27 juillet 2017: petite lettre à Phrère Jac, écrivain situationniste, pour le 60e anniversaire du situationnisme

Phère Jac,

Nous nous connaissons, toi et moi, depuis la fin des années 1980. Nous l’avons connu, le milieu littéraire français et germanopratin, nous l’avons fréquenté, nous l’avons vomi, nous l’avons ridiculisé. En plus d’une situation – dont certaines historiques – nous avons été fort proches, par exemple un certain mois de février d’il y a maintenant fort longtemps. Ou encore lorsque nous avons fait gober à de pauvres petits tarés de journalistes de gros bobards qui eussent été hilarants et délicieux pour quiconque eût eu les moindres lumières au sujet – entre autres – du situationnisme. Oui, annoncer ma mort et la dispersion de mes cendres au Vert Galant, c’était littéraire, c’était spirituel et c’était situationniste. Les pauvres petits tarés du monde moderne, c’est évident, n’y ont rien queuté. Néo-fascistes ou anti-fascistes, aucun d’eux n’est allé à l’essentiel. Crétins qui sont « pour » ou « contre » ceci ou cela, ils restent limités (et c’est très logique) aux régions qui leur sont dévolues, celles de la superficialité.

Nous en avons créé tant, de situations! Ce n’est pas ici le lieu adéquat pour les énumérer de nouveau. Comme en toutes choses, ceux qui savent savent, et quant à ceux qui ne savent pas, ils ne sauront jamais.

Mais je tenais à te remercier pour ta collaboration, aussi discrète qu’efficace, à tant de mes entreprises littéraires ou ludiques, par lesquelles tant de fois j’ai et nous avons ridiculisé les petits et gros abrutis du monde, de l’immonde médiatique.

Récemment, je t’ai inséré (lisez: http://wp.me/p89w8Z-RP) parmi les signataires de mon livre « C’est David Hamilton qu’on assassine« , préfacé par Roland Jaccard, édité par Jean-Pierre Fleury.

Aujourd’hui, 27 juillet, il y a soixante ans que naissait le situationnisme ( http://wp.me/p89w8Z-YD   ), de par la volonté d’une poignée d’hommes. Tout ce qui fut grand fut créé, à l’origine, par une poignée d’hommes. Ils n’étaient guère plus nombreux que nous et les personnes – ou plutôt certaines des personnes – qui nous entourent.

Il y a très peu de jours, j’étais sur les lieux de la naissance du situationnisme, en Italie. Dans mon for intérieur, j’ai alors rendu un hommage situationniste à un grand artiste qui commença sa carrière, lui aussi, plus ou moins vers 1967: David Hamilton ( voyez par exemple: http://sebguillet.fr/journal/    ).

La coïncidence des dates est intéressante. Tout cela est fini. Le situationnisme et David Hamilton, et tant d’autres choses, ont disparu. C’est bien cela, au fond, que tu exprimais toi-même dans ton texte, un beau texte de quelques lignes sobres, paru dans mon livre « C’est David Hamilton qu’on assassine ». Nous sommes… des survivants.

Toi et moi, Phère Jac, nous savons.

Nous savons que le Q.I. des Français, et pas que des Français, est en chute libre et nous savons pourquoi ( http://www.msn.com/fr-fr/actualite/technologie-et-sciences/mais-pourquoi-parle-t-on-de-la-baisse-du-qi-des-français/ar-AAoP4G9?li=BBoJIji )…

Nous savons par ailleurs que 60 % du sperme des Occidentaux est dorénavant « en chute libre », selon cet article paru hier encore dans le journal de gauche italien Repubblicahttp://www.repubblica.it/salute/ricerca/2017/07/26/news/allarme_dei_medici_crolla_la_fertilita_maschile-171695604/?ref=RHPPBT-VU-I0-C4-P11-S1.4-T1

Si en 2017, 60 % des hommes occidentaux sont de moins en moins en mesure d’enfanter, tandis que je m’abstiendrai de répondre à la question faussement naïve « pourquoi parle-t-on de la baisse du Q.I? », quiconque aurait encore un cerveau devrait avoir compris où l’on va. Pendant ce temps, des millions de derniers hommes s’intéressent à Big Macron, à Le Pen ou à Mélenchon…

L’Europe, aux astres, a préféré le grand désastre. Les situationnistes, au moins par certains aspects, auraient pu être des astres. David Hamilton fut, quant à lui, un astre de la photographie.

Mais la masse des moutons a (comme de bien entendu) préféré le désastre (et je ne m’étendrai pas, ici, sur l’étymologie – que toute le monde devrait connaître – de désastre).

Cher Phrère Jac, nous entrons nous aussi dans notre crépuscule mais nous avons la chance d’avoir été des passeurs. A qui avons-nous, à qui aurons-nous passé le témoin? La chose n’est pas même encore claire. Même si nous ne devions l’avoir passé à personne, ce n’est pas grave du tout. Les astres ont brillé, ils brillent dans le ciel.

Situationnistement.

Et crois en mon amitié.

Olivier

*** ***

Aux lecteurs du blog : il reste encore quelques très, très rares exemplaires de « C’est David Hamilton qu’on assassine » et du « Portrait de Dawn Dunlap » ( lisez: http://wp.me/p89w8Z-Zx    ) et de quatre autres de mes livres.

Faites très vite. Merci.

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