Marlon Brando, David Hamilton: un viol peut-il en cacher un autre?…

Bertolucci après Hamilton? Euh…

Le titre du Huffington Post est déjà tout un programme: 

« Bertolucci après Hamilton: les abus sexuels de l’art « libéré » des années 70-80 ne passent plus »

Et en sous-titre:
« La multiplication des témoignages a entraîné une véritable prise de conscience« .

http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/05/apres-laffaire-hamilton-celle-de-bertolucci-les-abus-sexuels/

Naturellement, cela frappe l’imagination!… Bertolucci, on comprend ça dès le titre, est coupable. Et en plus, il est coupable « après Hamilton », lequel est coupable (en tout cas, selon Mme Flament et selon M’sieur Ardisson). Probablement, coupable « avant Bertolucci »?

Pratiquement, si l’un est coupable, l’autre aussi, ça va sans dire mais ça va mieux en le disant. On ne sait pas trop qui a été « coupable » avant ou après l’autre, mais c’est clair, les deux sont coupables. Ainsi a parlé, non, pas Zarathoustra, seulement l’Huffington Post

Et puis, c’est la cerise sur le gâteau, il y a des « témoignages ». Non, mon con, me dis-je à moi-même, ne dis pas que les faux témoignages, ça existe.

Il y a des témoignages et ils sont « multipliés ». Comme la multiplication des pains!

Et là, mon con (me dis-je à moi-même), face à la multiplication des témoignages, que faire? Surtout quand la « multiplication » des « témoignages » « entraîne » une « véritable » (note bien, mon con, me dis-je à moi-même, même pas une simple prise de conscience, non: une « véritable » prise de conscience!!  une vraie de vraie prise de conscience ! c’est pas rien, ça, mon con, me dis-je à moi-même!)

*

La scène (cinématographique) eut, dit-on, une certaine célébrité.  Il s’agit d’une scène de sodomie dans le film « Le Dernier tango à Paris » (film réalisé au début des années 1970 par le cinéaste italien Bernardo Bertolucci).

Dans une séquence de ce film, la jeune femme est sodomisée dans une cuisine, avec l’utilisation d’une motte de beurre en guise de lubrifiant. Bon, ce n’est pas Shakespeare, mais la sodomie existe, le cinéma existe, pourquoi pas une scène de sodomie?

Lundi 5 décembre, le cinéaste italien s’est encore exprimé – à travers un communiqué, mais aussi dans la presse italienne – sur cette fameuse scène:

« Je voudrais, pour la dernière fois, clarifier un malentendu ridicule qui continue à être rapporté à propos de ‘Dernier tango à Paris’ dans des journaux du monde entier. Certains ont pensé et pensent que Maria n’avait pas été informée de la violence subie (dans la scène). Faux! Maria savait tout parce qu’elle avait lu le scénario où tout était décrit. La seule nouveauté était l’idée du beurre. »

Donc, reprenons nos esprits.

Le cinéaste italien Bertolucci (qui, contrairement au cinéaste et photographe anglais David Hamilton, ne s’est pas suicidé, et j’espère qu’il ne se suicidera pas, ne serait-ce que parce que pousser quelqu’un au suicide est un acte qui manque de charité chrétienne, et n’est pas bien vu non plus, à juste titre, par le Code pénal) a donc dit, redit, écrit que la scène était dans le script.

De l’avis général, y compris l’aveu de Madame Marie Schneider, il n’y a pas eu de pénétration. On lit dans le Huffington Post:

http://www.huffingtonpost.fr/2016/12/05/dernier-tango-paris-maria-schneider-marlon-brando-bertolucci/

« Il n’y a pas eu de réelles scènes de sexe dans « Le dernier tango à Paris » entre elle et Brando comme elle l’a expliqué dans une interview pour le Daily Mail en 2007. Pas de pénétration ».

Mais alors, les gros titres de la presse, qui parlent – en gros caractères – de « viol »? Mais alors, les titres d’articles et les « chapeaux » d’articles qui disent que Mme Schneider n’était pas au courant avant de tourner la scène?

