La « superstar » de David Hamilton

Revue espagnole YES, numéro 1, juin 1977.
4 pages en couleurs, 6 photos de David Hamilton

1. LES CERTITUDES DE LA PRESSE QUANT A UN MARIAGE…

« Femmes actuelles » apportait en 2017, sur David Hamilton, cette révélation (euh, « actuelle »?):

« David Hamil­ton a épousé en premières noces l’actrice Mona Kris­ten­sen »

SOURCE

https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/david-hamilton-photographe-accuse-viol-flavie-flament-44641

***

« Gala » aussi avait dû charger de ces « enquêtes » ses journalistes les plus chevronnés:

« Côté vie privée, David Hamilton a été marié à deux reprises, avec Mona Kristensen puis avec Gertrude Hamilton. »

SOURCE

https://www.gala.fr/stars_et_gotha/david_hamilton

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Et chez « Voici« , oyez:

« Côté coeur, il a été marié à l’actrice Mona Kristensen puis à Gertrude Hamilton. »

SOURCE

https://www.voici.fr/bios-people/david-hamilton

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Une exclusivité de « Gala » (2 décembre 2016, après la mort de David Hamilton):

« Le photographe était alors marié à Mona. »

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/exclu_-_catherine_breillat_sa_verite_sur_david_hamilton_380086

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Tout un programme (Programme-TV) :

« Côté vie privée, il épouse Mona Kristensen puis, quelques années plus tard, Gertrude Hamilton. »

SOURCE

https://www.programme-tv.net/biographie/16207-hamilton-david/

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Purepeople était à la pointe du journalisme, citant Catherine Breillat qui affirmait:

« Quel homme était David Hamilton ? « Il parlait peu. Sa femme Mona égale­ment »

SOURCE

https://www.purepeople.com/article/mort-de-david-hamilton-peut-etre-que-son-obses-sion-l-a-entraine-plus-loin_a212663/1

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L’agence GETTY assure, ici :

Le photographe David Hamilton lors du mariage de Mona son ex-femme

https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d’actualit%C3%A9/le-photographe-david-hamilton-lors-du-mariage-de-photo-dactualit%C3%A9/954610362

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La liste (celle des journaux ou des agences de presse ayant affirmé que David Hamilton aurait été marié à « Mona Kristensen ») serait interminable.

En d’autres termes, pendant des dizaines d’années et même après la mort de David Hamilton, certains journaux qui parlent de lui comme d’un « violeur » (non pas d’un violeur présumé, mais catégoriquement d’un violeur, sans autre procès), certains  journaux – qui ne disent pas qu’il aurait (conditionnel, mode de l’hypothèse) violé,  mais qu’il a (indicatif, mode de la certitude) violé Flavie Flament – sont aussi ceux qui, se recopiant ici aussi les uns les autres, parlent avec une pleine certitude et une complète ignorance de son pseudo-mariage avec « l’actrice Mona Kristensen ».

Or, David Hamilton n’a JAMAIS été marié à « Mona Kristensen ». Espérons que ce soit clair…

Kristensen Mona Ostergaard (pour l’appeler par son nom) fut mannequin, puis la modèle de David Hamilton (couvertures de magazines internationaux, revues, calendriers, puzzles, cartes postales…….) et joua dans le film « Bilitis » en 1977.

Kristensen Mona Ostergaard avait rencontré David Hamilton au Danemark. Mais quand?… Dans Paris Match (numéro 3524 du 3 décembre 2016) on lit au sujet de David Hamilton: « Il a d’abord eu pour compagne, un de ses modèles Mona : J’avais 39 ans, elle seulement 19. »

Au fait, David Hamilton étant né en 1933, il a eu 39 ans en 1972. Quant à Ostergaard Kristensen Mona, étant née en 1949, elle a eu 19 ans en 1968. Il y a  donc quelque chose qui cloche…

Nous savons la raison de cette déclaration (volontairement inexacte) de David Hamilton. La vérité est que la rencontre avait eu lieu (nous savons à quelle date) plusieurs années auparavant. Et certainement pas en 1972 mais – pour donner ici volontairement une fourchette large – entre 1967 et 1970. Rappelons par exemple qu’elle était en couverture du magazine Photo 48 de septembre 1971. Dans ce numéro, il lui est donné « 19 ans »: la photo devait dater de 1968.

