L’auteur du Portrait de Dawn Dunlap, « grand méconnu de la littérature française »

En mai 1968 à Nanterre, Olivier Mathieu, auteur du livre "Le portrait de Dawn Dunlap" (paru en février 2017)

En mai 1968 à Nanterre, Olivier Mathieu, auteur du livre « Le portrait de Dawn Dunlap » (paru en février 2017)

Voir aussi :

https://lequichotte.wordpress.com/2017/02/24/sur-le-blog-en-defense-de-david-hamilton-a-propos-de-lauteur-du-portrait-de-dawn-dunlap/

Un éditorial de « une » du Figaro sur OLIVIER MATHIEU.

 Paru en 2011.

« Candidat à l’habit vert, il sait discourir en vers ».

« Depuis la mort de Cocteau, il n’y a plus guère de poète à l’Académie française. C’est ce qu’a dû penser Olivier Mathieu, candidat au trentième fauteuil. Hier, jour d’élection, quai de Conti, il distribuait un tract où l’on pouvait lire un poème en alexandrins consacré à Maurice Druon. C’était l’éloge que, s’il était élu, le candidat se proposait de prononcer : « En ce jour d’hui, merci, pour l’immortalité/Que vous me conférez en m’offrant, respectable/Un auguste fauteuil… » Passons sur le nombre de pieds, un peu approximatif… Les 200 vers – ou peu s’en faut – évoquent la vie de Druon, Le Chant des partisans et Les Rois maudits. Mathieu rappelle l’hostilité de l’académicien à la féminisation du cénacle : « Il préférait sous la Coupole un mâle esprit. » Le dithyrambe est aimablement dédié « aux académiciens, aux bouquinistes des quais de la Seine, aux passants ». On ne fait pas plus bucolique. Les immortels sont-ils restés insensibles au lyrisme de Mathieu ? Ont-ils été choqués de voir un candidat aller vite en besogne, s’imaginant déjà élu ? Le rimailleur n’a recueilli aucune voix et c’est Danièle Sallenave qui a été élue au premier tour. C’est à elle qu’il reviendra de prononcer l’éloge de Maurice Druon. Certainement en prose. Quant à Mathieu, il ne lui reste, pour se consoler, qu’à relire Baudelaire, son frère d’infortune : Exilé sur le sol au milieu des huées /Ses ailes de géant l’empêchent de marcher »…

Editorial du Figaro, Etienne de Montety, 8 avril 2011.

Dawn Dunlap (1979)

Dawn Dunlap (1979)

Olivier Mathieu, 1972 (salle Pleyel, Paris)

Olivier Mathieu, 1972 (salle Pleyel, Paris)

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Article de Jean-Pierre Fleury paru initialement ici :

https://lequichotte.wordpress.com/2015/09/12/pour-celebrer-lanniversaire-de-lecrivain-olivier-mathieu-dit-robert-pioche/

"Le sourire, c'est bon pour les photos de vacances" (David Hamilton). Ic, photographie de 1965 d'Olivier Mathieu, auteur du "Portrait de Dawn Dunlap" (2017)

« Le sourire, c’est bon pour les photos de vacances » (David Hamilton). Ici, photographie de 1965 d’Olivier Mathieu, auteur du « Portrait de Dawn Dunlap » (2017)

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ARTICLE (2015) DE JEAN-PIERRE FLEURY,

écrivain, éditeur,

docteur en sociologie de l’Université de Nantes

« Olivier Mathieu est le gand méconnu de la littérature française »

(Michel Marmin, « Eléments », 2010)

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Je publie cet article sans le dire à Olivier, en espérant que ce soit pour lui une surprise, une bonne !
Le 14 octobre 2015 au soir, Olivier Mathieu fêtera dans son restaurant habituel dans le centre de Paris, en compagnie de quelques amis, me dit-on, son cinquante-cinquantième anniversaire. C’est donc l’occasion de lui adresser tous nos vœux les plus sincères.
Olivier Mathieu est le premier biographe d’Abel Bonnard ; il est le premier écrivain à avoir présenté sa candidature à l’Académie française sous trois identités diverses ; il est aussi le premier écrivain dont la candidature à l’Académie a été, en une occasion, refusée…

Rappelons que le 14 octobre est une date importante pour Olivier Mathieu : déjà, sa grand-mère Marie de Vivier était née le 14 octobre (en 1899). Journaliste, écrivain, stalinienne ; dernière amante du grand écrivain communiste André Baillon, mort suicidé en 1932 ; première à défendre Michel de Ghelderode après la seconde guerre mondiale ; plus tard dédicataire de « Tempo di Roma » (le célèbre roman d’Alexis Curvers).

