David Hamilton et son miraculeux suicide le Jour du Cochon…

Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes:

  • On assiste en ce moment à une formidable campagne en faveur de « l’amnésie traumatique ». J’en ai déjà parlé, j’en reparlerai sans doute, pour ne pas dire certainement, un jour ou l’autre. Mais qu’en pensez-vous?

Olivier Mathieu, écrivain:

  • Une terrible campagne médiatique, en effet. Et j’emploie terrible dans le sens qu’il a. Pas dans le sens, qu’il n’a pas, où l’employait Johnny en disant « cette fille, elle est terrible ».

Jean-Pierre Fleury :

  • L’amnésie traumatique n’est-elle pas une espèce d’invention, rejetée par le monde scientifique?

Olivier Mathieu :

  • Je partage globalement cette opinion. Qu’il convienne de poursuivre et le cas échéant de punir des crimes, c’est le rôle des sociétés. Cela dit, et bien dit, on peut se poser bien des questions. Un viol sur enfant, par exemple, est-il davantage horrible que le viol d’une vieille femme? Je pense qu’il l’est tout autant. Mais pas forcément davantage.  Ce que je ne voudrais pas, c’est que l’amnésie traumatique soit de l’ordre de la  lubie et de la vengeance.  Imaginons même que Flavie Flament (qui y pratiquait le naturisme avec ses parents) ait vu David Hamilton nu au Cap d’Agde. Chose à prouver, car personnellement je n’y étais pas et je n’ai jamais vu que des photos de lui habillé. Mais même si quelqu’un est en mesure de décrire la nudité, ou par exemple le système pileux de quelqu’un, cela ne me semble pas argument probatoire de viol. Quand j’étais petit, j’ai vu des membres de ma famille nus (d’ailleurs, ils pratiquaient eux aussi le nudisme) mais ils ne m’ont pas violé… La question est et elle demeure que sans preuves matérielles, sans preuves médicales, sans des preuves de mille natures, la reconnaissance d’un « viol » est tout simplement impossible, surtout des décennies après… Cela reste de simples affirmations unilatérales, des allégations qui n’engagent strictement qu’elle, comme dans le cas de Flavie Flament. Tant que le droit sera ce qu’il est, rien ne remplacera jamais, en tout cas c’est à espérer, l’argument probatoire: la preuve !

Jean-Pierre Fleury:

  • Donc, ce que vous dites est : prudence!? Comme vous le savez, les Américains ont connu beaucoup d’excès en la matière notamment dans les années 1990. Tout cela est documenté. Des gens ont été accusés – comme David Hamilton, par exemple, l’a été –  par de présumées victimes qui pouvaient même être de bonne foi, sur la base de « souvenirs » qui leur étaient revenus des dizaines d’années après les faits présumés mais dont on s’est aperçu, dans trop de cas, que ces souvenirs étaient complètement bidonnés: ils avaient été fabriqués par les psy ceci et psy cela.

Olivier Mathieu :

