre qui donc, à Vic (et partout ailleurs), regardait des livres de femmes nues! Des livres de femmes nues! Où va-t-on?

Et s’il existe des Gascons « comme il faut », qui seraient les « Gascons comme il ne faut pas »? Comment catégoriser les Gascons comme il faut et ceux comme il ne faut pas? Comment catégoriser ceux qui regardent des livres de femmes habillées, de femmes nues, d’hommes habillés, d’hommes nus?

Qu’est-ce qui est mal ici, au fait, selon Madame Blazic? Regarder des livres? Regarder des livres de femmes? Regarder des livres de femmes nues?

Est-ce que regarder des livres de femmes nues aurait même pu interdire à Castex, me demandé-je avec la plus vive anxiété, de jamais occuper Matignon?

Nabokov,

Enfin, voilà, je suis fort ébaubi de vivre dans un pays où le journalisme atteint aux cimes qui sont familières au journal Le Monde, où il est donné d’entendre des témoignages d’une pareille importance historique, d’une pareille force, d’une pareille persuasion. L’occupant de Matignon, selon ce témoignage crucial, « ne regardait pas de livres de femmes nues« .

Ce qui correspond à l’air du temps, en 2021, où regarder une femme dans la rue est parfois, ou pourrait vite devenir un délit (vous avez entendu parler du « viol avec les yeux »?), et regarder des femmes nues (quelle horreur! regarder des femmes nues!) un crime abominable (essayez de publier sur Facebook ou You Tube un bout de sein, fût-ce celui d’un tableau qu’admirent les touristes dans les musées)…

« Il me plaît de regarder un sein nu, ou une épaule, et d’admirer la belle ligne d’une taille souple qui ploie en valsant« , écrivait Frédéric-Charles-Pierre-Edouard Bargone, dit Claude Farrère, né à Lyon et dont il n’était probablement écrit nulle part qu’il dût devenir académicien.

On est bien content pour Farrère. Et pour tous ceux qui, ayant probablement regardé beaucoup de livres de femmes nues – chose qui, en ces époques lointaines, n’était pas encore scandaleux, suspect ou prohibé, comme aujourd’hui – n’en sont pas moins devenus de grands écrivains, de grands photographes, de grands artistes, morts en plus sans aucun regret apparent de ne point avoir occupé Matignon.

« Pour les dévots des XVIe et XVIIe siècles, la représentation d’une figure nue aurait paru un sacrilège. Du temps de Murillo, il était si difficile de trouver dans les académies un modèle, qu’il était d’usage que tour à tour les élèves missent habit bas et posassent pour leurs camarades« , écrivait quant à lui Mérimée en 1833…

Quant à David Hamilton, il notait qu’il était devenu plus ou moins impossible de faire ou de publier des photos de jeunes filles nues. Ce que savent, à un titre ou à un autre, tous les photographes.

Playboy, édition allemande, mai 1984, avec un article sur David HAMILTON / les rêves de LOLITA

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Tout petit essai d’une bibliothèque érotique, sensuelle, sentimentale: livres utiles à plus d’un lecteur.

Détail d’une couverture (1968) du grand magazine italien Il borghese, qui a paru de 1950 à 1993. Une couverture sublime.

L’un des lecteurs de ce blog, de nationalité allemande, et aussi une lectrice française, me suggèrent de publier ce tout petit essai d’une bibliothèque érotique, sensuelle, sentimentale. C’est juste un article de blog! Pour faire plaisir à ces correspondants, je vais citer aujourd’hui quelques auteurs, ou livres, parmi tant et tant d’autres possibles. Il n’y a ici, on s’en doute aisément, aucune prétention à l’exhaustivité. Et la liste que voici ne suit aucun ordre chronologique, comme on va voir. Juste une liste d’écrivains d’un peu toutes les époques – certains immenses, d’autres mineurs, beaucoup oubliés – et de leurs livres. Livres à lire ou à relire, ce qui pourra donner quelques idées à mes lecteurs notamment pour les prochains confinements, qui ne sauraient tarder.

*

Amours hétérosexuelles, adelphiques, incestueuses, idéales, platoniques, etc.

NABOKOV

Vladimir Nabokov, Lolita, roman, écrit en anglais mais publié en septembre 1955 à Paris.
Les amours de Humbert Humbert avec Dolorès Haze, dite « Lolita », 12 ans et demi au début du livre. Toujours de Nabokov, à conseiller la nouvelle Conte de ma mère l’oie, et Rire dans la nuit, la nouvelle L’Enchanteur, le roman Machenka, sans oublier Ada ou l’Ardeur, La Transparence des choses et Regarde, regarde les arlequins!

