Le vaccin et l’esbrouffe

« Le vaccin américain, solution miracle? Un grand pas pour les Bourses ou un grand pas pour l’immunité? » titre à la une le Canard enchaîné numéro 5218 du 11 novembre. Excellente question.

Alors que le nombre de morts attribuées au « coronavirus » ne cesse d’augmenter, et surtout que les reconfinements se multiplient à travers la planète, Pfizer et BioNTech ont donc annoncé (lundi 9 novembre) que leur « vaccin » serait efficace « à plus de 90 % ». J’en doute. J’en doute très très fort. Et je  ne suis certes pas le seul.

Marketing et philanthropie.

Hier, un laboratoire russe a à son tour déclaré « une efficacité de 92 % » pour son vaccin. Phénoménal sens de l’humour, de la part de ce laboratoire russe? 90%! 92%! On se croirait dans une vente aux enchères… Est-ce que ce marketing de la santé est ce que l’on appelle, aujourd’hui, « la » Science?… Existe-t-il encore en ce monde des scientifiques réellement indépendants pour donner leur avis sur de tels effets de manche?

Je voudrais savoir ce qui restera, dans quelques jours ou semaines, de « l’efficacité à 90% » du vaccin Pfizer… Efficacité de son vaccin ou pas, que l’on se rassure, le PDG de Pfizer a vendu pour 5,6 millions de dollars d’actions juste après l’annonce des résultats « d’efficacité à 90% » de son vaccin. Besoin d’un dessin?… Des tas d’autres sociétés, par exemple Moderna,  ont elles aussi vendu pour plusieurs dizaines de milliers de dollars d’actions.

Contraintes techniques et coût 

Le vaccin Pfizer, à supposer qu’il soit mis sur le marché (aujourd’hui, personne n’en sait rien), serait le premier vaccin à ARN messager destiné à l’être humain. Il faudra des congélateurs géants, dont ni les médecins de ville ni les pharmacies de quartier ne sont évidemment dotés. C’est également un vaccin qui coûte : aux Etats-Unis, le prix actuellement prévu serait de 19,50 dollars (16,51 euros) par dose. On passe à 39 dollars (33 euros) puisqu’il est clair qu’au moins deux doses de vaccin par patient seraient nécessaires… Un rapide calcul suffit à comprendre quelles sommes astrononiques sont en jeu. Besoin d’un dessin?

Ce vaccin, d’ailleurs, est-il un vaccin?

Ce vaccin, d’ailleurs, est-il un vaccin?  Est-il destiné à empêcher une infection au « coronavirus »? NON!  Comme je le laissais entendre dans mon article d’aujourd’hui sur ce blog,  le critère d’évaluation  choisi par Pfizer / BioNTech de « l’efficacité à 90% » de son vaccin est seulement la diminution des symptômes.  Mais pas la transmission du « coronavirus ».

Pfizer a annoncé « l’efficacité à 90% » d’un vaccin utilisant la technique de l’ARN messager, technique qui consiste à injecter dans l’organisme des brins d’instruction génétiques, qui enjoignent aux cellules de fabriquer un antigène qui serait spécifique du coronavirus, contre lequel le système immunitaire serait censé créer des anticorps. En d’autres termes, c’est l’organisme du vacciné qui doit prendre en charge une partie du travail.

Bref, une personne vaccinée serait (peut-être) protégée de l’apparition de symptômes, mais ce vaccin ne protégera EN RIEN la population générale.

Des effets secondaires?

On comprend, de son point de vue, la rapidité de Pfizer pour proclamer l’efficacité de son propre vaccin, et sa hâte à vendre des actions et à vacciner…

Mais avez-vous envie, vous, de vous faire vacciner par un tel vaccin?  Que sait-on de ses effets secondaires indésirables, calculés pour l’heure en employant des modèles animaux? Rien. La phase III des essais cliniques — à effectuer sur  plusieurs dizaines de milliers de patients — n’est pas achevée. N’importe qui devrait donc savoir que d’éventuels effets indésirables ne seront connus qu’au bout de longs mois, voire d’années entières. Il pourrait exister des cas d’effets indésirables, indétectables ou indétectés lors d’essais cliniques, qui risqueraient de survenir après la vaccination de millions de personnes… Faut-il rappeler que des essais cliniques (d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson) ont été interrompus ou suspendus suite à l’apparition de maladies chez certains volontaires?

Les vaccins « annoncés » le sont avec une rapidité étonnante… De notoriété publique, des laboratoires ont conclu des accords qui les mettent à l’abri en cas de condamnations judiciaires à la suite d’effets secondaires. Le vaccin « efficace à 90% » de Pfizer utilise une technologie nouvelle, qui n’a vraisemblablement jamais été testée à grande échelle…

Et quelle sera la politique vaccinale adoptée par le gouvernement français ?

Ce vaccin Pfizer, déclaré « efficace à 90% » par… Pfizer, ce vaccin qui diminuera les symptômes mais n’empêchera sans doute pas une éventuelle contagiosité, ce vaccin dont on ne sait rien quant à la durée de protection, ce vaccin dont on ne connaît pas les effets secondaires, ce vaccin qui se base non sur un virus atténué ou inactif mais (comme en ce qui concerne Ebola) sur une modification du virus lui-même, ce vaccin expérimental et qui n’a jamais été essayé qu’à très faible échelle, ce vaccin sera-t-il rendu… « OBLIGATOIRE »?!!!

A supposer une approbation par les autorités sanitaires, quelle sera ensuite la politique des autorités françaises? La France a nommé un Monsieur Vaccin. Quelle sera sa stratégie, s’il en a une? Comment fera-t-on pour transporter et distribuer ledit vaccin? Quel serait le calendrier d’une campagne de vaccination? Quand va-t-on vacciner, si on vaccine? En 2021? 2021, janvier 2021 ou décembre 2021? Ou 2022? Ou…?

Tout un chacun a le droit, naturellement, de croire dans l’annonce faite par Pfizer. Il n’est d’ailleurs que très compréhensible que des gens, matraqués qu’ils sont depuis un an par des chiffres et des informations contradictoires, invérifiables, alarmistes pour ne pas dire apocalyptiques, placent  leurs espérances dans ce « vaccin miracle » – pour reprendre l’expression du titre du Canard enchaîné. Il n’est que très compréhensible que des gens placent leurs espoirs dans la première annonce du premier vaccin. L’espoir fait vivre, c’est très humain. Dans quelques semaines, quand on sera à l’annonce du quarantième vaccin efficace, je pense que l’enthousiasme retombera quelque peu.

Mais comme c’est dans les dictatures que, paraît-il, tout le monde est obligé de penser une seule et même chose, je suppose que je suis moi aussi libre de mes opinions. « Enfin tout l’esbrouffe du commerce, on achète l’avis des hommes de science ou d’art« , écrivait Honoré de Balzac dans César Birotteau. C’était en 1837, deux cents ans ont passé… Mon opinion est donc que ce vaccin Pfizer est un coup d’esbrouffe au milieu de l’esbrouffe. Et je suis quasiment certain que, comme toujours, les prochaines semaines me donneront raison. On parie?

Une dernière chose. J’ai vécu pendant plusieurs mois d’affilée dans les pays « de l’Est », avant la chute du mur de Berlin. Pas en touriste. Pas en occidental privilégié. Je vivais chez l’habitant. J’ai même failli m’y marier. Principalement en Yougoslavie, mais aussi en Tchécoslovaquie, en Hongrie, en Roumanie, en Pologne. Et je dis que je ne me sentais pas moins libre, à l’époque, dans ces pays, qu’actuellement dans la France confinée de Monsieur Macron.

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