Dans les quatre-vingts ans de Roland Jaccard, ne retenez qu’un seul mot: vingt.

 

Roland Jaccard

Dans les quatre-vingts ans de Roland Jaccard, ne retenez qu’un seul mot: vingt.

Son dernier article en témoigne de nouveau.

Lisez-le, ici : https://leblogderolandjaccard.com/2020/12/30/ce-29-12-2020/

J’en extrais ces quelques lignes: « Paris est la ville qui dégage la plus forte sensualité : les rencontres y sont aisées et les affaires vite conclues. Sans ce climat érotique, elle perdrait beaucoup de son attrait et on ne reculerait pas frileusement devant la mort. L’espoir d’une amourette dont on ignore quel tour elle prendra, est un élixir divin. On respire à Paris l’air de la liberté. Si j’étais honnête, j’écrirais : on y respirait l’air de la liberté. Avec la dictature hygiénique qui s’est instaurée et dont chacun pressent qu’elle n’est que le prélude à un asservissement général, Paris a des allures de vieille rombière. »  (Roland Jaccard)

Voilà donc Roland Jaccard entre Paris et Lausanne, la ville où est mort Nabokov à près de quatre fois vingt ans.

« On n’ y est pas pourchassé par le fisc – le seul ami qui ne vous abandonnera jamais – et la possibilité d’y mourir en douceur face à un des plus beaux paysages du monde vous est accordée avec une simplicité toute helvétique. (…) J’aspire à en faire autant. J’ai connu le meilleur à Paris. Un dernier coup de chapeau à Lausanne, la ville qui m’a vu naître et où je ne désespère pas de mourir, ne serait pas pour me déplaire. » (Roland Jaccard)

« Quel avenir à quatre-vingts ans ?, m’a demandé en ricanant cette sauvageonne de vingt ans », poursuit Roland Jaccard.

Ici, il feint de se tromper. Les gens qui ont plusieurs fois vingt ans ont évidemment beaucoup plus d’avenir que ceux qui en ont une seule fois vingt.

Photographie de David hamilton parue dans une revue japonaise hebdomadaire, en 1987

Avoir vingt ans à l’aube de 2021, voilà même quelque chose qui serait triste s’il n’y avait pas aussi  dans les bibliothèques de quelques-uns des livres, ceux de Roland Jaccard ou de Gabriel Matzneff, ou les albums de David Hamilton, pour se souvenir des époques où, justement, il y avait encore un avenir.

Portrait de David Hamilton

Je préfère avoir eu un avenir que d’en avoir un – à vingt ans! – qui s’appelle confinement et couvre-feu avec, chaque semaine, une allocution macronienne télévisée.

Alors que s’approche la nouvelle année, beaucoup de mes amis, dans plusieurs pays d’Europe, m’écrivent aussi en évoquant David Hamilton – ce jeune homme mort à 83 ans – avec nostalgie et tendresse. Que tous veuillent trouver, ici, l’expression de ma reconnaissance émue.

Phptographie, prise le 25 novembre 2020, de l’un des appareils photographiques « historiques » de David Hamilton.
L’appareil a été photographié devant « Ma petite bande de jeunes filles en fleurs », livre contenant des textes de quatre auteurs (Roland Jaccard, Jean-François Chassaing, Jean-Pierre Fleury, Olivier Mathieu). Le livre est paru à l’automne 2020.

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