Marcel Proust: de Jean Santeuil à La Recherche, en passant – sur la ville de Venise – par Les hautes et fines enclaves du passé. Insurpassable. Ami de Charles Maurras et du polémiste Léon Daudet, membre d’Action française, profondément anti-républicain, Marcel Proust a écrit dans La Recherche des phrases qui l’eussent conduit, aujourd’hui, en correctionnelle. Avant tout un maître psychologue du désir et de la jalousie, un philosophe du Temps et de la Mort.

The Fortunes and Misfortunes of the Famous Moll Flanders, roman de l’écrivain britannique Daniel Defoe (1722).

Le Paysan perverti et La Paysanne pervertie de Rétif de La Bretonne, mais aussi un grand nombre de ses livres, voire toute son oeuvre. N’oublions pas La Dernière aventure d’un homme de quarante-cinq ans, oeuvre sous-titrée « Nouvelle utile à plus d’un lecteur » (1784). En effet.

De très nombreuses oeuvres d’Henrik Ibsen, notamment sa pièce de théâtre en quatre actes publiée en 1886, Rosmersholm.

Mirra (titre original italien), en France Myrrha, tragédie en cinq actes, de Vittorio Alfieri.

La nouvelle de Guy de Maupassant écrite sous son pseudonyme de Maufrigneuse, ayant pour titre M. Jocaste et publiée pour la première fois dans la revue Gil Blas du 23 janvier 1883.

Paul et Virginie, roman de Jacques-Henri Bernardin de Saint-Pierre, publié en 1788 et 1789.

L’Icosameron ou L’Histoire d’Édouard et d’Élisabeth, de Casanova.

Stendhal: De l’amour, naturellement, et tous les romans beyliens, dont on signalera – pour ceux qui, hypothétiquement, ne l’auraient pas encore compris – la place fondamentale qu’y occupe l’inceste adelphique. Relire aussi les lettres que Stendhal écrivait à sa sœur Pauline, ce même Stendhal qui flirtait avec sa cousine Adèle Rebuffel (Armance et Adèle Davernay, c’est elle).

Mansfield Park, roman de Jane Austen paru en 1814. Ici encore, c’est d’amour entre cousins qu’il s’agit.

A lire ou relire, de Gerhart Hauptmann, Vor Sonnen­auf­gang (en français, Avant l’aube), oeuvre de 1889.

Comment ne pas citer Arthur Schnitzler, auteur qu’aime tant Roland Jaccard? Et notamment Der Ruf des Lebens (drame en trois actes; en français, L’appel de la vie)?

Encore quelques livres parfois trop oubliés

Tempo di Roma d’Alexis Curvers. Une belle histoire d’amour, à Rome. Tempo di Roma (prix Sainte-Beuve en 1957) est dédié à ma grand-mère. J’ai rencontré Alexis Curvers au début des années 1960, nous avons été amis jusqu’à sa mort. Je lui ai consacré, à la fin des années 1980, un article de dix pages dans une revue parisienne, où j’ai raconté notre longue amitié. Et de nouveau, au début des années 2000, dans une revue universitaire (on peut me demander ces textes).

Paul Nizan, La conspiration, l’un des plus beaux romans (1938) que je connaisse. Il est amusant de constater le nombre de grands écrivains qui, comme Nizan, ont été exclus par le parti communiste de cette époque, ou l’ont quitté (tous les romans de Drieu La Rochelle mériteraient, eux aussi, d’être cités ici). Dans La conspiration, cette phrase de Nizan: « Il fut enfin capable de jugement, il se dit qu’il avait manqué l’amour, cette complicité de rire, d’érotisme, de secrets partagés, de passé et d’espoir, cette union pareille à un inceste permis, ce lien fort comme un lien venu de l’enfance et du sang ». Un « inceste permis »? Voilà des formulations qui conduiraient facilement quelqu’un, aujourd’hui, en correctionnelle, et plus vite que ça mon gaillard!

Roland Jaccard et Gabriel Matzneff: savoir écrire n’empêche pas de savoir manier une raquette

De Robbe-Grillet, les livres et les films. Profitons-en pour signaler de nouveau cet article fort intéressant de Michael Nerlich: „Hermaphrodit und Kindfrau. Arabesken zu Irina Ionesco / David Hamilton und Alain Robbe-Grillet“, dans la revue Lendemains numéro 20, de 1980, pp. 45-55.