  • Vous avez totalement raison. La question est que l’on ne peut pas condamner quelqu’un sur les seules allégations d’une personne qui, des dizaines d’annèes après, déclare avoir souffert d’amnésie traumatique… Sinon, on entrerait dans une époque de folie complète, et de dictature larvée. On entrerait dans une nouvelle « religion ». Ce n’est pas parce qu’une personne déclare qu’elle a été violée il y a trente ou quarante ans que c’est forcément vrai.  Ce n’est pas parce qu’elle est sincère, ce n’est pas parce qu’elle est convaincue de ce qu’elle dit que c’est forcément vrai. Par exemple, il y a des millions de gens, de croyants, qui ont la certitude que le monde a été créé en sept jours par « Dieu ». Ils ont donc cette certitude, et on la leur laisse. Mais est-ce que quelqu’un va me dire que ça aussi, c’est une preuve « scientifique »?… Comprenons-nous bien. Il ne s’agit pas, pour moi, de nier le « traumatisme » qu’a pu éprouver quelqu’un qui a effectivement été violé.  Il ne s’agit pas non plus de nier le traumatisme de quelqu’un qui a été induit par son psy à s’inventer sincèrement des souvenirs, mais de faux souvenirs. Mais une et une seule chose reste claire pour moi, comme je crois et je veux croire pour toute personne sensée. Il est impossible de faire – et cela, pour le viol sur mineurs – une exception aux principes généraux et pratiquement universels de la justice. J’entends par là qu’on ne peut pas supprimer la nécessité sine qua non,  pour celui ou celle qui porte une accusation (et une accusation aussi grave), de démontrer la réalité et la véracité des faits en question.  En d’autres termes, si David Hamilton avait été visé par un procès (et il ne l’a pas été), la justice n’aurait pas pu courir le risque de punir un innocent. Si, pour obéir à la campagne féministe planétaire actuellement en oeuvre, on introduisait dans la loi française un principe exceptionnel pour le viol sur mineurs, un principe qui donnerait alors  à l’accusation une apparence et un vernis de bonne foi systématique, alors on aurait ouvert la boîte de Pandore de l’injustice!…

Jean-Pierre Fleury:

  • On passerait des « lois mémorielles » aux « lois mémorielles traumatiques »…

Olivier Mathieu:

  • En ce qui concerne cette « amnésie traumatique », on en arriverait à un paradoxe. Jadis on condamnait les gens parce que leurs accusateurs se souvenaient et démontraient qu’ils ne mentaient pas et se souvenaient de faits réels et effectivement délictueux ou criminels. Demain, on condamnerait en revanche parce que des femmes NE se souviendraient PAS, parce qu’elles auraient oublié, parce qu’elles se souviendraient à l’improviste. Or, il convient de le rappeler et que cela plaise ou ne plaise pas à Madame Flament et à ses consoeurs et amies, des souvenirs et, mieux, des allégations de souvenirs ne sauraient – par bonheur – avoir une valeur probatoire. Ce ne sont que de simples allégations. En droit, du vent.

Jean-Pierre Fleury:

  • Je crois moi aussi que la campagne de presse actuelle, que vous définissez comme une campagne de presse féministe planétaire, et que l’on pourrait sans doute définir aussi par un mot anglais, celui de  lobbying, n’a pas grand-chose à voir avec la justice la plus élémentaire. Pourtant, elle s’en revendique. En vérité, me semble-t-il, elle bafoue et met à bas les principes les plus classiques du droit puisqu’elle sacralise les allégations des accusatrices, et cela de façon systématique, au détriment de la parole de l’accusé.  Je ne suis pas certains que la conception de la justice du Moyen Age, celle que  nos modernes féministes définiraient probablement et avec mépris comme « moyenâgeuse », fût vraiment différente ou inférieure…

Olivier Mathieu:

  • Si tout cela se met en place, on ouvrira des procès. Les journaux donneront la parole à des actrices victimes (victimes présumées et, souvent, actrices présumées aussi). On s’en prendra à des « mauvais » présumés. Hélas, je crains que les gens pauvres, les femmes anonymes, celles qui ont été violées dans des banlieues par exemple, ne pourront avoir accès à tout cela. Les avocats et les psys, ça coûte cher. Tout le monde ne peut pas se le permettre. Oui: ouvrir des procès, cela signifie aussi enrichir des avocats et des psys. Sans parler des sous qui seront demandés aux accusés. Car les victimes (ou présumées telles), en tout cas certaines victimes du monde bling bling souffriront d’amnésie jusqu’à un certain point, mais pas au point d’oublier de chercher à gagner en notoriété, en victimisation et en bon pognon… Vous parliez des Etats-Unis, cher Jean-Pierre Fleury. Là-bas, beaucoup de psys se sont fait une spécialité, si j’ose dire, dans la création de faux souvenirs, de souvenirs induits, et ils ont parfois recours dit-on non seulement à la suggestion, mais encore à l’hypnose. On peut imaginer, et faire davantage qu’imaginer, qu’ils prennent leur pourcentage sur les dommages et intérêts éventuellement obtenus. L’appât du gain…

Jean-Pierre Fleury :

  • Comment conclure?

