David Hamilton et le retour des grenouilles de bénitier (article republié).

Le viol, et la relation sexuelle non consentie, doivent être condamnés à tout âge.

Cela dit, l’affaire Hamilton, d’un point de vue juridique, est absurde.

Qu’on veuille bien y songer: l’accusatrice, Mme Flament, avait laissé passer les délais de prescription. En d’autres termes, aucune plainte ne pouvait être déposée contre David Hamilton.

Et même si une plainte avait été déposée contre lui:

  • il aurait dû être présumé innocent jusqu’à une éventuelle condamnation
  • ç’aurait été à l’accusation de démontrer une quelconque culpabilité de sa part

En France, l’article 227-25 du code pénal fixe la majorité sexuelle par principe à 15 ans (pour les relations hétérosexuelles et homosexuelles).

Tout cela en France où, que cela plaise ou non, au-delà de 15 ans, la possibilité de relations sexuelles consenties est reconnue par le Code pénal (en-dessous de 15 ans, même si le mineur consent à une relation avec un majeur, il y a atteinte sexuelle).

*

A la fin des années 1970, disons entre 1977 et 1979, de nombreux intellectuels, vrais ou faux philosophes (citons Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser…) avaient demandé au Parlement la dépénalisation de toutes les relations consenties entre adultes et enfants de moins de quinze ans (il s’agit, rappelons-le, de la majorité sexuelle en France). Personnellement, je crois qu’une telle demande était excessive. Toujours est-il que des intellectuels comme Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem avaient tous signé la pétition de 1977.

Deux lettres ouvertes furent publiées dans la grande presse de l’époque, pour exiger la libération de quatre personnes accusées d’avoir eu des rapports sexuels consentis avec des mineurs sexuels. La première de ces pétitions fut publiée dans le Monde du 26 janvier 1977,  signée par des gens aussi fameux que Jack Lang, Bernard Kouchner, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem. La seconde fut publiée par Libération au mois de mars 1979 (voir l’Express du 7 mars 2001).

Tout ceci pour dire et redire, s’il en était besoin, que les photographies et les films de David Hamilton, à l’époque, ne pouvaient guère choquer personne, sauf peut-être de vieilles grenouilles de bénitier.

A l’époque, David Hamilton – lui – ne signait aucune pétition. Entouré des actrices de son film ‘Bilitis’, Patti D’Arbanville et Mona Kristensen, il préférait présenter ses oeuvres artistiques, par exemple le 21 mai 1977 à Cannes. En cinéaste, en artiste, en dandy, en poète.

jj

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Il faudrait évidemment être fou pour faire l’apologie du viol, l’apologie des rapports sexuels non consentis, ou l’apologie des rapports sexuels avec des mineurs de quinze ans.

Dans le cas de David Hamilton, je n’étais pas présent (Ardisson non plus) et j’ignore s’il a eu des rapports consentis avec certaines de ses modèles de plus de quinze ans. Même si ç’avait été le cas, chose qui resterait amplement à démontrer, cela n’aurait pas constitué un délit aux yeux de la loi française.

Pierre Lance écrit ( http://www.nice-provence.info/blog/2016/12/10/photographe-desir/   ) :

« Accusé de plusieurs viols sur ses jeunes modèles, il avait peu de risques d’être condamné, la plupart de ces crimes étant prescrits.  Mais après avoir été une star adulée, il est probablement pénible de se retrouver à 83 ans dans la peau d’un criminel. Selon les commentateurs, les familles des jeunes filles sélectionnées par Hamilton étaient très flattées de ce choix. Et il semble que les adolescentes n’aient pas opposé trop de résistance à l’entreprenant photographe ni osé le dénoncer en temps opportun« .

Il semble? Que « semble »-t-il? Sur quoi se base M. Lance pour dire ce qu’il (lui) semble?

En ce qui concerne des accusations – gravissimes et unilatérales – de « viol », donc de rapports non consentis, Mme Flament avait des dizaines d’années pour porter plainte mais elle n’a retrouvé la mémoire qu’au moment de la sortie et de la promotion de son bouquin.

A moi, il me semble que les accusations doivent être prouvées. C’est la base du droit et de la démocratie.

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L’opinion des auteurs de ce blog est, globalement, que sans tomber dans les excès de certains philosophes (ou supposés tels) des années 1970, la loi française en ce domaine est amplement suffisante (je parle de l’article 227-25 du code pénal qui, donc, fixe la majorité sexuelle  à 15 ans).

Je me souviens par exemple de la soirée que David Hamilton avait passée – publiquement – en compagnie d’une jeune femme, au club « L’Apocalypse », c’était le 15 octobre 1982 à Paris. Personne ne savait quel âge avait cette jeune femme qui lui tenait la main,  et personne ne songeait à le lui demander. Elle n’avait certainement pas moins de quinze ans!

Nous ne croyons pas, pour notre part, que David Hamilton ait jamais enfreint la loi française: chose que, au demeurant, on ne saura jamais puisque nulle plainte ne pouvait être déposée contre lui pour des faits présumés (qui auraient eu lieu il y a des dizaines d’années) et puisque, par ailleurs, sa mort a éteint toute action civile.

Les amateurs de scandale continueront à jeter sur sa mémoire de la boue, qui leur retombera sur la tronche.

Tandis que nous, nous continuerons à aimer et à admirer son oeuvre.

Oui: de David Hamilton, mieux vaut conserver le souvenir de son élégance. Celle qu’il démontrait en tant et tant d’occasions et par exemple, pour ne prendre qu’un seul exemple, en compagnie d’Henri d’Orléans, comte de Paris, lors d’un vernissage le 18 novembre 1993 à Paris.

David Hamilton

David Hamilton

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David Hamilton, pour autant que je puisse le savoir, n’était pas une grenouille de bénitier.  Le 7 août 1983 David Hamilton organisa une fête: il se trouvait donc avec sGertrude à Ramatuelle, pour… le mariage de Mona (son ex-compagne) avec Gregory Arnold. De nombreux journalistes étaient présents pour couvrir l’événement, David Hamilton était souriant et, de toute évidence, comme le démontrent aussi les photos de cette journée, en excellents termes avec son ex-compagne Mona Kristensen.

Au fait, David Hamilton ne fut marié qu’avec Gertrude, mais cela n’empêche pas des tonnes de journaux d’avoir écrit qu’il avait été marié deux fois. Il est certes assez curieux que des « journalistes », qui indiquent en David Hamilton un « violeur » (sic), ne soient même pas capables de dire sans se tromper avec qui il fut marié, et quand…

Des journalistes qui sont catégoriques quand il s’agit d’accusations unilatérales proférées par leur collègue Mme Flament, mais qui – en revanche – ne savent pas donner une info correcte au sujet de mariages…

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Jadis le naïf Pierre Louÿs avait dédié Bilitis, « livre d’amour antique »,  aux « jeunes filles de l’avenir ».

Le seul problème est que, en 2016, on voit peut-être renaître une espèce que l’on croyait voire espérait en voie d’extinction ou disparue, celle des grenouilles de bénitier.

Hélas, cher Pierre Louÿs, les jeunes filles de l’avenir sont devenues – pour pas mal d’entre elles – des grenouilles de bénitier…!

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Voir aussi:

https://lequichotte.wordpress.com/2016/12/17/david-hamilton-et-le-retour-des-grenouilles-de-benitier/

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