Voyez en complément d’autres informations, et des photos rares de cette époque: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2018/05/09/young-girls-in-blossom-enclave-de-liberte-erotique-quand-a-cannes-le-seul-vrai-festival-etait-celui-du-film-erotique-les-jeunes-filles-en-fleurs-de-david-hamilton-1972/

Voir aussi : https://www.festival-cannes.com/fr/films/les-jeunes-filles-en-fleurs

Et : https://www.festival-cannes.com/fr/artiste/mona-ostergaard

Comment ne pas s’interroger quelque peu sur les raisons qui font qu’en 2017 encore, la presse française CONTINUE à raconter à ses lecteurs que David Hamilton et cette dame auraient été mariés? 

*

2. Analyse d’un entretien paru dans la grande presse espagnole en 1977.

Voici maintenant un  article et un entretien consacré par le magazine espagnol YES de juin 1977,  pages 36 à 40, à  « Mona Kristensen, la indispensable« .

Relisons cet entretien paru dans un magazine espagnol à grand tirage. Et, forcément, commençons par le chapeau.

« Bellissima, audaz, sincera, leal y talentosa, así es Mona Kristensen, heroína de « Bilitis » y mujer de David Hamilton. Ella representa un estile « a la page » y se muestra, en sus primeros escarceos cinematogràficos, como el producto más acabado del talento hamiltoniano« . (Yes, juin 1977)

Traduisons…

 « Très belle, audacieuse, sincère, loyale et talentueuse, Mona Kristensen est l’héroïne de « Bilitis » et l’épouse de David Hamilton. Elle représente un style « à la page » et se révèle, dans son premier essai cinématographique, comme le produit le plus fini du talent hamiltonien ». (Yes, juin 1977).

Dès le « chapeau » de l’article, deux erreurs.

 (1) Kristensen Mona Ostergaard n’était absolument pas l’épouse de David Hamilton;

(2) en outre, ce n’était nullement son premier « essai cinématographique » puisque les cinéphiles savent, et le journaliste de Yes aurait donc pu voire dû savoir que Kristensen Mona Ostergaard avait fait une apparition dans l’un des premiers films de David Hamilton, « Les jeunes filles en fleurs », présenté au Festival de Cannes en 1972. Après ce Festival de Cannes (projection le 17 mai 1972), et parmi 158 autres courts métrages, « Les jeunes filles en fleurs » fut  aussi projeté lors de l’édition de 1974 du MIFF (Melbourne International Film Festival), tenu du 26 mai au 10 juin de cette année-là.

Donc, à l’évidence (sauf pour le journaliste de Yes), Bilitis n’était en rien le premier film de David Hamilton, et pas davantage le premier essai cinématographique de Kristensen Mona Ostergaard.

Document (publié pour la première fois sur Internet par nos soins)  au sujet du film « Les jeunes filles en fleurs » de David Hamilton (Festival de Cannes, 17 mai 1972)

Voyez absolument les informations exclusives données par ce blog au sujet du film de David Hamilton « Les jeunes filles en fleurs« , 1972, dans cet article :

https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2018/05/09/young-girls-in-blossom-enclave-de-liberte-erotique-quand-a-cannes-le-seul-vrai-festival-etait-celui-du-film-erotique-les-jeunes-filles-en-fleurs-de-david-hamilton-1972/

*

Mais poursuivons la lecture de Yes.

Dès la première phrase, on comprenait que l’auteur n’allait pas y aller avec le dos de la cuiller pour se répandre en compliments:

« Su imaginen « nació » con Hamilton y, con el transcurrir de los años, se ha ido agigantando al di la del par del maestro« . (Yes juin 1977)

Traduction, en substance: « Son image « est née » avec Hamilton et, avec le passage des années, elle est devenue aussi grande que le maître« . (Yes juin 1977)

Etait-ce tout? Non, loin de là!

Traduction: « Mona Kristensen, une des héroïnes de « Bilitis », femme de Hamilton, beauté singulière et actrice talentueuse, est une des personnalités qui ont le plus d’avenir dans les milieux cinématographiques« .

