Petite nymphe folastre, nymphette que j’idolatre: innombrables Lolitas.

Autour de l’anniversaire de Nabokov (22 avril).

Dolorès Haze, Lolita, l’héroïne de Nabokov, est née le 1er janvier 1935 à Pizky. A 12 ans, en 1947, sa mère épouse Humbert Humbert en secondes noces et, cette même année, elle devient la maîtresse de son beau-père. Elle meurt à 17 ans.

*

Par ailleurs, dans ce monde grotesque où l’on reproche tout ou le contraire de tout à David Hamilton, personne n’a fait noter (au moins pour l’instant!) ce qui suit: que n’aurait-on dit en effet si David Hamilton était mort, comme Humbert Humbert en 1952, un 16 novembre?…

*

Heureux aussi qui, comme Ronsard (ou Edgar Allan Poe),  a vécu avant Ardisson.

*

Amourette (Ronsard)

Petite Nymphe folastre,
Nymphette que j’idolatre,
Ma mignonne dont les yeulx
Logent mon pis et mon mieux;
Ma doucette, ma sucrée,
Ma Grace, ma Cytherée,
Tu me doibs pour m’apaiser
Mille fois le jour baiser.
Avance mon cartier belle,
Ma tourtre, ma colombelle,
Avance moy le cartier
De mon payment tout entier.
Demeure, où fuis tu Maistresse?
Le desir qui trop me presse,
Ne sçauroit arrester tant
S’il n’a son payment contant.
Revien revien mignonnette,
Mon doulx miel, ma violete,
Mon oeil, mon cuoeur, mes amours,
Ma cruëlle, qui tousjours
Treuves quelque mignardise,
Qui d’une doulce faintise
Peu à peu mes forces fond,
Comme on voyt dessus un mont
S’escouler la neige blanche:
Ou comme la rose franche
Pert le pourpre de son teint
Du vent de la Bise atteint.
Où fuis-tu mon âmelete?
Mon diamant, ma perlete?
Las, revien, mon sucre doulx,
Sur mon sein, sur mes genoux,
Et de cent baisers apaise
De mon cuoeur la chaulde braise.
Donne m’en bec contre bec,
Or un moyte, ores un sec,
Ore un babillard, et ores
Un qui soit plus long encores
Que ceulx des pigeons mignards,
Couple à couple fretillards,
Hà là! ma doulce guerriere,
Tire un peu ta bouche arriere,
Le dernier baiser donné
A tellement estonné
De mille doulceurs ma vie,
Qu’il me l’a presque ravie,
Et m’a fait veoir à demi
Le Nautonnier ennemi
Et les pleines où Catulle,
Et les rives où Tibulle
Paz à paz leur promenant’,
Vont encores maintenant
De leurs bouchettes blesmies
Rebaisotans leurs amies.

Ronsard.

Virginia Clemm, qui épousa à 13 ans son cousin Edgar Allan POE

***

Or que l’hiver roidit la glace épaisse,
Réchauffons-nous, ma gentille maîtresse,
Non accroupis près le foyer cendreux,
Mais aux plaisirs des combats amoureux.

Asseyons-nous sur cette molle couche.
Sus ! baisez-moi, tendez-moi votre bouche,
Pressez mon col de vos bras dépliés,
Et maintenant votre mère oubliez.

Que de la dent votre tétin je morde,
Que vos cheveux fil à fil je détorde.
Il ne faut point, en si folâtres jeux,
Comme au dimanche arranger ses cheveux.

Approchez donc, tournez-moi votre joue.
Vous rougissez ? il faut que je me joue.
Vous souriez : avez-vous point ouï
Quelque doux mot qui vous ait réjoui ?

Je vous disais que la main j’allais mettre
Sur votre sein : le voulez-vous permettre ?
Ne fuyez pas sans parler : je vois bien
À vos regards que vous le voulez bien.

Je vous connais en voyant votre mine.
Je jure Amour que vous êtes si fine,
Que pour mourir, de bouche ne diriez
Qu’on vous baisât, bien que le désiriez ;
Car toute fille, encore qu’elle ait envie
Du jeu d’aimer, désire être ravie.
Témoin en est Hélène, qui suivit
D’un franc vouloir Pâris, qui la ravit.

Je veux user d’une douce main forte.
Ah ! vous tombez, faites déjà la morte.
Ah ! quel plaisir dans le coeur je reçois !
Sans vous baiser, vous moqueriez de moi
En votre lit, quand vous seriez seulette.
Or sus ! c’est fait, ma gentille brunette.
Recommençons afin que nos beaux ans
Soient réchauffés de combats si plaisants.

Ronsard.

*

Antérieurement au livre de Nabokov

Trois chansons modernes

« Lolita, elle sera bientôt à moi » (Antoine)

« Lolita » par Jean-Luc Lahaye

« Les Lolitas à la sortie des écoles » (Balavoine)

 

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