Elle a publié un grand nombre de livres et de romans (par exemple chez Plon, Marabout, La Palatine…) et notamment, à Paris en 1971, un beau roman, « Cent pages d’amour, lettre à un petit garçon » dont Olivier Mathieu est l’unique personnage. Marie de Vivier est décédée en janvier 1980, dans les environs de Paris.

La mère d’Olivier Mathieu, Marguerite Mathieu (née le 8-8-1925), auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, chercheuse et enseignante universitaire, décède quelques années plus tard (12-8-1988), et son père (qu’il n’a pour ainsi dire pas connu, l’ayant rencontré deux ou trois fois dans toute sa vie) en 1991.

L'actrice américaine Dawn Dunlap, sujet du "PORTRAIT DE DAWN DUNLAP" par l'écrivain Olivier Mathieu (éditeur : Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l'Université de Nantes)

L’actrice américaine Dawn Dunlap, sujet du « PORTRAIT DE DAWN DUNLAP » par l’écrivain Olivier Mathieu (éditeur : Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes)

L’ENFANCE.
Olivier Mathieu naît le 14 octobre 1960 (enfant prématuré, il perd dès le 19 octobre son frère jumeau, prénommé Jean-Philippe). Au milieu des années 1960, il est primé lors d’un concours national de dessin organisé par Le Figaro. Au cours des mêmes années 1960, il rencontre et fréquente des amis de sa grand-mère ou de sa mère, des artistes et des écrivains comme René Magritte, Hergé, Alexis Curvers, Robert Poulet, Paul Werrie et maints autres.

En 1969, il écrit trois exceptionnelles « comédies  érotiques », publiées au début des années 1980. Vers 1971 et 1972, Olivier Mathieu se produit à la Salle Pleyel, à Paris, au sein de l’orchestre pour enfants Alfred Loewenguth.

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Après une enfance pauvre mais heureuse pendant laquelle il ne fut pas scolarisé (il est éduqué à la maison par sa mère), puis le passage de son bachot en « candidat libre » (juillet 1978), et enfin le refus d’effectuer son service militaire (il est resté pacifiste, et l’on rappellera son opposition, par exemple, aux guerres du Golfe), Olivier Mathieu a publié encore très jeune des recueils de textes et de poèmes aux éditions Ouvertures de Liège (voir le catalogue de la Bibliothèque royale de Bruxelles) alors dirigées par M. Jean-Claude Bologne (l’actuel président de la Société des Gens de Lettres). En 1981, Jean-Claude Bologne (dans le « numéro spécial Alexis Curvers » de la revue Ouvertures) remercie Olivier Mathieu parce que ce dernier lui a présenté Alexis Curvers. Vers 1983 (plus ou moins à l’époque où Olivier Mathieu est en année de licence à la fac), une nouvelle d’Olivier Mathieu est primée à l’occasion d’un concours littéraire organisé par la MNEF.

Chantant même brièvement, vers 1980, dans un groupe de rock un peu punk qui se produit dans les boums de banlieue, Olivier Mathieu a ensuite fréquenté plusieurs milieux artistiques et politiques (y compris des milieux d’extrême-gauche et d’extrême-droite), avant d’abandonner rapidement tout militantisme et de se consacrer exclusivement à son œuvre littéraire. Il s’est vite éloigné, et cela depuis très longtemps (début des années 1990), des milieux d’extrême droite qu’il a fréquentés pendant très peu de temps. Et des milieux d’extrême droite, il semble utile de le rappeler, au milieu desquels il disait (et écrivait, aussi, signant noir sur blanc) qu’il N’était PAS d’extrême droite.

