Une jeune femme de lettres, ayant perdu son père, a annulé sa présence dans une émission de grosse épicerie pseudo-littéraire

Vanessa Springora est parfois définie comme une « jeune femme », ce qui me laisse songeur puisqu’elle a bientôt 48 ans et que Matzneff en avait 49 lors du début de leur liaison (de lui, on parle comme d’un « vieux »).

Vanessa Springora est parfois définie, aussi, comme une « femme de lettres », ce qui ne semble même pas de l’humour involontaire sous la plume de ses admirateurs, mais me laisse songeur aussi. Cependant, la question n’est pas là.

La question est qu’hier, avant « La Grande Librairie », une émission de grosse épicerie dite « littéraire », la jeune femme de lettres aurait (selon ce que je lis dans la presse) perdu son père.

Au-delà de cette triste nouvelle, car la mort est toujours une triste nouvelle, on ne sait pas vraiment qui est le monsieur décédé.

Il semble que Vanessa Springora ait été surprise par ce décès, qu’elle aurait appris cinq minutes avant le début de l’émission de téloche.

Si les mots ont encore un sens, son père est l’auteur de ses jours, c’est-à-dire l’homme qui lui a donné biologiquement naissance.

Mais vu la façon dont il est dépeint dans Le consentement, et vu que selon Vanessa Springora il avait « disparu de sa vie » depuis des décennies, comment veut-on concilier ce qui précède avec les mots qu’emploie la presse (« drame », « terrible nouvelle ») et avec l’annulation d’une émission?

Pour l’heure, on ne sait toujours pas de quoi précisément est morte cette personne.

Voilà donc un mort dont toute la presse parle, mais sans rien en dire puisque le grand public ignore toujours son nom, son prénom, et surtout les causes de cette disparition survenue – simple coïncidence? – juste au moment de la parution d’un livre où sa fille parle de lui comme d’un père indigne, absent, violent, misogyne et grossier.

La parution de La Consolation de Flavie Flament avait été suivie, environ un mois plus tard, par le suicide présumé de David Hamilton. On ne voudrait pas apprendre qu’en marge de la sortie du Consentement il y ait eu, ici aussi, un suicide.

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