David Hamilton / Alain Robbe-Grillet

De Gabriel Matzneff, plusieurs romans et essais à relire, je songe en cet instant à L’archimandrite, ou encore à Nous n’irons plus au Luxembourg, ou la Diététique de Lord Byron. Ce fameux Lord Byron qui avait en Augusta Leigh une demi-sœur et une maîtresse. Chose abominable qui, aujourd’hui, lui interdirait de toute évidence – lui aussi – de trouver un éditeur.

Jacques de Ricaumont, cité par Matzneff dans Boulevard Saint-Germain, avait écrit plusieurs gentils romans. Ils contenaient parfois de jolies choses. C’était un personnage proustien. J’ai longtemps fréquenté son salon mondain, nous étions amis et, à la fin des années 1980, j’avais publié au sujet des livres de Ricaumont plusieurs recensions, dans quatre ou cinq journaux français.

De mon ami Roland Jaccard, je pense que le tout meilleur livre – en tout cas à mes yeux – est celui qu’il a consacré à Louise Brooks.

Pour terminer, je rappelle le roman Cent pages d’amour, lettre à un petit garçon, que ma grand-mère Marie de Vivier (1899-1980) m’a consacré en 1971. Roman contestable par certains points, et que je n’ai jamais manqué de contester, mais qui intéressera forcément, un jour, mes biographes.

Contes érotiques de DAVID HAMILTON édition Hermé, Paris, 2006, traduction de Michèle Hechter

Et un dernier livre, pour clore cette liste trop brève, à redécouvrir

Contes érotiques de David Hamilton. Non seulement on trouve un cahier photographique 1970-1990 dans ce coffret en deux volumes, mais aussi des textes qui apportent souvent un éclairage intéressant, et sur la biographie de David Hamilton, et sur un certain imaginaire sensuel des années 1970. Excellente traduction de Michèle Hechter. Éditeur: Hermé. Parution: Décembre 2006. ISBN-13: 978-2866654511. Voir: https://www.livresphotos.com/grands-photographes/david-hamilton/les-contes-erotiques-cahier-photographique-1970-1990,412.html

Voilà donc des suggestions qui devraient encore intéresser une poignée de lecteurs, même si nous sommes en 2021.

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David Hamilton: comme l’Europe aurait pu être belle…

Quiconque aimerait l’oeuvre de David Hamilton, mais sans la replacer dans tout un contexte, se tromperait.

PHOTO DAVID HAMILTON. Photographie, relativement rare, de David Hamilton. Années 1980? La reproduction que nous proposons ici n’est pas de bonne qualité technique.

Que l’oeuvre de David Hamilton se soit construite également hors de ce contexte, et très souvent en opposition à ce contexte, nul doute puique David Hamilton, né à Londres, ne ménageait pas ses critiques à son pays natal et que, par ailleurs, dans une époque marquée à gauche, il n’était pas de « gauche » (seul un imbécile se hasardera à conclure, pour autant, qu’il fût de « droite »).

Ce en quoi David Hamilton fut de son temps est dans son amour de l’éternel féminin. Les canons de l’esthétique hamiltonienne sont, en général, proches de ceux des années 1970 en Europe: des jeunes filles, de très jeunes femmes, la plupart du temps européennes (mais aussi japonaises); grâce; et beauté.

A moins d’être un parfait beauf ou un consommateur de porno, impossible de ne pas lier la recherche de la beauté à une réflexion sur le Temps, donc sur la mort, et sur l’Histoire. Inutile ici de faire de trop longs discours: il suffit de comparer ce qu’était encore l’Europe dans les années 1970 avec ce qu’elle est devenue aujourd’hui…

Voici quelques photographies d’alors, certaines représentant des couvertures de la revue Evergreen (à laquelle collabora David Hamilton, en y publiant de fantastiques photographies prises, par ses soins, lors du tournage d’un film de l’immense Pasolini; j’en ai parlé sur ce blog).

Voici l’article (que je conseille vivement à qui ne l’aurait pas encore lu) sur David Hamilton et Pasolini : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/01/05/vie-et-mort-de-david-hamilton-genie-du-vingtieme-siecle/

Une couverture de la revue Evergreen (ici, février 1969). Revue à laquelle collabora David Hamilton.
Une couverture de la revue Evergreen (ici, npvembre 1969). Revue à laquelle collabora David Hamilton.
Une couverture de la revue Evergreen (ici, octobre 1968). Revue à laquelle collabora David Hamilton. Nostalgie de Paris en 1968.
Une couverture de la revue Queen (ici, avril 1969).
Photographie extraite par nos soins d’un numéro (pages intérieures) de la revue allemande « Underground », à la toute fin des années 1960. Pour la précision, il s’agit de la revue UNDERGROUND (Schülermagazin) 8 du mois d’août 1969.
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Quelques toutes petites nouvelles

Quelques toutes petites nouvelles.

