Carlo Lorenzini dit Collodi, père de Pinocchio: combien de grands hommes nés, morts… et oubliés, ainsi que David Hamilton!

Le livre Pinocchio – que j’ai lu en italien et en français depuis l’âge de quatre ans, des dizaines de fois, et que je crois connaître puisque je lui ai aussi consacré maintes conférences littéraires publiques –  est l’un des plus grands livres jamais écrits. C’est aussi un des livres les plus vendus dans le monde

Son auteur, Carlo Lorenzini dit Collodi, est né et mort à Florence. Entre le lieu de sa naissance et celui de sa mort, il doit y avoir cinq cents mètres. Beaucoup d’habitants de Florence, en 2019, l’ignorent…

Il y a à Florence des hôtels qui s’appellent Collodi. Tous les magasins, même les boutiques tenues par des Pakistanais de pacotilles pour touristes, vendent chaque année des dizaines ou des centaines de milliers de marionnettes de Pinocchio en bois, ou de maillots (les Franglais disent « T-shirt ») à l’effigie du même Pinocchio. Pinocchio, c’est une attraction touristique. Pinocchio, c’est un commerce. Et c’est donc du bon pognon, de l’excellent pognon qui rentre abondamment, suppose-t-on, dans les caisses de la mairie de la ville de Florence.

En France (mais aussi, chose encore plus étonnante, à Florence), les gens n’ont pas lu Pinocchio. Ils n’ont pas non plus vu les rares bons films italiens inspirés par Collodi (le dernier étant celui de Comencini, au début des années 1970).

Les Français et les Florentins modernes, tout au plus, ont vu les déplorables ignominies américaines de la Disney, qui ont généralement dénaturé l’oeuvre de Carlo Lorenzini. Parce que, en deux mots, le livre Pinocchio est un livre qui se passe dans la ville de Florence d’autrefois. Et mieux vaut, pour comprendre maints épisodes et maints personnages, connaître la ville de Florence; se faire une idée des opinions politiques de Lorenzini et de la situation politique en Toscane à l’époque de la rédaction du livre;  et comprendre l’histoire, la psychologie et la langue des Toscans. Sinon, toutes les allusions « florentines » vous échapperont à jamais.

Toujours est-il qu’au Cimetière des Portes Saintes, on ne voit jamais grand monde devant la « chapelle Lorenzini », où est enterré Carlo Lorenzini.

Maintenant, je vais vous emmener en promenade. Suivez-moi…

Voici les chapelles immédiatement voisines de la chapelle Lorenzini. Elles sont bien tenues. On peut facilement y jeter un coup d’oeil.

 

Au milieu de ces chapelles (pour être précis: juste à côté de la « cappella Ploner », voir photo plus haut), vous trouvez la CAPPELLA LORENZINI. Mais voilà, c’est la seule qui est totalement close et à laquelle il est impossible d’accéder. Un rideau blanc cache soigneusement ce qu’il y a dedans. Pourquoi donc?…

Cappella Lorenzini: l’unique chapelle dans laquelle – dans cette allée du cimetière – il est impossible de jeter un coup d’oeil

Je suis d’un naturel curieux. N’y a-t-il pas quelque chose d’étrange, ici?

Carlo Collodi, l’un des génies universels de la littérature, né et mort à Florence, enterré à Florence, après avoir donné au monde Pinocchio qui est un hymne à la gloire de Florence, a donc à Florence une chapelle à laquelle on ne peut accéder?

La porte de la chapelle Lorenzini a de toutes petites ouvertures: de minuscules fentes (exemple, voir photo suivante).

Je me suis approché.

Aucune effraction, bien sûr, de ma part. Simplement, je me suis ingénié à comprendre ce que l’on pouvait diantre voir, à travers ces fentes, à l’intérieur de cette « chapelle » Lorenzini fermée au public.

Voici le résultat. Ce que vous voyez, en haut à droite, dans la fente, est sans doute le tombeau de Carlo Lorenzini. Et sous ce tombeau, on aperçoit des tas de choses de couleur orange. Des câbles électriques? Des tuyaux? Des fleurs artificielles?

Détail de la photo précédente

La « chapelle Lorenzini » est aussi encombrée  de sacs de plastique de couleur bleue, dont j’ignore ce qu’ils contiennent. Sont-ce des sacs pleins d’ordures? Ou encore, le personnel du cimetière a-t-il fait, de la « chapelle Lorenzini », un dépôt? Un dépôt de quoi?

Il n’est pas du tout aisé de prendre des photos à travers des fentes aussi étroites, et souvent difficiles d’accès.  Ce serait aux services « culturels » de la mairie de Florence d’envoyer sur place des inspecteurs.

Parce que, voilà, la ville de Florence, ville de naissance et ville de mort de l’un des plus grands écrivains de tous les temps, Carlo Lorenzini; Florence, ville de Pinocchio, ville qui gagne du bon pognon, de l’excellent pognon en vendant une multitude d’objets touristiques (et aussi de cartes postales) qui reproduisent la figure de Pinocchio, cette même ville de Florence permet que la tombe de Carlo Lorenzini ressemble à une décharge d’ordures ou, au mieux, à un dépôt de je ne sais quoi, mais certainement pas à une tombe.

Parce que, voilà, les prêtres de l’église qui se trouve à cent mètres de la tombe de Carlo Lorenzini permettent que cette sépulture ressemble à une décharge d’ordures ou, au mieux, à un dépôt de je ne sais quoi.

Je publierai prochainement, si tel est mon bon plaisir, d’autres images « édifiantes » de cette ignominie.

Il y a plus « drôle », si j’ose dire. Plus triste.

On lit (en haut, dans le marbre noir) « nato » et « morto »

Sur cette photo, on lit les mots NATO et MORTO (« né » et « mort »).

Né à Florence, mort à Florence et … enterré dans un dépotoir?

Détail. On lit, sur le marbre noir (en haut à droite), « nato » et « morto » (né et mort)

Quant au toit de la chapelle, aussi, il serait peut-être temps que les (hautes) intelligences de la mairie de Florence songent à restaurer la dernière demeure de Carlo Lorenzini

La ville de Florence (passée de Renzi à Nardella) débourse des sommes considérables pour publiciser et sponsoriser des « oeuvres » d’art moderne qui sont des merdes parfaites et complètes.

Cette municipalité ne peut-elle trouver des fonds pour la chapelle de Carlo Lorenzini?

Heureux David Hamilton, dont peu de gens savent quel a été le sort de sa dépouille mortelle…

 

 

 

x

A propos defensededavidhamilton

On est prié de demander une autorisation explicite et écrite AVANT de republier, sur Internet ou ailleurs, des articles de ce blog. Toute republication effectuée sans autorisation n'a pas notre consentement.
Cet article a été publié dans David Hamilton. Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Les commentaires anonymes, injurieux, inintéressants, hors sujet ou qui se répètent passent directement à la poubelle. Les abonnés et les autres sont priés de LIMITER le nombre de leurs commentaires. MERCI. D'avance.

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s