Au sujet de Roland Jaccard

Mon coeur sur l’échiquier (roman), 2020, où il est beaucoup question de R.J.

Une cérémonie d’hommage à Roland Jaccard a eu lieu au cimetière du Père Lachaise, dans le vingtième arrondissement de Paris, le vendredi 8 octobre 2021 au début de l’après-midi, plus précisément dans l’auditorium Mauméjean. L’information avait été donnée sur quelques blogs, sur Internet, et circulait aussi parmi ses amis.

Le père de Roland avait quant à lui été incinéré dans le cimetière lausannois de Montoie (https://leblogderolandjaccard.com/2021/07/02/pere-ou-es-tu/ ).

On consultera le texte (intéressant à plus d’un égard) d’un commentaire qui a été publié, sur ce qui fut le blog de Roland Jaccard, ici: https://leblogderolandjaccard.com/2021/09/28/1941-2021/#comment-2485

Lettre de R.J., le 20 août 2021, un mois jour pour jour avant sa mort. Lettre adressée à un ami, pour demander des nouvelles de moi.
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David Hamilton : images d’une noblesse sublime au sein d’un monde moderne ignoble

Note sur nobilis / ig-nobilis.

Le mot « noble » vient du latin nobilis (de noscere, «connaître»), d’où «connu; bien connu, fameux » puis, par extension, «de famille noble, de naissance noble, noble». L’antonyme de noble est ignoble (étymologie: latin ignobilis, « de basse naissance; inconnu, obscur »).

Roman Polanski et David Hamilton en 2013, Quartier Latin
Photographie David Hamilton
Détail d’un photographie bien connue – et sublime – de David Hamilton, début des années 1970
Photographie de David Hamilton
David Hamilton au début de sa prodigieuse carrière
Photo fameuse de David Hamilton en compagnie de l’actrice allemande (« Premiers désirs ») Monika Broeke
Photographie David Hamilton, début des années 1970
Catalogue Nina Ricci, début des années 2000, photo David Hamilton
Vogue, édition italienne, 1968, photos David Hamilton
Vogue, édition italienne, 1968, photos David Hamilton
Vogue, édition italienne, 1968, photos David Hamilton
Catalogue Nina Ricci, début des annèes 2000, photo David Hamilton
Vogue, édition italienne, 1968, photos David Hamilton
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Comédie du spectacle: à défaut du banc d’infamie, Matzneff sur les écrans de cinéma

Après La consolation de Flament, Le consentement de Springora au cinéma! Selon la presse, on va en effet avoir droit à un film inspiré par le texte que Vanessa Springora a publié, en 2020, pour exprimer son point de vue sur la relation qu’elle a entretenue, autrefois c’est-à-dire au temps de son adolescence, avec l’écrivain Gabriel Matzneff.

Toujours selon la presse, c’est un certain Jean-Paul Rouve qui aurait été choisi pour interpréter le personnage de Gabriel Matzneff dans un film de Vanessa Filho, et dont le tournage est censé commencer au mois de février 2022. Quant à l’adolescente que fut autrefois Vanessa Springora, ce sera Kim Higelin, petite-fille d’un chanteur du nom de Jacques Higelin.

Dans Le Consentement de Vanessa Springora, est décrite «la triple prédation» – sexuelle, littéraire et psychique – dont elle affirme avoir été victime de la part de Gabriel Matzneff. Carole Lambert et Marc Missonnier ont donc décidé de produire une adaptation cinématographique de cet ouvrage.

Une enquête pour «viols sur mineurs de moins de 15 ans» visant Gabriel Matzneff avait été ouverte par le parquet de Paris, bien que les faits dont se plaint Vanessa Springora fussent prescrits. Il reste de moins en moins d’espoir, parmi les ennemis de Matzneff, pour découvrir des « témoignages » susceptibles de conduire l’écrivain (né en 1933) au banc d’infamie. Tout n’est pas perdu, car restaient les écrans des cinémas.

Pour sa part, Gabriel Matzneff a écrit Vanessavirus, livre publié en février 2021, puis traduit et commercialisé en Italie (https://www.liberilibri.it/index.php/prodotto/vanessavirus ).

Le 28 septembre 2021, à défaut que se tienne un procès (qui a en effet été annulé) contre l’écrivain, une autre ancienne amante de Gabriel Matzneff, une certaine Francesca Gee, a à son tour auto-édité un texte intitulé L’Arme la plus meurtrière.

On ignore encore, à ce jour, pour quand est le film.

Lectures complémentaires

A lire en italien sur Vanessavirus de Gabriel Matzneff: https://www.ilfoglio.it/cultura/2021/05/27/news/una-relazione-pericolosa-2444946/

Ou encore: https://www.pensalibero.it/in-libreria-vanessavirus-di-gabriel-matzneff/

Et enfin : https://www.huffingtonpost.it/entry/una-casa-italiana-per-matzneff_it_60acc59ee4b09604b526f351

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Le dernier pari de Roland Jaccard

Paris, février 2020, chez Yushi

Bientôt un mois que Roland Jaccard est parti. Pour être précis, mais aucun article de presse ne semble l’avoir spécifié, Roland Georges Jaccard (oui, il avait deux prénoms, comme David Hamilton), fils de Samuel Alfred Jaccard et de Zazilia Huwiler Mangelberger (cette dernière est prénommée Cécile, par exemple dans Causeur ou dans les articles qui parlent de Roland, sur Internet).

C’était le 20 septembre, à son domicile parisien. La mort a été fixée à onze heures et quart du matin. L’acte de décès date, lui, du lendemain après-midi.

Des dates me reviennent à la mémoire. Tiens, Dinu Lipatti avait donné son dernier récital le 16 septembre, c’était en 1950, à Besançon. Ce n’était pas rien, le dernier récital de Lipatti.

Ce n’est pas rien, la mort de Roland Jaccard. Et comme ce n’est pas rien, la « grande » presse en a peu ou mal parlé. Naturellement.

Il avait été prévu que je rende visite à Roland, l’été passé, à Lausanne, sa ville natale. Cela n’avait pas été possible, à cause de l’imaginaire pandémie et tout le tralala.

J’aurais aimé jouer une dernière partie d’échecs avec lui, dont j’avais fait le personnage de mon roman Mon coeur sur l’échiquier.

Nous ne l’aurons jamais jouée, cette partie.

Je suis triste. Et, que je le confesse, un peu jaloux. Les suicidaires sont toujours jaloux quand un de leurs amis les brûle de vitesse.

Après avoir réussi son oeuvre, Roland Jaccard a réussi son pari. J’en suis heureux. Pour lui.

O.M.

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Au sommaire de cette revue de 1983: Roland Jaccard

Notices BNF, cliquez sur…

Le livre de moi que Roland a préfacé:

« C’est David Hamilton qu’on assassine ».

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb453097761

« C’est David Hamilton qu’on assassine », préface de Roland Jaccard. 2017. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb453097761
Faites comme elle, lisez « C’est David Hamilton qu’on assassine ». 2017. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb453097761

Le livre que nous avons cosigné:

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs ».

https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb46649410r

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », 2020: la couverture. Livre recensé par R.J. sur son blog, entre autres. https://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb46649410r

Brefs rappels.

Même si les gens, dans la société moderne, ne lisent plus, nous rappelons que pour lire ces livres (et d’autres: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/09/24/livres-disponibles/ ), il vous suffit pour toute information d’écrire à l’adresse: yvestanguy99@gmail.com Il ne sera évidemment pas répondu aux courriels anonymes, ou encore émanant de personnes ayant visiblement du temps à perdre. Les livres dépendent évidemment des stocks encore disponibles. Les envois sont faits par la poste, à votre adresse postale.

Toute personne désireuse de s’abonner à ce blog est priée d’écrire un courriel (exposant avec précision les raisons pour lesquelles elle sollicite cet abonnement) à l’adresse: yvestanguy99@gmail.com Il ne sera évidemment pas répondu aux courriels anonymes, ou encore émanant de personnes ayant visiblement du temps à perdre. Les abonnements non précédés d’un tel courriel sont immédiatement supprimés.

La même chose, en ce qui concerne toute personne souhaitant apporter une aide concrète à ce blog et à nos projets littéraires.

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EIN SEHR FRÜH REIFES MÄDCHEN : Bo Baker et Lauranie (en 1970, les plus jolies des « Twenagers » Girls de David Hamilton)

Ils sont nombreux, ceux qui pensent que le magazine européen qui a eu le plus d’influence après la seconde guerre mondiale ait été « TWEN »:

Vous lirez par exemple: http://www.magazinedesigning.com/twen-the-most-influential-magazine-of-all-times/

Pour ce qui est de la seule année 1970, les couvertures de « Twen », c’est (surtout) David Hamilton.

Il avait déjà illustré la couverture, par exemple, du mois d’avril 1969.

Janvier 1970, couverture David Hamilton
Février 1970, couverture David Hamilton
Mars 1970, couverture David Hamilton

Je mets au défi qui que ce soit de me citer une autre grande revue européenne (et quelle revue de ces années-là fut, en son genre, plus grande que « Twen »?) qui ait jamais confié trois couvertures de suite au même photographe: David Hamilton.

Mais poursuivons.

Voici maintenant le numéro de mai 1970.

Mai 1970, couverture David Hamilton. En couverture, une modèle de quinze ans, Bo Baker.
Bo Baker, 15 ans (en 1970)

L’article sur Bo Baker, dans ce numéro de Twen, se trouvait pages 116 à 120: EIN SEHR FRÜH REIFES MÄDCHEN

Voici l’article, à l’intérieur de ce numéro de « Twen ».

Bo Baker, photographiée par David Hamilton dans ce numéro de « Twen » (1970)

Toujours dans ce numéro de « Twen », ces autres photos de Bo Baker, toujours par David Hamilton (images suivantes).

Bo Baker, 15 ans (en 1970), anglaise, à l’époque où elle tentait apparemment une carrière dans le spectacle, photographiée ici par David Hamilton pour ce numéro de « Twen » (1970)
Bo Baker, 15 ans (en 1970), anglaise, à l’époque où elle tentait apparemment une carrière dans le spectacle, photographiée ici par David Hamilton pour ce numéro de « Twen » (1970). Photos David Hamilton (voir en haut à droite de l’image)

Passons au numéro de juillet 1970. Un numéro à proprement parler exceptionnel.

Photo David Hamilton, couverture de « Twen », juillet 1970

Que l’on en juge: pages 6 à 11, un article de Julia Müller (« Wer bringt den 16jahrigen die liebe bei? Niemand ») illustré par David Hamilton.

Pages 6 à 11, un article de Julia Müller (« Wer bringt den 16jahrigen die liebe bei? Niemand ») illustré par David Hamilton.

Et aux pages 94 à 96, un autre article (« Die freche Ratte aus den Slums ») illustré, encore, par David Hamilton. Le modèle, pour cette article, était Lauranie (17 ans en 1970), londonienne, écolière, l’un des modèles de David Hamilton dont, parmi des dizaines de milliers d’autres, il se souvenait encore avec émotion des dizaines d’années après. Ce que l’on comprend d’autant mieux que Lauranie était mille fois plus jolie et photogénique qu’une autre modèle qu’il a de toute évidence trop photographiée, dans ces années-là.

Photographie de Lauranie, 17 ans en 1970, de David Hamilton, pour illustrer un article, pages 94 à 96 (« Die freche Ratte aus den Slums »)
Photographie de Lauranie, 17 ans en 1970, de David Hamilton, pour illustrer un article, pages 94 à 96 (« Die freche Ratte aus den Slums »)
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Ballerines et baladines de David Hamilton

Pas des plus connues, cette photographie de David Hamilton, datant du début des années 1970 voire de la fin des années 1960, a été notamment publiée comme carte postale.

Comme toujours, la beauté de cette image – une jeune danseuse blonde vêtue de bleu ciel – est aussi frappante qu’indéniable, en ce qu’elle représente, et pour la vision du monde qu’elle présuppose.

David Hamilton (photographie publiée, ici, comme carte postale)

Post scriptum: on se permet de rappeler ici que toute personne désireuse de s’abonner à ce blog est priée d’écrire un courriel afin de se présenter et d’exposer les raisons pour lesquelles elle sollicite un abonnement. Les demandes anonymes, émanant d’illettrés, hors sujet ou provenant de mauvais plaisants, passent directement à la poubelle. Ainsi qu’il est répété ici depuis cinq ans. Mais l’intelligence humaine étant ce qu’elle est…

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David Hamilton et les merveilles des années 1970

Bibliographie david-hamiltonienne

Revue italienne « Photography Italiana » de mars 1971, numéro 159, revue italienne mais qui avait donc à moitié un titre en anglais (dimensions : environ 21,50 cm / 28,50 cm).

Couverture David Hamilton.

Pages 19 à 31 sur David Hamilton.

Revue italienne « Photography Italiana » de mars 1971, numéro 159, en couverture une photo fameuse de David Hamilton (le nom de David Hamilton se trouve aussi sur la couverture, juste sous le titre « Alice e le meraviglie »)
Revue italienne « Photography Italiana » de mars 1971, numéro 159: pages intérieures (David Hamilton)
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Les prescriptions d’automne de Gabriel Matzneff se ramassent à la pelle

« −Il y a eu prescription. −J’en suis bien content pour lui »

(André Gide, Feuillets d’automne, 1949).

Un ancien article de Roland Jaccard sur Gabriel Matzneff

Après les feuillets d’André Gide, voici les prescriptions d’automne de Gabriel Matzneff.

La cour d’appel de Paris vient de confirmer l’annulation d’un procès contre Gabriel Matzneff. Une association (qui s’appelle, pour qui désirerait connaître ce détail, « l’Ange bleu ») avait en effet cité l’écrivain pour « apologie de la pédocriminalité ». Déboutée une première fois, l’association en question avait fait appel d’une décision rendue – c’était au mois de mai – par le tribunal correctionnel de Paris.

C’est dès le mois de janvier 2020 que l’association avait reproché à Matzneff d’avoir fait, selon elle, l’apologie d’actes pédocriminels et «du crime de viol aggravé» en évoquant la relation qu’il avait eue il y a très longtemps avec une adolescente prénommée Vanessa.

« La prunelle de mes yeux » (Gallimard / Folio)

Aujourd’hui Vanessa n’est plus du tout adolescente depuis longtemps mais comme tout le monde (ou presque) est devenue écrivaine (sic) et a publié Le Consentement, un texte relatant son point de vue sur la relation qu’elle avait entretenue avec Matzneff dans les années 1980.

Comme l’avait d’ailleurs annoncé il y a plusieurs mois ce très-modeste et très-humble blog, la décision ainsi rendue en appel est «sans surprise. On fait du droit, pas de la littérature ni de la morale, d’autant que les poursuites étaient déjà artificielles», a commenté Me Emmanuel Pierrat, avocat de Matzneff.

Le début de la prometteuse carrière d’écrivaine (sic) de Madame Springora avait aussi conduit Matzneff à être visé par une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris pour «viols commis sur mineur» de moins de 15 ans. Ici aussi, l’enquête s’oriente, ne serait-ce que pour prescription, vers un classement sans suite.

Couverture du livre « Les moins de seize ans » (Gabriel Matzneff), aux éditions Julliard (dans la collection « Idée fixe »).
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David Hamilton et la Lolita des années 1970

NABOKOV

Bibliographie david-hamiltonienne.

Voici un numéro oublié, et assez rare (plusieurs de mes amis, pourtant connaisseurs sérieux de David Hamilton, n’en avaient jamais entendu parler) de la revue GRAZIA dans son édition italienne (Arnoldo Mondadori Editore: https://it.wikipedia.org/wiki/Arnoldo_Mondadori).

C’est le numéro daté 20 Febbraio 1977 (20 février 1977). Le numéro 1878, pour être précis à l’intention des bibliophiles.

L’article (pages 32-34) était intitulé : « LA LOLITA DEGLI ANNI ‘70″ (La Lolita des années 1970). Et c’était un article consacré à David Hamilton, « il fotografo delle adolescenti » (le photographe des adolescentes), et aux « ragazze che dieci anni fa sembravano uscite dalle pagine del famoso romanzo di Nabokov » (« les filles qui, il y a dix ans, semblaiwnt sorties des pages du fameux roman de Nabokov« ).

L’une des nombreuses photos illustrant cet article consacré à David Hamilton dans le numéro du magazine italien Grazia (20 Febbraio 1977, numéro1878)

L’article – page 32 – commençait par ces quelques lignes, où l’on apprenait que les modèles de David Hamilton devaient avoir « seize ans, au plus » et de préférence « treize ou quatorze ». Et qu’il devinait immédiatement si elles avaient un boyfriend.

Début de l’article (texte en italien)
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Le 7 octobre 1934 naissait Ulrike Meinhof

Stern magazin (Heft Nr.21/22 du 20 mai 1976) assurant de révéler la vérité au sujet de la mort d’Ulrike Meinhof (en allemand: So starb Ulrike Meinhof)

Nous avons très souvent parlé du magazine allemand « Konkret », auquel a largement collaboré David Hamilton pendant les années 1970 à 1973.

Mieux encore, vous ne pouvez trouver l’intégralité des couvertures de « Konkret » que sur ce blog.

Bambule Fürsorge – Sorge für wen? Un livre d’Ulrike Meinhof (en allemand) Verlag Klaus Wagenbach, 1987.

Une autre collaboratrice de « Konkret » – qui a dû sa célébrité à d’autres raisons que David Hamilton – a été Ulrike Marie Meinhof (née à Oldenburg, le 7 octobre 1934 – et morte à Stoccarda, le 9 mai 1976).

D’où, en ce 7 octobre 2021, ce petit article.

Konkret, Unabhängige Zeitschrift für Kultur und Politik, numéro 5 de l’année 1967 (mai 1967), avec notamment un article sur l’amour avec les moins de 17 ans (titre de couverture: Sex mit 17)
et comme dans chaque numéro à l’époque, un éditorial d’Ulrike Marie Meinhof (voir image suivante), « Napalm and Pudding »
Konkret, Unabhängige Zeitschrift für Kultur und Politik, numéro 5 de l’année 1967 (mai 1967)
Editorial, dans la présentation qu’ils avaient à cette époque dans le magazine « KONKRET », d’Ulrike Maria Meinhof

L’oeuvre d’éditorialiste d’Ulrike Meinhof dans le journal « Konkret » a sucité une très large bibliographie.

Plusieurs biographies lui ont été consacrées.

Des livres d’elle ont été republiés, notamment en Allemagne et en Italie.

Citons par exemple – en italien – un livre paru en 1980, qui compte 123 pages et bénéficie d’une traduction et d’une note explicative de Luigi Garzone (Rome, Stampa alternativa, 1980).

ROMA, STAMPA ALTERNATIVA, 1980, in 8°, 123 pages

Indispensable, ensuite, la lecture du livre qui suit, écrit par l’ancien mari d’Ulrike Meinhof: « Ulrike Meinhof – Dokumente einer Rebellion. 10 Jahre ‘konkret’-Kolumnen » par Klaus Rainer Röhl (dont il a été question sur ce blog).

Ulrike Meinhof – Dokumente einer Rebellion. 10 Jahre ‘konkret’-Kolumnen / Rainer Röhl, Klaus / Leib, Hajo (Hrsg.)

Telles sont les véritables curiosités de l’existence. Au-delà de tous les anathèmes, je vois dans de telles coïncidences le sel de la vie: ici, le fait que des personnages aussi divers aient collaboré à « Konkret », par exemple Ulrike Meinhof (avant de s’en dissocier) puis David Hamilton.

J’ai toujours tremblé d’émotion, aussi, en songeant que l’immense Cesare Pavese s’était suicidé à Turin en 1959, année de l’un des plus fameux récitals donnés par le fantastique pianiste György Cziffra, lui aussi à Turin en 1959.

Extrait de « Konkret », février 1968
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Les figures nues de David Hamilton, sacrilèges aux dévot.e.s (hihihi) du XXIe siècle

Bibliographie david-hamiltonienne

Illustrations de David Hamilton dans Playboy, édition italienne, en 1972 et 1975.

« Pour les dévots des XVIe et XVIIe siècles, la représentation d’une figure nue aurait paru un sacrilège. Du temps de Murillo, il était si difficile de trouver dans les académies un modèle, qu’il était d’usage que tour à tour les élèves missent habit bas et posassent pour leurs camarades. »

Mérimée, Mosaïque,1833

PLAYBOY ITALIA (DICEMBRE 1972). PLAYBOY, édition italienne, décembre 1972. Article de David Hamilton, « L’età del risveglio », pages 53 à 62
PLAYBOY ITALIA (DICEMBRE 1972). PLAYBOY, édition italienne, décembre 1972. Article de David Hamilton, « L’età del risveglio », pages 53 à 62
PLAYBOY ITALIA (DICEMBRE 1972). PLAYBOY, édition italienne, décembre 1972. Article de David Hamilton, « L’età del risveglio », pages 53 à 62
PLAYBOY, édition italienne, janvier 1975 (Gennaio 1975), avec des photos de David Hamilton
PLAYBOY, édition italienne, janvier 1975 (Gennaio 1975), avec des photos de David Hamilton
Fameuse photographie de David Hamilton, publiée dans plusieurs magazines de charme tout au long des années 1970, dans plusieurs pays. Ici: PLAYBOY, édition italienne, janvier 1975 (Gennaio 1975), avec des photos de David Hamilton
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Chiche que je ne me fais pas vacciner? 65 millions de Français vaccinés et moi, et moi, et moi…

Monsieur le président,

« Monsieur le président / Je vous fais une lettre », ainsi commençait la chanson de Boris Vian, qui racontait l’histoire de quelqu’un qui voulait déserter.