David Hamilton était donc censé avoir pour épouse une dame avec laquelle il n’était nullement marié et par ailleurs présentée comme « l’une des personnalités qui avaient le plus d’avenir dans les milieux cinématographiques ».

Quel radieux futur artistique pourrait être le sien?

« Maintenant, avec l’aide de son mari, elle se lance dans une entreprise qui, comme on le dit dans les milieux cinématographiques, la consacrera définitivement.« 

L’entreprise en question étant le film Bilitis. Le journaliste, qui parlait de  « la possibilité que Warner Bros la lance comme superstar aux États-Unis« , avait-il vu le film?

Probablement, oui, puisque Bilitis était sorti en France le 16 mars 1977 (visa d’exploitation ici: https://www.cnc.fr/professionnels/visas-et-classification/46384  ), et l’article de Yes dans le numéro de juin.

A en croire le journaliste de Yes, le « premier film » (qui n’était pas le premier) de « Mona Kristensen » (Kristensen Mona Ostergaard) allait la « consacrer » (et être consacré par un premier film n’est certes pas à la portée de tout un chacun!) dans « les » milieux cinématographiques. Qui sait de quels milieux il s’agissait? Qui sait d’ailleurs si ces  milieux, qui allaient « consacrer » Mona Kristensen comme « superstar » aux Etats-Unis, savaient qu’elle n’était pas du tout mariée à David Hamilton?

Le journaliste de Yes, lui, l’ignorait assez visiblement puisque, en un peu plus d’une colonne de petite taille, il avait déjà insisté A TROIS REPRISES sur le fait que Mona Kristensen et David Hamilton auraient été mariés

*

Ensuite  commençait l’entretien entre le journaliste de Yes et la future « superstar » qui allait mettre l’Amérique à ses pieds. Le journaliste et Kristensen Mona Ostergaard, notons-le, se tutoient du début à la fin de l’entretien.

Il s’agissait d’un entretien de vive voix, à Paris. « Mona Kristensen » allait-elle se hâter de corriger les erreurs de ce journaliste (peut-être débutant; c’était en tout cas le numéro 1 de la revue Yes)?

*

Le journaliste posait une question dont on mesurera l’importance, en tout cas l’importance qu’il lui donnait:

« En quoi être la femme de David Hamilton vous a-t-il aidée? »

L’occasion était unique. En outre, un entretien de vive voix avec un journaliste, comme on sait, est généralement soumis à l’interviewé pour solliciter son approbation définitive de publication. Il pouvait être très simple de répondre: « Non, je ne suis pas la femme de David hamilton. Nous ne sommes pas mariés ».

Or, voici la réponse de la future superstar:

« En nada. Absolutamente en nada, puesto che además de actuar tenía que atender a David come sposa« .

Traduction: « En rien. Absolument en rien. D’autant plus que non seulement je devais réciter, mais aussi prendre soin de David en tant qu’épouse« .

Indéniablement, donc, en 1977, Mona Kristensen non seulement se présentait comme « actrice » mais aussi comme « épouse » attentionnée de David Hamilton. A son tour, au passage, elle accréditait l’idée que le film « Bilitis » fût (chose totalement fausse)  le premier de David Hamilton. Pourtant, cinq ans avant, elle avait joué dans Les Jeunes filles en fleurs. Amnésie? Quant à David Hamilton, elle l’appelait « mi esposo » (mon époux)…

 Interrogée sur un point précis, qualifiée d’épouse de David Hamilton, elle ne protestait pas, ne corrigeait pas l’erreur, mais confirmait (à plusieurs reprises) être l’épouse (attentionnée, en plus) de David Hamilton.

