La Loi Schiappa-Flament, une loi de portée cosmétique?

Voir:

https://lequichotte.wordpress.com/2018/03/28/la-loi-schiappa-flament-une-loi-de-portee-cosmetique/

 

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Une oeuvre éternelle de Marie Minelli

Culture moderne, camp des bons

*

Présenté le 21 mars 2018 en Conseil des ministres, le projet de la Loi Schiappa devrait être examiné au mois d’avril par le Parlement français. Mais qu’en pense le Sénat, où officie toujours Laurence Rossignol? Anciennement spécialiste (aussi) de la lutte contre le système prostitutionnel, ses attributions sont multiples et changent souvent d’intitulé.

Qu’on en juge. Le 9 avril 2014, elle est nommée secrétaire d’État chargée de la Famille, des Personnes âgées et de l’Autonomie, dans le premier gouvernement Valls. Mais, par un décret du 17 juin 2015, elle est re-nommée avec une attribution supplémentaire, et devient cette fois chargée de la Famille, de l’Enfance, des Personnes âgées et de l’Autonomie.

Le 11 février 2016, elle devient ministre de la Famille, de l’Enfance et des Droits des femmes mais dès le 3 mars cette importante fonction est rectifiée en ministre des Familles, de l’Enfance et des Droits des femmes dans le second gouvernement Valls.

Voilà qui témoigne du sens des nuances (dans ma naïveté, je pensais que « la Famille », avec une majuscule, cela signifiait toutes les familles; pas du tout, je me trompais, il a même fallu un décret pour changer la Famille en: les Familles). Allez comprendre…

*

La jeune fille moderne, camp des bons

Venons-en à des choses sérieuses.

Hier, la proposition de loi des sénateurs « pour une meilleure protection des mineurs » a été « auto-adoptée » par le même Sénat.

Mais voilà, entre les sénateurs et la Loi Schiappa, de premiers télescopages.  Les sénateurs se lamentent un peu que le gouvernement ne se soit point penché avec plus de conviction affichée sur leurs éminents travaux. Et que n’ont-ils pas dit à Madame le secrétaire d’État, Marlène Schiappa en personne, lors de ce vote au Sénat?

Oyez:

« Nous ne voulons pas d’une disposition qui serait seulement de portée cosmétique, nous voulons une disposition réellement protectrice »

De portée cosmétique?

Grands Dieux, comme la langue française évolue! Et quelle étrange connaissance en ont les élus du Sénat!

De portée cosmique, j’eusse compris…

Mais dire que la loi Schiappa serait « de portée cosmétique« , que signifie?

Cosmétique signifie :

1 (adjectif et substantif) Ce qui sert à entretenir la beauté, à embellir la peau, les cheveux.

2 (substantif féminin) Partie de l’hygiène qui traite de la préparation et de l’usage des cosmétiques.

Une disposition de portée cosmétique… euh, excusez-moi, M’sieurs Dames, kékséksa? Une disposition qui traite de la préparation et de l’usage des cosmétiques?

Je sais bien qu’en ces temps de France en marche, on se préoccupe de légiférer quant à beaucoup de choses très importantes, comme par exemple de passer la vitesse sur certaines routes de 90 à 80 kilomètres à l’heure. Ou de rendre l’école obligatoire dès l’âge de trois ans. Euh…

L’école à trois ans, c’est sans doute pour apprendre le français?… Bonne chance!

Et sur le fond? Les sénateurs proposent  une « présomption de contrainte pour qualifier de viol une relation sexuelle entre un majeur et un mineur dans deux hypothèses : l’incapacité de discernement ou l’existence d’une différence d’âge significative ».

 « Pourquoi voulez-vous protéger davantage une victime de 14 ans, 11 mois et 29 jours, plutôt qu’une victime de 15 ans et un jour ? », a demandé le rapporteur de la proposition de loi, Marie Mercier.

C’est exact, Marie Mercier a raison. En fait, je me demande si tous ces pinaillements ont un sens. Il existe sûrement certaines filles de dix-huit qui ont moins de discernement que certaines de quatorze. Le viol, dès lors qu’il est avéré et démontré, est un crime, quel que soit l’âge de la victime. Ce qui, à moi, me semble absurde, est de légiférer et de pinailler sur l’âge, en voulant le fixer législativement, administrativement.