Moi, je vous fais une lettre pour prendre date et vous dire que je ne me ferai pas vacciner.

J’apprends que plus de 50 millions de personnes auraient reçu au moins une dose de vaccin (contre le Covid-19, faut-il le préciser?) en France. Sur 65 millions de Français, ce n’est pas mal. Je dirais même plus, c’est instructif… J’applaudis vivement.

J’ignore si la France est en marche, il ne m’appartient pas de dire si c’est en marche avant ou en marche arrière mais, visiblement, le vaccin court. Je bats des deux mains.

J’imagine à quel point, Monsieur le président, vous devez être content, vu l’importance manifeste que vous attachez à la chose.

L’enthousiasme me semble à son comble. Pfizer a déclaré que son vaccin est sûr pour les enfants de 5 à 11 ans.

Je me demande s’il ne serait pas sûr aussi pour les enfants d’un jour à cinq ans. Et croyez-le bien, Monsieur le président, je ne voudrais pas être accusé de « complotisme » si je contredisais toute personne se proposant éventuellement, dans un avenir plus ou moins proche, de vacciner aussi les foetus et, tant qu’on y est, pourquoi pas les embryons dans le ventre maternel.

Dans tous les pays ou presque, les agences du médicament, les faiseurs de vaccins, les laboratoires pharmaceutiques causent avec une unanimité des plus frappantes, des plus touchantes: tout le monde peut et doit être vacciné.

Les enfants de cinq à onze ans, les femmes enceintes, les immuno-déprimés. Et vous l’avez révélé au monde, Monsieur le président, la France va doubler le nombre de doses de vaccins destinés aux pays pauvres, passant de 60 à 120 millions de doses. Faut qu’il y en ait pour tout le monde.

L’Ema vient d’autoriser la troisième dose de Pfizer pour qui a plus de dix-huit ans. Je conseille aux moins de dix-huit ans, s’ils sont jaloux, de saisir d’urgence les tribunaux afin de protester contre cette insupportable discrimination et de réclamer eux aussi, comme tout le monde, leur inoculation de la troisième dose. A laquelle je me dis que suivra, un jour ou l’autre, la quatrième, puis la cinquième, puis la sixième dose.

J’apprends que le 22 septembre, ce que l’on appelle votre « QR Code » de vaccination aurait « fuité » sur les réseaux sociaux. Voilà quelque chose qui ne risque point de m’arriver. En effet, je n’ai pas de code QR et je n’en aurai pas.

Parce que je suis venu vous dire sur ce très-modeste blog, Monsieur le président, que je ne me ferai pas vacciner.

Vous citez parfois John Stuart Mill : « La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres », en assérant que l’intérêt du collectif primerait sur l’intérêt individuel. J’ignore qui a décidé, et où vous avez vu qu’une phrase de John Stuart Mill devrait devenir parole d’Evangile, et encore moins pour quelle raison je devrais en faire ma propre devise.

En effet ma liberté, Monsieur le président, commence et finit là où je décide, moi, qu’elle commence et qu’elle finit.

J’espère que vous n’y verrez point d’inconvénient, d’autant qu’à ma connaissance aucune loi n’a imposé en France l’obligation d’être ou de se faire le disciple de John Stuart Mill, auteur que vous n’avez évidemment pas lu et dont vous vous bornez à citer cette phrase dont j’ai, pour ma part, avec ou sans votre permission, les oreilles rebattues.

Une phrase que je cite, moi, depuis au moins quarante ans, a parfois été attribuée à Louis Veuillot, d’ailleurs à tort. C’est : « Je vous réclame la liberté au nom de vos principes, je vous la refuse au nom des miens ! »

C’est ma phrase à moi, Monsieur le président. Je la fais mienne.

Et que je croie ou pas à l’efficacité de vos vaccins n’est pas la question. Le fait est que, vos vaccins fussent-ils efficaces contre le Covid 19 fabriqué dans le laboratoire français si habilement vendu par votre subtil prédécesseur Chirac à la Chine, je ne me ferais pas vacciner. Le fait est que, vos vaccins fussent-ils efficaces contre la mort et contre toutes les maladies connues et inconnues, je ne me ferais pas vacciner. Le fait est que, si me faire vacciner contre le Covid 19 ressuscitait ma mère, je ne me ferais pas vacciner. Le fait est que, fussé-je payé pour cela un, dix, cent, mille millions de milliards d’euros, je ne me ferais pas vacciner. Le fait est que, vos vaccins fussent-ils prochainement rendus obligatoires, je ne me ferais pas vacciner. Le fait est que pour me vacciner, il vous faudrait demander à la maréchaussée de m’arrêter, de m’incarcérer, de me vacciner de force, de me jeter dans un camp, ou de rétablir la peine de mort à mon intention. Dussé-je mourir du Covid 19, je ne me ferais pas vacciner.

Le fait est que, sous quelque prétexte ou pour quelque raison que ce soit, je ne me ferai jamais vacciner. JAMAIS. En dernière analyse, je préférerais me suicider qu’être vacciné.

Pour quelle raison? Parce que, voyez-vous, Monsieur le président, j’en ai décidé ainsi. C’est simple, pas vrai? Vous pouvez comprendre ça? Si vous ne pouvez pas, Monsieur le président, c’est sans nulle importance. Mais c’est comme ça : le jour où il restera en France un seul non vacciné, ce sera moi. On parie?

Olivier Mathieu

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David Hamilton: « Une érection ne se discute pas » (Jean Cocteau)

« La beauté déteste les idées. Elle se suffit à elle-même. Une œuvre est belle comme quelqu’un est beau. Cette beauté dont je parle … provoque une érection de l’âme. Une érection ne se discute pas … Notre époque se dessèche à force de parlotes et d’idées. »

Jean Cocteau, Poésie critique 1 (1959).

En hommage à Jean (Maurice Eugène Clément) Cocteau (Maisons-Laffitte, 5 juillet 1889 – Milly-la-Forêt, 11 octobre 1963), à quelques jours du 11 octobre 2021.

FIlm de David Hamilton, 1979 (tournage de « Laura les ombres de l’été »)
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Les délires de Ben Jelloun sur Roland Jaccard

Il y a me semble-t-il un grand mystère dans la mort de Roland Jaccard.

Voyons cela d’un peu plus près.

Monsieur Tahar Ben Jelloun a écrit un article dans le Point où il parle beaucoup de sa propre et très intéressante personne, et, accessoirement, de Roland Jaccard.

Que lit-on sous la plume de Ben Jelloun?

Ceci. https://www.lepoint.fr/culture/tahar-ben-jelloun-roland-jaccard-est-mort-21-09-2021-2444014_3.php

« Je me souviens, lors de notre première rencontre, qu’il m’avait annoncé qu’il se suiciderait à 80 ans, comme son père. » (M. Ben Jelloun).

Diantre, diantre…

Tahar Ben Jelloun travaillait au Monde, sauf erreur de ma part, depuis le début des années 1970. Disons, 1972.

Jaccard collaborait au Monde dans les années 1970. A peu de choses près, au même moment que Ben Jelloun.

Le père de Roland Jaccard s’est suicidé le 22 septembre 1985.

« 22.09.85. Ce fut mon père qui se suicida, la veille de mon anniversaire. Avec sérénité et courage. Sans pathos. » Roland Jaccard, Le Monde d’avant, page 516).

J’en profite, tiens, pour signaler que Roland Jaccard m’avait envoyé le PDF – les bonnes feuilles – du Monde d’avant plusieurs semaines, voire plusieurs mois avant la parution du livre en librairie. Il m’envoyait presque tous les PDF de ses livres avant leur parution. Il tenait à ce que je les lise. Il aimait que j’en parle sur mon petit blog. Et me l’écrivait. J’ignore s’il l’avait aussi envoyé, ce PDF, à M. Ben Jelloun.

La question est donc: comment a fait Roland Jaccard pour annoncer à Monsieur Ben Jelloun, lors de leur « première rencontre », que son père s’était suicidé en 1985?

Faut-il donc imaginer que Roland Jaccard et Ben Jelloun ne se sont jamais rencontrés, tout au long des années 1970, dans un journal – le Monde – où ils travaillaient tous les deux?

Or dans ce même article, Ben Jelloun écrit: « Longtemps, il a collaboré au Monde des livres, là où nous nous sommes rencontrés ».

Faut-il supposer que leur première rencontre a eu lieu au « Monde des livres »… après 1985? Ou que Jaccard avait une boule de cristal et annonçait à Ben Jelloun (dans les années 1970) qu’il se suiciderait comme son père devait le faire… une dizaine d’années plus tard (en 1985)?

Ou encore, faut-il imaginer que Ben Jelloun raconte un peu n’importe quoi? C’est amusant, tout ça.

Moi, si j’étais un journal, c’est à Olivier Mathieu que je demanderais un article sur Roland. Au moins, cela ferait un bon article.

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Mademoiselle 1975 (à toutes les demoiselles de David Hamilton)

Calendrier « Mademoiselle 1975 » de David Hamilton.
12 pages, dimensions: environ 62 x 42 cm.

Voir aussi, sur ce blog : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/calendrier-mademoiselle-1975/

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Une lecture bénédictine des « Moins de seize ans », lectio divina des plus fervents lecteurs de Gabriel Matzneff

Dans Le Figaro, il y a quelques jours, cette information (https://www.lefigaro.fr/culture/pour-une-de-ses-victimes-presumees-l-affaire-matzneff-n-a-servi-a-rien-20210927 ) :

« Les enquêteurs, après avoir saisi chez ses éditeurs toute la littérature publiée par un écrivain âgé aujourd’hui de 85 ans, mènent un travail de bénédictin pour retrouver d’éventuelles victimes plus récentes de son goût pour «les moins de seize ans», comme il avait intitulé un essai de 1974. »

Voilà donc des « enquêteurs » qui, après avoir « saisi toute la littérature publiée par un écrivain », mènent un travail de « bénédictin » pour retrouver des « victimes » (pardon, des victimes « éventuelles ») de Gabriel Matzneff, pour le plaisir suprême de Francesca, l’une de ses « victimes » (pardon, pour citer le Figaro, l’une de ses victimes « présumées »).

Les enquêteurs travaillent avec persévérance, et sans relâche, en lisant et relisant les oeuvres complètes de Matzneff.

Au demeurant, la lecture est fondamentale pour les bénédictins. Les vigiles sont toujours suivies d’un temps de lecture. Après le repas, les religieux se consacrent aussi à une lecture en commun, et c’est le dernier office de la journée. Beaucoup de temps est réservé à la lecture, à l’étude de l’Écriture et des Pères de l’Église, indispensable nourriture spirituelle : c’est la lectio divina. Ainsi, la répartition du travail et de la lecture sont codifiés, selon les saisons et le temps liturgique, pour tous les bénédictins.

Pour mieux aporter une modeste contribution à ce travail de bénédictin passionnant autant que nécessaire, voici la couverture du livre « Les moins de seize ans », dans la traduction italienne de Giancarlo Pavanello, parue aux prestigieuses éditions italiennes ES en 1984.

Voir : https://www.bookweb.it/libro/matzneff-gabriel/i-minori-di-sedici-anni/1022000014084.html

I minori di sedici anni de Gabriel Matzneff. Editeur: ES. Piccola biblioteca dell’eros, Numéro 20. 1994. 96 pages. Traducteur: G. Pavanello. ISBN-10: 888535775X ISBN-13: 9788885357754

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A quand le green pass de la morale pour oser employer des mots tels que : « nymphette »?

Il y a des gens, sur Internet, notamment sur Twitter, qui ont constaté que dans l’article nécrologique récemment consacré par le Monde à la mort de mon ami Roland Jaccard, le mot « nymphettes » avait disparu.

Avant
Après

La belle affaire! Grands Dieux, qu’en conclure? Je ne saurais pas répondre à cette question.

J’ose supposer que, dans la démocratie macronienne, tout auteur (ici, Roger Pol-Droit) est encore autorisé – s’il le désire – à revoir le texte de l’un de ses articles, et cela pour quelque raison que ce soit. Ce pourrait être pour corriger une faute de frappe, ou de grammaire. Ou simplement par volonté d’ôter quelque chose qu’il a écrit la veille et, aujourd’hui, juge superflu.

Etrange qu’il y ait donc des personnes apparemment suffisamment désoeuvrées pour se préoccuper de tels détails parfaitement insignifiants.

En outre: en quoi Roland Jaccard, décédé, ou son ancien partenaire de ping pong à la piscine Deligny Gabriel Matzneff, pourraient-ils être concernés en quoi que ce soit par une correction décidée par l’auteur d’une nécro dans le Monde?…

Le mot « nymphette », qui est apparu dans la littérature francaise il y a plusieurs siècles, probablement dès 1512 en ce qui concerne l’une des premières attestations, a ensuite été employé par Vladimir Nabokov, ici dans la traduction datant de 1959 de E. H. Kahane, Paris, Gallimard (reprise dans l’édition de 1973, page 27).

Eric Kahane, né en 1926, est mort le 5 octobre 1999. C’était le frère de Maurice Kahane (12 avril 1919 – 3 juillet 1990) devenu Maurice Girodias.

Film d’Adrian Lyne, d’après Nabokov

Nabokov écrivait : « Il advient parfois que de jeunes vierges, entre les âges limites de neuf et quatorze ans, révèlent à certains voyageurs ensorcelés, qui comptent le double ou le quintuple de leur âge, leur nature véritable (…) ce sont des créatures élues que je me propose de désigner sous le nom générique de «nymphettes» (V. Nabokov, Lolita, traduction E. H. Kahane, Paris, Gallimard, 1959).

Quelqu’un souhaite peut-être édicter une loi imposant de devoir produire un « green pass » de la pensée, ou un green pass de la morale, avant de se hasarder à employer les mots « nymphette » ou « nymphe »?

Au train où vont les choses, cela ne saurait tarder. Plus exactement, qui peut donc ignorer que de tels « green pass » existent déjà en France (et pas qu’en France)?

Le mot « nymphette » plaisait , notamment dans les années 1970, à beaucoup de gens, y compris au journal le Monde : « Les nanas, minettes, nymphettes et autres folles » (Le Monde, 29 septembre 1971).

Que de conversations, avec Roland, sur les nymphettes. Que de rires! Je l’entends encore.

Tout récemment, dans Libération, le mot « nymphettes » : https://www.liberation.fr/culture/livres/roland-jaccard-vertige-de-lancien-monde-20210414_KH5C6AM7SRFIFCMGWFHYKDYFCU/

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Le suicidé et les mal oedipés

Je me demande ce que Roland penserait de ce qui est en train de se passer.

Je m’explique. Sur le site d’un magazine paraissant en France, par exemple, des articles se multiplient pour rendre hommage (?) – si j’ai bien compris – à Roland. L’auteur de l’un de ces articles affirme connaître l’origine des barbituriques qui auraient causé la mort de l’écrivain. En d’autres termes, le présumé fournisseur des barbituriques en question est désigné comme un « cinglé mexicain » (sic).

J’avoue que cela me laisse sceptique. Le suicidé serait un héros, celui qui lui aurait fourni l’arme serait un cinglé? D’une part, on déclare de l’admiration vis-à-vis d’un suicidé, mais on se livre à une sorte de délation vis-à-vis de tiers. Ce serait comme louer Socrate, puis dénoncer les fournisseurs présumés de ciguë. Ou saluer le suicide de Guy Debord, avant de donner l’adresse de l’armurier lui ayant vendu un fusil.

En d’autres termes, le suicide de Roland Jaccard me semble donner à certains l’occasion de jouer aux esprits libres mais sans pouvoir s’empêcher de tout de suite redevenir des moralisateurs.

Pourquoi Roland Jaccard n’aurait-il pas demandé de l’aide, au demeurant, lui qui était partisan de cette euthanasie que Péladan appelait quant à lui l’euthanésie, « l’art de la mort attrayante »?

D’autres insultent hystériquement, sur leurs blogs, les autres auteurs d’articles sur Roland Jaccard. A croire que certains faisaient, ou continuent à faire un complexe d’Oedipe vis-à-vis de Roland Jaccard. De mal « oedipés », en quelque sorte (« oedipé », joli mot, présent par exemple chez Valéry Larbaud).

Le fait est, à mon humble avis, que l’intégralité de ces articles va de la médiocrité ordinaire à la très grande médiocrité. Qu’ils proviennent d’écrivains ou de journalistes, la majorité de ces articles – et de ceux qui les contestent – m’ont hélas convaincu que personne n’avait compris grand-chose ni à Roland, ni à sa mort. En tout cas, pas la même chose que moi.

C’est une chose triste que d’assister ainsi aux tentatives de récupération politiques, ou simplement personnelles, qui succèdent généralement à tous les suicides. Notamment les suicides d’écrivains. Mais tel est le drame de certains artistes qui, dans un monde moderne qui se caractérise par le vide du néant, ont parfois la faiblesse de s’entourer d’ineptes.

J’ai appris, pour ma part, que tous mes amis écrivains suicidés (j’en ai connu plusieurs) disaient du mal de moi à leurs amis, tout comme ils me disaient, à moi, du mal de leurs amis. Je trouve cela parfaitement normal. J’ai appris aussi qu’il n’y a aucune explication, à un suicide, qui vaille davantage qu’une autre. La seule explication n’est même pas forcément celle qu’a donnée un écrivain dans son oeuvre. La vraie explication, seul le suicidé la sait complètement. Et ceci vaut, évidemment, pour tous les suicidés. Et, pour ne parler que de quelques suicidés « de l’automne », Roland Jaccard (20 septembre), Montherlant (21 septembre), Guy Debord (30 novembre) et puis ceux qui, comme David Hamilton, ont été suicidés (25 novembre).

J’ai échangé au bas mot quelques dizaines de courriels sur le suicide avec Roland. Je n’en sais pas davantage que quiconque. Je n’en sais pas forcément moins. Il faudra que j’en parle, un de ces jours.

Ce ne sera pas moins intéressant, je pense, que ce qu’on lit depuis une semaine sur un suicide que certains donnent en quelque sorte en spectacle mais, surtout, dont c’est sans le moindre talent – littéraire ou autre – qu’ils en mettent en scène le récit.

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Une bonne nouvelle pour la littérature: quand un écrivain trouve d’un coup onze lecteurs dont cinq à plein temps

Vous ignorez peut-être qui est Francesca Gee. Si tel est le cas, sachez que cette dame bénéficie ces jours-ci d’une certaine publicité dans la presse, parce qu’elle est à compter au nombre des deux accusatrices de l’écrivain Gabriel Matzneff. En d’autres termes, elle évoque l’enquête lancée au sujet de Matzneff, enquête selon toute probabilité vouée à l’enlisement. Ce qu’elle déplore. Dura lex sed lex.

Le livre en question paraît – quelle méphistophélique, machiavélique, prodigieuse habileté! – le 28 septembre, jour où aurait dû commencer un procès contre Matzneff. Procès qui n’a nullement commencé. Ce modeste blog l’avait annoncé des mois auparavant. Pas de procès? Voilà qui irrite prodigieusement Francesca Gee.

Lors de la publication en janvier 2020 des oeuvres complètes de Vanessa Springora, Le Consentement, le parquet de Paris avait ouvert une enquête contre Matzneff. Selon Francesca Gee, qui a eu une relation avec Gabriel Matzneff autrefois (elle avait 15 ans, lui 37, rien d’illégal selon la loi, dura lex sed lex), un policier cité dans L’Arme la plus meurtrière lui aurait confié, au début 2020 : « Nous sommes onze au total et trois, quatre, cinq à plein temps sur cette affaire. »

Malheureusement, il semble bien – selon la presse – que même en s’y mettant à onze, dont cinq à temps plein, ces fins limiers n’aient rien trouvé contre Matzneff. C’est du moins ce qu’indiquent à l’AFP des sources judiciaires et policières. Ce qui signifierait que l’on irait vers un classement sans suite, dans quelques semaines ou quelques mois. Une « source proche du dossier » – comme on cause en jargon journalistique – aurait précisé (à qui? mystère et boule de gomme) qu’il resterait encore des textes à analyser. Ma foi, tout cela n’aura pas servi à rien. Onze enquêteurs vont se cultiver dont cinq à temps plein, et Matzneff aura gagné onze lecteurs d’un coup, lui qui n’en avait pas.

Interrogée par l’AFP, Francesca Gee ne semble pas étonnée. Après être allée « témoigner » à Nanterre, dit-elle, « j’ai tout de suite dit qu’ils ne trouveraient pas de victime ». Grands dieux, on comprend l’embarras de la dame mais certes, si l’on ne trouve pas de victime, que va-t-on bien pouvoir reprocher à un homme de 85 ans?

Une consolation. La tentative littéraire de Francesca Gee, même si elle n’a pas trouvé d’éditeur, fait beaucoup parler d’elle. Quand Gabriel Matzneff a recours à la publication à compte d’auteur, c’est semble-t-il un immense scandale et une preuve de son absence de talent. Quand c’est Francesca Gee qui agit de la sorte, elle bénéficie de l’approbation et du soutien de tout (ou presque) le monde journalistique parisianiste, et son talent à elle est sublime.