Pour quelle raison? Parce que le magazine Yes paraissait en Espagne? Parce que cela flattait – à cette époque – la vanité de Madame Ostergaard de se faire passer pour l’épouse de David Hamilton? Parce que cela pouvait l’aider à mener carrière?…

Dès 1976 – un an avant l’entretien avec Yes – d’autres journaux ou d’autres agences de presse la qualifiaient de « compagne » – et non pas d’épouse – de David Hamilton. L’agence Getty écrivait ainsi : « DAVID HAMILTON AND HIS COMPANION MONA IN RAMATUELLE »

SOURCE :

https://www.gettyimages.ca/detail/news-photo/david-hamilton-and-his-companion-mona-in-ramatuelle-news-photo/166487960

*

Pourquoi donc, en 1977, laisser le journaliste de Yes dans l’erreur? Ce sera ultérieurement – dans un éventuel futur article – que je poserai la question de savoir si David Hamilton et sa compagne avaient tous les deux décidé de se faire passer pour des époux. Et que j’y répondrai.

On sait que Claude François ne tenait pas à ce que son public sache qu’il était marié. David Hamilton aurait donc voulu passer pour un homme marié? Qui l’a connu (je parle de certains de ses amis proches) n’est guère de cet avis.

Jusqu’à plus ample informé, je connais beaucoup d’entretiens de David Hamilton contraires au mariage. Et d’autres où il disait clairement que lui et Kristensen Mona Ostergaard n’étaient pas mariés. Puis répétant, dans les années 1980 et suivantes, qu’ils n’avaient jamais été mariés. Jusqu’à l’article (déjà cité) de Paris Match (du 3 décembre 2016) où David Hamilton parle de son ancienne « compagne » Mona, et pas de son épouse.

Pour se limiter ici à cet entretien  de Mona Kristensen dans Yes, elle confirmait au journaliste être l’épouse de David Hamilton. Pour quelle raison? On peut faire plusieurs hypothèses. Par exemple, par jalousie et dans l’espoir d’éloigner d’autres jeunes filles? Ce qui pourrait être une explication, parmi d’autres, au fait qu’elle ait pesamment monopolisé tous les albums, les revues de photographie, les cartes postales de David Hamilton. Comme si elle avait voulu ou obtenu d’être quasiment son unique modèle.

Or, pour ne prendre qu’un seul exemple, en 1977, tandis que sortait le film Bilitis, David Hamilton photographiait déjà depuis l’année d’avant Dawn Dunlap (qui serait l’actrice de Laura les ombres de l’été, en 1979, deux toutes petites années plus tard, film sans Kristensen Mona Ostergaard – ni de près, ni de loin). Et tout l’entourage de David Hamilton était loin, très loin, en 1977, de savoir qu’il photographiait Dawn Dunlap…

*

Kristensen Mona Ostergaard – toujours dans l’entretien avec Yes de juin 1977 – ne tardait pas à revenir à ses projets de superstar. Elle espérait une année 1978 « magnifique » (y espero tener un 78 magnífico), avait selon elle reçu plusieurs offres cinématographiques et était en train d’étudier les plus tentantes (Ya he tenido vrais ofertas y estoy estudiando la más tentadoras)

Extraordinaire: « Me cuesta un poco dejar el universo di David, su mundo tan personal. Y no quiero que nadie se lance a copiarlo desafodoramente, utilizandome a mí como pretexto. Eso quiere decir que antes de firmar cualquier cosa lo pensaré todo el tiempo que quiera. » (Yes 1977)

C’était « un peu » dur pour elle de songer qu’elle pourrait (qui sait, dès la magnifique année 1978 qui s’annoncait?) quitter l’univers de David Hamilton. Et donc, avant de signer l’un des contrats qu’on lui proposait afin de devenir une superstar mondiale, elle prendrait tout son temps…

« C’est un peu dur pour moi de quitter l’univers de David, son monde personnel. Et je ne veux pas que quelqu’un se serve du meilleur de son esprit, en m’utilisant comme prétexte. Ça veut dire qu’avant de signer quoi que ce soit, j’y penserai aussi longtemps que je le veux.« 

La suite précisait ses ambitions.

« El cine, hoy dia, sólo se interesa por la verdaderas profesionales. De ellas surgen las super-stars. Y yo tengo ambiciones. Quiero triunfar, trabajar con grandes directores. » (Yes 1977)

Traduction: « Le cinéma, aujourd’hui, ne s’intéresse qu’aux vrais professionnels. D’eux proviennent les superstars. Et j’ai des ambitions. Je veux réussir, travailler avec de grands metteurs en scène. » (Yes 1977)

Suivait ce propos qui témoignait sans le vouloir d’une conception à l’opposé de celle de David Hamilton.

