Pourquoi tant de haine contre l’érotisme et le romantisme hamiltoniens?

La révolution des mœurs – ou la révolution supposée – des années 1970, par exemple, appellerait bien des remarques.  Mais parlons d’aujourd’hui, de 2017: où l’on voit très bien  (surtout si l’on a des yeux pour voir, reliés à un cerveau) – sur quel(s) point(s) l’Etat, ou le Système a mis un accent particulier. On voit très bien, alors, quels comportements ont été en quelque sorte criminalisés.  On est passé de la révolution des mœurs (« faites l’amour, pas la guerre ») à la « bureaucratisation », à la normalisation. On bavarde des nouvelles règles et des nouvelles lois qui concernent le couple (homosexuel ou hétérosexuel), de la filiation, de l’adoption d’enfants (donc, de l’adoption d’enfants par des couples qui souvent n’en sont pas les parents génétiques et n’ont pas fait l’amour pour le mettre au monde), voire de la « liberté procréative » qui, en vérité, semble une obligation procréative. Je me demande même parfois si l’on ne revient pas à l’époque où l’Eglise interdisait le SEMEN IN OS, le « sperme en bouche » et où l’unique « vase approprié » (selon l’Eglise) pour recevoir le sperme était le vagin – surtout pas la bouche.

Les relations, en France, entre des adultes et des filles (bien sûr consentantes) de seize ou dix-sept ans, et même de vingt ans ou à peine davantage, sont (plutôt ou extrêmement) mal vues. Récemment Roland Jaccard, qui avait alors 73 ans, et Marie Céhère, qui d’ans en avait 23, ont publié «Une liaison dangereuse»: le récit de leurs amours. Un bon livre et un bon titre.

Une fille peut se marier à quinze ans. Pourtant, l’affaire David Hamilton a démontré que celui-ci a été largement traité de « pédophile » (sic), par des gens ou des journalistes qui ignorent le sens des mots en général et celui de pédophile en particulier. Le pédophile, en psychiatrie, est attiré par les enfants impubères. Or il n’y a aucun enfant impubère dans l’oeuvre de David Hamilton. Ses modèles ne sont pas des enfants. Ce sont des adolescentes pubères, pour la Nature ce sont des femmes, et (pour la loi française) elles ont l’âge de se marier. En outre, on comprendra (surtout si l’on a des yeux pour voir, reliés à un cerveau) que dans le cas de David Hamilton,  il s’agissait simplement de prendre des photos (avec l’autorisation des modèles et de leurs parents). A moins que l’on ne veuille arriver à une société où non seulement la relation entre un adulte et une jeune flle sera interdite, mais même le fait de la photographier ou de la peindre (qu’aurait dit Cranach!?…) voire de la représenter littérairement?…

Cranach

Vierge allaitant l’enfant. Lucas Cranach l’ancien.

Prenons l’exemple de la prostitution. Aujourd’hui,  l’acte sexuel serait « autorisé »  et « licite » à partir du moment où il est consenti (bien sûr) et « entre adultes ». Et pourtant, la prostitution est – elle aussi – la cible des moralistes et des censeurs, qui rêvent d’interdire le plus vieux métier du monde. Qu’en penseraient Villon, Nietzsche, Baudelaire, Pierre Louÿs?… Et voilà bien le point  où tend l’ordre moral qui arrive vers nous en galopant.

L’Etat, le Système ne devraient pas savoir ou chercher à savoir la raison, s’il y en a une, pour laquelle des amants sont consentants. En d’autres termes, personne ne devrait être obligé d’être « amoureux » (selon des critères puritans ou hypocrites) ou de chercher obligatoirement à se « reproduire », pour avoir des relations sexuelles. Est-ce que l’Etat ou le Système  cherchent à savoir si les femmes adultes, bourgeoises et mariées sont consentantes? Est-ce que l’Etat ou le Système cherchent à savoir si à savoir si une femme mariée couche avec son mari, au bout de vingt ou trente ans de mariage,  parce qu’elle en a un désir (on aimerait connaître leur pourcentage!), parce qu’il l’entretient, parce qu’ls ont des gosses… ou parce que si elle se refuse à ses « devoirs », ledit mari se met en colère voire devient violent?… Donc, si un mari entretient sa femme qui « consent » par devoir, c’est noble, c’est digne et c’est « bien »? Si une femme se fait offrir des bijoux par son mari, c’est « bien »? Si une prostituée adulte et consentante se fait donner un petit billet (un billet qui échappera au fisc) par un inconnu adulte et consentant, c’est « mal »? Ou encore, si une jeune fille en âge de se marier tombe amoureuse d’un homme plus grand qu’elle, c’est « mal »?