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Photo extraite de "Laura les ombres de l'été" de David HAMILTON (1979)

Photo extraite de « Laura les ombres de l’été » de David HAMILTON (1979)

LES CANDIDATURES « ludiques » à l’Académie française d’un humoriste.
Premier biographe d’Abel Bonnard, et auteur de dizaines de livres dont une quinzaine de romans du « Cycle de Robert Pioche », ce grand humoriste qu’est par ailleurs Olivier Mathieu a également été le premier écrivain à se présenter à l’Académie française, sous trois noms différents ! Non seulement donc sous son nom d’Olivier Mathieu, mais aussi sous les pseudonymes de « Robert Pioche » et de « Robert Spitzhacke ». Robert Pioche est le pseudonyme d’Olivier Mathieu depuis 1971, date où ledit pseudo est attesté dans le roman de sa grand-mère, « Cent pages d’amour ». Quant à Robert Spitzhacke (spitzhacke, en allemand, signifiant justement pioche), c’est le pseudonyme sous lequel il s’est présenté encore en 2014, lors de l’élection où se présentait Alain Finkielkraut. Le mystérieux « Robert Spitzhacke » fut cité dans divers journaux (notamment Le Figaro, voir le prochain paragraphe). La radio France-Culture, le jour de l’élection (10 avril 2014), a encore parlé d’Olivier Mathieu.

Le « danger » de la montée de Robert Spitzhacke à l’Académie française ?… Mais non, c’était juste un canular à la façon d’Olivier Mathieu !

On a lu par exemple dans Le Figaro n° 21 667, vendredi 4 avril 2014, p. 26 :
« L’affaire agite l’Académie avec des conséquences inattendues. Un inconnu, Robert Spitzhacke, qui se définit sur son blog comme un « candidat anti néo-con, adversaire d’Alain Finkielkraut », se présente contre lui, reprochant même à la presse, dont le Figaro, de faire campagne pour l’essayiste. Le choix de l’Académie serait donc simple: Alain Finkielkraut ou Robert Spitzhacke. On n’ose y penser ».

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Dawn Dunlap (photo datable entre 1979 et 1982)

Dawn Dunlap (photo datable entre 1979 et 1982)

La candidature censurée.
Ajoutons, pour être un rien plus complets, qu’Olivier Mathieu est aussi le premier écrivain dont la candidature a été refusée (en une seule occasion) par l’Académie française, en 2007, et cela contre le règlement même de l’Académie !… Chose d’autant plus extraordinaire qu’Olivier Mathieu possède toujours le courriel de l’Académie, qui lui confirme que sa lettre de candidature a bien été reçue, mais qui ne l’officialise pas sur le site de l’Académie… A noter cependant qu’ensuite, après cette unique entorse au règlement, l’Académie a de nouveau respecté ses statuts, en acceptant toutes les candidatures déposées par Olivier Mathieu.

Une voix contre Giscard.
Olivier Mathieu a d’ailleurs obtenu une voix sous son pseudo de Robert Pioche à l’Académie française, en décembre 2003, contre M. Valéry Giscard d’Estaing, ex-président de la République. Une voix qui avait provoqué l’ire, dans Le Figaro Magazine, de M. Philippe Bouvard.

David Hamilton et Dawn Dunlap

David Hamilton et Dawn Dunlap (1979)

Olivier Mathieu en 1967

Olivier Mathieu en 1967

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Critique littéraire. (Et collaborateur, bien avant Houellebecq, de la Nouvelle Revue de Paris).
Olivier Mathieu fut critique littéraire pendant les années 1980 (il signa par exemple à de multiples reprises dans la Nouvelle Revue de Paris, revue parue sous le patronage de l’Académie française, ou dans le Spectacle du Monde et dans plusieurs autres titres prestigieux). Olivier Mathieu se trouvait notamment parmi les signataires principaux du numéro de la Nouvelle revue de Paris n° 8, en compagnie par exemple de J. Dutourd.
A lire une remarquable nouvelle littéraire d’Olivier Mathieu, Anniversaire, dans la Nouvelle Revue de Paris.

Lors de la mort de G. Dumézil, nous conseillons de lire l’excellent article, « L’Humanisme de G. Dumézil », qu’Olivier Mathieu avait publié dans le Spectacle du Monde (n° 299 du 01/02/1987).

