De Vladimir Nabokov, Alain Robbe-Grillet et David Hamilton

Si Madame Flament a vu David Hamilton nu, ce ne doit pas être la seule, il ne s'en cachait pas trop

Si Madame Flament a vu David Hamilton nu, ce ne doit pas être la seule, il ne s’en cachait pas trop

« Abandonnées à l’ennui rêveur de leur inutile virginité, les jolies bêtes énigmatiques ouvrent de grands yeux sur leur âme absente, passent des robes translucides, pour le plaisir de les ôter ensuite, s’allongent dans des fauteuils d’osier, se regardent, se lavent l’une l’autre, dorment ensemble, écoutent le silence de la grande maison, très longuement. Le chasseur fantôme erre de chambre en chambre, sans faire de bruit lui non plus. Il est à la recherche de quelque chose, et il ne sait de quoi. Il pousse avec douceur le battant d’une porte. Il s’arrête. Il voit. Son nom est David Hamilton ».

ALAIN ROBBE-GRILLET

*

Réfléchie, maintenant, l’adolescente suspend son geste,

observée comme par elle-même sans le miroir ni
la fenêtre, ni l’entrebâillement de la porte.
Trois mouvements vifs suffiraient,

trois brefs froissements d’étoffe sèche
-voiles encore trop pesants que l’on déchire,
robe de mousseline apprêtée,
linge blanc d’enfant sage que l’on arrache
et rejette d’un seul déploiement des deux bras, graciles,

vers l’encoignure de la chambre nue- suffiraient
pour qu’elle se retrouve exposée de toute part.

ALAIN ROBBE-GRILLET

sur les jeunes filles de David Hamilton

*

NABOKOV

NABOKOV

Alain Robbe-Grillet a écrit un texte pour David Hamilton, « Rêves de jeunes filles ».

L’introduction et les textes sont d’Alain Robbe-Grillet (1971).

« Abandonnées à l’ennui rêveur de leur inutile virginité, les jolies bêtes énigmatiques ouvrent de grands yeux sur leur âme absente, passent des robes translucides, pour le plaisir de les ôter ensuite, s’allongent dans des fauteuils d’osier, se regardent, se lavent l’une l’autre, dorment ensemble, écoutent le silence de la grande maison, très longuement. »

(ROBBE-GRILLET Alain, HAMILTON David, Rêves de jeunes filles, page 5).

*

ROBBE-GRILLET

ROBBE-GRILLET

Ou encore:

« Mais on lui dit qu’elle doit se mettre à genoux, et on lui courbe la nuque pour qu’elle cache sa honte, en même temps que son visage, au creux des cuisses ».

ROBBE-GRILLET Alain, HAMILTON David, Les Demoiselles d’Hamilton, p.145.

*

 

*

Et dans « Topologie d’une cité fantôme« , Robbe-Grillet évoque encore David Hamilton :

« La rêveuse debout qui contemple la scène s’aperçoit alors qu’elle n’est elle-même que le reflet dans la glace, à peine plus allongée, légèrement distendue cependant par la mauvaise qualité du miroir, de la grande fille debout sur le tapis de chèvre, ce qui provoque sur ses lèvres sans fard un imperceptible sourire. David H. appuie sur le déclencheur de son appareil photographique ».

 

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