En 1994 et 2004, dit-on, la dame a tout fait pour présenter des manuscrits aux éditeurs. Et a essuyé des refus pour des raisons « qu’elle ne s’explique pas ». Si elle ne se les explique pas, sans doute peut-on suggérer que cette histoire (l’histoire d’une fille de divorcés parmi des milliers ou des millions d’autres filles de divorcés, avec un père favorable à sa liaison avec Matzneff, et une mère qui l’accusait de lui avoir volé son amant) n’a pas passionné les éditeurs?

« Je suis très contente, j’ai un sentiment d’accomplissement, tellement tout a été fait pour m’empêcher de publier », a-t-elle témoigné au Monde en ajoutant que l’autopublication de son ouvrage « était une nécessité quasi vitale » pour que « l’objet existe ». Euh, vitale pour qui?

« Qu’est-ce qui a changé pour lui ? » se demande pour sa part la dame au sujet de Matzneff. « Il ne vit plus dans le 5e, il vit en Italie, et il y a des gens qui paient pour ça ». Grands Dieux, vivre en Italie ne devrait pas conduire Matzneff à l’échafaud, pas davantage que le fait que des gens (dont on suppose qu’ils sont libres de faire ce qu’ils veulent de leur argent) paient pour cela. A moins naturellement que la dame Gee ne rêve de voir Matzneff, 85 ans, se lever tous les matins à l’aube et aller trimer durement pour gagner son pain quotidien? Ou encore, bien que les travaux forcés soient en droit pénal français une peine de droit commun, temporaire ou perpétuelle, effectuée au bagne de Guyane, mais abolie en 1936 (trois ans après la naissance de Matzneff), il est relativement improbable qu’elle soit remise en honneur pour lui.

Encore qu’en ces temps de vaccination obligatoire ou implicitement obligatoire et de « green pass » « jusqu’à l’été 2022 » (hihihi!!!) et de très grande liberté, on ne puisse certes jurer de rien…

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La dernière danse de Roland Jaccard

C’est étonnant ce que l’on écrit parfois sur vous, après votre mort. Certains affirment ainsi que Roland Jaccard serait mort à Lausanne… Raté, il est mort à Paris. D’autres assurent qu’il avait 79 ans. Or, mort deux jours avant l’anniversaire de ses quatre-vingts ans, il en avait évidemment davantage 80 que 79 puisqu’avoir 80 ans, c’est avoir vécu 80 ans.

Lettre de Roland Jaccard au sujet d’Olivier Mathieu, le 20 août 2021, exactement un mois avant sa mort.

Un petit choix d’articles

Article intitulé « Roland Jaccard, penseur de la mort », article sur lequel il est malheureusement difficile de donner un point de vue: il faut créer un compte, pour le lire. C’est ici : https://www.livreshebdo.fr/article/deces-de-roland-jaccard-penseur-de-la-mort

On a aussi cet article-ci, dont on ne peut lire sur Internet que quelques lignes aussi : https://bonpourlatete.com/culture/l-ami-roland-boit-la-cigue-ou-la-mort-d-un-moineau-perdu

Sur un blog de Mediapart: https://blogs.mediapart.fr/philippe-borgeaud/blog/230921/roland-jaccard-entre-homere-vernant-et-levi-strauss

Un blog, encore: https://www.lacauselitteraire.fr/hommage-a-roland-jaccard-par-philippe-chauche

A signaler: https://leregardlibre.com/forum/la-derniere-chronique-de-roland-jaccard-jacques-lecarme-et-moi/

Ceci vaut la peine qu’on le regarde : https://www.facebook.com/RTSinfo/videos/19h30-roland-jaccard-est-d%C3%A9c%C3%A9d%C3%A9/1425889274478729/

A RELIRE : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/03/14/des-textes-de-roland-jaccard/

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Roland Jaccard et « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », et autres livres disponibles

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », 2020: la couverture

Il est amusant (à moins qu’il ne soit infiniment triste) de constater que, par exemple sur Twitter, des gens qui n’ont jamais lu « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs » (livre que j’ai cosigné avec Roland Jaccard en 2020) délirent littéralement au sujet de cet ouvrage…

On retrouve ici la propension qu’ont beaucoup de gens, dans la société moderne, et notamment sur Twitter, à se livrer à des amalgames d’une stupidité confondante…

Du genre: Roland Jaccard avait été lié d’amitié à Matzneff, ce dernier a été pour sa part la cible d’accusations médiatiques (mais les procès que des ligues de vertu voulaient lui intenter n’ont pas eu lieu, et il n’a été condamné à rien), donc si Roland Jaccard a collaboré à un livre intitulé « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs » (claire allusion, pourtant, au grand Marcel Proust), alors ce livre doit forcément être scandaleux…

Et là-dessus de courageux internautes, opérant sous pseudonyme, se livrent sur Twitter à des insultes contre Roland Jaccard (qui, étant parti, ne peut plus se défendre), en d’autres termes outragent la mémoire d’un mort, et multiplient ensuite des élucubrations absolument grotesques mais, il faut le dire, fort cocasses.

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs » (livre publié par Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie) est un livre d’une grande poésie, je crois; et il a en outre l’intérêt manifeste de présenter un texte de Roland Jaccard, où il annonçait son suicide, qu’il a ensuite mis en oeuvre en septembre 2021.

Mais voilà, sur Twitter, des gens s’en prennent à un livre qu’ils n’ont pas lu et bâtissent, à son sujet, de vraies… théories du complot.

Ne serait-il pas plus simple, plus honnête, plus intelligent que tout un chacun lise « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs« , et donc le très beau texte de Roland Jaccard qu’il contient?

LE TEXTE DE ROLAND JACCARD EST ICI : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/11/02/le-suicide-apres-lete-un-inedit-de-roland-jaccard-dans-ma-petite-bande-de-jeunes-filles-en-fleurs/

Et voici mon propre texte intégral: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/a-lire-ma-petite-bande-de-jeunes-filles-en-fleurs/

Il est véritablement conseillé à tout un chacun de lire ces textes littéraires charmants et poétiques, avant d’aller voir ce que des gens (qui ne les ont pas lus), parfois des intellectuels présumés (ou intellectuelles présumées), obsédés par la recherche de « sorcières » à chasser, trouvent à en dire sur Twitter…

Roland Jaccard, 2020

Sur Roland Jaccard, lectures complémentaires.

On pourra lire : Roland Jaccard et les nymphettes : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/06/07/roland-jaccard-et-les-nymphettes-dans-mon-coeur-sur-lechiquier/

Dans la presse suisse, signalons: https://www.rts.ch/info/culture/livres/12507173-lecrivain-journaliste-et-editeur-roland-jaccard-est-decede.html

Ou encore: https://www.tdg.ch/roland-jaccard-est-decede-459395562434

Ainsi que : https://lecourrier.ch/2021/09/21/lecrivain-et-editeur-roland-jaccard-est-decede/

Pour qui comprend l’anglais : https://news.in-24.com/lifestyle/books/122711.html

Pour qui comprend l’italien, cet article (qui cite surtout ses livres traduits en italien): https://www.repubblica.it/cultura/2021/09/21/news/si_e_tolto_la_vita_lo_scrittore_roland_jaccard_nelle_sue_opere_l_ossessione_della_morte-318769869/

Et (toujours en italien) ce fort bel article de Cesare Martinetti : https://www.lastampa.it/cronaca/2021/09/21/news/cultura-suicida-lo-scrittore-roland-jaccard-nelle-sue-opere-l-ossessione-della-morte-1.40726443

Photographie David Hamilton. C’est une photographie datant des années 1960, probablement de l’été 1971, et certainement pas postérieure à juin 1972. Chose intéressante, elle a été publiée dans le fameux « Magazin », publication paraissant en DDR (Allemagne de l’Est).

LIVRES ENCORE DISPONIBLES

Que dire encore, sinon que les personnes éventuellement intéressées par la lecture de « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs » (un livre co-signé en 2020 par Roland Jaccard et moi, avec un texte de lui où il évoquait son projet de suicide) peuvent se le procurer auprès de nous.

Tout pareillement, mon roman « Mon coeur sur l’échiquier » (2020), dont Roland Jaccard est l’un des personnages principaux.

Outre « Mon coeur sur l’échiquier » (2020) et le récit « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs » (2020), d’autres livres sont encore disponibles, entre autres mon roman « Dans le ciel » (2019), mes livres « Encore une gorgée de soleil » (2021) et « Les enfants des aprems » (2021). Et mes romans « Jouissive à Venise » (2013), « Châteaux de sable » (2014), ou encore mon livre sur David Hamilton « David Hamilton suicidé, mais par qui? »

Tous ces romans et textes littéraires, récents, sont disponibles dans la seule mesure des stocks disponibles. Les personnes éventuellement intéressées par ces lectures sont priées de m’écrire au plus vite, en laissant un commentaire (qui ne sera pas publié) et en indiquant par quels ouvrages elles sont intéressées ainsi que leurs nom, prénom, adresse courriel, et adresse postale. Les demandes incomplètes ne seront pas prises en considération.

Phptographie, prise le 25 novembre 2020, de l’un des appareils photographiques « historiques » de David Hamilton. L’appareil a été photographié devant « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs ». Le livre est paru à l’automne 2020.

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Les enseignements de la mort de Roland Jaccard

Roland Jaccard et Gabriel Matzneff (photo empruntée au blog de Roland Jaccard)

La mort de Roland Jaccard enseigne, ou devrait enseigner beaucoup de choses aux hommes de ce temps…

Mais est-ce le cas? Il ne me semble point.

Voilà que, maintenant que Roland s’est suicidé, M. Roger Pol-Droit (un ami de Roland, qui avait été son collègue au Monde) cite, justement dans le Monde, le blog de Roland Jaccard. Depuis combien d’années Le Monde n’avait-il plus cité « l’affreux » Roland Jaccard? Or voilà, il a suffi que Roland se suicide pour que l’on ait la preuve que le blog de Roland Jaccard était connu au Monde. Voire que son blog était suivi.

Cet article, qui est un bel article, se trouve ici: https://www.lemonde.fr/disparitions/article/2021/09/21/mort-de-l-essayiste-et-chroniqueur-roland-jaccard_6095500_3382.html

Roland Jaccard, (éternel) enfant

On a aussi le cas de plusieurs autres personnages, dégageant pour certains d’entre eux un délicat parfum de brillantine à défaut d’être vraiment brillants et qui, oublieux de leurs brouilles passées avec Roland, évoquent son décès.

A signaler un très bel article de Jérôme Leroy, dans Causeur. Et puis un autre de Tahar Ben Jelloun, dans Le Point.

Et puis, on trouve sur Internet un article où des gens se réjouissent ouvertement du suicide de Roland Jaccard, et le traitent de « pédocriminel » (sic). Chose des plus amusantes car, si l’on comprend bien, Roland Jaccard (jamais condamné à rien) serait un « pédocriminel » pour avoir fréquenté jadis Gabriel Matzneff qui, pas davantage, n’a à ce jour été condamné à rien. Cet article, sur Internet, se rend coupable d’outrage à un mort (Roland Jaccard) mais aussi d’incitation au suicide puisque l’auteur de l’article en question exprime l’espoir que Gabriel Matzneff se suicide prochainement: https://www.lelibrepenseur.org/roland-jaccard-lami-intime-de-gabriel-matzneff-sest-suicide/

Roland Jaccard https://leblogderolandjaccard.com/2021/01/04/ce-4-1-2021/

Enfin, on notera pour la toute petite histoire que tous les journaux, depuis « Le Monde » jusqu’au site du magazine « Eléments », en passant par Causeur et Tahar Ben Jelloun, passent tous sous silence que Roland Jaccard avait préfacé en 2017 un de mes livres (C’est David Hamilton qu’on assassine), m’avait consacré de 2016 à 2021 une vingtaine de vidéos (je les possède toutes), sans parler d’une dizaine d’articles sur son blog et sur d’autres sites, et enfin deux articles dans la presse française (le journal mensuel Le service littéraire).

Comme, pour ma part, j’avais fait de Roland Jaccard le personnage principal de mon roman Mon coeur sur l’échiquier (2020), et que par ailleurs nous avions échangé entre 2016 et 2021 environ trois mille courriels (que j’ai conservés) sans parler de dizaines de lettres manuscrites (ou de livres dédicacés), on voudra bien admettre qu’il y avait entre nous une certaine proximité, voire une proximité certaine.

Or, miracle des miracles, voilà quelque chose qu’avec une unanimité des plus touchantes, aussi bien Le Monde que le site du magazine Eléments (et à leur suite tous les journaux français, suisses, italiens qui ont parlé du suicide de Roland) se gardent de signaler. Bizarre, bizarre, comme disait le grand Louis Jouvet…

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », 2020: la couverture

Et pourtant, en 2020, Roland Jaccard a co-signé avec moi le livre Ma petite bande de jeunes filles en fleurs (ouvrage édité par les Editions des Petits Bonheurs). Il se trouve que Roland, dans ce texte (où il me citait, ici encore) annonçait son suicide de 2021. Mais voilà un détail qui a dû échapper à la sagacité de M. Tahar Ben Jelloun ou à celle du magazine Eléments.

Et pourtant, c’est bien dans Ma petite bande de jeunes filles en fleurs que Roland Jaccard, tout récemment en tout cas, avait annoncé son suicide en toutes lettres: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/11/02/le-suicide-apres-lete-un-inedit-de-roland-jaccard-dans-ma-petite-bande-de-jeunes-filles-en-fleurs/

Je me souviens de nombre de conversations que j’ai eues en compagnie de Roland, et de l’ironie qu’il déployait par exemple à l’égard d’un pseudo-philosophe parisien et parisianiste (actuellement encore en vie). J’avais parlé de ce pseudo-philosophe et des propos critiques de Roland Jaccard à son égard dans mon roman Mon coeur sur l’échiquier.

Mon coeur sur l’échiquier (roman), 2020, Editions des Petits Bonheurs

On pourrait suggérer à tant de brillants journalistes, philosophes à brillantine et auteurs de notices nécrologiques (car, selon mes informations, à défaut de savoir écrire, ils savent sans doute lire, j’entends par là déchiffrer les signes typographiques qui constituent l’alphabet) de se procurer et de lire, par exemple, « Mon coeur sur l’échiquier » et « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs« …

« Mon coeur sur l’échiquier », roman dont Roland avait ensuite dressé une recension élogieuse sur son blog https://leblogderolandjaccard.com/2020/05/30/le-billet-du-vaurien-olivier-mathieu-met-son-coeur-a-nu/

Roland Jaccard et Olivier Mathieu, Paris, février 2020

Quelques autres textes à lire : https://leblogderolandjaccard.com/2018/11/12/olivier-mathieu-dit-merci-a-toutes-les-filles/

Ou : https://leblogderolandjaccard.com/2020/10/07/olivier-mathieu-et-ses-amours-denfance/

Ou: https://leblogderolandjaccard.com/2020/02/03/comment-la-societe-fabrique-des-parias-gabriel-matzneff-et-olivier-mathieu/

Ou enfin : https://leblogderolandjaccard.com/2021/02/28/a-onze-kilometres-de-gourville/

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Roland Jaccard est mort

Roland Jaccard et Olivier Mathieu, Paris, février 2020

Roland Jaccard s’est donné la mort, le 20 septembre 2021. Montherlant, lui, avait choisi le 21.

Il y avait des dizaines d’années que Roland l’avait annoncé. Il a tenu parole.

Il l’avait répété, il y a environ un an, dans un livre que nous avions signé ensemble, Ma petite bande de jeunes filles en fleurs (éditions des Petits Bonheurs dirigées par M. Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie).

Roland Jaccard, 2020

Ces dernières années, Roland et moi avions échangé des milliers de courriels et des dizaines de lettres.

Roland m’avait consacré d’innombrables articles sur son blog, et aussi deux articles dans le journal Le service littéraire. Il avait préfacé mon livre (2017) C’est David Hamilton qu’on assassine. J’avais fait de lui l’un des personnages principaux de mon roman Mon coeur sur l’échiquier (2020).

Il y a quelques jours, j’avais recu une lettre manuscrite de lui. J’ignorais que ce dût être la dernière.

Ma tristesse est infinie, comme l’est le vide qu’il va laisser.

Et pourtant, Roland, que te dire sinon: chapeau, l’ami? L’une des plus belles rencontres amicales et littéraires de ma vie.

« Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », 2020: la couverture

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Qui se retourne dans sa tombe, Louis Pasteur? Ou Joseph Meister, le miraculé du « vaccin »?

Selon Castex, Pasteur se retourne dans sa tombe. Castex, qui est pourtant premier ministre de la France, pays dont la langue est le français, ignorerait-il la différence entre tombe et tombeau? La tombe est une fosse mortuaire. Le tombeau est un sépulcre, un monument élevé à la mémoire d’un mort à l’endroit de l’enterrement. Et si Pasteur n’a pas de tombe, il a un tombeau. Son corps embaumé fut déposé dans l’un des caveaux de Notre-Dame, puis rapidement transféré – le 27 décembre 1896 – dans une crypte de l’Institut Pasteur. Tout ceci pour dire que si Pasteur repose dans un tombeau, il aurait beaucoup de difficultés à se retourner dans sa tombe.

C’est en outre un très pauvre argument que de faire de Pasteur je ne sais quel génie. A partir de 1885, Pasteur a fait des essais dits scientifiques sur l’homme, après en avoir fait de très nombreux sur des animaux (mais jamais, auparavant, des essais contre la rage). Toute personne sachant de quoi elle parle, ou cherchant la vérité vraie (et non pas la propagande), vous dira en outre que Pasteur a tout fait – c’est de notoriété publique – pour que l’on ne parle pas de ses (innombrables) échecs. Par exemple un certain Girard, sexagénaire, inoculé le 5 mai 1885, était censé développer une rage déclarée. C’était douteux, pour ne pas dire parfaitement improbable. Quant à une fillette, Mademoiselle Poughon, elle doit sa célébrité au fait d’être morte en juin 1885 au lendemain de la « vaccination » que lui avait aimablement prodiguée Pasteur.

Là-dessus, le 6 juillet 1885, on conduit auprès de Pasteur un jeune enfant, âgé de neuf ans, Joseph Meister, mordu l’avant-veille par un chien. Roux, l’assistant de Pasteur dans leurs recherches sur la rage, refuse catégoriquement de participer à l’injection! Deux autres médecins, MM. Alfred Vulpian et Jacques-Joseph Grancher, justifient en revanche la « vaccination ». Autrement dit, ils légitiment que Meister soit un cobaye. Joseph Meister reçoit donc treize inoculations en dix jours. Il ne développera jamais la rage. Et alors? La valeur de preuve « scientifique » du cas de Joseph Meister a laissé et laisse sceptiques de très nombreux professeurs, spécialistes, écrivains ou éditeurs (j’en parlais moi aussi avec un éditeur de gauche, dès les années 1980, à Paris).

Si M. Castex se renseignait, il saurait que n’existe aucune preuve, pas la moindre, que le chien qui avait mordu Joseph Meister ait été un chien enragé. Ce qui voudrait dire que Pasteur, le génie à la mode en 2021 et en ces temps de « pandémie », aurait guéri « de la rage » un enfant qui n’a jamais eu la rage. Qu’on le veuille ou non, aucune inoculation de substance prélevée sur le chien ne fut faite. Dans une communication à l’Académie de médecine (datée du 11 janvier 1887), Peter, grand clinicien de l’époque, expliqua pour quelles raisons (Bulletin de l’Académie de Médecine, 2e série, t. 17, 1887, séance du 11 janvier 1887, p. 51). Quant à Victor Babès, qui fut quant à lui un disciple de Pasteur, il confirma dans son Traité de la rage que l’on n’avait aucune certitude que le chien ayant mordu Joseph Meister fût un chien enragé. Ce qui veut dire que si Pasteur se retourne dans sa tombe, comme cause Castex, c’est peut-être avant tout parce qu’il doit s’amuser d’être devenu l’idole du XXIe siècle pour avoir tué certains de ses « vaccinés » ou pour en avoir guéri d’autres qui n’étaient pas malades, réussissant enfin le prodige de guérir de la rage Joseph Meister qui n’avait pas la rage. Redisons-le pour qui ne comprendrait pas ce qu’il lit, le diagnostic de « rage » chez le chien qui avait mordu Meister est considéré au mieux comme incertain dans une multitude de livres et de traités scientifiques. Pasteur n’avait aucune preuve que le chien fût enragé. En 2008, le professeur Hervé Bazin a écrit : « L’animal était enragé, du moins avait-il été déclaré tel par l’homme de l’Art. En fait, une simple autopsie n’a jamais permis de préciser, avec certitude, un diagnostic de rage. » Dès 1996, Maxime Schwartz, alors directeur général de… l’Institut Pasteur, reconnaissait que : «Pasteur n’est pas perçu aujourd’hui comme il y a un siècle ou même il y a vingt ans. Le temps des hagiographies est révolu, les images d’Épinal font sourire, et les conditions dans lesquelles ont été expérimentés le vaccin contre la rage ou la sérothérapie antidiphtérique feraient frémir rétrospectivement nos modernes comités d’éthique ». Pour terminer, Pasteur imposa encore à Joseph Meister, après la série des treize inoculations « vaccinales », une ultérieure injection dite « de contrôle ». Ladite injection de contrôle risque tout bonnement de tuer le sujet. Pasteur a reconnu tout cela : « Joseph Meister a donc échappé, non seulement à la rage que ses morsures auraient pu développer, mais à celle que je lui ai inoculée pour contrôle de l’immunité due au traitement, rage plus virulente que celle des rues». Résumons. Joseph Meister (plus tard mort gazé en 1940) est un véritable miraculé. Mordu par un chien qui n’avait pas la rage, n’ayant pas la rage lui-même, le cobaye Joseph Meister a eu énormément de chance de n’avoir pas suivi la petite Julie-Antoinette Poughon morte au lendemain de l’injection, et de n’être pas mort suite aux treize piqûres de Pasteur et de ses collaborateurs, puis suite à la quatorzième injection. Plusieurs auteurs, par exemple André Pichot dans son anthologie d’écrits de Pasteur en personne, a laissé clairement entendre que Pasteur semblait avoir quelques difficultés à distinguer entre ses cobayes animaux et ses cobayes humains…

Nous sommes en France, pays où David Hamailton, plus grand photographe français du vingtième siècle, a été la cible d’une campagne ignoble de haine contre lui. Et où le premier ministre – Castex – dit : « Pasteur est déjà bien agacé sans doute par ceux qui considèrent que la vaccination est un danger, il doit se retourner dans sa tombe »…

Un monde qui marche littéralement sur la tête. Le monde à l’envers. Complètement à l’envers.