A signaler aussi, en 1986, pour le 80e anniversaire de son ami Alexis Curvers, l’article d’Olivier Mathieu titré « Tempo di Roma » du n° 306 (septembre-octobre 1986) de la revue Itinéraires.

Article dont Alexis Curvers le remercia par une lettre chaleureuse. Leur amitié – leur première rencontre datait du milieu des années 1960 ! – dura jusqu’à la mort d’Alexis Curvers, en 1991.

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A signaler, et à recommander chaudement, la lecture de :
http://docslide.fr/documents/chiens-et-chats-dans-loeuvre-dandre-baillon-et-dans-celle-de-marie-de-vivier-article-dolivier-mathieu-dit-robert-pioche-dans-la-revue-nouveaux-cahiers-andre-baillon.html
(cf. Les Nouveaux Cahiers André Baillon, n° 6, année 2008)

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« Le grand méconnu de la littérature française contemporaine ».
Impossible de les énumérer toutes, mais parmi ses nombreuses collaborations journalistiques, citons encore par exemple, au cours des années 2000, deux articles dans la revue universitaire belge de gauche Nouveaux cahiers André Baillon. Ou encore en 2010, Olivier Mathieu a publié presque coup sur coup deux articles de grande qualité (sur François Villon et sur F.S. Fitzgerald) dans la revue Eléments. Le rédacteur en chef de la revue Eléments était Michel Marmin.
Et c’est Michel Marmin (autrefois assistant de Pierre Schaeffer au Service de la Recherche de l’ORTF) qui a justement écrit dans Eléments (en 2010) qu’Olivier Mathieu était « le grand méconnu » de la littérature française contemporaine.
C’est un avis que nous partageons.

« Les Modérés ».
Premier à republier Abel Bonnard, Olivier Mathieu avait notamment été le premier à republier « Les Modérés », en 1986, aux éditions du Labyrinthe (dirigées par un journaliste, Alain de Benoist).
Les republications d’Abel Bonnard effectuées par Olivier Mathieu au cours des années 1980 ont ensuite engagé divers personnages, beaucoup plus tard, à essayer d’imiter son exemple. Nous disons bien : essayer…

Les Petits Bonheurs.
Entre 2007 et 2014, la presque totalité des livres d’Olivier Mathieu ont été publiés à l’enseigne des « Petits Bonheurs » à Nantes. Ses œuvres sont évidemment répertoriées, comme c’est le cas pour les livres publiés en France, sur le catalogue de la BNF (Bibliothèque Nationale de Paris).

Pas dans les « bonnes » librairies…
Romancier et poète, blagueur et à l’occasion blogueur, Olivier Mathieu est l’auteur d’un très grand nombre d’ouvrages, qui ne sont (hélas) pas toujours faciles à trouver. Il y a à cela une infinité de raisons, mais pour n’en évoquer ici que trois, il est bien connu que les gens lisent de moins en moins ; qu’Internet a probablement détourné beaucoup de personnes des livres imprimés ; et aussi parce qu’Olivier Mathieu, certainement trop anticonformiste et indépendant d’esprit pour cela, ne fait évidemment pas partie du fameux circuit dit des « bonnes » librairies.

Olivier Mathieu fait aussi partie des personnalités dont on a annoncé la mort, par erreur, par mauvaise foi ou simplement par blague, de leur vivant.

La mort d’Olivier Mathieu a été annoncée, il y a quelques années (2006), par des gens dont on ignore s’ils étaient simplement mal informés, ou mal intentionnés, ou éventuellement les deux. En tout cas, la nouvelle farfelue a été publiée par un petit journal d’extrême droite, Rivarol. Curieuse déontologie journalistique, même s’il faut reconnaître que ce journal a ensuite reconnu son erreur et présenté ses excuses. Dont acte. La nouvelle n’aura donc sans doute abusé que quelques intellectuels (?) présumés ou amateurs, lesquels auront sans doute (en tout cas, on l’espère pour eux) appris de la sorte qu’il ne faut pas recopier tout ce qu’on lit dans les journaux, et notamment dans les feuilles d’extrême-droite. Nul doute en tout cas qu’après sa (vraie) mort, il y aura d’autres biographies – écrites par des historiens de la littérature – d’Olivier Mathieu. En 2006, il s’est exclamé en riant : « Normal que je meure deux fois, puisque, jumeau, je suis né deux fois, non ? »

Au cours des années (il a été marié pendant près de dix ans, en secondes noces, avec une universitaire française publiée aux PUF), Olivier Mathieu a préfacé divers ouvrages comme, par exemple, il y a quelques années, « l’Anthologie Emile Boissier », qui propose des textes du poète nantais rassemblés par Jean-Pierre Fleury, écrivain, poète, et docteur en sociologie de l’Université de Nantes.

