Gabriel Matzneff: « Pentiti, scellerato »?

L’Affaire Matzneff, ces jours-ci, devient encore plus déplaisante que d’ordinaire.

« Pentiti, cangia vita, è l’ultimo momento! Pentiti, scellerato! » (Don Giovanni)

L’écrivain semble avoir prononcé quelques « excuses » au sujet des pratiques pédophiles (« tourisme sexuel » avec des garçonnets) qu’il décrivait ou dont il se vantait dans certains de ses livres. Ces excuses doivent être soulignées car, sur le blog « En défense de David Hamilton », nous avons toujours insisté (et continuerons à le faire) quant à l’incompréhension totale et absolue que nous ressentons et manifestons à l’égard de tout tourisme sexuel.

Mon ami Roland Jaccard – qui est par ailleurs un ami de longue date de Gabriel Matzneff – a la même position que moi. Tout en défendant l’écrivain Matzneff, il s’est désolidarisé du goût de l’homme Matzneff pour les petits garçons (ou pour les petites filles).

« Contrairement à Matzneff, je n’ai aucune attirance pour les petits garçons et pour les petites filles. Sur ce plan, je suis désespérément normal« .  (Un propos de Roland Jaccard que je partage totalement : https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/ )

David Hamilton (vers 1986)

Ni Roland Jaccard, ni David Hamilton, ni moi-même n’avons jamais publié le moindre propos en faveur du tourisme sexuel, ou évoqué quelque attirance que ce soit pour les petits garçons ou les petites filles. David Hamilton, de son côté, n’a photographié que des adolescentes nubiles (nubile: en âge de se marier).

A propos, je ne connais que Roland Jaccard et moi, en France, pour avoir défendu David Hamilton. Une défense que n’a en revanche jamais entreprise Gabriel Matzneff.

Quand Gabriel Matzneff, qui a si souvent parlé du personnage de Don Giovanni, se répand en excuses (qui ne lui serviront d’ailleurs strictement à rien, à mon avis), et j’ajoute: en excuses souvent pas adroites du tout, il n’est hélas plus en rien donjuanesque (que l’on songe à la scène du Pentiti… No!)

La traque

Cela dit, des journalistes de la télévision et de la presse écrite sont allés filmer, photographier, et même interviewer Gabriel Matzneff dans son palace, son « hôtel quatre étoiles » qu’il fréquente depuis dix ans, dont il parle dans son journal intime, et qui se trouve sur le territoire (somme toute exigu) de la Riviera italienne. A si peu de distance de la France.

Il se trouve que je connais à merveille l’Italie, pays où j’ai passé la plus grande partie de ma vie et où j’ai même de la famille. Or n’importe qui, en Italie, simplement avec les renseignements qui précèdent et en observant les photos (notamment dans Paris Match) de Gabriel Matzneff sur le lungomare (le bord de mer), comprend en trente secondes où il se trouve.

C’est ici que réside le danger. Que la justice fasse son travail, tel est son rôle.

Mais ce qui est et reste inconcevable à mes yeux est que ce soit des journalistes qui mettent en oeuvre une sorte de chasse à l’homme, une traque, en publiant suffisamment d’informations, de photographies ou d’images pour que tout le monde sache où s’est réfugié un écrivain âgé de 83 ans.

Que l’on relise – encore – Roland Jaccard, ici :

« Mais le climat général est favorable à la judiciarisation des rapports humains, y compris dans ce qu’il ont de plus intime. Est-ce vraiment un progrès ? Matzneff a-t-il mérité ce qui lui arrive ? Mettons qu’il a sous-estimé la férocité des humains lorsqu’ils chassent en meute et vécu dans une forme d’érotomanie, c’est-à-dire avec l’illusion délirante d’être aimé. Il a passé sa vie à construire sa propre statue. Et voici qu’elle est démolie. C’est un rude coup pour son narcissisme« . (Roland Jaccard: https://leblogderolandjaccard.com/2020/01/12/reflexions-sur-laffaire-matzneff/ )

 

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