L’affaire David Hamilton: est-ce que la France est un pays normal?

On se demande un peu jusqu’où ils vont aller, dans l’affaire David Hamilton.

Certains journaux affrment qu’une « enquête » est en cours, et l’on ne sait trop de quelle enquête il s’agit. La première enquête qu’il faudrait mener, dans un pays normal et un monde à peu près logique, serait l’enquête au sujet des circonstances exactes et réelles du décès d’un homme qui disait un mois plus tôt qu’il craignait pour sa vie et que l’on a retrouvé avec un sac de plastique sur la tête et la porte ouverte. Il y a des journaux et des journalistes, y compris hors de France, pour bâtir à ce sujet des hypothèses, souvent plus extravagantes les unes que les autres.

*

La même chose au sujet des personnes qui l’accusent de les avoir « violées ». Ce nombre était de cinq, puis de quinze, dans certains journaux notamment à l’étranger on parle aujourd’hui de VINGT personnes qui auraient accusé le grand photographe de « viol ».

Voilà donc vingt personnes (et demain, cent? mille? dix mille?) qui n’auraient pas porté plainte dans les délais impartis par la loi française et qui auraient attendu, pour lancer leurs accusations unilatérales, la mort de l’homme qu’elles désignent à la vindicte, et la parution du bouquin de Mme Flament (dont les accusations ont été très généreusement relayées par la presse-pipole-à-scandales).

Pas de présomption d’innocence pour David Hamilton!?

Visiblement, par ailleurs, certains (comme Ardisson) devaient considérer que les lois qui interdisent d’insulter quelqu’un ne s’appliquaient pas à David Hamilton?

Maintenant, après ne pas avoir porté plainte contre David Hamilton quand il était vivant, on l’accuse de tout et on l’insulte même quand il est mort!

David Hamilton, qui n’a jamais été condamné pour « viol », et qui ne le sera jamais (à moins qu’on ne le condamne à titre rétroactif et posthume, ce qui serait certes une avancée passionnante de la jurisprudence!!!), est donc traité non plus de « violeur présumé » mais de « violeur » tout court par les journalistes-pipole qui n’étaient pas présents au moment des faits supposés; les journalistes-pipole qui ont sans doute oublié que la propre famille de Mme Flament remet en question les déclarations de leur parente; les journalistes-pipole qui croient exclusivement à ce que dit leur collègue-Madame-Flament-de-la-presse-pipole!

Mme Flament, elle, déclare que le « suicide » de David Hamilton est un « aveu ».

A part que la thèse du suicide n’est pas officielle (ce serait la thèse « privilégiée », mais si les mots ont encore un sens, cela veut dire que ce n’est pas la seule thèse envisagée) et que rien, en psychologie, n’indique qu’un suicide soit un aveu.

Est-ce que le suicide de Socrate (et de dizaines de grands suicidés de l’Histoire) était un « aveu » de « culpabilté »?

Est-ce que c’est ça qu’on appelle la déontologie journalistique ?

Est-ce que c’est ça qu’on appelle la Justice?

Est-ce que la France est un pays normal?

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