« Ya me he aburrido de mostrarme come una muchacha bonita. A los trece anos pensaba que eso era todo en la vida; ahora me he dado cuenta de que no es así. Creer en la belleza en si no sirve para nada, porque llega un momento en que uno non se excita con nada, sino con un vaho absurdo y narcisista. Y la vida se vuelve una cosa de locos. » (Yes 1977).

Traduction: « J’en ai déjà marre de me montrer une jolie fille. À treize ans, je pensais que c’était tout dans la vie; maintenant j’ai réalisé que ce n’est pas le cas. Croire en la beauté en soi est inutile, parce qu’il arrive un moment où vous ne pouvez plus vous émouvoir à propos de quoi que ce soit, mais seulement  d’une vapeur absurde et narcissique. Et la vie devient folle. » (Yes 1977).

A treize ans: l’âge, tiens, où Flavie Lecanu aussi raconte quelque part qu’elle rêvait de rencontrer des vedettes ou petites vedettes du show biz.

Propos qui démontrent amplement que dès 1977, la compagne de David Hamilton en « avait marre de se montrer une jolie fille ». En 1983, effectivement, six ans plus tard, Kirstensen Mona Ostergaard se mariait (et il y avait longtemps qu’elle et David Hamilton ne s’adressaient plus la parole). Tandis que David Hamilton continuerait – lui – pendant plus de vingt ans, à trouver son bonheur à photographier des filles. Tandis que David Hamilton continuerait – lui – à croire en la beauté en soi. La beauté est et doit être « inutile ». Les poètes et les artistes le savent.

La fin de l’entretien et le paragraphe de conclusion (voir plus loin) valaient leur pesant d’or, eux aussi. Le journaliste, qui avait défini Kristensen Mona Ostergaard une vingtaine de fois (en quatre pages) « épouse de David Hamilton », posait cette question d’une étonnante perspicacité: « Est-ce que cela t’ennuie, qu’on t’appelle la femme de David Hamilton?« 

La (future) superstar aurait pu répondre (encore une occasion manquée) que non, elle n’était pas l’épouse de David Hamilton. Mais pas du tout, elle s’en abstenait. Soigneusement.

« Todo gran hombre suele tener una mujer detras, e eso non constituye, en este caso, ninguna excepcion ». (Yes 1977)

« Chaque grand homme a généralement une femme derrière lui, et cela ne constitue pas, dans ce cas, une exception ». (Yes 1977)

Le journaliste concluait (dernières lignes du texte, image suivante) en disant que « Mona Kristensen » avait été « élevée, par l’appareil photographique de David Hamilton, à la perfection« .

Voici (images suivantes) la reproduction intégrale des quatre pages de Yes.

Je signale aussi qu’à ce jour, 26 janvier 2021, il est en vente ici : https://www.todocoleccion.net/coleccionismo-adultos-revistas/yes-n-1-2-epoca-1977-rosa-fummetto-johnny-halliday-julio-iglesias-mona-kristensen-bilitis~x187398497

Quelques lignes de conclusion

David Hamilton, les premières années qu’avait duré sa relation avec Kristensen Mona Ostergaard, n’avait certes pas lésiné sur les moyens de la lancer dans une carrière artistique.

Il avait publié des portraits d’elle en couverture de Twen, de Vogue, de Photo et de dizaines d’autres magazines. Il avait rempli de photos d’elle les pages intérieures de tous les plus grands magazines, par exemple en Allemagne Konkret.

Les photos de Kristensen Mona Ostergaard surabondent dans tous les albums – surtout les premiers – de David Hamilton, dans les revues, dans les revues « de charme », dans les revues de cinéma, et ne parlons pas des cartes postales (éditions Agep), des puzzles, des calendriers… Il y avait là-dedans une répétitivité fastidieuse.

Or, David Hamilton ne pouvait pas l’ignorer et ne l’ignorait pas. Il signalait déjà, dans un entretien paru dans la presse dans les années 1970, que sa compagne Kristensen Mona Ostergaard était littéralement obsédée par l’idée qu’il la fasse jouer dans un film, pour la lancer dans la carrière cinématographique. Ce qui est (amplement!) confirmé ici par l’entretien que l’on vient de lire pour le magazine espagnol Yes de juin 1977. On a pu mesurer la volonté d’arriver au sommet, sinon la modestie, de la superstar.

