Requiem pour David Hamilton: résignation et sérénité

Double hommage à David Hamilton (né le 15 avril 1933)

et à Richard Strauss (les Métamorphoses, 12 avril 1945)

*

Dans quelques jours, on sera le 15 avril, jour de la naissance de David Hamilton (15 avril 1933).

En ce premier avril sans David Hamilton, la musique que je suggère d’écouter est celle des Metamorphosen (titre allemand original), en français Métamorphoses, œuvre magnifique et poignante écrite pour 23 instruments à cordes par Richard Strauss, achevée le 12 avril 1945. Il s’agit de l’une des toutes dernières partitions du génie allemand de la musique du XXe siècle, alors déjà octogénaire: et comment ne pas songer à David Hamilton, mort – dans les circonstances tragiques que l’on sait – à l’âge de 83 ans?… Richard Strauss, lui, est mort à 85 ans.

Les 23 instruments du chef-d’oeuvre de Strauss sont dix violons, cinq altos, cinq violoncelles et trois contrebasses, soit cinq quatuors à cordes et trois contrebasses. La première eut lieu le 25 janvier 1946, sous la direction de Paul Sacher, à la tête du Collegium Musicum de Zurich, et donc dans un pays qui avait été  épargné par la seconde guerre mondiale, déclarée en septembre 1939 par la France et par l’Angleterre, et qui s’était achevée moins d’un an avant.

Karajan et Strauss (1941)

L’un des thèmes principaux est une allusion au thème de la « Marche funèbre » de la Symphonie n° 3 de Beethoven, cité explicitement en hommage à la fin de la partition sous la mention In Memoriam !

Statue (Arno Breker): voir ensuite, plus bas, la statue de « Laura les ombres de l’été »

Voilà aussi pourquoi je propose de ré-écouter (pour certains, peut-être de découvrir) cette oeuvre, en hommage à David Hamilton.

Strauss a composé ici – qu’il suffise de songer au contexte historique – un chef d’oeuvre de résignation mais aussi de sérénité.  La même résignation qui saisit, la même sérénité qui envahit les civilisations, les artistes, les êtres qui meurent après avoir vécu. Rien ne pourra abîmer ce qui a été; rien ne pourra détruire les souvenirs des jeunesses belles; rien ne pourra effacer la jeunesse éternelle émanant de l’oeuvre de David Hamilton.  Rien ne pourra effacer  l’Eternel féminin aimable aux grands sculpteurs, aux grands peintres, aux grands photographes du passé.

Nymphe de D. Hamilton

Ecoutons donc les Métamorphoses de Strauss. Ecoutons aussi la marche funèbre de la Symphonie héroïque de Beethoven, comme pour mieux nous souvenir de David Hamilton et de la nature mortelle des hommes, des génies et des grandes civilisations. David Hamilton, lui aussi, a capitulé; mais le plus tard possible et à l’âge vénérable de 83 ans.

C’est bien à cela que me porte à songer l’oeuvre de Richard Strauss, écrite sur les  ruines d’une Europe dévastée par la guerre, dans un monde horrifié par les bombes atomiques lancées sur Hiroshima et Nagazaki. En ce temps-là, David Hamilton était un petit garçon londonien de douze ans…

Laura les ombres de l’été

Aujourd’hui qu’il a quitté ce monde, sa résignation et sa sérénité demeurent: y compris à travers la beauté de ses jeunes filles en fleurs.

Advertisements
Cet article a été publié dans David Hamilton. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Laissez un commentaire, merci (les commentaires anonymes, farfelus ou incorrects, émanant de gens qui ont du temps à perdre, passent directement à la poubelle)

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s