« La vérité c’est que c’est Marlon qui a eu l’idée, a déclaré l’actrice lors de cette interview. Ils me l’ont dit juste avant qu’on filme cette scène et j’étais révoltée. (…) Mais pendant la scène, même si je savais que ce que Marlon faisait n’était pas pour de vrai, mes larmes étaient vraies. Je me suis sentie humiliée et pour être honnête, j’ai eu un peu l’impression d’être violée, par Marlon et Bertolucci ». A la fin de la scène, Marlon n’est pas venu me consoler ou s’excuser. Heureusement, une prise a suffi. »

Nous avons donc une scène où il n’y a eu ni viol, ni pénétration.

La présumée « victime » en personne disait, de son vivant: « Pendant la scène, je savais que ce que Marlon faisait n’était pas pour de vrai« .

Or, la même Mme Schneider, selon ce qu’elle disait volontiers elle-même, s’était sentie « humiliée » et « violée ». Non seulement par Marlon Brando mais aussi par Bertolucci. 

Pire encore. On lit dans le Huffington Post: « Cette scène (…) a fait des ravages chez cette jeune actrice. Tout ce cirque l’a rendu folle, a-t-elle déclaré. « Je suis tombée dans les drogues – marijuana, cocaïne, LSD et héroïne – c’était une façon de fuir la réalité. »

Une motte de beurre responsable, donc, de la prise de drogues?

Une certaine Jessica Chastain a dit: « Pour tous ceux qui adorent ce film, vous regardez une jeune femme de 19 ans en train de se faire violer par un vieil homme de 48 ans. Le réalisateur a planifié ce viol. Cela me rend malade », a dit l’actrice américaine sur Twitter.

Voilà donc une motte de beurre qui a rendu « malade » la dénommée Jessica Chastain!?

Un autre acteur, un certain Chris Evans, a dit ressentir de « la colère » après cet acte (euh, quel « acte »?) « plus que répugnant« .

Une certaine Evan Rachel Wood (qui a elle aussi affirmé récemment avoir été victime de viols par le passé) a assuré que cet « acte » (euh, quel « acte »?) était un véritable « outrage » qui lui « brisait le coeur ».

Voilà donc une motte de beurre capable de tout, même de briser le coeur d’Evan Rachel Wood.

Ces gens, ces acteurs d’Hollywood, que de coeur vraiment!

« Une place spéciale en enfer pour ces deux ordures et à toute l’équipe qui a regardé ça sans rien faire. Allez vous faire foutre« , a tweeté un autre acteur (que d’acteurs!), un certain Michael Cudlitz.

Voilà décidément encore mieux (si je puis dire) qu’Ardisson.

Ardisson, lui, se substitue à la Justice; il s’érige en censeur et traite les gens d’enculés et de connards à la télé, il les condamne, ou risque de les condamner à la haine d’une partie des téléspectateurs ou des internautes. Le CSA en pense quoi?

 Mais Cudlitz, lui, fait encore mieux. Il traite « d’ordure » Marlon Brando (qui est mort), comme si Marlon Brando était un vulgaire David Hamilton. Insulter les morts? Drôle d’époque, non?

Et il traite aussi « d’ordure » Bertolucci qui, lui, est vivant (et a peut-être, contrairement à Hamilton, des avocats)…

On voudrait comprendre si MM. Ardisson et Cudlitz, et d’autres, sont au-dessus des lois qui interdisent d’insulter les gens.

Est-ce que moi, par exemple, j’aurais le droit d’aller traiter « d’ordures » (ou d’amabilités de ce genre) des gens dont je ne sais rien, au sujet de faits que je ne connais pas?

Je ne sais pas si Cudlitz est catholique, mais est-il aimable de vouer à « l’enfer » un mort (Marlon Brando) et un vivant (Bertolucci)? Est-ce très catholique?

Cudlitz est-il chargé de décider qui doit aller au paradis, qui en enfer?