Pourtant, l’Etat ou le Système cherchent à savoir si ses administrés sont « consentants » dans d’autres cadres que celui du mariage et par exemple dans l’univers de la prostitution.  Mais voilà, si tu as le « droit » de t’envoyer en l’air seulement dans le cadre du mariage bourgeois entre adultes du même âge (et si les petites jeunes, par exemple, sont curieusement « réservées » aux milliardaires anglo-américains ou hollywoodiens), on comprend que les années 1970 sont loin… Très loin…

La famille et la reproduction (peut-être à de rares exceptions près), quel ennui… Quel manque d’imagination!… Est-ce que la procréation et la filiation ne devaient pas être des actes volontaires, puisque les enfants sont censés naître entre adultes consentants?… Consentants à quoi? A quoi a « consenti » par exemple un homme de mes amis qui a couché jadis avec une féministe (le slogan de la demoiselle était: « un enfant si je veux et quand je veux », elle  a tenu parole…) qui lui a dit qu’elle prenait la pilule?

Tout le démontre: en cette époque de surveillance de masse, l’intrusion du Système est complète: y compris dans le monde de l’art (voir, à ce sujet, l’affaire David Hamiilton) et, plus généralement,  dans celui de l’affectivité et de la sexualité.

On a donc désormais un Système qui, par le biais de ses supposés intellectuels, ou  de ses petits journalistes ignorants,  veut dire à tout le monde ce qu’il « doit » faire… On est passé en quelques décennies de la libéralisation (ou, plutôt, supposée libéralisation) à l’effective normalisation sexuelle. (Probablement, même la libéralisation sexuelle était déjà une erreur, puisque c’était déjà une tentative de légiférer. Autre débat).

L’Etat, le Système, Big Brother, l’opinion publique, appelez ça comme vous voudrez, veulent que la sexualité renforce l’Etat et le Système. Le sexe pourrait être la chose la plus révolutionnaire.  Il s’est toujours agi et il s’agit donc pour l’Etat, l’Eglise, la réaction, la bourgeoisie, la petite bourgeoisie, etc., de les encadrer.  Il « faut » que la sexualité  tisse des liens « sociaux » avec les autres, ou plutot avec les mêmes: avec des partenaires du même âge, par exemple. La société actuelle prône la communautarisation du sexe. La prostitution, ou ce que les Américains appelaient « instant sex », ou tant d’autres pratiques gênent l’Etat et la bien-pensance dès lors que cela ne crée pas de profit notamment marchand à l’actuel Système économico-politique. (On peut ainsi se demander, d’un point de vue économique, si David Hamilton ne s’est pas fait beaucoup d’ennemis en ne payant pas ses modèles, et en trouvant ses modèles tout seul, sans avoir recours aux agences offiicielles de mannequins,  car l’on imagine bien que ce petit commerce est fort rentable pour les agences comme pour les mannequins « professionnels »).

Dans la société moderne et contemporaine, il faut raquer. Faut que le bon pognon rentre dans leurs caisses. Il faut acheter, vendre. On vent sa vie privée aux magazines.  Dans la société capitaliste du profit et de la pub, il serait « scandaleux » que le sexe soit gratuit. Alors les bigots d’hier et d’aujourd’hui cherchent à acheter et à racheter – à racheter moralement – le sexe par le prétexte de l’amour pour tous (« l’amour c’est l’infini mis à la portée des caniches »; Céline) et par la « nécessité » de la reproduction (l’Etat a la « nécessité », on le conçoit, à ce que les contribuables reproduisent plein de futurs contribuables, sans parler de consommateurs et de chair à canon).

Céline

Le Système et l’Etat, ne pouvant interdire le sexe, en tout cas pour l’instant  (dans un futur proche, on y arrivera) imposent leur conception du sexe. En démocratie, tout interdire est fort simple: il suffit de (presque) tout permettre, et à tout le monde.

Les temps sont ceux d’un néo-féminisme agressif,  pour ne pas dire d’une détestation du sexe masculin alors qu’il est clair que féminisme et machisme ne font qu’alimenter la guerre des sexes. Le discours néo-féministe porte de la haine également au monde de la prostitution, et non seulement à celui de la pornographie mais aussi à celui, qui en est pourtant antinomique, de l’érotisme et du romantisme hamiltoniens

On va donc vers une morale sexuelle établie et dictée, subliminalement imposée par les gouvernants, par les (supposées) élites, et vers une sexualité bourgeoise, morne, normée, plate. On est même en plein dedans.

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