  1. Ce blog devrait publier, tout prochainement, une photographie de David Hamilton (appartenant à une séance photographique, sur une plage, avec trois ou quatre modèles, d’où sont issues des dizaines de photos, notamment de cartes postales publiées par les éditions Agep) qui, à notre connaissance, n’a pratiquement jamais été publiée où que ce soit. Toujours à notre connaissance, ce fut l’une des séances photographiques – parmi des milliers d’autres – dont David Hamilton fut le plus satisfait.
  2. Un numéro ISBN a été attribué à mon prochain livre, « Les enfants des aprems ». Les choses avancent, peu à peu (c’est un long travail que d’écrire, imprimer et publier un livre), mais elles avancent. Je serais aussi ravi que mes amis lui fassent un peu de publicité… Voir: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/04/23/les-enfants-des-aprems/
  3. J’ai souvent dit et répété qu’aucun abonnement n’est accordé, sur ce blog, à des gens qui n’ont pas la courtoisie de se présenter. Naturellement, nous vivons dans une époque où réussir à percer (au figuré…) la boîte crânienne des individus est plus qu’ardu. Ils continuent donc à s’abonner, sans se présenter. Nous, avec notre patience bien connue, nous continuons à les désabonner. Depuis fin novembre 2016 et le premier article de ce blog, nous avons désabonné en moyenne vingt personnes par mois. Notre but n’étant donc apparemment pas de multiplier les abonnés, comme l’autre multipliait les pains, mais de compter des abonnés de qualité. (Qualité! Quel anachronisme que d’employer de tels termes, en 2021!) Qui est et reste abonné à ce blog l’est parce que c’est un ami, ou parce que nous avons de l’estime pour lui, ou parce qu’il nous adresse des commentaires dont nous apprécions le style et l’esprit (merci à « Alfred », donc, pour ses récents commentaires). Les gens que nous ne connaissons pas, en revanche, qui ne se présentent pas mais qui s’abonnent quand même, sont aussitôt désabonnés. « L’épouvantable inutilité d’expliquer quoi que ce soit à qui que ce soit », disait Baudelaire…
  4. Autre précision, nous n’aimons pas les « like », les pouces levés. Nous laisssons ce genre de (non) communication aux Zuckerberg et aux primaires. Merci de nous les épargner…

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Enfants des Aprems et de Venise (11 mai 2021)

Alors que j’espère la parution de mon livre « Les enfants des aprems » au mois de juin 2021, voici ou revoici – en ce 11 mai 2021 – quelques photographies de l’album de David Hamilton sur Venise.

*

A signaler qu’est paru hier, sur le blog en anglais du photographe allemand Max Stolzenberg, ami personnel de David Hamilton, un article consacré à plusieurs sujets, et notamment à mon prochain livre « Les enfants des aprems« , mais aussi au « Monde d’avant » de Roland Jaccard.

C’est ici : https://maxstolzenberg.com/2021/05/10/souvenirs-dun-printemps/

Sur « Les enfants des aprems », Max écrit : Those “Children of the afternoons” are Olivier when he was young, little Gabriel who died in December 2019, and a young girl who is probably the real hero of this book…

*****

« Gabriel avait longuement feuilleté l’album de David Hamilton sur Venise.
Dans sa sincérité parfaite, il possédait cette aptitude fine et délicate qui s’appelle
le bon goût. Découvrant l’immense talent du photographe génial des jeunes
filles nuagées de dentelles, il avait porté un jugement instinctif et serein: C’est beau. »

(Extrait de mon roman Dans le ciel, 2019, page 149).

******

Peter Lauritzen est, on le sait, l’un des meilleurs spécialistes de Venise.

Notice bibliographique BNF David Hamilton / Peter Lauritzen : https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb350209855

Photo David Hamilton (album sur Venise)
Photo David Hamilton (album sur Venise)
Photo David Hamilton (album sur Venise)
Photo David Hamilton (album sur Venise)
Photo David Hamilton (album sur Venise)
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Couples, gardez-vous de « durer » !

Film « Lolita »

Photographierez-vous un jour des «femmes» nues?
David Hamilton: Jamais. Je n’aime pas les «femmes». Avec elles, il y a toujours
des histoires de Jules, des problèmes, du frelaté et des kilomètres d’expérience. Ce que
j’aime, c’est l’éveil, la beauté d’un corps tout neuf; ce n’est pas la fin d’une virginité, c’est
l’éveil d’une féminité. J’ai mis la phrase de Rodin en exergue de mon livre Souvenirs
de vacances
: «La vraie jeunesse, celle de la puberté virginale, celle où le corps plein de
sève toute neuve se rassemble dans sa svelte fierté et semble à la fois craindre et appeler
l’amour; ce moment-là ne dure guère que quelques mois.» C’est cela que j’aime. Une
jeune fille ne se maîtrise pas, une femme si.