Laurence Rossignol propose, il vaudrait mieux dire réclame à cor et à cri l’instauration d’une infraction de viol lorsqu’un majeur aurait une relation sexuelle avec un mineur de moins de 13 ans. Las, l’amendement déposé par la sénatrice (socialiste) Marie-Pierre de La Gontrie n’a pas été adopté.

Quant au sénateur François-Noël Buffet, il prône l’imprescriptibilité des crimes sexuels sur mineurs. Ici aussi, amendement rejeté et copie à revoir.   « Que dirions-nous aux parents d’enfants assassinés, aux victimes du terrorisme, si dans la hiérarchie de l’horreur nous considérions que le viol sur mineur se distingue des autres crimes »?  s’est interrogé le président de la commission des lois, au cours de la discussion générale.

Que toutes ces personnalités se consolent,  Madame le secrétaire d’État à l’égalité entre les femmes et les hommes, et  les sénateurs sont d’accord quant à l’allongement du délai de prescription pour les crimes sexuels sur mineurs, qui devrait passer (si la loi est votée) de 20 à 30 ans.

Olivier Dodier n’a pas été écouté, semble-t-il : https://www.dalloz-actualite.fr/chronique/legiferer-au-moyen-de-l-amnesie-traumatique-constitue-un-risque#.WruGNC5ubIX

L’image de la jeune fille de David Hamilton (camp du Mauvais)

*

Un texte du mauvais David Hamilton

 

Ma propre conclusion est que tout cela démontre avant tout une chose: la société moderne, entre excès de progressisme et excès de puritanisme, n’a pas su traiter la question du Sexe. Le progressisme et le puritanisme ont été et sont les deux faces de la même médaille. Ce sont les meilleurs alliés du monde, un peu comme la (super bonne, je dois dire) comédie « gauche » – « droite »…

Ce n’était certes pas en inondant la société de pornographie que l’on pouvait espérer éduquer les masses, donc les individus.

On a eu une éducation, qu’elle soit ou soit dite progressiste ou réactionnaire, qu’elle soit ou soit dite de droite ou de gauche, qu’elle soit pour ou contre ceci ou cela, qui a abouti à ce que l’on voit aujourd’hui.

Et que voit-on aujourd’hui? On voit une société sans amour, sans sensualité et sans sexe.

Oui, sans sexe, parce que le recours aux robots sexuels, ou à la pornographie sur Internet, ce n’est pas du sexe. Tout cela, exactement comme les chasses aux porcs, ne fera que désexualiser et, mille fois pire encore, désensualiser la société.

On voit une société qui a promu le chaos et qui, maintenant, essaye de réparer tout ça – dans le chaos, toujours.

On voit une société de plus en plus liberticide. On voit une société qui veut légiférer sur tout, et dans les moindres détails (voyez par exemple les « débats » où des politiciens se confrontent et « s’opposent » au sujet du montant de l’amende pour « outrage sexiste »). De vraies écoles de pensée ehtre ceux qui sont pour l’amende de 90 euros, d’autres de seulement 90.000. Passionnant. Epique… Jupitéro-macronien!

*

Aristide Maillol et l’extraordinaire artiste juive Dina Vierny, muse du grand sculpteur dès ses quinze ans

Il aurait mieux valu écouter ce que disait un photographe qui a toujours lutté – par ses photographies comme par les entretiens qu’il a accordés, par ses textes, par les préfaces de ses albums, par ses nombreuses déclarations en ce sens – contre la pornographie et contre la vulgarité.

Ce photographe était aussi un philosophe de l’amour, un philosophe de la jeune fille. Dans mes livres, j’ai déjà réuni maintes citations de lui. Notamment dans Le portrait de Dawn Dunlap ( voir: http://catalogue.bnf.fr/ark:/12148/cb45239061h )

Ce photographe s’appelait David Hamilton.

Dans une société hamiltonienne, il y aurait eu moins de viols.

David Hamilton, 1981

*

Céline disait : « L’amour c’est l’infini mis à la portée des caniches »

(Heureusement qu’il avait écrit ça avant que quelqu’un ne propose une loi interdisant l’outrage aux caniches!)

Aujourd’hui, hélas, il serait inutile de parler d’infini.

On est passé du cosmique pour les caniches à la société  humaine du « cosmétique ».

Une société infinie et – surtout – une société finie.

La Loi Schiappa a été inspirée par Flavie Flament.

Ah, ça y est, j’ai compris l’expression « de portée cosmétique »!

*

L’apport d’une grande artiste moderne à la cosmétique

L’apport non négligeable de Flavie Flament à la cosmétique (1991)

 

 

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