Aimez-vous Lu Xun ?

Oubliez-moi et occupez-vous de vous-mêmes: https://leblogderolandjaccard.com/2020/12/02/oubliez-moi-et-occupez-vous-de-vous-meme/

Revue japonaise de 1983 avec un article contenant des photographies de David Hamilton

« Il y a quelque chose qui me déplaît dans votre futur âge d’or : je ne veux pas y aller. »
Luxun, puisque c’est de lui qu’il s’agit, sera néanmoins enrôlé après sa mort en 1936, par Mao lors de la révolution culturelle, tout comme Nietzsche l’avait été par Hitler : ils deviendront l’objet d’un culte grotesque qui les aurait à jamais dissuadés d’écrire, s’ils en avaient eu le moindre pressentiment. » (Roland Jaccard)

Ce sont là quelques lignes que j’extrais de l’article, qui forme un ensemble tout simplement admirable , de Roland Jaccard sur Lu Xun. Un article qui, je crois connaître suffisamment Roland pour le dire, doit énormément compter pour lui.

Tout l’article serait à citer. Il fera grincer des dents à beaucoup. Tant mieux. Il donne  une formidable leçon de culture – de vraie culture – et de liberté.

Le sujet est l’écrivain chinois Zhou Shuren, dit Lu Xun, l’un de ces personnages extraordinaires comme il y en a sans doute un par pays et par siècle. Quant on parle de Lu Xun, en vérité on est amené à parler de tout. Et du plus important de tout: la mort, le sexe, la littérature et l’originalité des mavericks.

Je cite encore ces quelques lignes.  « Sa mère, redoutant qu’il n’épouse une Japonaise, décide de le marier. Il n’a jamais vu la femme qui lui est destinée. C’est une naine difforme. Il passe sa nuit de noces à lire Darwin et, le lendemain, s’embarque pour le Japon (…) Lui-même, alors qu’il enseigne la chimie et la biologie à Pékin, sera troublé par une de ses élèves, de dix-sept ans plus jeune que lui. Elle commence, selon un scénario classique, par lui écrire pour lui demander des conseils et elle finira par vivre avec lui. Avec une ingénuité délicieuse, elle lui demandera un jour : “Pourquoi ai-je constamment l’impression d’être encore ton élève ? » Et lui de sourire : «Quelle enfant tu fais ! » Il notera dans son journal intime : « Vivre avec l’être qu’on aime n’est pas une petite victoire. » (Roland Jaccard)

Calendrier de David Hamilton, aru au Japon en 1985. Ici, les mois de mars et avril 1985

Conclusion jaccardienne : « Oubliez-moi et occupez-vous de vous-même : ce sera tout juste de la sottise si vous ne le faites pas. Voilà au moins une requête que je n’aurai pas besoin de formuler : elle est déjà exaucée. » (Roland Jaccard)

Un reproche pour rire à Roland: il sait fort bien qu’en ce qui me concerne, ce n’est pas  vrai. Ou alors, je dois être très sot!

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