Et si la mode des jeunes filles passait?
David Hamilton: Il y aura toujours assez d’Humbert Humbert pour me suivre dans ma démarche.

(David Hamilton, entretien dans la presse française, juin 1974)

La table de ping pong dans « Lolita » de Kubrick

*

Il est toujours amusant de lire, comme il m’est encore arrivé de le faire aujourd’hui dans je ne sais plus quel grand (hihihi) journal français, un articulet d’une pseudo-psychologue ou pseudo-sexologue, ou je ne sais quoi, sur les recettes qu’il faudrait mettre en oeuvre pour faire « durer un couple« .

Pourquoi un couple serait-il fait pour « durer »? Dans un monde, celui du vivant, où rien ne dure (et où, dès la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule, la chemin vers la mort a vertigineusement commencé), pourquoi faudrait-il s’acharner à faire « durer » un couple? Quelle idée d’abrutis, bien digne de plaire aujourd’hui!

N’étant ni « psychologue » ni « sexologue » mais me bornant à posséder une intelligence supérieure et une expérience sentimentale telle que, dans tous le siècles, une ou deux personnes en ont eu de pareilles, je ne dirai cependant ici que des choses fort élémentaires. Un couple dure tant qu’il doit durer. Autrement dit, un couple ne « dure » jamais et ne doit jamais durer. Dès lors que la question se pose de le faire durer, il est déjà fini.

Un couple est. Un couple vit. Il naît et meurt. Un couple ne dure jamais. Quand il commence à durer, il est mort.

  1. Les couples qui duraient étaient ceux qui ne duraient pas. Il est des couples qui « durent » toute une vie, ou plus exactement il y en avait jadis, pour des raisons historiques et sociales évidentes. Le couple d’autrefois durait toute la vie, justement parce qu’il ne durait pas, que monsieur avait des maîtresses et madame des amants, le couple marital ne servant alors qu’à assurer la continuité de la famille et d’une certaine société, qui n’était d’ailleurs pas forcément pire qu’une autre.

2. Les couples qui durent sont ceux qui ne durent pas. Il est aussi des couples « éternels », dans la littérature (il n’y a pas forcément quelque chose de sexuel entre eux, voir Cyrano et Roxane). Dans la réalité aussi, les couples qui durent sont presque toujours idéaux, ils n’ont jamais vraiment existé (passions de jeunes gens), ou ils ont rompu mais que des écrivains ont éternisés (relisez, pour ne prendre ici que trois exemples, les romans de l’immense Emmanuel Berl, de Valéry Larbaud, de Proust…)

J’ai formé un couple affectif avec mon chien, dont je célébrerai bientôt le vingtième anniversaire de la mort. Déjà! J’ai formé un couple intellectuel avec de rarissimes amis, de grands artistes, des écrivains, la plupart morts depuis longtemps. J’ai formé et forme un couple avec quelques idéaux qui sont les miens depuis mon enfance. Ou avec des oeuvres d’art, notamment littéraires ou musicales.

A la fin d’une vie, un homme devrait se demander, même s’il a eu cinq mille femmes, combien de couples il a formés. Moi, fort peu. Pour être un couple il faut être deux. Sur mes 5000 petites copines, il y en a eu environ 4995 avec qui je me suis senti complètement seul.

Un couple qui dure ne peut et ne doit durer qu’avec des amours malheureuses, avec des mortes, avec des absentes, avec des figures littérarisées. Albertine n’est sans doute devenue Albertine que parce qu’Alfred Agostinelli est mort à 25 ans.

Film sur Lolita

Un couple qui « dure », c’est l’enfer: et chercher à le faire durer est une obsession de crétins ou de lâches.

Couples, ne « durez » pas. Vivez. Soyez éphémères, comme les fleurs. C’est votre seule chance d’être éternels, et vous ne serez éternels que si vous l’êtes déjà. Durez pendant le temps que les Parques de l’Amour vous accorderont.

Les amours qui durent ne doivent surtout pas s’éterniser, mais remplir l’instant d’éternité; et donc, ce ne sont certes pas des amours petites-bourgeoises. Mieux vaut vivre un instant d’éternité qu’une vie de merde.