Olivier Mathieu sujet de plusieurs ouvrages.
Jean-Pierre Fleury a publié il y a plusieurs années de cela une (première) biographie d’Olivier Mathieu, qui a pour titre : « Olivier Mathieu dit Robert Pioche, le dernier romantique ».
Olivier Mathieu a été cité par d’innombrables personnages, écrivains (ou, en certains cas, de présumés écrivains), par exemple dans le Journal intime de Marc-Edouard Nabe (« Olivier Mathieu a détrôné Marc-Edouard Nabe »). Signalons que l’on trouve sur le site Internet de Marc-Edouard Nabe un extrait d’un roman érotique (2013) d’Olivier Mathieu, « Jouissive à Venise ».
Pour conclure, Olivier Mathieu a d’ores et déjà été le sujet d’une biographie (celle écrite par Jean-Pierre Fleury) et de deux romans (nous avons d’ores et déjà évoqué, ici, le roman « Cent pages d’amour » de Marie de Vivier ; Paris, 1971). Sans parler, évidemment, de quelques bouquins qui, dans les années 1980 ou 1990, lui ont consacré parfois des dizaines de pages (un seul exemple, ici : le « livre » de Christophe Dechavanne, La fièvre du mardi soir, 1991).
Olivier Mathieu est entré, de son vivant, dans environ quatre ou cinq dictionnaires ou encyclopédies (entre autres le « Quid » qui, dans sa dernière édition en date, rappelait la voix obtenue par Olivier Mathieu, à l’Académie française, contre Giscard).

Olivier Mathieu à la « une » du Figaro (2011).
Encore tout récemment, en avril 2011, le directeur du Figaro Littéraire, Etienne De Montety, a écrit un article en première page du « Figaro » pour saluer le talent littéraire d’Olivier Mathieu. C’était à l’occasion d’une élection académique qui a donné l’occasion à Olivier Mathieu de publier un « Eloge poétique de Maurice Druon » (éditions des Petits Bonheurs).

L’amoureux des promenades sur les bords de la Seine.
Grand amoureux de Paris, ville dans la proche banlieue de laquelle il est né, Olivier Mathieu était allé aller distribuer un tract devant l’Académie française.
Il s’agissait d’un tract poétique, rédigé en alexandrins réguliers. Chose encore plus anachronique, désuète, charmante et émouvante, car il convient de toujours souligner l’extrême sensibilité poétique et artistique d’Olivier Mathieu, ce dernier avait dédié son tract à son parrain bouquiniste, Ferdinand Teulé, ancienne figure de première importance de la littérature prolétarienne.

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Blog d’Olivier Mathieu ouvert en 2014 sur Mediapart, au moment de l’élection académique d’Alain Finkielkraut :
http://blogs.mediapart.fr/blog/robertspitzhacke

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A conseiller, pour finir, sur le site « Afrique-Asie », la lecture d’une « lettre ouverte » (avril 2014):
http://www.afrique-asie.fr/menu/actualite/7476-lettre-ouverte-de-robert-spitzhacke-a-alain-finkielkraut.html

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Nous avons cherché, dans ce tout petit article, à parler d’Olivier Mathieu de façon certes rapide, non exhaustive, mais nous ne croyons pas utile d’évoquer le « guet-apens médiatique » fameux dans lequel il est tombé en 1990, invité sur TF1 par un journaliste-histrion et se retrouvant violemment frappé par un commando paramilitaire d’un groupuscule juif d’extrême droite, et également opposé à un autre groupuscule appartenant celui-là à l’extrême droite française. Il devrait apparaître comme fort triste que beaucoup de gens aient en effet eu intérêt, à cette époque-là, à profiter de l’indéniable idéalisme (certains diront : de la naïveté) d’Olivier Mathieu.