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La rage de l’Enragé et le vaccin à Macron

Un montage d’un (parfaitement improbable!) hybride de Macron et d’Adolf Hitler est apparu, si j’en crois la « grande » presse, sur des affiches proclamant par exemple «Obéis, fais-toi vacciner», sur quelques panneaux, à La-Seyne-sur-Mer, ainsi qu’à l’entrée de Toulon. Toujours d’après la presse, le parti macrono-vaccinal aurait même déposé plainte pour «injure et incitation à la haine» contre un certain Michel-Ange Flori, à l’origine des affiches en question. Ce monsieur, paraît-il habitué d’environ 400 panneaux entre Bandol et Hyères, serait coutumier de telles campagnes.

J’avoue qu’il m’échappe un peu les raisons pour lesquelles la presse unanime parle de « Macron grimé en Hitler », et pas de « Hitler grimé en Macron », et qu’il m’échappe encore davantage comment on peut comparer les deux. Peu importe. En tout cas, Michel-Ange Flori a brillamment réussi à faire parler de lui. «Je viens d’apprendre que je serais entendu au commissariat de Toulon demain sur plainte du président de la république. Ainsi en Macronie on peut se moquer du cul du prophète c’est de la satire mais grimer le président en dictateur c’est un blasphème», a-t-il « twitté ».

«Vous voyez Hitler, mais on peut y voir Staline, ou moi j’y vois Charlie Chaplin dans Le dictateur», aurait-il aussi déclaré à l’AFP. Certes, si en cette année 2021 une plainte a réellement été déposée contre lui, on pourrait se demander en quoi Michel-Ange Flori n’aurait pas le droit de se livrer à la caricature, tout comme l’avait fait Charlie Chaplin dans Le Dictateur (en anglais The Great Dictator), film américain se voulant clairement satirique, sorti dès 1940. Et qui se passait dans un pays nommé la Tomainia (Tomanie en français).

Ces affiches visent à se poser des questions sur «cette démocratie où les décisions sont prises sans discussion lors d’un conseil sanitaire», a dit Michel-Ange Flori. Propos de simple bon sens (si quelqu’un préfère voir Charlie Chaplin que Macron dans une caricature de Hitler, qui veut le lui interdire?) et, à tout le moins, y a-t-il ici de quoi fouetter un chat?

Reste maintenant à voir, toujours dans l’hypothèse où une telle plainte ait été déposée et aboutisse à quoi que ce soit, ce qu’un tribunal pourra décider contre Michel-Ange Flori.

Une affiche qui propose certes un parallèle – répétons, entre Macron et Adolf Hitler – qui ne tient pas debout (toute personne ayant encore un rien de sens critique en conviendra), mais que veut-on faire ici encore de la liberté d’expression, notamment de celle de M. Michel-Ange Flori?

Nous illustrons cet article de quelques caricatures, généralement anti-gaullistes, parues en 1968 dans « L’enragé », fameux journal anarchiste publié par Jean-Jacques Pauvert. Et journal auquel collaboraient de grands noms de la presse française d’alors. Citons, qu’on les aime plus ou moins, Wolinski, Siné, Cabu, Reiser, caricaturistes dont très peu sont restés des rebelles et donc beaucoup ont glissé vers la petite-bourgeoisie et le politiquement correct. Certes. Mais en 1968, ils n’avaient pas encore eu le temps de se renier, de se transformer en girouettes ou de retourner leur veste.

En 1968, la presse en France – sous Mongénéral De Gaulle!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! – publiait des articles et des dessins anti-gaullistes. Fréquents, dans quasiment tous les numéros, les dessins où De Gaulle était ainsi assimilé à Adolf Hitler. Dès lors, cela va de soi, c’était des parallèles simplistes, parfaitement inexacts. Il était évidemment absurde de comparer les CRS (abréviation pour: Compagnies Républicaines de Sécurité) aux SS (abréviation pour: Schutzstaffel). Macron peut-il croire qu’il y ait en France quelqu’un d’assez inculte, en 2021, pour le comparer à Adolf Hitler? Pour se livrer sérieusement à une offense tellement aberrante?

Il faut considérer que le grand Maurice Sinet dit Siné (31 décembre 1928 – 5 mai 2016), Wolinski, Cabu, Reiser étaient (un rien) davantage libres de publier les dessins qu’ils voulaient en 1968 que Michel-Ange Flori sur quelques affiches, en 2021.

D’amusante façon, Macron « est Charlie » – le Charlie le plus récent, certainement pas le « Charlie » des années 1970 qui, comme « L’enragé », était alors très souvent un journal d’un très grand courage et d’une très grande liberté d’esprit.

Aujourd’hui, Macron porterait plainte contre ces affiches, tout comme Raymond Marcellin, né le 19 août 1914 à Sézanne (Marne) et mort le 8 septembre 2004 à Paris, ministre de l’intérieur de Mongénéral de 1968 à 1974, Marcellin qui aimait tant l’ordre gringalet-musclé d’après les (non) événements de mai 1968, poursuivait Jean-Jacques Pauvert (8 avril 1926 – 27 septembre 2014), Siné et les autres.

Toutes considérations dont on ne saurait manquer de tirer de profitables enseignements. Siné avait même dû s’exiler en Amérique centrale, apparemment, pendant quelques semaines! Espérons pour Michel-Ange Flori qu’il ne doive pas à son tour prendre la route de l’exil.

Finissons en notant que beaucoup des photographies artistiques, poétiques et fort chastes de David Hamilton, datant elles aussi des années 1960 et 1970, seraient aujourd’hui impossibles à publier.

Exactement au même titre que les articles ou dessins de journaux comme « L’enragé » ou comme le « Charlie » des débuts, quand la caricature et la satire étaient encore libres en France et où régnait encore un minimum (oh! je dis bien un strict minimum!) de liberté de pensée et de liberté d’expression. Peut-être (mais j’en doute très fort) quelques vieillards s’en souviennent-ils encore.

*

Lire pour commencer à s’informer sur « L’Enragé« : https://fr.wikipedia.org/wiki/L%E2%80%99Enrag%C3%A9

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Ne dites pas les zéros, dites les héros

Non, il n’y aucun hors sujet à parler encore de la finale de fouteballe d’hier, et de David Hamilton. La finale d’hier s’est en effet jouée à Londres, à quelques kilomètres du lieu de naissance de David Hamilton. Lequel était britannique.

David Hamilton, Londres, 1940

Hier, la série des tirs au but des Anglais s’est achevée par trois échecs. Trois échecs de suite, ceux de MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka,voilà qui n’est sans doute pas courant. Il faudrait consulter des statistiques. Et, pour mieux comprendre encore, il serait sans doute intéressant de savoir combien gagnent les trois joueurs qui, à la suite l’un de l’autre, ont en quelque sorte imité leur fameux et prestigieux collègue Lottin (dit M’Bappé).

Enfin, on devrait savoir que des études scientifiques très sérieuses (l’une d’elle est une remarquable étude israélienne, que j’avais lue il y a quelques années: https://www.tandfonline.com/doi/abs/10.1080/14660970802601654#.U7U4C_JVtQU) ont enquêté sur les coups de pied de réparation (en anglais, penalty). Un geste qui n’est pas seulement technique, mais qui – au moins à mon avis – a aussi beaucoup à voir avec la psychologie, le contrôle des nerfs, voire l’intelligence tout court.

La grande maison où David Hamilton passa les plus belles années de son enfance

On parle énormément des insultes qu’auraient reçues sur les réseaux dits sociaux les trois joueurs en question. Je ne peux pas vraiment en juger par moi-même, étant et me voulant totalement absent desdits réseaux sociaux. Mais l’on sait ce que je pense des insultes, et des menaces de mort, anonymes ou pas, et toujours ignobles, qui furent portées en 2016 contre un autre citoyen britannique, David Hamilton.

Tandis que la police anglaise a ouvert une enquête, le premier ministre anglais a dit que les joueurs anglais méritent d’être « loués comme des héros, pas d’être insultés« . Pas insultés, d’accord. Mais, grands Dieux, des héros?… Le héros, dans la mythologie, le héros est un être fabuleux, presque toujours d’origine mi-divine et mi-humaine, divinisé après sa mort. Voilà une définition qui ne me semble pas pouvoir s’appliquer à MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka qui, à eux trois, ont marqué zéro but. Je doute que MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka soient d’origine mi-divine et, étant encore et par bonheur pour eux vivants, ils ne peuvent avoir été divinisés après leur mort. Le héros, ensuite, est un personnage légendaire auquel la tradition attribue des exploits prodigieux. Ici encore, c’est malheureusement raté, à moins naturellement que ce triple ratage micro-historique de MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka ne soit considéré comme un prodige. Le héros, encore, est une personne qui incarne, dans un système de valeurs donné, un idéal de force d’âme et d’élévation morale. Je n’oserais préjuger de l’élévation morale de MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka qui ne sont pas grassement payés, au demeurant, pour leur élévation morale, mais pour leurs (éventuels) talents sportifs.

Que veut donc dire Boris Johnson quand il parle de « héros » qui doivent (?) être « loués »? A la guerre, un héros était jadis – dans les plus grandes armées de l’Histoire – un combattant remarquable par sa bravoure et son sens du sacrifice. Ici, Boris Johnson (s’il connaît le sens des mots) considère-t-il que MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka ont démontré bravoure et sens du sacrifice? Enfin, le héros est celui qui se distingue dans une activité particulière. Le héros de la fête est celui qui y brille par son éclat. Certes, MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka se sont distingués, mais… En quoi ont-ils brillé? En quoi MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka sont-ils des « héros »?

Il n’a fallu que quelques heures pour que la Fédération anglaise de football demande officiellement à la police les « punitions les plus dures possibles » contre des gens suspectés, sur les réseaux sociaux, d’avoir laissé des commentaires hostiles aux trois héros ayant marqué, au tableau d’affichage, un triple zéro. Que beaucoup de ces commentaires soient imbéciles ne fait probablement aucun doute. Vu l’époque où nous vivons, le contraire serait d’ailleurs étonnant.

Cela dit, la vraie question que tout ceci soulève, au moins à mos yeux, est une autre. Comment expliquer, en effet, qu’au bout de quelques instants la Fédération anglaise et le sélectionneur Gareth Southgate et le premier ministre anglais Boris Johnson réagissent aux insultes, présumées ou pas, contre trois joueurs de football, et que la police entre sur l’heure en action, alors qu’il n’y a eu aucune réaction de la part du gouvernement anglais, ou de qui que ce soit, suite à une campagne de presse, de haine, d’insultes et menaces de mort, campagne menée pendant plusieurs semaines, contre David Hamilton?

David Hamilton ne possédait-il pas, tout comme MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka, un passeport britannique? David Hamilton n’était-il pas né à Londres, tout près de l’endroit où l’on a construit beaucoup plus tard le stade de Wembley? David Hamilton n’était pas, à notre connaissance, un citoyen de seconde zone, un zéro. D’ailleurs, en démocratie, il ne saurait y avoir de citoyens de seconde zone.

Un député anglais, David Lammy, a vivement condamné les insultes contre MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka. Quant au prince, William en personne, cet hypersensible a affiché son « envie de vomir » face à des comportements aussi abominables contre MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka. Il a ajouté, naturellement, que « tous ceux qui en sont responsables doivent en répondre ».

Propos que l’on aurait tant aimé entendre lorsque David Hamilton, né à Londres en 1933, fut insulté, diffamé, menacé, menacé de mort sur les réseaux sociaux. Au nom de quel principe juridique serait-il donc légal d’insulter ou de menacer David Hamilton en toute impunité sur les réseaux sociaux? Pourquoi le prince, lors de l’Affaire David Hamilton, n’a-t-il apparemment pas été saisi par d’irrépressibles « envies de vomir » quand un de ses concitoyens, un immense artiste âgé de 83 ans, a été violemment pris à partie et vilipendé?

Une « peinture murale » représentant Marcus Rashford, à Manchester, a subi quelques dégâts après la défaite de l’Angleterre. J’apprends que cette peinture murale avait été réalisée d’après une photographie signée Daniel Cheetham, par un « artiste de rue » du nom d’Akse. Ma foi, d’un point de vue esthétique, la perte ne me paraît pas forcément pouvoir être comparée à celle d’un Van Gogh. La question serait plutôt de se demander si l’on ne pourrait pas, par exemple, réaliser quelque part en Angleterre – son pays natal – une peinture murale de David Hamilton ou de l’une de ses merveilleuses photographies de jeunes filles blondes et éthérées. Au fond, David Hamilton a travaillé pour les plus grands magazines anglais. Il a été l’un des photographes les plus célèbres de la deuxième moitié du vingtième siècle. Ce qu’il a donné à son pays natal saurait-il vraiment être considéré totalement insignifiant? Et complètement inférieur à l’apport, j’allais dire à l’inégalable triple apport de MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka?

Une héroïne de David Hamilton, qui ne ferait pas une vilaine peinture murale.

Conclusion. Savez-vous que l’aspiration du h, dans le mot héros, n’a rien d’étymologique? C’est une aspiration que l’on a artificiellement imposée au seul but d’empêcher la liaison et éviter le calembour : les héros et les zéros.

C’est pour cela que l’on dit les héros (avec h aspiré) mais les (z)héroïnes et les (z)héroïsmes. Ceci vaut depuis le quinzième siècle. Légèrement avant l’époque des héros, comme Boris Johnson a nommé MM. Marcus Rashford, Jadon Sancho et Bukayo Saka.

Nous, M’sieur, si ca ne choque personne, on va continuer à préférer les héroïnes des films de David Hamilton.

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Italie-Angleterre, pandémie et comédie (du spectacle)

Et voilà. La partie entre l’Italie et l’Angleterre est terminée. Elle a eu lieu dans le stade de Wembley, qui se trouve comme chacun sait à Londres. Wembley est une banlieue du nord-ouest de Londres et forme la partie nord du district de Brent. Et David Hamilton est né tout, tout près de là, dans un autre quartier londonien, celui d’Islington.

On a une certitude: David Hamilton, né à Londres, n’aimait pas Londres. Il n’avait pas non plus de sympathies outrancières – c’est un euphémisme – pour les Anglais… Toutes choses qu’il a dites dans une multitude de textes ou d’entretiens avec la presse. Et dans son enfance, en plus, il détestait le cricket! Cela aussi, il l’a dit et écrit. Le cricket étant le sport national en Angleterre, et me dit-on un sport très populaire dans le reste du Royaume-Uni, voilà quelque chose qui démontre (à qui en douterait encore) que David Hamilton n’était certes pas un mouton de Panurge.

Sur David Hamilton et le cricket, voyez: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/05/24/sur-lenfance-de-david-hamilton/

Aujourd’hui, avant la partie Italie-Angleterre, certains spectateurs britanniques ont lancé divers objets, des bombes fumigènes et des bouteilles par exemple, en direction des Italiens, tout en ponctuant leurs agressions de menaces verbales et de quelques coups (et blessures). La presse a parlé de trois Italiens littéralement cernés par des hordes de voyous.

Etonnant, vraiment, d’autant que j’avais cru comprendre que l’Euro, manifestation sportive, devait être une tribune consacrée à l’antiracisme et à l’inclusion. A moins, naturellement, que siffler des hymnes nationaux européens, ou lancer des bouteilles ou des menaces aux Italiens, ne fasse point partie des racismes, ou ostracismes, aujourd’hui condamnables. Ou que l’inclusion doive s’entendre comme l’inclusion de la boxe aux festivités.

Bref, une finale totalement politisée, puisque la reine Elizabeth a fait poster sur le profil Instagram de sa famille une photo d’elle avec Bobby Moore et la Coupe du Monde 66, en souhaitant le succès aux siens. Voilà donc un pays dont la reine espère la victoire de l’Angleterre, comme celle de 1966 due à une arnaque complète, à la suite du « but de Wembley » (tiens, Wembley, déjà) accordé aux Anglais contre les Allemands lors de la prolongation de la finale de la Coupe du monde de football de 1966. Vaguement curieux, de se référer ainsi à un but anti-sportif et de toujours se féliciter, tant d’années après, d’une victoire totalement imméritée. Non? C’est un peu comme si Macron rappelait avec fierté le but accordé à Thierry Henry contre l’Eire, quand ce glorieux « Bleu » s’aida de la main. Remarquez, d’un point de vue pragmatique, certains diront qu’il vaut mieux marquer avec la main comme Thierry Henry que ne pas savoir marquer un penalty (comme M’Bappé), et vive la France!!!

Post scriptum. Voilà, l’Euro de fouteballe est fini et les masses à Wembley ont joui de la liberté de démontrer leur absence totale d’éducation. A propos, qui donc a éduqué – sinon le système éducatif anglais? – des hordes de buveurs de bière, qui leur a enseigné à casser des bouteilles de verre, à conspuer le drapeau italien, à renverser des poubelles dans toute la ville, à lancer des menaces? Un tapis de morceaux de bouteilles – qui pourraient blesser quelqu’un – s’est amoncelé le long des voies d’accès au stade, et la police ferroviaire a signalé que des feux étaient allumés dans de nombreuses gares…

« L’important dans la vie n’est pas le triomphe mais le combat ; l’essentiel n’est pas d’avoir vaincu mais de s’être bien battu. » (Pierre de Courbertin)

Est-ce que William Shakespeare, Edgar Poe, ou l’immense Lord Byron cher à Gabriel Matzneff, méritaient vraiment ça? Est-ce que le londonien David Hamilton, homme et artiste d’une délicatesse aristocratique, méritait vraiment ça? Et est-il difficile de comprendre qu’il ait préféré quitter son pays de naissance, sans le moindre regret, pour Paris et Ramatuelle?

Curieux, vraiment (ou pas curieux du tout, mais très logique), ce monde où les fouteballeurs milliardaires s’agenouillent en signe d’antiracisme, où l’UEFA vient d’infliger une amende de 100.000 euros à la fédération hongroise (pour des cris paraît-il proférés contre les « Bleus » de France), puis où certains supporters anglais sifflent l’hymne national danois, piétinent le drapeau italien ou pètent la gueule à des Italiens?…

En France le tribun Macron, demain, va sans tarder froncer doctement son front plissé de vagues (on est déjà à la quatrième, et m’est avis que la cinquième ne va pas tarder) et se livrer à une nouvelle allocution, et ça va causer « variant Delta », variant blablabla et reconfinements. Quelqu’un veut parier? La vaccination rendue obligatoire par Macron qui avait juré de ne pas imposer la vaccination obligatoire, c’est pour demain, ou seulement pour l’allocution suivante? C’est passionnant, l’histoire contemporaine. Avec Macron, on marche sur les sommets du suspense!

Fini l’Euro, la comédie du spectacle de debordienne mémoire va recommencer de plus belle. Prenez place, M’sieurs Dames, le spectacle va commencer! Le monde à l’usage des gobes-mouches

*

Et la partie?

Entre l’hommage à « Black Lives Matter » (tous à genoux) et le premier but anglais, il ne s’est pas écoulé beaucoup de temps. Pendant la première mi-temps, il ne s’est pour ainsi dire rien passé. Les Italiens ont quand même dû tirer une fois vers le but adverse ce qui, considérant leurs salaires de multi-milliardaires, fait pas mal cher du tir au but. Deuxième mi-temps, dans un autre désert de quarante-cinq minutes d’ennui, l’égalisation de l’équipe italienne. Bref, une finale d’une Coupe dite d’Europe ouverte à tous (ainsi, à l’Italo-canadien Bryan Cristante et aux Brésiliens Emerson dos Santos et Jorge Luiz Frello Filho, celui-ci étant Italien parce qu’il avait un arrière-grand-père italien) à l’image d’une Europe depuis longtemps et irrémédiablement sortie de son histoire, une finale jouée entre deux équipes parfaitement surévaluées, à l’issue d’un tournoi parfaitement minable (Lottin a quand même empoché une prime de 150.000 euros, ce qui m’engagerait quasiment à déposer ma candidature pour la prochaine Coupe d’Europe ou du Monde car, à ce prix-là, je brame de rater un penalty; je me contenterais même, en toute modestie, de la moitié de ce que Lottin se met dans les fouilles pour ça).