Les amours qui durent sont les amours éphémères, elles doivent mourir et, de nette préférence, dans de grandes souffrances. Le premier voyage de Lolita et Humbert dure un an; quand ils reprennent la route pour un second voyage, il suffit à Humbert d’un regard dans le rétro pour s’apercevoir que sa voiture est suivie. Clare Quilty n’est jamais très loin. Et tant mieux. Au fond, Clare Quilty rend un immense service à Humbert. Il lui évite de voir vieillir Lolita. David Hamilton (qui a cité Humbert dans plusieurs entretiens parus autrefois dans la presse, par exemple dès juin 1974) dit des choses de ce genre.

Lolita et ses amants / Roland Jaccard / « Le Monde »

Les amours, il vaut parfois mieux les tuer, justement pour qu’elles ne durent pas et ne s’achèvent pas dans une interminable agonie. L’euthanasie, dans une société libre, s’impose (je ne crois certes pas que Roland Jaccard me contredise). Elle s’impose aussi en amour. Il est dramatique de voir crever quelqu’un sous morphine, prolongé inutilement, en coma artificiel (ma mère est morte ainsi). Il est tout autant dramatique de voir des couples « durer », c’est-à-dire entrer dans une agonie qui, parfois, se prolonge pendant des dizaines d’années.

L’amour éternel est celui que représentent des personnages imaginaires (Cyrano et Roxane), plus ou moins imaginaires (Albertine, ou encore Humbert et Lolita), ou transfigurés, nimbés par le génie d’écrivains rarissimes (Sylvia, Rachel et autres grâces)…

La pensée de faire durer un couple par principe ne peut naître que dans un cerveau de crétin. Il n’y a qu’à son pire ennemi que l’on puisse souhaiter que son couple dure pour « toujours ».

Le seul couple digne d’accéder à l’éternité de l’éphémère, par ailleurs, n’est jamais politically correct. Ce sont là des amours qu’aucun sociologue, aucun sexologue, aucun psychologue, aucun arriéré de philosophe contemporain, aucun plumitif de grand (hihihi) journal français n’est capable de seulement concevoir…

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Au temps où les « hamiltoniens » étaient couronnés

Photographie David Hamilton (tournage de Bilitis), PHOTO numéro 116, mai 1977

Bibliographie david-hamiltonienne

Le grand magazine PHOTO (SPECIAL DAVID HAMILTON BILITIS) numéro 116 de mai 1977, avec couverture de David Hamilton, présentait deux articles, l’un sur Hamilton (pages 42 à 52) et l’autre (page 52 à 62) sur les Hamiltoniens couronnés. Vingt pages superbes.

Extrait de la table des matières du magazine Photo, mai 1977: les scènes idéales de Bilitis et le palmarès des Hamiltoniens

On y trouvait plusieurs photos admirables de David Hamilton, extraites du tournage de Bilitis. En voici deux.

Photo David Hamilton, extraite du magazine PHOTO, mai 1977.
Photo David Hamilton, extraite du magazine PHOTO, mai 1977, article « Les scènes idéales de Bilitis ». Film « Bilitis » sorti sur les écrans en France en 1977, d’après l’oeuvre de Pierre Louys.

Enfin, on trouvait dans ce numéro du magazine une photographie représentant David Hamilton en compagnie du fameux et éminent Akio Miyabayashi (directeur de Minolta Europe pendant plus de vingt ans).

David Hamilton en 1977, année de sortie du film « Bilitis », en compagnie d’Akio Miyabayashi (CEO de Minolta Europe).
David Hamilton en 1977, année de sortie du film « Bilitis », en compagnie d’Akio Miyabayashi (CEO de Minolta Europe), sous le titre du magazine PHOTO 116 de mai 1977, « Les hamiltoniens couronnés ».
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L’intelligence humaine, entre monde d’avant et monde d’après

Selon que tu seras frondeur ou pas frondeur… A en croire Le Monde, un adolescent de 15 ans, Nikita, a été incarcéré pendant près d’un an dans la ville de Kansk, en Sibérie, pour avoir collé des affiches pro-Navalny. Le Monde d’aujourd’hui prend la défense de Nikita: « Il ne fait pas bon contester le régime, qu’on s’appelle Alexeï Navalny ou que l’on soit un simple adolescent frondeur« . Laissons Le Monde, qui en a tous les droits, commenter de son propre point de vue un épisode de la situation intérieure russe. Ce qui est un peu curieux, à mon avis, est qu’en Italie, dans la ville de Fano, un écolier de dix-huit ans (trois ans de plus que Nikita) a refusé de mettre un « masque anti-coronavirus » et a été immédiatement emmené par les carabiniers dans un service psychiatrique où il a subi un TSO (traitement sanitaire obligatoire). Nous avons donc ici deux « adolescents frondeurs », qui croient peut-être encore à la liberté de pensée et d’expression. Le jeune Italien a une conscience politique puisqu’il s’est enchaîné à sa table d’école. La chose vaguement « bizarre » est que tout le monde cause de Nikita, mais que personne – en tout cas en France – ne parle du jeune écolier italien rebelle. A l’évidence, il ne fait pas bon contester les règlements « sanitaires », quand on est un adolescent frondeur. Tu es un « rebelle » si tu défends Navalny. Si tu ne mets pas ton masque, tu es un malade psychiatrique…

