Comment faire pour lire « Le portrait de Dawn Dunlap ».

Il y a quelques personnes qui me demandent comment se procurer mon livre « Le portrait de Dawn Dunlap ».

Je vais leur répondre.

Ma réponse est : je ne suis pas un marchand. Je ne suis pas un marchand. Je ne suis pas un épicier de la littérature!

Dans un monde où tout se vend, où tout s’achète, où les billets de banque (parfaite abstraction) ont une « valeur faciale » et où plus rien n’a de valeur, le monde du fric, le monde du capitalisme, le monde du profit, le monde de la haute (sic) finance internationale (grands dieux, on voit ce qui est « haut » dans le monde moderne), le monde des banquiers, je ne suis pas – moi – un épicier.

Je ne vends pas mes livres. Je ne racole pas. Je ne suis pas un bourgeois, un petit bourgeois qui racole. Vous noterez que je n’ai pas dit: je ne suis pas une putain qui racole. Voyez-vous, j’ai énormément de respect pour les putains: les vraies; ou encore celles de Villon ou d’André Baillon. Le seul reproche que l’on puisse faire aux putains, c’est qu’elles se font payer. Aujourd’hui, ce sont les petits bourges autoproclamés « écrivains » qui racolent. Moi, Honorés Messieurs (comme disait mon prédécesseur Chveïk), je ne racole pas.

Mes livres, en général, je les donne. Je les offre. Parce que je suis un aristocrate: entendons-nous, un aristocrate de l’esprit. Les seuls vrais aristocrates sont – pardon, étaient – ceux de l’esprit. Aujourd’hui, il n’y a plus d’aristocrates ni du rang, ni de l’esprit.

Mes livres, je les donne. Et par conséquent, je les donne à qui je veux. Je choisis mes lecteurs. Si je suspecte un cerveau ou une âme chez eux, je leur offre.

J’offre peu de livres, du coup.

Je n’ai pas la prétention, tristement moderne et démocratique, pardon: démagogique, de rendre les imbéciles intelligents. Je ne suis pas un idiot.

Si vous faites écouter Mozart à un chien (ou à un enfant), vous augmentez sa sensibilité. Si vous leur faites écouter de la merde (de la « musique » moderne), vous amputez leur sensibilité.  Si je vendais mes livres aux ineptes, ou à des gens pas sélectionnés par moi, j’aurais l’impression d’être un petit bourgeois assoiffé de dollar (ou de la monnaie des colonisés, l’Euro).

J’aime choisir mes lecteurs. Je laisse bien sûr très volontiers à tout un chacun le droit d’aller acheter les Zoeuvres de mes contemporains au supermarché et dans les succursales, appelées « librairies », desdits supermarchés. Mais moi, je suis un écrivain, pas un épicier.

Je ne fais pas de politique. Je ne suis pas candidat aux élections présidentielles. Je ne raconte pas la bonne blague que je vais m’occuper des gens. Mes livres, n’étant ni un hypocrite ni un égoïste, je les écris pour moi. Je les écris pour des frères. Je les écris pour ceux qui savent déjà. Ceux qui ne savent pas, ce ne sont pas mes livres qui vont les rendre savants.

Qui souhaite me lire doit m’écrire, me dire comment il s’appelle, et pourquoi il veut me lire: les messages anonymes, ou provenant d’adresses douteuses, ou de gens qui veulent me lire pour de mauvaises raisons, vont à la poubelle.

Je me bats les couilles de vendre un livre, je me branle d’être lu: vous voyez, je ne suis pas un homme moderne.

Vous comprenez? J’en doute. J’espère que non. Mais moi, je me comprends: quel plus vaste public que le mien?

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