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L’Olivier Mathieu de 2015 ressemble étrangement à l’enfant qu’il fut. Dit-il d’ailleurs autre chose, aujourd’hui, que ce qu’il a toujours dit ? A jamais gibelin au guelfe et guelfe au gibelin, anti-nationaliste parce qu’européen, anti-chrétien parce que païen depuis son enfance (et également excommunié par débaptisation en 2008), anti-militariste et anti-belliciste depuis toujours, révolté par la peine de mort (il prit position publiquement contre la pendaison de Saddam Hussein), anti-colonialiste, favorable à l’avortement et absolument pas hostile au « mariage » des homosexuels, de sensibilité écologique, végétarien et anti-corridas, anti-capitaliste (mais, en revanche, jamais anti-communiste), Olivier Mathieu est philo-européen (il ne s’agit pas, on l’aura compris, de l’Europe des bureaucrates et des banquiers), il est philo-palestinien, il est favorable à sa propre conception du socialisme, bref il est philo-énormément de choses mais peut-être est-ce surtout et avant tout un amoureux de la poésie et de la littérature, de l’humour et de la dérision, de la vérité, de la liberté vraie, en un mot du dépassement des vieux clivages ! Ses « modèles » sont (pour n’en citer ici que quelques-uns) Don Quichotte, le Ménippe de Lucien, le Cyrano de Bergerac de Rostand, le « brave soldat Chveïk » de Jaroslav Hasek, etc.

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Fin août 2015 : de nouveau, les images de « Ciel mon mardi » du 6 février 1990 sont diffusées, sur TMC (filiale de TF1), dans l’émission «Ces émissions qui nous ont marqués».
Une certitude, le passage d’Olivier Mathieu à « Ciel mon mardi » ne sera pas oublié…
Olivier Mathieu reçoit beaucoup de courriels, ou aussi de lettres par voie postale à son domicile parisien. Des lettres qui contiennent un peu de tout, et qui vont du lecteur sincère au complet farfelu, en passant par certains individus qui ont visiblement du temps à perdre. Récemment, un correspondant m’a annoncé que l’article de Wikipédia sur Olivier Mathieu pourrait être bientôt supprimé. Ah bon ? Et après ?… Vu le nombre de lieux communs, d’inexactitudes (volontaires ou involontaires ?) de l’article en question, une telle suppression serait plutôt une bonne nouvelle, je trouve. « Ma foi », a réagi Olivier Mathieu par une boutade à prendre au second degré, « en ce qui me concerne la disparition de Wikipédia passerait inaperçue. Celle de ce mauvais article, encore davantage. Je ne fais pas partie de la culture, ou du partage de la culture – ou du partage de l’ignorance ? – Wikipédia »…
Il faut certes avouer que si des internautes, souvent anonymes, se permettent de supprimer de Wikipédia des auteurs indépendants, on vit une drôle (ou pas drôle) d’époque… Mais c’est ainsi : Olivier Mathieu (ancien collaborateur de la NRP, auteur de dizaines de livres, une voix à l’Académie française en 2003, « grand méconnu de la littérature française » selon Michel Marmin, poète qui a fait la « une » du Figaro en 2011…) « risque » d’être effacé de Wikipédia par des gens qui… n’ont probablement pas écrit, publié ou fait le mille millième de ce qu’il a fait.
Ces gens ne s’intéressent pas à Olivier Mathieu pour lui, et pour son œuvre littéraire ou ses recueils de poésie. Ils s’intéressent à lui juste quand on repasse à la téloche de vieilles images réchauffées du « guet-apens » chez Dechavanne…  Les braves gens… Les pauvres gens…

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En attendant d’avoir le plaisir de rencontrer prochainement Olivier sur les bords de la Seine, bon anniversaire de notre part et, aussi, de la part de plusieurs de ses amis (certains sont cités dans cet article) et lecteurs vraiment fidèles !

Jean-Pierre Fleury – le 27 septembre 2015.

Olivier Mathieu

Olivier Mathieu

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