Une fusée spatiale chinoise s’apprête à effectuer – c’est imminent – une rentrée incontrôlée dans l’atmosphère terrestre. Le point d’impact est « pour l’instant difficilement prévisible », selon la presse. Il faut rappeler, une nouvelle fois, que l’humanité est la seule espèce qui fait se balader au-dessus d’elle des fusées dont on sait que, par accident ou pas, elles reviendront un jour ou l’autre nous rendre visite. Le point d’impact étant « difficilement prévisible », reste à souhaiter à tout un chacun de ne pas se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Par ailleurs, supposant quand même que les orbites et les trajectoires permettent de dire où il y a le plus de probabilités que ces corps volants finissent leur course, on se demande ce qui se passerait si des Etats prenaient l’habitude de faire rentrer des objets spatiaux chez tel ou tel de leurs ennemis. Serait-ce considéré comme de « regrettables accidents »? Bon courage à qui recevrait la fusée spatiale chinoise sur la tête. Ce quelqu’un ne s’en apercevrait d’ailleurs pas et, de la sorte, pour lui aussi, tout resterait de l’ordre de « l’imprévisible ». Bonne chance à tous. Lloyd Austin, ministre américain de la défense, a dit: « Nous espérons qu’elle tombera à un endroit où elle ne fera de mal à personne, dans l’océan ou un endroit comme ça. » Qui sait ce qu’entend ce monsieur par « un endroit comme l’océan »? Et en quoi le fait qu’un nouvel engin spatial finisse dans la mer ne fait-il « de mal à personne », puisqu’il la pollue pour des siècles voire des millénaires? J’avais cru comprendre que les éminences gouvernementales ne songeaient qu’à « sauver la planète ». Tant pis, cependant, pour la faune marine, tant pis pour ceux qui mangent du poisson, tant pis pour les baigneurs qui rencontreront des métaux potentiellement toxiques issus du véhicule spatial chinois (et de tous les autres). Silence de Greta Thunberg, sur ce point…

A Tchernobyl, savez-vous que la fission nucléaire est en train de recommencer « sous terre »? On le sait probablement en haut lieu depuis des années, mais le phénomène semble accélérer. Bref, l’espèce humaine est la seule qui, non contente de faire se promener dans le ciel des vaisseaux spatiaux, s’est aussi lancée avec enthousiasme dans l’aventure du nucléaire. Tchernobyl, contrairement à Capri chez Hervé Vilard, ce n’est nullement fini. En espérant, évidemment, que le prochain accident nucléaire ne survienne pas trop rapidement. Puisque nous vivons dans un monde où les gouvernements, si soucieux de la santé publique quand il s’agit du « coronavirus », sont aussi ceux qui poursuivent l’aventure nucléaire. Le très pro-nucléaire Macron dit ainsi croire dans le rôle de l’énergie nucléaire afin de réduire les émissions de CO2. Ce qui revient à peu près à dormir dans un nid d’araignées venimeuses létales pour se protéger des moustiques…

Ce ne sont là que quelques exemples, tout récents, de ce à quoi conduit l’intelligence (?) humaine. On pourrait en donner une dizaine d’autres…

Glissons vers le gossip. Savez-vous que Bill Gates divorce de son épouse? Nouvelle qui serait dénuée du moindre intérêt, j’en conviens, si la version médiatique officielle ne prétendait pas que Madame Gates ne supportait pas les relations entretenues entre son mari et Jeffrey Epstein, ce richissime américain accusé de « pédophilie » et qui est mort « suicidé », en prison, un jour où par pure coïncidence les caméras de surveillance étaient en panne…