Il y a quarante ans, il demeurait dans le sport quelques moments épiques. Aujourd’hui, le sport a rejoint tout le reste dans la nullité planétaire intégrale. Ont donc suivi les « prolongations » de cette agonie pathétique. Les premiers « temps supplémentaires » laisseront autant de souvenirs que Vanessa dans l’histoire de la littérature. Les deuxièmes temps supplémentaires, ceux que laissera Flavie. Quelque chose entre la vacuité, l’inanité et le rien.

Comme le coronavirus a exalté la peur de vivre, les deux équipes ont obéi à la peur de perdre. Edifiant.

Bref, pour qu’on n’y passe pas la nuit, ce furent les tirs au but. Résultat nul, un à un, or la nullité c’est la récompense suprême de l’humanité. Joie dans les chaumières, et va en falloir pour les prochains confinements programmés, qui seront infinis.

Mancini, l’entraîneur italien, voit la Vierge lui apparaître à Medjugorie. Alors la dame, nom de Dieu, a même fait quelque chose pour lui. Dieu est bon, Marie ne l’est pas moins, visiblement. Alleluia.

Il est fort douteux que, s’il avait encore été en vie, David Hamilton ait souhaité la victoire de l’Angleterre. D’autant qu’il adorait – cela aussi, il l’a dit fort souvent – l’Italie. Rome n’est plus dans Rome, elle est toute où je suis, a écrit Pierre Corneille. Que reste-t-il, aujourd’hui, de l’Italie que David Hamilton aimait? Que l’on en soit certain, absolument rien…

David Hamilton se serait simplement foutu, pensé-je, de cette comédie footballistique en temps de pandémie. Pandémie et comédie, tiens, la rime est riche… Richissime…

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Terreur chez les gobes-mouches: un variant capable de tuer dix millions de personnes par jour?

Le dénommé Sean Penn, selon Le Point, vient de déclarer que :

« Je fais partie des Américains qui croient en la science et font confiance dans les vaccins. Je comprends le processus psychologique des gens qui restent toujours sceptiques à l’idée qu’on injecte quelque chose dans leur corps : c’est leur droit. Mais en même temps, aux États-Unis, des digues ont cédé en partie à cause des croyants évangélistes, qui vivent déjà dans leur petit conte de fées et ne cessent d’encourager ce scepticisme. Leur attitude autosatisfaite va finir par rendre malade tout le monde. Tant que toutes ces personnes refusent de se faire vacciner, elles nous font courir le risque de voir arriver un variant encore plus dangereux que le Delta et qui pourrait tuer 10 millions de personnes par jour dans le monde, quel que soit le vaccin. En refusant de se faire vacciner, ces gens nous entraînent vraiment vers la fin du monde. On dirait que certains veulent vraiment rencontrer leur créateur ! » (Source Le Point: https://www.lepoint.fr/cinema/sean-penn-les-antivaccins-nous-entrainent-vers-la-fin-du-monde-11-07-2021-2435017_35.php)

Certes, à notre époque où les « experts sanitaires » abondent, et où plus on est ignorant et plus on peut visiblement dire n’importe quoi, Sean Penn aurait tort de se priver. Il ne se prive pas. Ce qui est le plus amusant est que cette société mondiale prétend faire la chasse aux « fake news », mais permet à un acteur américain de proférer des déclarations politiques, ou pseudo-politiques, sanitaires ou pseudo-sanitaires qui font davantage que friser le ridicule. On est dans le grotesque le plus absolu, la pédanterie la plus profonde, la bêtise la plus abyssalement consternante.

Dix millions de personnes par jour feraient trois cents millions de morts en un mois et un milliard de morts en un trimestre…

Que ne ferait-on pas pour insuffler la terreur chez les gobes-mouches du monde entier?

On « admire » le « discours » d’un monsieur qui, profitant de son aura d’acteur et de sa présence à Cannes, réussit à « croire en la science » avant d’évoquer la « fin du monde », qui joue au fin psychologue en déclarant « comprendre » le « processus psychologique » de qui refuse le vaccin, qui ajoute avec une profonde bonté que « c’est leur droit » (merci, l’ami!) puis qui annonce que l’attitude « autosatisfaite » des non vaccinés « nous » font courir le risque de voir arriver un variant encore plus dangereux que le Delta et qui « pourrait » (p’tèt ben qu’oui, p’tèt ben qu’non, mon gars!) « tuer 10 millions de personnes par jour », avec la précision « dans le monde » (ah bon, pas dans les galaxies?)…

Je vais prier afin que n’arrive pas le variant omega, 666.666.666.666.666.666 millions de fois plus contagieux, et capable de tuer onze milliards d’êtres humains en un quart d’heure!

Un véritable délire… Il est vrai que quand on met sur des piédestals des nullités, on ne peut s’en étonner.

On regrette encore une fois les temps où David Hamilton présentait ses films à Cannes (https://www.festival-cannes.com/fr/artiste/david-hamilton ), sans prétendre philosopher sur la « fin du monde ».

David Hamilton préférait les « Jeunes filles en fleurs » ( voir: https://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes_1972#Courts_m%C3%A9trages ).

A relire aussi, sur Louis Chauvet: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2016/12/25/louis-chauvet-un-membre-eminent-du-jury-du-festival-de-cannes-1951-1952-1953-1960-qui-appreciait-les-films-de-david-hamilton/

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Souvenirs du temps où le Festival de Cannes avait un minimum d’intérêt (« Les jeunes filles en fleurs » de David Hamilton, 17 mai 1972)

Dans le journal Le Monde, un « collectif » signe un texte intitulé: Cannes 2021 :

« Combien de films nous ont ouvert les yeux sur des réalités que nous ne voulions pas voir »

On y apprend par exemple qu’un certain Eric Johnston, président de la Chambre de commerce américaine et de la Motion Picture Association of America, (…) déclara devant la commission des activités antiaméricaines : « Le cinéma américain est, et doit être toujours davantage, une arme de combat contre le communisme. » (Le Monde).

Une jeune fille, Festival de Cannes, 1965

« Face à la crise climatique et environnementale, le cinéma doit jouer son rôle pour permettre de mobiliser des ressources collectives et créatives, estime un collectif d’artistes dont Cyril Dion, Aïssa Maïga, Flore Vasseur ou Marion Cotillard », nous enseigne Le Monde.

Photographie de David Hamilton (années 1972-1974), remontant à la période des films « Les jeunes filles en fleurs » et « Heidi et Sara »

Je ne suis sans doute pas assez intelligent pour comprendre la raison pour laquelle le cinéma « doit » ceci ou cela, et en quoi les personnes composant ce « collectif » sont habilitées à dire ce que « doit » – ou pas – le cinéma. Puis-je par exemple, sans aller en prison, hypothiser qu’il existe encore en France, ou ailleurs, des artistes ou des cinéastes qui se moquent de la « crise climatique et environnementale » comme de leur première chemise? Je ne suis pas non plus assez intelligent pour réussir à traduire ce blablabla, « mobiliser des ressources collectives et créatives », mes propres goûts ayant toujours eu tendance à me porter vers des cinéastes qui se contentaient de faire des films.

David Hamilton et Charlotte Rampling à Cannes, Festival de Cannes, 1977

A relire cet article courageux (mais Roland Jaccard n’est pas un mouton de Panurge): https://leblogderolandjaccard.com/2020/06/29/la-deferlante-ecologiste-est-une-catastrophe-pour-la-planete/

En d’autres termes, l’idée de « mobiliser » (quand la mobilisation sera-t-elle décrétée?) des « ressources collectives et créatives » ne veut rien dire. Pourquoi d’ailleurs des ressources collectives? Les ressources individuelles ne suffisent pas?

David Hamilton le 21 mai 1977 au Festival de Cannes, pour « Bilitis »

Le mot « créatif », enfin, m’a toujours semblé doubler inutilement créateur. A mon humble avis, quand il y avait moins de « créatifs », il y avait davantage de créateurs.

J’en reviens à un autre Festival de Cannes, celui de 1972. Où un film de David Hamilton, « Les jeunes filles en fleurs« , fut présenté. Aujourd’hui, un tel titre serait-il d’ailleurs encore possible? En outre, les jeunes filles de la génération Z me semblent vite fanées, très blasées.

LES JEUNES FILLES EN FLEURS, film de 1972 de David Hamilton, présenté au Festival de Cannes 1972, et autorisé à la vision à partir de 12 (douze) ans

En somme, en ce qui me concerne et très humblement, moi qui cultive la fierté de ne jamais avoir voulu appartenir à quoi que ce soit de « collectif », je préfère regarder Les jeunes filles en fleurs de David Hamilton et autorise dès lors tout un chacun à me classer dans la catégorie des anachroniques, des pas à la mode, des pas de mon époque.

LES JEUNES FILLES EN FLEURS, film de 1972 de David Hamilton, présenté au Festival de Cannes 1972, et autorisé à la vision à partir de 12 (douze) ans

Les films de David Hamilton me permettent, ayant toujours eu les yeux bien ouverts, de contempler une réalité – la réalité de la philosophie david-hamiltonienne de la Jeune Fille – que j’aurais bien voulu continuer à voir dans les rues aussi.

Le cinéma david-hamiltonien, au fond, est, était une arme contre la laideur et contre le déferlement du conformisme liberticide et de l’homologation des moeurs et des comportements contemporains.

A noter enfin cette très intéressante revue datant de 1972. C’est la revue « S » publiée par Europrom (n° du 4 mai 1972). Au sommaire de cette revue dite « pour adultes », on lisait notamment: « 250000 FRANCAIS VIVENT TRES BIEN DANS UNE ENCLAVE DE LIBERTE EROTIQUE, A CANNES LE VRAI FESTIVAL EST CELUI DU FILM EROTIQUE »

On est donc passé du Festival de Cannes 1972, et des « Jeunes filles en fleurs » de David Hamilton, à celui « spécial pandémie » de 2021 qui a pour directeur un certain Spike Lee (lequel, renseignements pris, c’est le pseudo de Shelton Jackson Lee). Le monsieur, explique-t-il volontiers au Monde, « compte redonner foi dans le cinéma » et va ainsi consacrer sa prochaine oeuvrette (longue de huit longues heures) à la « pandémie » et au « 11 septembre ». Original et vertueux.

Document rarissime, probablement inédit sur Internet, au sujet du film HEIDI ET SARA de David Hamilton

Ben, M’sieur Lee, c’est gentil de votre part mais pas besoin de vous déranger pour moi, je n’ai jamais perdu foi dans le cinéma (le cinéma européen du passé) et si ça n’vous ennuie pas évidemment et avec tout le respect que j’vous porte, si vous me trouviez plutôt dans les archives du Festival une copie de Heidi et Sara et des Jeunes filles en fleurs (qui durait neuf minutes… ah! la concision Mister Lee! La concision!) de David Hamilton… merci d’avance M’sieur!

Document rarissime, probablement inédit sur Internet, au sujet du film HEIDI ET SARA de David Hamilton
Document rarissime, au sujet du film « Les jeunes filles en fleurs » de David Hamilton (Festival de Cannes, 17 mai 1972)

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Jeunes filles en fleurs, et êtres de fuite, de David Hamilton

En l’honneur de Marcel Proust, né le 10 juillet 1871, et des « êtres de fuite » (expression proustienne) que furent, aussi, les modèles – pour ne pas dire, comme Genette, les narrataires – de David Hamilton.

Dawn Dunlap. Photo David Hamilton. Tournage de « Laura les ombres de l’été ». 1979.

Proust le grand écrivain, David Hamilton le grand photographe des jeunes filles en fleurs.

Le premier film de David Hamilton, à Cannes en 1972, s’appelait Les jeunes filles en fleurs.

Photographie David Hamilton, parue en album et sous forme de carte postale.Début des années 1970.

A relire: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/04/29/marcel-proust-david-hamilton-et-albertine/

Ainsi que : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/01/16/destins-croises-la-maman-de-proust-des-areoles-au-soleil-roland-jaccard-et-gabriel-matzneff/

Ou encore : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/03/16/marcel-proust-roland-jaccard-david-hamilton-photos-figees-des-choses-qui-nexistent-plus/

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David Hamilton et Helmut Newton

« Helmut Newton l’effronté » de Gero von Boehm, avec Isabella Rossellini, Charlotte Rampling, Catherine Deneuve, Marianne Faithfull et Grace Jones est un documentaire allemand qui sortira le 14 juillet 2021. La critique de ce film donne l’occasion à des journalistes de saluer « l’un des photographes les plus influents de son époque ».

D’un point de vue david-hamiltonien, il y a surtout trois choses à dire.

La première est que David Hamilton n’appréciait guère l’oeuvre de Newton, et qu’il le disait publiquement, dans des entretiens avec la presse, dès 1974, c’est-à-dire au moment du plus grand succès de Newton (photographe à notre avis très inégal).

Voici une déclaration de David Hamilton.

– Que détestez-vous?
David Hamilton: – La vulgarité. En photographie, Les Krims, Newton souvent et Lee
Friedlander. L’avant-garde, les pseudo-révolutionnaires, ils emmerdent. Le bruit, la fureur,
la pop française, de la vulgarité tout cela! Courrèges et ses jupes à mi-cuisses pour mémères
de quarante ans. En photo, une seule exception: Diane Arbus. Elle était authentique et
sa démarche était vraie. Ses émules se prostituent en choisissant les gens les plus laids
dans les rues les plus sordides.

(David Hamilton dans Photo, 1974).

*

La seconde chose est que David Hamilton et Helmut Newton ont souvent partagé la « une » des plus grands magazines. Pour ne parler que de la France, citons le numéro 73 ou le numéro 81 du magazine Photo (David Hamilton, de nouvelles audaces) où l’on trouvait aussi des portraits de Charlotte Rampling par Newton. Ou encore le magazine Lui numéro 226.

Et puis, on retrouve par exemple David Hamilton et Helmut Newton dans le livre Bilderlust (“Erotische Photographien aus der Sammlung Uwe Scheid”), dont il a été question sur ce blog.

Voir : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/10/23/david-hamilton-et-bilderlust-erotische-aktfotografie-1855-1989/

Certains ignorent sans doute que David Hamilton et Helmut Newton, au moins selon certaines sources, auraient eu pendant quelque temps le même agent artistique, John Dunnicliff. Si la collaboration de Dunnicliff avec Helmut Newton est largement documentée, nous croyons savoir quant à nous que celle avec David Hamilton fut nettement plus brève, et s’acheva sans doute – comme David Hamilton en avait l’habitude- par une dispute et une rupture.

Troisième chose, Charlotte Rampling (donc présente dans « Helmut Newton l’effronté » de Gero von Boehm) fut une modèle d’Helmut Newton mais aussi une amie de David Hamilton. On voit notamment Charlotte Rampling et David Hamilton sur des photographies d’autrefois, sur les escaliers du festival de Cannes.

Reste à se demander combien de dizaines d’années il faudra avant que ne soit consacré à l’oeuvre de David Hamilton le documentaire qu’il mériterait plus que quiconque (je parle d’un documentaire de qualité, pas de ramassis de ragots de concierges).

Les deux artistes étaient quasiment contemporains: Helmut Neustädter (plus tard « Newton« ), né le 31 octobre 1920 (et mort le 23 janvier 2004), avait en effet à peine treize ans de plus que David Hamilton.

Cela dit, Newton est très souvent ouvertement sexuel, fasciné par l’univers sado-masochiste, voire pornographe. David Hamilton, lui, était généralement pour ne pas dire toujours plus naturel, proposant une image fondamentalement beaucoup plus originale, à notre avis, jusque dans leur anachronisme, de ravissantes jeunes blondes rattachées à tous les canons d’un nu érotique occidental et, somme toute, classique. Le plus effronté des deux était-il celui que l’on dit?…

Voir aussi: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/09/30/ou-il-est-question-de-claude-francois-david-hamilton-helmut-newton-jeanloup-sieff-et-francois-dumoulin/

Et : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/11/14/marcel-proust-david-hamilton-et-helmut-newton/

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Quand Calogero Cascio rendait hommage à l’objectif érotique de David Hamilton…

Bibliographie david-hamiltonienne.

Voici (plus haut) la couverture de la revue italienne (février 1973) Fotografare. Il en a déjà été question sur ce blog: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2020/11/14/david-hamilton-fotografare/

Ce numéro est particulièrement intéressant parce qu’il contient (pages 34 à 42) un article, intitulé « Obiettivo erotico » (Objectif érotique), qui est illustré par une photo célèbre de David Hamilton (page 36) et contient une analyse de fond de l’oeuvre de ce dernier.

Et en outre, l’auteur de cet article n’était autre que l’immense, que le prestigieux Calogero Cascio (1927-2015), écrivain, l’un des plus grands photographes aussi de son pays et de son époque dans les années 1960 et 1970, et collaborateur de journaux comme le New York Times ou Paris Match.

Bref, un connaisseur jugeait à sa juste valeur l’oeuvre d’un autre géant de la photographie: David Hamilton.

Nul n’aurait songé imaginer, à cette époque, que de petites nullités auraient jamais osé décréter, du haut de leur suffisance de petites nullités, que David Hamilton n’avait aucun talent…

Voyez par exemple: https://www.calogerocasciophotos.com/biografia/

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Pronostics: Italie-Angleterre, la Cour des Miracles

Il faudrait être un parfait naïf, ou un imbécile accompli, voire dans certains cas les deux à la fois, pour penser que les compétitions internationales de fouteballe, pour ne parler que d’elles, obéissent au hasard des rebondissements d’un ballon.

On pourrait sans doute se demander, dans un monde dont l’histoire abonde en événements tantôt inventés, tantôt trafiqués (songeons par exemple – la liste serait interminable – aux guerres déclenchées par les Etats-Unis en Asie sous prétexte d’agressions imaginaires ou « gonflées » dont ils se disaient victimes: ce fut le cas, en 1964, lors des incidents du golfe du Tonkin), pourquoi les rencontres de fouteballe devraient échapper à la règle. Il m’a toujours paru amusant, par exemple, qu’au lendemain de la seconde guerre mondiale l’Allemagne alors dite « de l’Ouest » ait gagné providentiellement la Coupe du Monde.

Venons-en à cet « Euro ». Notons que « l’Europe », ce continent qui n’existe plus et qui n’a pratiquement jamais eu d’existence politique au sens schmittien, est autorisée à jouer à s’appeler l’Europe quand il s’agit de fouteballe.

Il y a bien peu d’Europe dans l’Euro. Des pays qui ne font pas partie de l’UE (comme la Suisse) ont le droit d’y participer. D’autres, comme le Royaume-Uni d’après le Brexit, idem.

L’Etat d’Israël, lui aussi, envoie son équipe nationale jouer les qualifications à cet « Euro », bien que ne faisant pas territorialement partie de l’Europe. Et puis l’Azerbaïdjan, pays du Caucase situé sur la ligne de division entre l’Europe et l’Asie. Et le Kazakhstan, situé majoritairement dans le nord de l’Asie centrale, et qui jouait jusqu’à tout récemment au fouteballe dans les compétitions asiatiques (comme le voudrait la logique de la géographie, ici encore)…

Bref, voilà une compétition surnommée « Euro », où Euro devrait être un diminutif du terme « Europe » et à laquelle participent divers pays qui ne sont pas, en tout ou partie, européens. A se demander, d’ailleurs, pour quels réels motifs la Syrie ou la Jordanie, le Pérou ou la Chine, le Sénégal ou la Mongolie ne demandent pas à s’y inscrire. Ce ne serait pas davantage illogique. Dans un monde ubuesque, cependant, de quoi s’étonner encore?

On a appris hier que le Royaume-Uni post Brexit, participant à cette comédie appelée « Euro 2021 », pour ne pas dire pays organisateur, s’est qualifié – grâce à un penalty imaginaire – pour la finale de cette compétition et rencontrera l’Italie (puisque la France, complice la maladresse insigne de Kylian Mbappé Lottin dit M’Bappé, a été sortie par l’équipe multiculturelle d’un pays, la Suisse, qui ne fait pas partie de « l’Union européenne » mais au moins, géographiquement, de ce que certains êtres anachroniques, tels moi-même, s’entêtent non sans quelque ridicule à encore appeler « Europe »).

Italie-Angleterre en finale, donc, grâce à l’octroi d’un penalty imaginaire. Tiens, tiens. A-t-on le droit de se demander si l’UEFA n’aurait pas voulu remercier Boris Johnson, considéré comme le sauveur du fouteballe européen après son opposition à la Superleague? Et puis, a-t-on le droit de noter que l’Uefa a ignoré les appels lancés par deux gouvernements pour que les demi-finales et la finale ne se jouent pas en Angleterre (où c’est, paraît-il, la fête au variant Delta)? Même le « cri d’alarme » lancé par la surpuissante OMS a été ignoré. L’OMS dicte les décisions des gouvernements sur tout, sauf sur le foot? Ah! Où va-t-on Madame Michu? Cher Guy Debord, il y a de quoi rigoler!

Voilà un monde où des centaines de millions d’Européens ont été jetés aux arrêts domiciliaires pendant plus d’un an, sont technologiquement fichés sous prétexte de veiller sur leur santé, et seront d’ici quelques semaines mis dans l’obligation de se vacciner.

Il faut croire, alors, qu’il y avait des raisons suprêmes à ce que l’Angleterre parvienne (répétons, grâce à un penalty accordé juste avant la fin de la partie contre le valeureux Danemark) à jouer cette finale à Wembley. Surtout que des finales, le Royaume-Uni n’en a pas joué, et depuis pas mal de temps. Plus exactement, depuis 1966, date de l’unique « victoire » de cette équipe grâce à un but fantôme à l’Allemagne. Le tableau commence à s’affiner dans votre té-tête? Bravo!

