Coronavirus: « circulez pas, y a quelque chose à voir »…

Le coronavirus met en ébullition la Silicon Valley, les banques de Londres, les centres névralgiques high-tech, les milliardaires qui ont investi dans l’intelligence artificielle, et les agents secrets.

Il n’y a aucun doute à avoir. Aucun.  La grande presse, déjà,  l’admet. Et dans quelques jours, cela deviendra encore davantage officiel. Les gouvernements de plusieurs pays d’Europe, suivant en cela ceux de gouvernements asiatiques, sont en train de chercher des solutions technologiques de surveillance de masse, dans le but fort vertueux d’endiguer l’épidémie de « coronavirus ». En collaboration avec l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). Selon eux, il s’agit d’applications de télémédecine et d’outils d’analyse de données. Sans nul doute. Mais ne s’agit-il que de cela? Avec l’aide d’un de mes amis qui, de par sa profession, est un connaisseur en la matière, j’ai un peu réfléchi.

Les gouvernements cherchent sur le marché (ou sur les marchés, si l’on préfère) des « applications » qui – pour simplifier – « tracent » les mouvements des individus, signalent les lieux fréquentés par les personnes infectées, permettent de remonter aux autres citoyens avec lesquels ils ont eu des contacts. C’est à peu près la technologie de la Corée du Sud et celle d’Israël.

En Italie et en France, on pourrait avoir recours à un mélange des deux. Officiellement, on veut contenir le virus. Surtout, on ne désire pas devoir interrompre trop longtemps le système de production d’un pays. Il faudrait qu’une telle application soit installée par tout un chacun sur son téléphone portable. Ou alors, qu’on la lui installe à son insu. Songeons qu’à Séoul, cette technologie est ultérieurement recoupée avec les images des caméras de sécurité, les données des cartes de crédit et celles de  géolocalisation des GPS.  Plus fort qu’Orwell, pas vrai?

Depuis des années, en Asie notamment, de telles applications envoient des messages sanitaires (lors des épidémies) à chaque téléphone en distribuant des conseils. Mais aussi, de la sorte, « on » sait où les personnes se sont déplacées, avec qui elles sont entrées en contact, quelles activités elles effectuaient… On va fouiner dans la vie de vos contacts, vous dira-t-on, « pour mieux endiguer la propagation de l’épidémie ».

Voilà qui pourrait devenir (question de jours) la politique de divers gouvernements, en Italie par exemple. Et en France? Comment va-t-on convaincre les citoyens d’Italie, ou de France, à auto-installer en quelque sorte une application d’espionnage sur leur propre téléphone?…

En Israël, le gouvernement provisoire  a mis en place une surveillance numérique massive, qui en général était limitée à la lutte contre le terrorisme.  De la sorte, l’agence de sécurité israélienne, le Shin Bet, est en mesure de tracer, de traquer les téléphones portables pour suivre, sur des écrans, les mouvements des personnes infectées ou suspectées de l’être. En d’autres termes, on fait respecter la quarantaine au moyen de la technologie. Les agents secrets se mettent au service de la lutte contre le coronavirus.

Les mouvements et les contacts d’un individu sont susceptibles d’être reconstruits pendant une durée de temps fort longue, quelques semaines voire plusieurs mois. La technologie moderne consent de conserver les traces des déplacements et des contacts.  La décision du gouvernement provisoire israélien a – comme on peut l’imaginer – suscité une polémique dans l’opinion publique israélienne, gravement préoccupée par les conséquences que cela pourrait avoir sur la vie privée. Peut-on imaginer que les citoyens européens, eux, ne soient pas assaillis par de telles craintes?

En Italie, depuis un mois, les chiffres officiels disent qu’il y a eu 5.597.967 contrôles d’identité liés au désir du gouvernement italien de faire respecter la quarantaine. Est-il raisonnable de songer en outre que les déplacements de tout individu sont susceptibles d’être enregistrés et archivés au moyen des données de Google, Facebook, WhatsApp, Apple… et des compagnies téléphoniques?

Or, les règlements européens au sujet de la « protection des données » prévoient des « dérogations » en matière de terrorisme mais aussi… « d’urgence sanitaire ».

 Et si l’on considère qu’il pourrait falloir trois ans pour trouver un vaccin, tandis que certains pays affrontent déjà une troisième vague de « coronavirus », que la quarantaine sous une forme ou une autre pourrait se prolonger pendant encore très longtemps, cela voudrait dire que les mesures de surveillance de masse « autorisées dans l’urgence » pourraient devenir la norme, pour très longtemps ou à jamais.

On est vraiment très loin du monde où un David Hamilton photographiait des jeunes filles, ainsi que les sculpteurs et les peintres et les écrivains européens depuis deux mille ans au moins sculptaient et peignaient et décrivaient des jeunes filles. On est très loin du monde où David Hamilton, Gunter Sachs et tant et tant d’autres découvraient la beauté du monde et l’exprimaient, la reflétaient dans leurs oeuvres.

C’était un monde où demeurait encore – malgré les défauts qu’il avait lui aussi – un peu de beauté. Un peu de liberté.

Nous en sommes arrivés à un moment historique (et nous ne sommes qu’au début, je le crains) où des agents secrets, des spécialistes de l’antiterrorisme s’ajoutent aux policiers et aux gendarmes, avec l’aide des satellites et des drones et des GPS et des caméras de télésurveillance (il ne manque que les microchips, à moins qu’ils n’aient déjà inventé autre chose, je leur fais confiance), tout cela pour que la moitié de l’humanité reste enfermée.

Une telle obsession, une telle détermination, une volonté si bien établie pour que  la moitié de l’humanité soit mise en quarantaine ne pourraient-elles pas faire penser qu’il y a quelque chose (quelque chose d’autre) à voir?

Serait-on passé de « circulez, y a rien à voir » à « circulez pas, y a quelque chose à voir »?…

 

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