Signalons que Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie, vient de consacrer sur son blog un article, par certains aspects intéressant et digne qu’on le lise, aux relations entretenues par Mona (l’ex-compagne et modèle de David Hamilton) avec des personnages comme Ghislaine Mawell. Mona Arnold étant une Madame Verdurin new-yorkaise d’aujourd’hui, rien de mal évidemment à se faire photographier avec des personnalités de la jet set. Mais ces photographies démontrent ce qui n’est d’ailleurs plus à démontrer, à savoir que la dame n’est pas dans le besoin. Quel dommage, de ce fait, qu’après sa mort le 25 novembre 2016, le cadavre de David Hamilton soit resté trois semaines à la morgue, que Mona ne se soit pas déplacée à ses obsèques et que, toute richissime qu’elle soit, elle ne les ait pas payées, se contentant en revanche de devenir enfin propriétaire de l’ancienne maison de David Hamilton à Ramatuelle… L’article de Jean-Pierre Fleury se résume certes à commenter, la plupart du temps en se servant d’extraits de Wikipédia, deux photos trouvées sur Twitter, mais on peut le consulter ici : https://lequichotte.com/2021/05/06/quand-mona-fricote-avec-du-beau-monde/

*

Par bonheur, la poésie est en marche. Si les Etats-Unis ont Amanda Gorman, la poétesse de Joe Biden, la France a « Mohamed Bangoura, jeune poète qu’un couple de retraités édite sous le nom de Falmarès » (selon ce que j’apprends aujourd’hui dans Le Monde). Ce sont les promesses du monde d’après.

D’autres, pourtant, préféreront peut-être encore se tourner vers la lecture du Monde d’avant de Roland Jaccard, livre tout récemment paru et dont j’ai souvent parlé ici.

Voir : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/04/15/le-monde-davant-quand-roland-jaccard-joue-a-cache-cache-avec-le-temps/

LE MONDE D’AVANT, par Roland Jaccard, parution le 16 avril 2021 aux éditions Serge Safran.

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Naturellement, je rappelle aussi mon prochain livre, publié par Jean-Pierre Fleury qui est lui aussi un retraité nantais: « Les enfants des aprems« : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/04/23/les-enfants-des-aprems/

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Roland Jaccard, l’amoureux du suicide

Une très jolie et très émouvante photographie de Roland Jaccard (photo empruntée au blog de Roland Jaccard)

Il y a deux sortes de suicidaires: ceux qui meurent par suicide et ceux qui, après en avoir rêvé toute leur vie, meurent de maladie, d’accident ou de vieillesse. Rendre leur suicide effectif interdirait ensuite à ceux-là d’y songer, ce qui ôterait son seul vrai goût à la vie.

Tout cela est évident pour qui a pensé sa mort et, accessoirement, lu les quelques livres qui méritent qu’on les lise. Généralement ce qui, ou qui empêche à un suicidaire de se suicider est aussi qui, ou ce qui l’y pousse.

C’est plus ou moins cela qu’écrit Patrick Besson dans un tout récent article (Le Point, 6 mai 2021) intitulé (une allusion à Roger Nimier?) « Histoire d’un amour », article consacré à Roland Jaccard et à son Monde d’avant, et où est même cité Matzneff.

A relire aussi : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/04/15/le-monde-davant-quand-roland-jaccard-joue-a-cache-cache-avec-le-temps/

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Les anges de David Hamilton

Voici la couverture d’une revue datant de 1975 (photo de John Thornton), dans laquelle plusieurs pages étaient consacrées aux anges, aux petites danseuses de David Hamilton.

Un poème (page 265) extrait de mon livre de poésie (300 pages) « Les jeunes filles ont l’âge de mon exil ». Première édition 2010, deuxième édition 2016, troisième édition 2018.

Prince de l’aube.


Pomme bleue est pomme du soir,
Et pomme blanche, et pomme d’or,
Pomme de nuit et de soleil
En éclairs mollets sous la lune
Sur des talons trop hauts perchée.
Pomme bleue est pomme de l’aube,
Saute-mouton et saute-nuits,
Le bref temps de changer de robe.
O Soleil des aubes d’été
Aux miroirs des peaux coquillages
Enclosant la perle magique,
Telle est du soir jusqu’au matin
La fièvre ultime d’insomnie
Tandis que de Mort vient ma nuit.
Pomme bleue est pomme d’Aprem,
Yeux de fille en brillantes billes,
La fraîcheur d’antan inouïe,
Le temps où je fus un enfant.
Le poète chante ès venelles
Sa chanson des pommes jolies,
Quête des images d’enfance
Comme sont celles qu’on ne croque.
Pomme bleue à la mort ne songe,
Matin et soir soleil orange,
Derniers carrés, dernier losange
De peut-être un tout dernier ange.

A voir cette vidéo de Roland Jaccard : https://www.youtube.com/watch?v=zZlgzoomkvA

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Protégé : Au coeur du coeur des choses (2)

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Protégé : Au coeur du coeur des choses (1)

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