Roland Jaccard et Henri-Frédéric Amiel: à travers le temps, une touchante consubstantialité des âmes

AMIEL, portrait

D’un égotiste critique, l’autre…

L’éditeur Serge Safran affirme que Les derniers jours de Henri-Frédéric Amiel de Roland Jaccard, qui sort le 13 septembre, serait un roman. Voire. C’est beaucoup plus que cela.

Un très grand écrivain suisse du vingtième et du vingt-et-unième siècles raconte les derniers jours (et, de ce fait, tous les jours) de Henri-Frédéric Amiel, philosophe, psychologue, philologue, poète, théologien et diariste suisse du dix-neuvième, auteur d’un journal intime exceptionnel aussi bien par ses dimensions que par sa sensibilité exquise, sa psychologie aiguë, sa maîtrise absolue de la langue française.

Le livre de Roland Jaccard est la quintessence des 16.847 pages d’Amiel, qu’il résume, explicite, transcende et prolonge. Il en partage la profondeur et la sereine amertume.

Ceci est un roman mais en même temps une biographie, une lettre d’amour, le salut qu’adresse un frère à son frère à travers le temps. Chaque mot y est pesé mais tout y est prodigieusement aérien.

La simplicité de Roland Jaccard est magistrale.  La lecture des Derniers jours de HenriFrédéric Amiel, qui a bercé tout mon été, m’a fait songer à l’immense pianiste juif Vladimir Horowitz (1903-1989) jouant, en 1987 à Vienne, l’Impromptu n° 3 en si bémol majeur, Rosamunde. A deux ans de sa mort, ses mains sont désormais immobiles sur le piano. La musique, pourtant, descend des cieux, en cascades pluitées. Horowitz est un jeune homme. C’est Schubert lui-même qui joue.

Roland Jaccard est né le 22 septembre 1941, Amiel le 27 septembre 1821, autant dire 120 ans jour pour jour avant lui. La  mère d’Amiel est morte de tuberculose, il avait onze ans. Deux ans plus tard, son père s’est jeté  dans le Rhône. Le père de Roland Jaccard aussi a choisi la mort volontaire, et déjà son grand-père.

Cela, ce pourrait n’être que des coïncidences biographiques. L’extraordinaire, le merveilleux, le sublime, le tragique peut-être, est que dans ce livre, Henri-Frédéric Amiel et Roland Jaccard ne font soudain plus qu’un. Et quelque chose me laisse entendre que de toute éternité, il en est vraiment ainsi.  Ils ne sont qu’un. Roland Amiel, Frédéric-Henri Jaccard.

Lisez ce chef-d’oeuvre de Jaccard, cet immense chef-d’oeuvre. Vous ne saurez plus qui parle de qui. Amiel est Jaccard, Jaccard est Amiel. Il y a entre eux consubstantialité d’âme.

Oui, bien sûr, Serge Safran a raison, c’est d’un roman qu’il s’agit. Mais d’un roman sublime. De ceux que l’on n’est plus habitué à lire, de nos jours. Quoi y est fiction, quoi y est vérité n’importe plus. Fiction et vérité se confondent comme le corps des amants. Moi plus toi devient nous. L’un et l’autre se complètent dans le miracle du trois, l’un restitué (tiens, voici Jung, encore un Suisse!)…

Jaccard + Amiel = beauté.

Si nous vivions dans un monde normal, les Derniers jours de Henri-Frédéric Amiel, par Roland Jaccard, devraient être les premiers de la redécouverte et de l’éternité d’Amiel.

Né en 1910, exactement entre la mort d’Amiel (11 mai 1881) et la naissance de Jaccard (1941), un très grand professeur suisse aurait adoré le livre de Roland Jaccard, je veux le croire. Il s’agit du professeur Humbert Humbert.

Olivier Mathieu.

Blog « En défense de David Hamilton », septembre 2018.

Les derniers jours de Henri-Frédéric Amiel, par Roland Jaccard (sortie chez les libraires le 13 septembre 2018, Serge Safran, éditeur).

ISBN :979-10-97594-17-6
Format : 12, 5 x 19 cm
Pagination : 144 pages
Prix : 15, 90 €

Roland Jaccard

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Rappelons aux abonnés du blog que Roland Jaccard a eu la gentillesse et le courage de préfacer mon livre C’est David Hamilton qu’on assassine.

Faites comme elle, lisez « C’est David Hamilton qu’on assassine ».

 

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