Venons-en au plus grave. Ne vous souvient-il pas des déclarations du capitaine de l’équipe des Pays-Bas, déclarant qu’il n’aurait pas hésité à quitter le terrain s’il avait été victime de « cris racistes »? N’avez-vous point encore en mémoire les agenouillements collectifs des équipes, avant les rencontres, sous les flashes crépitants des photographes? Cette fois, pendant la rencontre entre le Danemark et le Royaume-Uni, seuls les lasers du public anglais, pointés dans les yeux des joueurs danois, ont crépité. Tandis que ce public anglais sifflait abondamment l’hymne national du Danemark.

Par un grand malheur sans doute fortuit (siffler un hymne national européen ne serait-il pas un crime de racisme, ou d’ostracisme?), tout cela ne semble point causer tant d’émotion. Bref, si le capitaine de l’équipe des Pays-Bas évoque à l’avance d’abominables cris dont il pourrait être victime le lendemain, c’est beaucoup plus intolérable que si tout un stade conspue et insulte l’hymne national danois?

Voilà, Messieurs Dames, que vont entrer sur le terrain de Wembley les équipes d’Italie et du Royaume-Uni. L’Italie, le pays des premiers cobayes à lockdown. Le Royaume-Uni, le pays où il y a eu le plus de millions de cobayes à vaccins.

Comment ne pas être frappé par cette autre coïncidence? Voilà donc des pays où des millions de gens, après un an enfermés chez eux, vont enfin goûter un peu de liberté. Les uns auront la joie immense de voir des fouteballeurs milliardaires gagner. Les autres, la fierté non moins incroyable que leur équipe, composée d’autres milliardaires, ait été en finale. Ivres de bonheur et sans doute pour plus d’un de bière, il ne leur restera qu’à rentrer chez eux. Espérons surtout qu’à l’occasion de tant de festivités libertaires, ils n’attrapent pas le méchant virus Delta (qui est plus contagieux que le précédent mais moins que les suivants). Sinon, hop, retour à la niche, retour au lockdown.

L’équipe d’Italie jouera ainsi dans le stade de ses adversaires, dans un pays où William et sa Kate de duchesse (mazette!) ont déclaré que « la Coupe rentrait à la maison ». A-t-on décidé en haut lieu que l’Angleterre doit absolument gagner une compétition, enfin, et peut-être même sans but fantôme? Oh my god! Et si cela allait jusqu’à réconcilier les duchesses (si, si) Kate et Meghan? Quel bonheur dans les chaumières…

Cela dit, l’Italie ne saurait manquer d’espoir, étant entraînée par Mancini, monsieur habitué aux miracles. Car il a la passion d’aller se balader à Medjugorie, où des milliers de personnes sont persuadées que la Vierge Marie leur apparaît.

Reste aux Italiens à espérer que leur hymne ne soit pas trop sifflé, qu’on ne les aveugle pas exagérément à coups de lasers, et naturellement que l’arbitre ne distribue pas trop de penalties aux uns et d’expulsions aux autres. Quant au virus Delta, il reconnaîtra les siens.

Tout cela offre des perspectives enthousiasmantes pour l’écrasante majorité des Zeuropéens, puisqu’ils auront ensuite la perspective exaltante de la Coupe du Monde 2022 au Quatar. Une petite année de lockdown, de couvre-feu, de pass sanitaire, de frontières fermées, d’experts sanitaires tous les jours à la téloche, et d’allocutions à Macron ici et à Bojo là-bas, toutes choses qui déboucheront sur la vraie de vraie liberté de la Coupe du Monde. Le fouteballe, l’opium des peuples. Le miracle des miracles!

*

A signaler Roland Jaccard saluant lui aussi, ici, l’exploit du gardien suisse face à Lottin (M’Bappé pour les intimes):

« Mais il aurait raté le tir au but de M’ Bappé et l’exploit du gardien suisse Yann Sommer. Peut-être eût-il alors concédé que la vie ne comporte pas que des désagréments. » (Roland Jaccard, source : https://leblogderolandjaccard.com/2021/07/02/pere-ou-es-tu/)

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David Hamilton et les charmes du passéisme

Photographie David Hamilton, parue notamment dans l’un des albums destinés au marché japonais.
Photographie David Hamilton, parue notamment dans l’un des albums destinés au marché japonais.

Il est toujours assez étonnant de s’entendre taxer de passéisme, dès lors que l’on cherche des traces de la beauté qui fut. Le fait est que, sans entrer ici dans des considérations sur la nature du temps, on a plus ou moins le choix entre le passé, le présent et le futur. Le passé, on sait ce qu’il a été. La présent, on peut en contempler l’intrinsèque nullité. L’avenir, dès lors, n’annonce rien de bon. Naturellement, je serais ravi qu’au présent, il existe des photographes comme David Hamilton – et des jeunes filles désireuses de poser pour lui. Je serais ravi qu’il existe des écrivains comme Vladimir Nabokov. Malheureusement, le fait est qu’il n’y en a pas. Les artistes d’aujourd’hui, ou présumés tels, ne leur arrivent pas à la cheville. Voilà ce que je pense.

Photographie parue dans le journal ouest-allemand « Konkret » du 9 mars 1972.

Dès lors, empêché d’aller de l’avant par l’envie de dégueuler, il ne me reste que le retour en arrière, le passéisme si l’on veut, ce qui ne signifie pas non plus l’académisme. Au demeurant, l’académisme d’il y a cent ans était d’une originalité bouleversante, si on le compare avec celui – nullissime – de 2021.

Photographie parue dans le magazine ouest-allemand Konkret, 15 juillet 1971.

On ne devrait obéir qu’à un réel souci de culture. Un souci qui devrait être à la fois naturel, instinctif et organique. On ne peut que souhaiter aux générations de demain (mais au train où vont les choses j’ai de grands doutes à ce sujet) de revenir à Nabokov, à Balthus, à David Hamilton, à la beauté des jeunes filles qui posaient pour le journal ouest-allemand d’ultra-gauche des années 1970 Konkret.

Photographie parue dans le journal ouest-allemand « Konkret » du 13 janvier 1972.
Photographie parue dans le journal ouest-allemand « Konkret » du 15 juillet 1971. Une époque où le magazine ne cessait de revisiter le nu féminin, avec une audace érotique mais jamais pornographique, et une franchise qui s’alliait à l’innocence. Le lien avec la tradition picturale est évident: on songe notamment à la peinture vénitienne, à Titien et à Véronèse, au Corrège, aux artistes de la peinture à la fois charnelle et lyrique. Ou à Courbet.

Oui: quant à nous, sur ce blog, nous préférons employer le (peu de) temps qui nous reste à nous enivrer de la beauté d’hier que de subir la présomption, la médiocrité, la puanteur, la vacuité de ces jours-ci. Ce n’est pas rien que de réunir en soi la vacuité et la puanteur.

Seul le XXIe siècle était capable d’une telle gageure. Il la réalisera amplement. Avec une excellence inégalée.

Dawn Dunlap joue d’abord, en 1979, dans « Laura les ombres de l’été » de David Hamilton. Ici, la photographie (dont David Hamilton n’est pas l’auteur) date des environs de 1982.
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Une photographie rarissime de David Hamilton

C’est avec une très grande émotion que notre blog publie, aujourd’hui, une photographie – que nous croyons rarissime – de David Hamilton.

Une photographie, en noir et blanc, qui est en outre d’une très grande beauté.

Datant des années 1960 ou au plus tard de l’été 1971, c’est en effet une photographie réellement intéressante.

Sauf erreur de notre part, elle est absolument introuvable sur Internet. Mais encore, c’est une image de David Hamilton qui a été publiée jadis – certainement avant juin 1972 – dans la fameuse revue paraissant en DDR, « Magazin » (magazine dont nous avons publié plusieurs images sur ce blog).

Voir : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/03/09/nostalgie-de-la-ddr-deutsche-demokratische-republik/

Photographie David Hamilton. C’est une photographie datant des années 1960, voire de l’été 1971, et en tout cas certainement pas postérieure à juin 1972. Chose intéressante, aussi, elle a été publiée dans le fameux « Magazin », prestigieuse publication paraissant alors en DDR (Allemagne « de l’Est »).
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Mais où sont les petites amoureuses david-hamiltoniennes d’antan?

James Mason et Sue Lyon dans le film de Stanley Kubrick, 1961

Le 2 juillet, il y a quatre jours, c’était l’anniversaire du jour où Vladimir Nabokov est mort. A Lausanne. C’était en 1977.

J’ai des problèmes de vue en ce moment, mais je ne crois pas avoir vu le moindre article dans la « grande » presse.

C’était une belle époque que celle des années 1960 et 1970. On s’en rend mieux compte aujourd’hui.

Encore dans le numéro de mai 1984 de la revue Playboy, édition allemande, pp. 146-156, David Hamilton avait illustré à merveille des textes de Vladimir Nabokov.

*

Comment ne pas songer aussi aux merveilleux films de Jacques Rozier, notamment l’extraordinaire Adieu Philippine et Du côté d’Ourouet?

Il y a quelques années, Roland Jaccard avait écrit, au sujet de mes mémoires: « Et, à propos du cinéma, il évoque les filles – elles sont nombreuses à avoir traversé la vie d’Olivier Mathieu : c’est son côté matznévien – qui, comme lui, se reconnaissent dans les triangles amoureux, depuis l’admirable Adieu Philippine de Jacques Rozier jusqu’à Jules et Jim de François Truffaut, Sérénade à trois d’Ernst Lubitsch et, bien sûr, La Maman et la Putain de Jean Eustache. » (Roland Jaccard)

Adieu Philippine, 1962, film de Jacques Rozier
Adieu Philippine, 1962, film de Jacques Rozier
Adieu Philippine, 1962, film de Jacques Rozier

On pourra consulter aussi : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2017/01/14/les-petites-amoureuses-de-david-hamilton/

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Drames du coronavirus et de l’exclusion: les « variants » dzêta, êta, thêta, iota et kappa abjectement discriminés?

Il y a quelque temps, sur ce blog, le 15 juin 2021, j’écrivais ceci :

« Le 21 juillet, qui sait si le Variant Epsilon (la lettre qui suit le delta, dans l’alphabet grec) ne rendra pas indispensable une ultérieure prolongation des mesures liberticides? Poser la question, c’est y avoir répondu. » (https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/06/15/comedie-su-spectacle-wuhan-teishan-et-variant-epsilon/ )

Voilà, c’est fait! La grande presse vient de découvrir l’inquiétude – que l’on imagine aisément – du gouvernement face au variant Epsilon, Messieurs-Dames!

« Epsilon, un variant américain qui semble être capable d’échapper partiellement à l’immunité, qu’elle soit naturelle ou vaccinale. », nous apprennent la grande presse super-scientifique et les « journalistes scientifiques » frappés par la terreur et chargés de la diffuser, source: https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/delta-epsilon-l-inqui%C3%A9tude-de-l-%C3%A9lys%C3%A9e-face-aux-variants-du-covid-19/ar-AALPFT4?ocid=msedgntp

Et n’oublions pas je vous prie, Messieurs Dames, le variant Lambda!

« Le lambda, n’échappe pas à la règle et inquiète davantage les scientifiques. Il y a de quoi, car par des mutations inhabituelles, il serait bien plus contagieux et plus résistant aux différents vaccins. » Source: https://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/le-variant-lambda-plus-contagieux-et-r%C3%A9sistant-au-vaccin-arrive-en-europe/ar-AALNSNo?ocid=msedgntp

Terrible succession de ces variants qui inquiètent tous davantage que le précédent! Jésus, qui était l’alpha et l’oméga, était un monsieur d’une grande modestie, ma foi. Le « coronavirus », lui, aura-t-il assez de lettres de l’alphabet grec pour annoncer ses « variants » mensuels, puis hebdomadaires voire quotidiens, tous plus méchants les uns que les autres? Je crains que non.

Or, l’Euro de fouteballe sera bientôt fini. Les Français, au moins pour certains d’entre eux, ont eu leurs p’tites vacances. N’est-ce pas là beaucoup de liberté?

Bon, il va être temps – à mon avis – de sonner le retour à la niche. De passer à la vaccination obligatoire. Par catégorie, par classe d’âge, ou en agrémentant les vaccinations (de plusieurs vaccins, de mélanges de vaccins, de doses de vaccins aussi nombreuses parfois que les nouvelles « vagues ») au moyen de loteries (***), ou en payant les gens pour les convaincre, combien diantre d’étapes y aura-t-il jusqu’à l’obligation vaccinale pour tous? Quand traînera-t-on les libres citoyens à la seringue entre deux aimables gendarmes? Suffira-t-il vraiment de « rendre la vie difficile aux non vaccinés », selon l’aimable souhait des Zéminences? Ou encore, d’annoncer que tout le monde va attraper le variant Delta (ce qui impressionne certainement les gobes-mouches mais est complètement faux)?

Le retour à la case confinement et couvre-feu, c’est pour quand, M’sieur? Patience! Car v’là M’sieur Macron, qui va se fendre d’une nouvelle allocution! Confinements et couvre-feu pourront même être affublés – qui sait? – d’autres noms. Ce sera plus chic! Chouette! Pas fini de rire!

On pourrait même baptiser les confinements et l’obligation vaccinale pour tous d’un vieux mot de la langue française (aujourd’hui tombé en désuétude notamment auprès de la génération Z, qui malgré la scolarité obligatoire et la téloche emploie encore – incroyable, pas vrai? – une vingtaine de vocables monosyllabiques, la plupart en angliche). Ce mot était, jadis: liberté.

Bref, tandis que certains pays font semblant de relâcher les restrictions aux libertés, d’autres vont annoncer leur retour sous prétexte de la montée des virus Delta, Epsilon, Lambda.

Reste une question. Pourquoi passer ainsi du variant Epsilon au variant Lambda? Où sont donc passés dzêta, êta, thêta, iota et kappa? Les ligues de vertu spécialistes de l’inclusion ne devraient-elles pas se pencher d’urgence sur cette scandaleuse exclusion? Sur ces atroces discriminations dont souffrent ces lettres grecques (répétons, dzêta, êta, thêta, iota et kappa !) qui en toute logique égalitaire et démocratique, devraient avoir le droit elles aussi à leur variant! Toute lettre grecque n’aurait-elle point droit à son « variant »? Où va-t-on, Madame Michu?

Note au sujet des loteries.

(***) « De manière générale, la question de l’incitation à la vaccination pour la population générale sera également une problématique abordée mercredi. A l’image de ce qui se fait à l’étranger, où des loteries sont organisées pour pousser à la vaccination, de telles initiatives pourraient arriver en France ». (https://www.msn.com/fr-fr/actualite/france/delta-epsilon-l-inqui%C3%A9tude-de-l-%C3%A9lys%C3%A9e-face-aux-variants-du-covid-19/ar-AALPFT4?ocid=msedgntp )

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Liberté david-hamiltonienne d’il y a juste cinquante ans…

Le numéro (numéro spécial mode été) de juillet 1971 du magazine Vogue (édition anglaise), dont je crois me souvenir qu’il a déjà été question sur ce blog, était illustré en couverture par une photographie de David Hamilton. 50 ans ont donc passé. Un demi-siècle…

Voici la table des matières. Dans le haut de la page (dernière ligne avant « Fashion and Beauty »), vous noterez l’attribution de la photographie de couverture à David Hamilton.

Table des matières du supplément de ce numéro de Vogue, juillet 1971, il y a juste 50 ans, numéro contenant d’innombrables photographies de DAVID HAMILTON.

Cinquante ans plus tard, les gouvernements ne changent pas la pantomime, à commencer par celle de promettre « un retour à la liberté » qui n’adviendra nullement. Tout au contraire. Et à continuer, après avoir enfermé pendant un an (pour commencer) quelques centaines de millions d’Européens sous prétexte de leur santé, à organiser leurs parties de fouteballe en Angleterre. Ensuite, on annoncera avec des mines consternées la terrible montée du variant delta, premier d’une longue série d’autres. Il faut évidemment faire entrer dans la tête des masses que jouir de la moindre liberté (« liberté » consistant en outre à aller applaudir des fouteballeurs milliardaires…) conduit au virus absolu.

Plus ils se croiront (à tort) libres et plus on les enfermera. En attendant que, dociles et serviles à souhait, ils s’enferment tout seuls. Ce qui confirmera leur suprême liberté: ils seront enfin libres de se priver eux-mêmes d’une liberté dont, au fond, ils n’ont jamais su quoi faire et qui les embarrassait profondément.

Donc, en attendant l’annonce du prochain et imminent rebouclage des populations européennes au fond ravies, reconnaissantes et comblées que pour une fois l’on prenne tant soin d’elles, et en attendant aussi l’annonce – un jour ou l’autre, et il ne saurait tarder – de la vaccination obligatoire pour tous, nous préférons quant à nous nous replonger dans la liberté david-hamiltonienne exprimée dans ce vieux numéro de Vogue.

Toutes les illustrations de David Hamilton sont extraites de ce numéro de Vogue (édition anglaise), juillet 1971. Parfois, il ne s’agit que d’un détail, choisi par nous, desdites illustrations.

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La malédiction d’un pongiste lausannois? Eloge de la société multiculturelle.

Les exemples sont innombrables de joueurs de fouteballe qui ont joué pour des équipes dites « nationales » diverses, parfois deux ou trois. Le joueur hongrois László Kubala a joué pour la Tchécoslovaquie, la Hongrie et l’Espagne. Alfredo Di Stéfano pour l’Argentine puis la Colombie et l’Espagne. Ferenc Puskás a également joué pour l’Espagne, après 85 sélections pour la Hongrie. José Altafini a joué pour l’équipe du Brésil la Coupe du monde de 1958 puis pour l’Italie…

Je songeais avec angoisse, aujourd’hui, à un vieux monsieur (et éternel enfant) de mes amis, un bi-national lui aussi, qui a préféré abandonner sa carrière de pongiste au profit de la littérature.

A-t-il bien fait? La littérature y a gagné, oui, mais le tennis de table y a perdu énormément puisque cet homme, d’une modestie des plus rares, a renoncé à époustoufler les masses par l’habileté de sa raquette (à l’exception de quelques rares représentations intimes de son talent, à la piscine Deligny).

« Il m’arrive de m’ennuyer grave dans le grand lit où je tente, souvent en vain, de trouver le sommeil après avoir regardé un match de foot », confesse parfois l’ex pongiste de talent dont je parlais plus haut (https://leblogderolandjaccard.com/2020/11/08/la-nuit-je-regarde-tinder/) et il est difficile de penser que, non content de supporter – tout comme moi – l’existence, il n’ait supporté aussi (anglais to support, encourager, donner aide, soutien à quelqu’un ou à une cause) l’une des deux équipes.

L’âne de Buridan hésitait entre ses deux mesures d’avoine. Et pour qui penchait donc le coeur du plus français des écrivains suisses? Dans cette question, la vraie angoisse liée à cette partie.

David Hamilton, né à Londres, détestait les Anglais et son pays natal. Moi, je souhaitais que l’équipe la plus multiculturelle de toutes gagne.

J’ai été exaucé. L’équipe suisse de Vladimir Petkovic, où au moins trois quarts des titulaires sont des binationaux (en tout, 18 joueurs sur 26), l’a remporté.

Pas de défilé sur les Champs-Elysées. Pas d’accolade entre Macron et M’Bappé. La France en marche à l’arrêt.

J’imagine les dilemmes dont a dû être la proie aujourd’hui Roland Jaccard, promesse du ping pong, alors qu’allait commencer la partie entre la Suisse, son pays natal, et la France des (je cite de mémoire) Steve Mandanda, Jules Koundé, Kurt Zouma, N’Golo Kanté, Paul Pogba, Moussa Sissoko, Corentin Tolisso, Wissam Ben Yedder, Karim Benzema, Kingsley Coman, Ousmane Dembele, sans oublier naturellement Marcus Thuram, Kimpembé Presnel, Lemar Thomas, Raphaël Varane et surtout – à tout seigneur tout honneur – Kylian Mbappé. Le dernier cité l’avait promis, on allait voir ce qu’on allait voir. On a vu. Allez, du vent!

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Fierté david-hamiltonienne

Fierté david-hamiltonienne

Photo David Hamilton. Publicité pour Nina Ricci.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974. A droite, Mona.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974.
Photographie David Hamilton. Album « Souvenirs de vacances », David Hamilton, Paris, éditions Robert Laffont, 1974.
Photographie David Hamilton. Carte postale, éditions Agep.
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Est-il permis « d’inclure » David Hamilton?

L’équipe des Pays-Bas, parfois surnommée l’équipe batave (les bataves étaient membres d’un peuple germanique qui habitait – jadis – entre les embouchures du Rhin et de la Meuse), joue ce soir au fouteballe à Budapest contre l’équipe de la République tchèque.

Lors de cette partie de fouteballe entre la Tchéquie (désormais séparée de la Slovaquie) et les Pays-Bas, le capitaine des Bataves sera un joueur du nom de Georgino Wijnaldum qui devrait porter avec la fierté que l’on imagine, sur le terrain, les couleurs de la communauté LGBTQ.

