Cauchemar des chasses à l’homme médiatiques: l’écrivain G. habite un studio de rêve au 21

Le titre de cet article de blog est un clin d’oeil au film L’assassin habite au 21. Dans le roman de Stanislas-André Steeman, l’action se déroule à Londres. Pour son adaptation cinématographique (1942), Henri-Georges Clouzot a situé les faits à Paris.

*

Il y a réellement quelque chose qui ne va pas, en France. Est-il juste, est-il moral, est-il légal que toute la presse française publie de nouveau, aujourd’hui, l’adresse personnelle de l’écrivain Gabriel Matzneff, un homme de 83 ans, visé par une campagne de presse quasiment (je dis bien: quasiment) sans ampleur?

La presse se lamente: « Un HLM dans le quartier Latin où le mètre carré coûte 10 euros par mois. C’est la situation de rêve que vit actuellement Gabriel Matzneff. L’écrivain octogénaire, accusé de pédophilie, occupe depuis 1994 un logement social de 34 mètres carrés en plein cœur de Paris, dans le quartier Latin (5e arrondissement), selon Le Parisien-Aujourd’hui-en-France« .

La presse, notons-le, ignore que HLM est féminin et que l’on dit : une HLM. Cette même presse appelle « situation de rêve » un… studio de 34 mètres carrés.

Une lecture attentive – et même distraite – des gazettes vous apprendra en tout cas dans quelle ville vit Gabriel Matzneff (Paris), dans quel arrondissement (le 5e) et, mieux encore,  à quel étage. Avec description: «au premier étage avec vue sur rue et une petite cour silencieuse et pavée».

Ces renseignements servent à quoi? A qui? Aux chasseurs d’autographes?

Vous apprendrez en outre que ce lieu « de rêve » est géré par le bailleur social Elogie-Siemp. Et combien Gabriel Matzneff paierait:  348 euros par mois. 10 euros le m² sans les charges.

Or, continue la presse, « ce même studio de 34 m² pourrait être loué aujourd’hui jusqu’à 583 euros (hors charges) ».

Le Figaro précise: « Ce loyer de 10 euros le m² a de quoi irriter les locataires qui paient actuellement plus de 31 euros par m², la moyenne pratiquée dans le 5e arrondissement de Paris, selon le site d’estimation immobilière Meilleurs Agents. Un logement privé de 34 m² se loue ainsi autour de 1000 euros par mois (hors charges) ».

Tout cela pour finir par une perle: « Bien que son attribution soit légale, la mairie voudrait voir partir Gabriel Matzneff. Mais c’est loin d’être simple ».

Extraordinaire: la Mairie de Paris dit que cette attribution est légale. Et pourtant, elle voudrait se débarrasser de ce locataire octogénaire (qui n’a jamais été condamné à quoi que ce soit, et été blanchi dans l’Affaire du Coral).

D’ailleurs, qu’il ait été condamné ou pas et pour quelque motif que ce soit, pourrait-on donc jeter sur le trottoir, en France, quelque homme que ce soit ?  Ici, un homme de 83 ans?

Ou quelqu’un estime-t-il peut-être que « 34 mètres carrés de rêve », c’est trop, et qu’il vaudrait mieux le condamner à croupir dans une cellule (de combien, trois mètres carrés?), au pain et à l’eau?

Campagne de presse nationale et internationale, diffusion de l’adresse d’une personne, et insultes et menaces sur les réseaux sociaux. Cela pourrait déboucher sur un drame.

Espérons que les « 34 mètres carrés de rêve » ne finissent pas en cauchemar.

Cessons de plaisanter: en octobre et novembre 2016, la presse a largement indiqué l’adresse personnelle  de David Hamilton, rappelons-le.

***

A relire le tout premier article paru, sur Internet, au sujet de l’affaire de l’écrivain G. et de la non écrivain V. : https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/10/30/apres-laffaire-david-hamilton-le-lynchage-mediatique-de-lecrivain-g-est-il-imminent/

Et puis, rappel:

https://wp.me/p89w8Z-543

 

 

Cet article a été publié dans David Hamilton. Ajoutez ce permalien à vos favoris.