Au milieu des années 1970, qui sait à quels excès sa jalousie à l’encontre d’autres modèles a porté Kristensen Mona Ostergaard? Mais enfin, a-t-on envie de dire, enfin! enfin! enfin! Après son rôle (insignifiant, en vérité) dans Bilitis, Kristensen Mona Ostergaard laissa définitivement place à d’autres modèles.

Et ce furent Dawn Dunlap, Monika Broeke, Anja Schüte, Mina Shaw, Ester et Joan et toutes les actrices d’Un été à Saint-Tropez, pour n’en citer que quelques-unes. Ce fut la dernière grande époque de sa vraie splendeur artistique. Il y eut alors en David Hamilton comme une libération. Un soulagement. Car enfin, il put photographier en toute liberté d’autres filles que la (désormais trentenaire) aspirante superstar.

Bilitis date de 1977. Comme je l’ai dit sur ce blog (à lire absolument: https://defensededavidhamiltonblog.wordpress.com/2019/01/10/curiosite-qui-etait-la-jeune-fille-sur-laffiche-de-bilitis-certainement-pas-patti-darbanville/    ), l’affiche du film datait de 1973.

Quelques petites années encore et, en 1983, David Hamilton hilare photographiait une Kristensen Mona Ostergaard fort vieillie en train de se marier à Saint-Tropez avec un milliardaire américain. Regardez cette photo et cela devrait suffire, je la trouve symbolique: https://www.gettyimages.fr/detail/photo-d’actualit%C3%A9/le-photographe-david-hamilton-lors-du-mariage-de-photo-dactualit%C3%A9/954610362

Il y avait longtemps, très longtemps que David Hamilton avait changé de « muse ». Très longtemps aussi que, dès 1980, que David Hamilton avait changé de ton quand il parlait de son ex-« muse » (par exemple dans des entretiens au magazine Photo, quand il notait l’absence totale de talent qui était celle, selon lui, de Kristensen Mona Ostergaard, en photographie).

L’année 1978, cinématographiquement parlant, n’a laissé le souvenir d’aucun film de « Mona Kristensen ». Les années suivantes, de 1978 à 2021, pas davantage. Ou pas encore. Car peut-être est-elle encore occupée à lire les innombrables projets sous lesquels elle semblait – selon ses propos à Yes – crouler, et qu’elle voulait prendre tout son temps pour étudier. Elle a tenu parole. Quarante ans ont passé, et cette étude certainement fort difficile doit se poursuivre, aujourd’hui encore.

En décembre 2016, enfin, lors des funérailles de David Hamilton, l’ancienne « épouse attentionnée » (Yes, 1977) Kristensen Mona Ostergaard, l’étoile, la « superstar » du cinéma qui avait rêvé tout haut de mettre les Etats-Unis à ses pieds, et était quand même parvenue à en convaincre en 1977 un brillant journaliste d’ailleurs anonyme de Yes, ne brillait quant à elle que par une seule chose: son absence.

Mais tout allait bien, d’une certaine façon. Car la superstar, qui trouvait jadis inutile la beauté en soi (Yes, 1977)  était devenue  définitivement propriétaire depuis le 26 novembre 2016, au lendemain de la mort de David Hamilton, des anciens appartements de David Hamilton dans une maison de Ramatuelle, ainsi que l’indiquent les documents du cadastre (documents disponibles, sur simple demande de qui que ce soit, à la mairie de la ville de Ramatuelle).

La superstar, son époux milliardaire et tous leurs amis bling bling de la jet set newyorkaise, ainsi que certaines autres ex-muses de David Hamilton, et tant de ses amis présumés, allaient commencer par laisser son cadavre trois semaines à la morgue pour, ensuite, ne pas assister à ses funérailles.

En Allemagne, seule Anja Schüte aurait l’immense courage de défendre publiquement David Hamilton. Et, en France, l’écrivain suisse Roland Jaccard. Les gens courageux et fidèles sont rares.

Sic transit gloria mundi

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