Non content de jouer au fouteballe, Wijnaldum s’est fendu d’une réflexion sur la liberté d’expression. « Ces couleurs signifient tellement, surtout parce que nous sommes les défenseurs de la diversité. » a ainsi déclaré Wijnaldum, dont j’ignore s’il employait aisni un pluriel pontifical. « One love signifie qu’il y a un amour universel, personne n’est exclu. Vous êtes libre d’être et de vous exprimer. Cette liberté a été limitée, nous sommes heureux de pouvoir aider ceux qui en ont besoin. Les gens célèbres doivent exploiter leur notoriété pour cela. »

Toujours en marge de cette rencontre entre les Pays-Bas et la République Tchèque, l’UEFA a quant à elle jugé utile de « préciser » par communiqué aux responsables hongrois que « le drapeau arc-en-ciel n’était pas politique« .

De même, grâce aux lumières de Wijnaldum, nul ne saurait douter de l’existence de l’amour universel, et je suis ravi d’apprendre que « personne n’est exclu, et que chacun est libre de s’exprimer« .

« Nous voulons montrer que nous soutenons tout le monde et que tout le monde est intégré« , a encore dit Wijdanlum, futur joueur du PSG. « Pourquoi ne pas écouter les gens qui comptent vraiment, les gays en l’occurrence ? Mais de cette façon, nous pouvons contribuer, même si je ne suis pas un leader d’action. »

Pas un « leader d’action »? Monsieur Wijdalnum ne démontre-t-il pas une modestie des plus touchantes? Il s’est également dit prêt à « quitter le terrain » si, d’aventure, il entendait des « insultes racistes ».

Je regrette un peu – parfois – de ne pas pouvoir assister à cet Euro 2021 dans les stades, au milieu de tant de personnes que je suppose transidentitaires (personnes dont l’identité de genre se révèle soudain en désaccord avec le sexe biologique de naissance), non-binaires (personnes « qui ne se reconnaissent pas dans leur sexe de naissance, mais pas entièrement non plus dans le genre opposé » ; elles se situent, ai-je appris, « en dehors des normes du féminin et du masculin »), sans oublier les personnes bispirituelles (qui affirment posséder à la fois un esprit masculin et un esprit féminin), homosexuelles, pansexuelles, asexuelles, altersexuelles ou Mogai.

J’espère, surtout, n’avoir exclu personne. Tant de diversité donne un peu le vertige à quelqu’un comme moi, banalement et strictement hétérosexuel de la naissance à la mort.

« J’utiliserai ces couleurs — dixit Wijnaldum — parce que nous, dans l’équipe nationale néerlandaise, tenons à souligner que nous défendons toutes sortes d’inclusions et que nous sommes absolument contre toute forme de discrimination et d’exclusion dans le monde entier. »

« Dans le monde entier » c’est universel (comme l’amour du même nom), tout cela est d’une infinie clarté.

Que « tout le monde est intégré », je suis certain que l’on s’en rendrait encore mieux compte si, par exemple, un joueur hétérosexuel se présentait un jour sur le terrain avec un brassard où serait imprimée une photographie de David Hamilton.

A mon très-humble avis (mais qui sait ce qu’en pensent les autorités en la matière, l’UEFA et Wijnaldum?), une photographie de David Hamilton ne saurait être davantage « politique » que les banderoles LGBTQ.

A moins, naturellement, qu’il n’y ait quelque chose de scandaleux dans une telle photographie de David Hamilton. Et que le photographe ne fasse point partie des « toutes sortes d’inclusions » (peut-on avoir une liste, M’sieur, de ce qu’il est vraiment permis d’inclure?) que consent, avec tant d’aimable urbanité, Wijdalnum.

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P. contre P., disputes de pépé.es

Ce blog avait consacré il y a quelque temps un article au dépôt d’une plainte, de la part d’une certaine Florence Porcel, contre P.P., aujourd’hui agé de 73 ans: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/02/19/pjmp-dit-ppda-decouvreur-du-talent-litteraire-de-florence-porcel-pandorini/

73 ans, c’est l’âge d’être grand-père. Pépé, comme disait le charmant Restif de La Bretonne ou un peu plus tard, dans ses oeuvres et notamment ses succulents mémoires, George Sand. Pépé a été formé par simple redoublement de la première syllabe de père. Le féminin, que l’on ne saurait oublier sans danger en ces temps d’écriture inclusive, est pépée.

Quatre mois après, huit plaintes et vingt-trois (diantre) « témoignages » de femmes, l’enquête concernant P.P., de profession ancien présentateur d’un journal téloche, a été classée sans suite. Florence Porcel reprochait au susnommé P.P. de lui avoir imposé un rapport sexuel non consenti en 2004 et en sus, cinq ans plus tard, une fellation. P.P. comme présumé pervers? Quoi qu’en sussent ses collègues, ils ont visiblement donné leur langue aux chats. Et dès lors, selon Madame le procureur de Nanterre, « aucun élément ne permet de confirmer les propos de l’un ou de l’autre concernant l’existence de cette scène ». Bref, c’est p. contre p., parole contre parole?

Une vingtaine de femmes avaient également apporté leur « témoignage » et sept autres plaintes avaient été déposées. Trois pour « viol » et quatre pour « agressions sexuelles » ou « harcèlement sexuel ». Le parquet avait confié l’enquête contre P.P. à la « brigade de répression de la délinquance aux personnes ». Pour les rares faits présumés mais non encore prescrits, ceux de harcèlement sexuel, le parquet a estimé qu’il manquait d’éléments pour constituer l’infraction : « absence de répétition, de pressions, de caractère sexualisé des propos tenus, ou encore de trace des appels téléphoniques ».

De son côté, selon la presse, P.P. avait soit « contesté l’existence des faits dénoncés par ces vingt-trois femmes », soit en avait reconnu la matérialité tout en niant toute contrainte, toujours d’après le parquet.

Il semble que depuis des mois, de multiples auditions avaient eu lieu, notamment de « témoins éventuels des faits dénoncés« , comme on lit dans Le Monde. Toujours est-il que tant de témoignages éventuels ou pas, et de plaintes, n’ont n’ont conduit à rien. Pour l’instant, en tout cas, puisque les avocats de Mme Porcel ont annoncé le dépôt d’une nouvelle plainte, cette fois avec constitution de partie civile, tout en estimant que « les nombreux éléments matériels transmis au parquet établissent l’existence d’indices graves et concordants qui justifient pleinement l’ouverture d’une information judiciaire ».

D’autres femmes, qui avaient porté plainte pour d’autres faits présumés et prescrits, gardent cependant quelques espoirs. Ainsi, une ancienne présentatrice de journaux télévisés, Hélène Devynck, accuse P.P. de l’avoir violée quand elle avait 25 ans et qu’elle était son assistante. Hélène Devynck est d’ailleurs persuadée de quelque chose: « Je suis persuadée qu’à un moment ou un autre il y aura une victime non prescrite qui se signalera à la police, et alors il y aura le poids de tout ce qu’on aura dit avant, tout le dossier ressortira ».

Florence Porcel avait déclaré il y a quelques mois, toujours au sujet du susnommé P.P.: « Cet homme m’a volé ma vie sentimentale, amoureuse, sexuelle. (…) Je veux qu’il arrête de faire des victimes. Et qu’il réponde de ses actes devant une cour d’assises ».

Le plus intéressant à noter, dans cette dispute, réside à nos yeux dans ce qui suit. P.P. a rejeté les accusations en les attribuant à une « recherche de notoriété ».

En 2016, Le Figaro rappelait les propos de David Hamilton qui avait eu cette formule lapidaire: « L’instigatrice de ce lynchage médiatique cherche son dernier quart d’heure de gloire ». (Source: https://www.lefigaro.fr/culture/2016/11/23/03004-20161123ARTFIG00182-affaire-flavie-flament-david-hamilton-porte-plainte-pour-diffamation.php )

Les similitudes s’arrêtent là. Huit plaintes contre P.P. mais aucune, en 2016, contre David Hamilton. Beaucoup de témoins éventuels aussi et un lynchage médiatique acharné contre David Hamilton, tandis que P.P. a somme toute pu jouir de beaucoup plus de discrétion.

Si David Hamilton avait eu des avocats dévoués ou des amis bien intentionnés, ils auraient pu ou dû lui dire qu’il ne risquait absolument rien, qu’aucune plainte n’avait été déposée contre lui et que les allégations qui se répandaient de poste de téloche en poste de téloche concernaient des faits non seulement présumés, mais improuvables et prescrits.

P.P. avait des avocats, lui. Pas David Hamilton, puisqu’il était pauvre. Seule consolation pour David Hamilton, avoir été un artiste. Loin d’être un vieux pépé, David Hamilton à 83 ans était encore un éternel enfant. P.P. avait des avocats, lui. Pas David Hamilton, évidemment, puisqu’il était pauvre. Seule consolation pour David Hamilton, c’était un artiste. Pour finir, David Hamilton n’avait jamais ressenti le besoin ridicule et grotesque de s’ajouter un pseudonyme à p.p. (particule pathétique).

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Les mavericks crèvent aussi

Vaccin obligatoire? C’est l’été, il faut sans doute bien que que les gens respirent une petite bouffée de « liberté » conditionnelle entre l’année de confinement, dont ils sortent, et l’année prochaine. Au mois de septembre, le variant Delta est annoncé, de pays en pays et d’experts en experts… Certains l’appellent le variant Delta +. Et puis, mon petit doigt (qui est pas mal expert aussi) me chuchote que le prochain variant pourrait vite débarquer… De la Grande-Bretagne au Chili, le mot à la mode pourrait très vite redevenir: reconfinement. Israël, déjà, revient à l’obligation du masque… On pourrait avoir Delta +, puis on aurait Delta ++, et puis Delta +++ et ainsi de suite. Jusqu’à Super Delta (super signifiant, pour les innombrables personnes qui doivent l’ignorer, « (qui/ce qui est) supérieur, au-dessus, qui atteint le plus haut degré »: aussi, le virus Delta qui sera déclaré le plus virulent, plus virulent que Delta +, et plus virulent que Delta ++, et puis Messieurs Dames encore plus virulent que Delta +++, etc., sera-t-il digne d’être désigné comme le virus Super Delta). Il convient donc que les masses profitent avec soin de ces deux mois d’été: par immense bonheur, il y a le fouteballe, qui les remplit d’aise et parfois de fierté. Et comme c’est la belle saison, ils ont aussi le droit de se promener avec, sur les pectoraux, des inscriptions « I am free ». On est donc, c’est clair, dans un super régime de liberté. CQFD. Tout cela durera jusqu’à l’arrivée de Super Delta, le méchant variant du « coronavirus » (dont on ne sait pas encore officielllement s’il sort ou pas du laboratoire chinois… hihihi) pourrait contraindre Macron, Castex et Véran, contre leur gré, les malheureux, à reconfiner. Et ensuite on en arrivera au vaccin obligatoire, par exemple en commençant par les mécréants des personnels des Ehpad, qui rechignent encore à se faire vacciner par les super vaccins super efficaces. C’est vraiment super terrifiant, tout cela.

L’agenouillement obligatoire? La plupart des équipes de fouteballe qui, au premier tour de l’Euro 2021, ne s’agenouillaient pas, ont été éliminées. C’est, naturellement, une pure coïncidence. A moins que l’agenouillement ne constitue une partie importante voire cruciale de l’entraînement que les athlètes devraient mettre en pratique avant de taper dans la baballe. En tout cas, en Italie, un ancien premier ministre de ce pays (l’onorevole Enrico Letta) vient d’enjoindre aux joueurs italiens de tous s’agenouiller, parce que – selon lui – le fait que tous les joueurs ne se soient pas agenouillés lors d’une récente partie a représenté une « très vilaine scène ». Il a dit (en italien dans le texte): «Inginocchiatevi tutti, domenica una scena pessima». Voilà donc que l’on se dirige vers une société où des éminences politiques – ici, un ancien président du Conseil italien, aujourd’hui dirigeant du PD: précisons par prudence que ce sont les initiales du « parti démocratique » – doivent recommander à onze joueurs de baballe de s’agenouiller. Si la moitié des joueurs agenouillés est une « vilaine scène », attendons la prochaine partie de l’Italie (contre l’Autriche) dans l’espoir d’enfin assister à ce qui serait en toute logique, selon les canons de Letta, une très belle scène, voire une scène sublime, forcément sublime. De telles recommandations pourraient se multiplier, ces prochains jours et ces prochaines semaines. Tout ceci est intéressant: que se passerait-il si, d’aventure, et pour les raisons de son choix, un joueur refusait de s’agenouiller, c’est-à-dire de prendre la pose pour les photographes dans une posture censée symboliser la lutte contre « l’exclusion »? Au nom de la lutte contre l’exclusion, serait-il… exclu de son équipe? Sifflé? Voué aux gémonies? Cible d’une campagne médiatique? Or, si les articles des diverses Déclarations des Droits de l’Homme n’ont pas été abolis à mon insu, on trouve encore dans ces passionnants documents diverses garanties de la liberté d’opinion et d’expression. Le mot « liberté » se trouve par ailleurs dans la devise de la République française, ou sur le fronton des mairies et des commissariats. Que resterait-il de ce merveilleux concept de liberté si l’on obligeait des joueurs de baballe, ou d’autres, à s’agenouiller? Certains pourraient s’agenouiller seulement et exclusivement pour sauver leur place dans l’équipe, ou parce qu’ils en auraient reçu l’ordre. Est-ce cela que l’on appelle la « liberté », dorénavant?

Le vote obligatoire? Vu que les gens ne vont visiblement plus voter (ce en quoi quelques dizaines de millions de Français m’imitent puisque, pour ma part, je n’ai jamais voté et ne voterai jamais), on songe en haut lieu à l’hypothèse de rendre le vote obligatoire... Voilà donc que l’on se dirige vers une société où des éminences politiques et intellectuelles commencent à recommander le caractère obligatoire du vote. Du « droit » de vote au vote obligatoire, un grand pas pour la démocratie? C’est mirobolant. Imaginons une élection, ou des élections, où aucun candidat et aucun programme ne plairaient à l’électeur. Cela doit arriver. Je dirais même plus, cela arrive. Aux toutes récentes élections qui viennent d’avoir lieu, en particulier. Si l’électeur dit qu’il ne veut voter pour aucun candidat et aucun programme, parce qu’aucun ne lui plaît, va-t-on le contraindre à déposer un bulletin dans l’urne? Finira-t-il par choisir son bulletin selon la méthode pic et pic et colégram? Il doit rester quelques royalistes en France. Des anarchistes. Va-t-on les conduire à l’isoloir entre deux gendarmes? Les frapper d’amendes? Les jeter en prison? Or, si les articles des diverses Déclarations des Droits de l’Homme n’ont pas été abolis à mon insu, on trouve encore dans ces passionnants documents diverses garanties de la liberté d’opinion et d’expression. Le mot « liberté » se trouve aussi dans la devise de la République française, et sur le fronton des mairies et des commissariats. Que resterait-il de ce concept de liberté si l’on obligeait des gens à aller voter? Si l’abstention devenait un délit? Est-ce cela que l’on appellera la « liberté », dorénavant?

Le drapeau LGBT obligatoire? Finissons par la fameuse loi hongroise qui, en plein Euro de fouteballe, est dénoncée à cor et à cri par la plupart des pays de l’Union européenne. Quiconque penserait que la Hongrie serait un Etat souverain et que chaque pays serait libre d’édicter des lois devrait se poser des questions. En tout cas, cette loi-ci, aussitôt définie comme « controversée » par les journalistes (ils aiment tant cet adjectif), a poussé 17 pays européens à soutenir une « déclaration ». Quant à la présidente de l’exécutif européen, Ursula von der Leyen, elle a qualifié de « honte » la loi hongroise. De la « honte » que ressent cette dame au « vilain spectacle » (dixit Enrico Letta) du non agenouillement de quelques joueurs italiens, on voit que le registre ne change guère. La chancelière allemande, Angela Merkel, a dénoncé une « mauvaise » loi, « incompatible avec son idée de la politique » devant la chambre des députés allemands.

Or, il semble simplement que le 15 juin dernier, le Parlement hongrois ait adopté un texte interdisant la promotion ​de l’homosexualité auprès des mineurs. Il s’agit d’une série d’amendements déposés par les députés conservateurs du Fidesz, dans le cadre d’un arsenal de mesures contre ce que l’on appelle aujourd’hui la pédophilie. Citons la création d’une base de données des personnes condamnées accessible au public, ainsi que leur bannissement de certaines professions (en France, même l’hurluberlu qui a giflé Macron a été interdit de postuler à un emploi dans la fonction publique).

Est-ce que le texte législatif hongrois (qui l’a véritablement consulté, d’ailleurs, parmi ses adversaires? on aimerait le savoir) a vraiment de quoi scandaliser? Selon ce texte de loi, la pornographie et les contenus qui représentent la sexualité ou promeuvent la déviation de l’identité de genre, le changement de sexe et l’homosexualité ne doivent pas être accessibles aux moins de 18 ans​. Sur ce blog nous ne sommes pas les défenseurs d’une loi hongroise, appliquée en Hongrie. Mais pour ce que l’on en sait, y a-t-il de quoi fouetter un chat? La pornographie n’a-t-elle pas longtemps été interdite, en Occident, aux mineurs? Quant à l’idée de changer de sexe, idée qui a certes apparemment de plus en plus d’adeptes, est-il scandaleux de suggérer que les gens qui désireraient un tel changement devraient attendre 18 ans? Pourquoi pourrait-on changer de sexe (au risque, dans certains cas, de le regretter ensuite) alors que l’on n’a même pas l’âge de voter?

On dit aussi que certaines œuvres littéraires pourraient être interdites, en Hongrie (aux seuls mineurs, toujours) tout comme des séries télévisées dans lesquelles l’homosexualité serait évoquée. Grands Dieux, faut-il rappeler que le film de David Hamilton, Bilitis, en 1977, film pro-lesbien et qui n’avait absolument rien de pornographique, était interdit à certaines catégories d’âge?Et pourtant, voilà qu’en plein Euro 2021 de fouteballe, les pays qui constituent l’Union européenne (dont la France, qui avait interdit en 1955 Lolita de Nabokov) se mettent en guerre contre une loi hongroise…

En France, Flavie Flament, ex miss-Ok 1988, lance de temps en temps de cocasses propositions d’interdiction des oeuvres photographiques de David Hamilton… D’autres demoiselles affirment que l’oeuvre de ce même David Hamilton serait une « incitation au viol » (sic). Malheureux David Hamilton qui, en publiant pendant des dizaines d’années dans des albums et des revues des photographies de jeunes filles nues, se serait rendu coupable d’incitation au viol… Rejoignant, ainsi, des milliers de peintres et de sculpteurs qui, depuis des siècles voire deux ou trois millénaires, ont eu l’idée de représenter des femmes nues. On ne fera pas l’insulte aux lecteurs de ce blog de citer des dizaines de peintres notamment français qui, depuis quelques siècles, ont risqué sans le savoir d’être accusés « d’apologie du viol » (sic).

Voici un pays, la France, où l’oeuvre de David Hamilton a été mise à l’index. Mais qui s’élève contre la loi hongroise…

L’Allemagne s’est parée hier, mercredi, des couleurs arc-en-ciel, en soutien à la « communauté LGBT » avant de jouer (et de risquer de perdre) contre la Hongrie. Un spectateur a eu son heure de gloire en se présentant sur le terrain en brandissant un drapeau arc-en-ciel. Je songe avec émotion à des héros comme Ian Palach. Jan Palach, rappelons-le, était né le 11 août 1948 à Prague et y est mort le 19 janvier 1969, sur la place Venceslas, au nom de la liberté. Il fallait du courage.

Aujourd’hui, en revanche, arborer un drapeau arc-en-ciel dans une ville, Munich, qui avait demandé à l’UEFA la permission de colorier son stade de ces mêmes couleurs, bref dans une société complètement acquise à de telles valeurs, semble quelque peu moins héroïque. Le chef de la diplomatie allemande, Heiko Maas en personne, avait encouragé de tels gestes: « Mais heureusement, vous pouvez encore afficher vos couleurs aujourd’hui – dans le stade et en dehors ». De nombreux sites de la capitale bavaroise étaient eux aussi pavoisés aux couleurs de la « communauté LGBT ». Bien des stades de Bundesliga avaient été illuminés de la même façon, Francfort, Cologne, Wolfsburg, Augsbourg, le Stade olympique de Berlin… Le consensus était donc total. Certes, il n’y avait aucun risque – comme l’avait rappelé Heiko Maas – à balancer au vent des drapeaux aux couleurs LGBT, à Munich, avant Allemagne-Hongrie. Si le manifestant LGBT était allé promener son drapeau en Hongrie, cela aurait plus de panache. Non?

Les Hongrois, eux, ont essayé de faire valoir que leur loi interdit la promotion de l’homosexualité auprès des mineurs et « protège les droits des enfants, garantit les droits des parents et ne s’applique pas à l’orientation sexuelle des plus de 18 ans : elle ne contient donc pas d’éléments discriminatoires ». Tout en dénonçant « une opinion politique biaisée, sans qu’une enquête impartiale n’ait été menée au préalable ». Quant à Madame le ministre hongrois de la justice, Judit Varga, elle a invoqué le « droit de défendre nos familles et d’éduquer nos enfants, un droit souverain dans lequel il n’y a pas de compétences concurrentes de l’UE ».