*

Bref: Marlon n’a pas pénétré ou violé Maria Schneider, c’est Maria Schneider elle-même qui le disait. C’était « pour du faux ».

« Pendant la scène, je savais que ce que Marlon faisait n’était pas pour de vrai » (Maria Schneider).

Mais voilà, les « larmes » de Maria Schneider étaient « vraies », parce qu’elle se « sentait un peu violée », on notera le « un peu ». Elle se sentait « un peu » violée par Brando et Bertolucci.

*

Bertolucci vient de protester, et de dire ceci au journal italien de centre-gauche Repubblica :

http://www.repubblica.it/spettacoli/cinema/2016/12/04/news/_ultimo_tango_a_parigi_la_scena_del_burro_-153427345/

« Vorrei, per l’ultima volta, chiarire un ridicolo equivoco che continua a riportare ‘Ultimo Tango a Parigi’ sui giornali di tutto il mondo. Qualche anno fa, alla Cinematèque Française, qualcuno mi ha chiesto dettagli sulla famosa ‘scena del burro’. Io ho precisato, ma forse non sono stato chiaro, di avere deciso insieme a Marlon Brando di non informare Maria che avremmo usato del burro. Volevamo la sua reazione spontanea a quell’uso improprio. L’equivoco nasce qui. Qualcuno ha pensato, e pensa, che Maria non fosse stata informata della violenza su di lei. Falso! Maria sapeva tutto perché aveva letto la sceneggiatura, dove era tutto descritto. L’unica novità era l’idea del burro. È quello che, come ho saputo molti anni dopo, offese Maria, non la violenza che subisce nella scena e che era prevista nella sceneggiatura del film. È consolante e desolante che qualcuno sia ancora così naïf da credere che al cinema accada per davvero quello che si vede sullo schermo. Quelli che non sanno che al cinema il sesso viene (quasi) sempre simulato, probabilmente, ogni volta che John Wayne spara a un suo nemico, credono che quello muoia per davvero« .

En effet, si tous les acteurs qui sont tombés (pour de faux) sous les balles de John Wayne ou les coups d’épée de Zorro ont pu se sentir un peu tués, les tribunaux vont être surchargés de plaintes pour assassinat ou tentative d’assassinat.

Et si tous les acteurs et toutes les actrices qui ont tourné des scènes de sexe ont pu se sentir un peu violés, les tribunaux vont être surchargés de plaintes pour viol ou tentative de viol.

*

Conclusion.

Marlon Brando n’a ni violé ni pénétré Maria Schneider.

Celle-ci était au courant avant de tourner la scène.

Mais les journaux français font leurs gros titres sur Marlon Brando et le « viol » de Mme Schneider.

Et, dans leurs mêmes titres, ce viol est mis en parallèle avec « le viol de Mme Flament par David Hamilton » parce que, David Hamlton étant mort et n’ayant eu à l’évidence ni avocats ni amis, les journalistes ne prennent plus aucune précaution. Plus la moindre!

Là où il faudrait parler, tout au plus, de viol présumé, ou d’accusations unilatérales portées par Mme Flament, la presse désormais présente Mme Flament comme victime d’un viol effectif, qui ne peut quasiment plus être mis ou remis en doute…

Drôle d’époque…

Vous lisez donc dans « Gala » que Brando et Bertolucci ont « programmé le viol » de Mme Schneider…

http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/scandale_-_marlon_brando_et_bertolucci_ont_programme_le_viol_de_maria_schneider_380365

Et vous lisez: « Maria Schneider, un viol organisé par Marlon Brando, après celui de Flavie Flament ! »

http://fr.blastingnews.com/showbiz-et-tv/2016/12/maria-schneider-un-viol-organise-par-marlon-brando-apres-celui-de-flavie-flament-001305843.html

Un viol inexistant (celui de Mme Schneider) devient la « preuve » du viol présumé (présumé par Mme Flament) de Mme Flament.

Folie.

 

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