Olivier Mathieu:

  • Aucun écrivain, aucun journaliste, aucun juriste sensé ne devrait sérieusement défendre la conception de « l’amnésie traumatique ». A moins de prétendre bouleverser le droit tel qu’il est connu aujourd’hui… En droit, faut-il le rappeler, le doute profite et doit profiter toujours à l’accusé. Aucune condamnation ne peut jamais se baser sur des propos, si ces propos ne sont que des allégations unilatérales. Cela dit, il y a pire. Il faudra comprendre (et ce sera aux historiens de l’avenir de le faire) pourquoi et comment des groupuscules féministes sont soudain soutenus inlassablement, et cela depuis plusieurs mois, par l’ensemble du monde médiatique occidental en général et français en particulier. D’où tout cela est-il né?… Qui a en quelque sorte décidé que l’on devait revenir à la guerre des sexes jadis décrite par Nietzsche?…

Jean-Pierre Fleury:

  • De la pseudo-science?…

Olivier Mathieu:

  • Mais combien, je le crains, d’erreurs judiciaires à venir… Mais j’ai encore deux craintes.

Jean-Pierre Fleury :

  • Lesquelles?

Olivier Mathieu:

  • Que l’on veuille aboutir à un véritable apartheid entre le sexe masculin et le sexe féminin. On y arrive d’ailleurs, ou pire encore on y est déjà. Médicalement, les femmes n’ont plus besoin des hommes, par exemple, pour avoir des enfants… Maintenant, on entend dire que la parole des femmes – quand elles accusent des hommes de les avoir violées – ne saurait être mise en doute… Je connaissais l’infaillibilité pontificale… Pour l’Église catholique, le  dogme selon lequel le pape ne pourrait se tromper (!!!) dans son pouvoir ordinaire et extraordinaire lorsqu’il s’exprime ex cathedra en matière de foi et de morale… Et maintenant, l’infaillibilité de la parole des accusatrices féministes?… Vous comprenez, cher Jean-Pierre Fleury, qu’on baigne – ou que l’on va baigner – dans la folie complète et totale? Et enfin, une dernière chose.

Jean-Pierre Fleury :

  • Je compte écrire un livre entier pour répondre à une question très simple. Que s’est-il réellement passé le 25 novembre 2016? Comment est mort David Hamilton, et pourquoi? Par quel fantastique miracle, ayant 365 jours en 2016 pour se suicider, ou 329 si vous préférez, David Hamilton se serait-il « suicidé » justement le 25 novembre? Pourquoi, par quelle mirifique coïncidence, par quel extraordinaire hasard, ou pour quelle autre raison se serait-il (s’il s’est) « suicidé » le jour de la journée de la violence contre les femmes? Je vais poser des questions à beaucoup de gens, je vais demander cela y compris à des mathématiciens, à des spécialistes de logique et de statistique aussi… Le 25 novembre, me dit-on, cinquième jour du mois de frimaire dans le calendrier républicain, était dénommé jour du cochon. Coïncidence, hasard, me direz-vous. Mais certainement… Moi, je vais pourtant enquêter là-dessus. Mon enquête, relayée par mes collaborateurs, avance. Un miracle, non? David Hamilton qui disait craindre pour sa vie, David Hamilton qui voulait porter plainte pour diffamation, David Hamilton qui ne risquait rien judiciairement, David Hamilton qui n’avait jamais été condamné à rien, qui choisit pourtant de se « suicider » juste le Jour du Cochon. Juste un an avant balance ton porc. Un précurseur! Et qui se suicide avec la porte ouverte, puis dont l’acte de décès indique que le jour de son décès n’a pu être déterminé… Extraordinaire non? PS : pas de sac de plastique pour moi, merci

Propos recueillis par Jean-Pierre Fleury, docteur en sociologie de l’Université de Nantes.

 

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