Et voilà comment, au nom de mots qui, quand on lit la « déclaration » de l’UE, sont certes de très beaux mots – citons : « l’inclusion, la dignité humaine et l’égalité« , cet amour forcené de l’inclusion semble pourtant… exclure. Par exemple, moi qui apprécie David Hamilton, auteur d’un film philo-lesbien comme Bilitis et de tant de photographies de jeunes filles dans des poses lesbiennes, moi qui suis un hétérosexuel strict, est-ce que je mérite vraiment moi aussi l’inclusion, la dignité humaine et l’égalité? Est-ce que David Hamilton, quand il fut insulté à la télévision par des histrions, y compris au moyen d’insultes clairement homophobes, a vraiment bénéficié d’inclusion, de dignité humaine et d’égalité?

Est-ce qu’il n’y a d’ailleurs pas quelques personnes qui pourraient se sentir de plus en plus exclues, prochainement: par exemple, qui ne voudrait pas se vacciner, qui n’accepterait pas de porter un masque anti-« coronavirus », qui n’accepterait pas de s’agenouiller?…

Pourquoi les oeuvres photographiques (belles, esthétiques, jamais pornographiques) de David Hamilton devraient-elles être interdites en Occident, sous prétexte de protéger les mineurs, tandis que le scandale consisterait à ce que le Parlement hongrois suggère que les mineurs hongrois ne puissent pas être soumis avant 18 ans aux campagnes de publicité qui promeuvent le fait de changer de sexe?

Pourquoi ne trouve-t-on plus un livre de Gabriel Matzneff en France, écrivain qui n’a par ailleurs jamais été condamné à quoi que ce soit par la justice? Pourquoi la seule idée d’une relation d’amour entre un homme d’âge mûr et une jeune fille semble-t-elle une monstruosité, tandis que le Canada se propose maintenant de condamner jusqu’à cinq ans de prison qui voudrait promouvoir les « thérapies de conversion » (la conversion de l’homosexualité à l’hétérosexualité) et pourquoi une telle hystérie planétaire saisit-elle tant de personnes parce qu’une loi hongroise voudrait, en Hongrie, éviter les propagandes poussant des enfants et des mineurs à changer de sexe?…

Au nom de « l’inclusion », on condamne au pilori une loi hongroise (qui ne mérite pas tant de publicité que cela, ou dont personne n’aurait parlé sans la caisse de résonance de l’Euro de fouteballe). Au nom de « l’inclusion », un ancien premier ministre italien semble exclure de son estime la moitié des joueurs (ceux qui ne s’agenouillent pas) de l’équipe de son propre pays.

D’un côté, nous avons aujourd’hui des membres d’anciennes minorités plus ou moins silencieuses, qui sont depuis longtemps devenues des majorités plus ou moins bavardes et bruyantes. Ces majorités, qui continuent pourtant fort cocassement à se dire minorités, ne manquent jamais d’individus prompts à déclarer qu’ils se sentent offensés dans leur plus ou moins mystérieuse identité.

De l’autre côté, les tout derniers mavericks disparaissent. Pour finir, ainsi, signalons que John McAfee, accusé de divers crimes et délits présumés, a été retrouvé mort mercredi, dans une prison de Barcelone. Il pouvait encore faire appel de son extradition vers les Etats-Unis. Amusant, on notera que John McAfee avait créé une cryptomonnaie baptisée Epstein didn’t kill himself (« Epstein ne s’est pas suicidé »). Que reprochait-on à John McAfee? De ne pas avoir été un contribuable modèle? Trafic de drogue, évasion fiscale, port d’arme prohibée, meurtre, on ne prête qu’aux riches et on l’a accusé de tout. A moins que le plus grand reproche, le plus impardonnable, ait été d’avoir entretenu une liaison avec une jeune fille de dix-sept ans. A la fin, l’histoire racontera que John McAfee s’est suicidé. Alors, en voilà un qui ne voulait pas être inclus et aurait préféré s’exclure lui-même du monde… L’un de ses derniers tweets disait : « Les Etats-Unis pensent que j’ai des cryptomonnaies cachées. J’aimerais bien, mais tout a fondu, (…) et mes possessions restantes ont été saisies. Tous mes amis ont disparu, de peur d’être associés à moi. Je n’ai rien, mais je ne regrette rien. »

Et les libertés crèvent. On est à l’agonie. Lisez Monique Canto-Sperber, La Fin des libertés (Robert Laffont, 2019).

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Weltanschauung david-hamiltonienne

Photographie David Hamilton. Carte postale éditions Agep. Modèle: Ester.

Quelques très ennuyeux problèmes de santé m’interdisent de beaucoup m’occuper de ce blog, et cela encore pour un temps indéterminé.

Ces lignes, cependant, pour dire que mon livre « Les enfants des aprems » est paru et a donc commencé à être lu, dès aujourd’hui, dans plusieurs pays d’Europe. Les envois de ce bref texte littéraire (54 pages) vont se poursuivre, dans les tout prochains jours. Je remercie ses destinataires de m’en accuser bonne réception.

En Allemagne, le photographe Max Stolzenberg, ami de David Hamilton, vient de publier sur son site une photo de deux jeunes filles en train de lire l’un de mes romans. Ce n’est pas vraiment dans l’air du temps, voire je dirais que la Weltanschauung, la vision du monde david-hamiltonienne est quelque peu anachronique voire à contre-courant des nouvelles moeurs aujourd’hui dominantes, mais c’est ici : https://maxstolzenberg.com/2021/06/21/ines/

Que veut-on? Il est des écrivains, des artistes qui resteront fidèles jusqu’au bout aux goûts qui furent et sont les leurs, dorénavant, depuis si longtemps. Ils n’ont jamais eu envie d’en changer, pas davantage qu’ils n’ont songé à changer de sexe.

Roland Jaccard a écrit de la sorte, tout récemment, sur son blog : « Et pourtant, je suis encore là au soleil à écouter les Platters en lorgnant les filles… » (https://leblogderolandjaccard.com/2021/06/15/linternationale-des-degoutes-du-genre-humain/)

Incorrigible!

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De la nécessité de jouer désormais au fouteballe toute la partie à genoux

S’agenouiller avant une partie de fouteballe disputée entre fouteballeux gagnant des salaires millionnaires ou milliardaires pour taper dans une baballe, est-ce là une « symbolique forte »? Tel est le nouveaux faux débat à la mode.

Il paraît que quelques minutes avant le coup d’envoi du jeu de baballe contre l’Allemagne, à Munich, les « Bleus » s’agenouilleront et qu’un tel « geste » (qui n’est pas un geste, mais une attitude corporelle) signifiera leur « opposition au racisme ». En quoi le fait de s’agenouiller (ou de faire le poirier, de marcher sur la tête ou de se taper le cul par terre en cadence) aurait-il une et une seule signification? Je l’ignore.

Des amis sans doute bien informés m’apprennent qu’un mouvement appelé «Black Lives Matter» a fait de la posture de l’agenouillement son symbole après la mort d’un certain George Floyd, décédé lors d’un contrôle de police dans un pays, les Etats-Unis, où beaucoup plus de blancs que de noirs meurent chaque année dans de telles circonstances. Il suffit de consulter les chiffres pour le savoir.

De la sorte, chaque rencontre de NBA ou de Premier League (pour qui l’ignorerait, le championnat anglais de fouteballe) commence par le spectacle de ce que l’on appelle un «take-a-knee» des joueurs (ou, disons, de la grande majorité d’entre eux). En mars, un attaquant ivoirien répondant au nom de Wilfried Zaha avait refusé de s’agenouiller, en estimant que cela ne servait à rien. Et en effet, sous prétexte d’un fait divers qui s’est produit aux Etats-Unis, causant la mort d’un délinquant suspecté d’avoir chouravé vingt euros, que changera le fait que des vedettes milliardaires s’agenouillent?

L’ancien président du Mouvement pour la France (MPF), Philippe de Villiers, a déclaré: « Cette génuflexion est une honte. Je vous invite à couper le poste ». Voilà un propos digne de son auteur. Une génuflexion, Monsieur de Villiers devrait apprendre le français, est un bref fléchissement du genou en signe d’adoration. Il ne s’agit donc nullement ici d’une génuflexion, mais d’un agenouillement.

Un agenouillement de fouteballeux milliardaires – qui s’achètent à la fois une bonne conscience, et l’assurance aussi de poursuivre leur lucrative carrière – pour un effort pas excessif, celui de se mettre à genoux au doigt et à l’oeil.

Matise

Quant à moi, je n’ai pas la téloche, il y a pas mal de temps que le fouteballe ne m’intéresse plus. Impossible donc pour moi, cher De Villiers, de couper le poste, pusique je ne possède pas de poste. Mais je trouve tout à fait logique que les fouteballeux s’agenouillent. L’humanité entière est agenouillée tous les jours et le démontre en portant le masque, cette muselière de clowns.

Je pense même utile de donner un très humble conseil: on pourrait dorénavant jouer au fouteballe à genoux pendant toute la partie. Le symbole n’en serait que plus puissant. Jouer 90 minutes au fouteballe à genoux, ah que ça, ça éraferait les genoux mais ah que ça aurait de la gueule! Chiche?

En sport, jusqu’à présent, tomber à genoux – par exemple dans la boxe – n’était pas très bon signe, jusqu’à ces derniers temps. Mais qui sait si le prochain slogan électoral de Macron ne sera pas, après la France en marche, « la France à genoux »?

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Comédie du spectacle: Wuhan, Teishan et Variant Epsilon.

C’était le 8 mai 2021 et, sur ce très-modeste et très-humble blog, vous pouviez lire :

« A Tchernobyl, savez-vous que la fission nucléaire est en train de recommencer « sous terre »? On le sait probablement en haut lieu depuis des années, mais le phénomène semble accélérer. Bref, l’espèce humaine est la seule qui, non contente de faire se promener dans le ciel des vaisseaux spatiaux, s’est aussi lancée avec enthousiasme dans l’aventure du nucléaire. Tchernobyl, contrairement à Capri chez Hervé Vilard, ce n’est nullement fini. En espérant, évidemment, que le prochain accident nucléaire ne survienne pas trop rapidement. Puisque nous vivons dans un monde où les gouvernements, si soucieux de la santé publique quand il s’agit du « coronavirus », sont aussi ceux qui poursuivent l’aventure nucléaire. Le très pro-nucléaire Macron dit ainsi croire dans le rôle de l’énergie nucléaire afin de réduire les émissions de CO2. Ce qui revient à peu près à dormir dans un nid d’araignées venimeuses létales pour se protéger des moustiques… » (https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/05/08/lintelligence-humaine-entre-monde-davant-et-monde-dapres/ )

Voilà. Deux mois après ce très-modeste et très-humble article de ce très-humble et très-modeste blog, c’est arrivé. On parle pour l’heure d’un « incident » sur un réacteur nucléaire EPR à Teishan, en Chine, mais par bonheur « la radioactivité n’est pas anormale« . Ce qui n’a rien d’étonnant dans un monde où, par ailleurs, des tas de gens – par exemple en Italie et certains à l’âge de 18 ans – meurent une heure après s’être fait vacciner contre le « coronavirus », mais « sans qu’il y ait la moindre corrélation » entre les deux faits.

Voici donc un autre « mystère » chinois, après les chauves-souris du laboratoire (vendu par Chirac à la Chine) de Wuhan, l’excellence française se manifeste encore à travers le réacteur nucléaire EDF vendu à la Chine.

Chauves-souris du laboratoire de Wuhan porteuses de coronavirus et contre lesquelles une émission scientifique de la télévision italienne mettait déjà en garde en 2015

Naturellement, personne n’avait prêté la moindre attention à ces bagatelles. L’attention des masses devait être réservée aux résultats sportifs (qui va gagner, Madame Michu, le Belge Lukaku ou le Français M’Bappé?), au gossip (quel sera le prénom, Madame Michu, du sixième fils de la « princesse »? et du septième? et du huitième?), à l’espoir de gagner au Loto ou aux promesses électorales de la « gauche » et de la « droite » (quel candidat, Madame Michu, nous offrira-t-il une machine à laver?), toutes choses qui occupent à temps plein les cerveaux vides de nos contemporains.

Revenons un instant au « coronavirus »…

Le Royaume-Uni s’approchait de la date promise pour un pseudo-« retour à la liberté ». Liberté toute relative et conditionnelle, puisque l’obligation de ce que j’appelle quant à moi la (et je ne suis certes pas le seul) une muselière (appelée en revanche « masque » par les grands prêtres de la nouvelle religion covidienne), de la « distanciation sociale » et autres rites serait restée en vigueur, tandis que l’une des plus formidables machines de propagande de tous les temps, celle de la dictature vaccinale, aurait continué à marteler du matin au soir les cerveaux liquéfiés des téléspectateurs et autres lecteurs de la « grande » presse.

Dictature? Oui. Dictature. Ne serait-ce que d’un point de vue étymologique, nous sommes en effet – qui peut le nier? – dans une dictature. Il suffit de consulter les dictionnaires, et notamment le mot « dicter ». Dicter signifie « prescrire » et «prononcer à haute voix ». Chacun est donc censé savoir que « dictature » provient du latin classique dictare « dicter, prescrire », qui est le fréquentatif de dicere « dire ». On ne peut allumer une télévision ou une radio, ou ouvrir un journal, sans se voir prescrire et ordonner le port du masque, l’emploi du gel pour les mains, les vaccins et tout le tralala.

Et donc, comme il était très facile de le prévoir, Boris Johnson a prolongé de « quatre semaines » (pour l’instant) le jour annoncé du ‘Freedom Day’, prévu (les naïfs et les crédules y croyaient, je suppose) pour le 21 juin 2021. Tout cela, vous l’avez deviné,sous prétexte du « variant Delta », dit aussi « variant indien ». Ce très-modeste et très-humble blog vous l’annonçait il y a quelques semaines ou mois.

Le 21 juillet, qui sait si le Variant Epsilon (la lettre qui suit le delta, dans l’alphabet grec) ne rendra pas indispensable une ultérieure prolongation des mesures liberticides? Poser la question, c’est y avoir répondu.

L’Ecosse, elle aussi, avait promis de passer à zéro restriction aux « libertés ». Zut alors, ici aussi cela semble raté. C’est vraiment pas de chance! Dans les prochaines heures, le premier ministre écossais « décidera ».

Et en Italie? M’est humblement et modestement avis que le variant Delta ne va pas tarder à produire, en Italie comme en France, les mêmes si prévisibles résultats.

Si les Zéminences-causantes-à-la-téloche déclarent que le « variant Delta » de ce fameux « coronavirus » échappe aux vaccins, quoi vous attend?…

Après la parenthèse de l’été (et des voyages plus ou moins autorisés aux seuls vaccinés), hop, ce sera un nouveau super-lockdown, un nouvel hiver sous confinement en attendant les nouveaux super-vaccins super-efficaces… Les gouvernements du monde entier, unis comme jamais, continuent à tester l’acceptabilité sociale, et, pour eux, cela fonctionne visiblement à merveille. Pourquoi s’arrêteraient-ils en si bon chemin?

On va donc passera des vaccins et des mélanges de vaccins à de nouveaux vaccins et à de nouveaux mélanges de vaccins. Ce qui ne conduira pas à la misère les laboratoires de Big Pharma.

On vous dit et on vous dira toujours davantage qu’il faut deux doses (bientôt, mon petit doigt me chuchote que ce sera trois) pour être « protégé » contre le « coronavirus », mais pas contre le variant Delta. Lequel rendra « nécessaires » qui sait combien d’autres doses ou d’autres vaccins.

Vaccins qui permettront aussi de finir de mettre au point, de commercialiser, de banaliser des tas de technologies (par exemple des détecteurs de « coronavirus »). La surveillance totale des masses sous prétexte de s’occuper de leur santé, n’est-ce point délicieux?

Tiens! Quelque Orwell moderne aurait pu imaginer des masques électroniques, comme il existe des bracelets électroniques. Chaque libre citoyen des libres démocraties devrait alors porter un tel masque électronique, situé par GPS, et chaque fois qu’il l’enlèverait ou tenterait de l’enlever, l’Etat pourrait lui débiter 135 ou 400 ou 3000 euros sur son compte en banque. Ou le jeter en prison. Voilà une idée à creuser. La démocratie est encore, à l’évidence, tellement perfectible…

Bref, je crains que les actuels ersatz de « liberté » des mois estivaux – une liberté purement conditionnelle et totalement fallacieuse – et les quelques voyages encore autorisés ne débouchent sur l’annonce, dès l’automne, d’une « reprise des contagions ». Ce sera la justification idéale pour la poursuite ou la reprise des lockdown et pour le renvoi, d’abord de mois en mois puis d’année en année, du « retour » à la « liberté »… jusqu’aux calendes grecques.

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Le tenere cugine di David Hamilton

Affiche, pas très connue, du film « Tendres cousines » de David Hamilton. Il s’agit ici, au moment de sa sortie, de l’affiche italienne.

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L’inceste, entre lynchages médiatiques et enquêtes classées sans suites

Je rappelais il y a quelques jours qu’au moins l’un des procès auxquels ses adversaires espéraient contraindre Gabriel Matzneff n’aurait pas lieu : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/05/22/le-28-septembre-2021-pas-de-proces-pour-gabriel-matzneff/

Et maintenant, environ cinq mois après son ouverture, l’enquête pour « viols et agressions sexuelles par personne ayant autorité sur mineur de 15 ans », visant cette fois Olivier Duhamel, a été classée sans suite. Les faits que d’aucuns lui reprochent, et qui se seraient déroulés dans les années 1980, sont prescrits. C’est ce qu’a annoncé, aujourd’hui, le procureur de Paris, M. Rémy Heitz.

Cette enquête « préliminaire » avait été diligentée à la suite de ce que la grande presse appelle les « révélations », et qu’en bon français il conviendrait d’appeler les allégations de Mme Camille Kouchner, dans un livre intitulé La Familia grande et dans les colonnes du Monde (on rappellera ici que Camille Kouchner a pour mari Louis Dreyfus, président depuis 2010 du directoire du Monde).

La victime présumée avait déposé plainte le 21 janvier 2021, après avoir refusé de le faire en 2011. Quant à Olivier Duhamel, 71 ans, il avait été entendu le 13 avril par la brigade de protection des mineurs. Il avait dénoncé des « attaques personnelles », même si Le Monde affirme qu’il aurait reconnu les faits d’inceste, « selon une source proche du dossier ».

En 2018, comme on sait, le Parlement a étendu le délai de prescription de vingt à trente ans après la majorité de la victime présumée, en matière de crimes sexuels sur des mineurs. Ce nouveau rallongement ne s’applique pas, en tout cas, aux faits déjà prescrits lorsque cette loi a été promulguée.

Les allégations de Camille Kouchner se sont donc inscrites dans ce qu’il est désormais coutume d’appeler la « libération de la parole ». Dès le 26 février, l’actuel ministre de la justice, Eric Dupond-Moretti, avait écrit aux procureurs afin d’exiger une enquête systématique sur les allégations d’infractions sexuelles sur mineurs, même quand les faits étaient à l’évidence prescrits. Tout cela sous le prétexte de « vérifier » si la prescription était acquise, mais aussi pour identifier d’éventuelles autres victimes.

Le personnage d’Olivier Duhamel n’est ni celui d’un grand artiste, comme le fut David Hamilton, ou d’un grand écrivain, comme l’est très souvent Gabriel Matzneff. Il serait d’ailleurs impossible de reprocher un inceste à Hamilton et à Matzneff, lesquels n’ont pas eu d’enfants

Cela dit, voici encore une affaire où quelqu’un – ici, Olivier Duhamel – a subi un lynchage médiatique et une campagne de presse, et a dû démissionner des postes qu’il occupait, avant que l’enquête diligentée contre lui n’aboutisse à… strictement rien d’un point de vue judiciaire.

Raison de plus pour répéter que si David Hamilton avait eu des avocats, ou en tout cas des avocats sérieux, ils lui auraient dit en 2016 qu’il n’avait strictement rien à craindre, d’un point de vue judiciaire, des allégations d’une ex-présentatrice météo et ex Miss Ok 1988. La chose qu’aurait dû faire David Hamilton aurait été de déposer plainte pour diffamation, chose qu’il avait d’ailleurs envisagé de faire, comme il l’avait écrit dans un communiqué à l’AFP.

Mais comme il convient inlassablement de le rappeler, voilà que trois jours après avoir annoncé cette volonté de porter plainte (donc de dire sa confiance dans la justice, afin d’échapper à un lynchage médiatique et donc extra-judiciaire), et aussi un mois après avoir déclaré publiquement craindre pour sa vie, David Hamilton avait été retrouvé mort, ou agonisant, dans des circonstances dramatiques, troublantes et obscures.

Il s’était « suicidé » – telle est la « thèse officielle » – alors que, ce jour-là, 25 novembre 2016, il avait par exemple évoqué des projets d’avenir avec l’un de nos amis communs, ce dernier étant toujours prêt à en témoigner…

Voilà donc un homme qui craignait pour sa vie, qui voulait porter plainte, qui faisait des projets d’avenir mais qui se serait suicidé avec un sac de plastique sur la tête, dans un studio dont il aurait laissé la porte ouverte…

Qui sait combien d’années on racontera cette fable aux crédules?

*

Je rappelle ce petit article, paru sur ce blog, qui donne un début de bibliographie littéraire et romanesque, notamment autour de l’inceste: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2021/05/13/tout-petit-essai-dune-bibliotheque-erotique-sensuelle-sentimentale-livres-utiles-a-plus-dun-lecteur/

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Protégé : Au coeur du coeur des choses (9)

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