Le très peu d’intelligence et de beauté qui reste dans un monde de crétins

Il y a quelques petites consolations à la vie. Elles ne sont pas nombreuses. L’une des principales est sans doute la musique.

Eric Clapton, Stand and Deliver.

Quand vous écoutez le pianiste juif – si peu connu aujourd’hui – Benno Moiseiwitsch, par exemple la Fantaisie de l’opus 17 de Schumann (enregistrement à Londres, 20 juillet 1953), vous entendez la voix des anges sur la terre.

Aujourd’hui que le rock a perdu le peu de puissance révolutionnaire qu’il avait – si rarement – autrefois (aujourd’hui, les rockers qui jouaient jadis aux transgressifs présentent le Téléthon ou parrainent des campagnes pour le port de la capote anglaise ou pour le vaccin anti-coronavirus…), il arrive de pouvoir entendre une chanson encore chargée de l’énergie des années 1970 ou 1980.

C’est le cas de Stand and Deliver, chanson de Van Morrison et Eric Clapton. Deux des plus grandes rockstars et qui, bien que rockstars, ne sont pas de petits esclaves minables serviles du politiquement correct et de la propagande. Voici donc leur chanson anti-lockdown.

Roland Jaccard et Michel Foucault

Vous pouvez aussi lire Roland Jaccard. Je sens bien que Roland est comme moi. Il fatigue. Son article tout récent sur Michel Foucault est à lire (ici : https://leblogderolandjaccard.com/2021/05/27/michel-foucault-dans-la-vallee-de-la-mort/)

J’aime ce passage : « J’aimerais que tout le monde vous voie comme une personne. » « Mais je ne suis pas une personne », répondit Foucault sèchement. « Très bien, alors comme un être humain ! » « C’est pire encore ! » dit encore Foucault en éclatant de rire. (Roland Jaccard).

Roland Jaccard, 2020

Max Stolzenberg

Par ailleurs, le photographe Max Stolzenberg – ami de David Hamilton, qu’il a encore croisé quelques semaines avant sa mort – vient de publier sur son site un poème de moi.

C’est ici : https://maxstolzenberg.com/2021/05/25/summer-vibes/

J’aime particulièrement la photo « OLD WOOD » de Max Stolzenberg : https://maxstolzenberg.com/2021/05/25/summer-vibes/

Magazine ouest-allemand Konkret (1972), à l’époque où David Hamilton y collaborait.

Mon poème est celui-ci.

Les amours ont vieilli et les amis sont morts,
Trop nombreux les amours où manqua tout amour
Mais voilà que surgit au fond de ma mémoire
L’image des sommeils au temps de mon enfance,
Le reste ne fut rien, dans les bras de ma mère.
Et défilent mes morts au revers des nuages
Et se posent sur moi les yeux irrésistibles
Et de larmes noyés en un pacte échangé.
C’est les yeux de mon chien, c’est les yeux de mes maîtres,
La nuit était profonde et lourd le conformisme
Et j’ai feint de trahir pour ne jamais trahir.
J’entends encor sonner le concert du triangle
Et c’est l’odeur des foins, l’acier brille au soleil,
C’est les yeux des enfants morts à l’âge de l’ange.
Que m’absolvent mes morts, que le ciel pleure en pluie,
Que les instants d’antan au bel arc-en-ciel brillent.
L’enfance se fait proche, j’en reviens au principe.
Il sera toujours bref, le temps des jupes courtes.
Je voudrais pas crever avant l’été prochain.

Le site de Max Stolzenberg.
L’extraordinaire joie de vivre des années 1970, époque où il restait un peu de beauté et de liberté. Ici, couverture d’un magazine ouest-allemand (1976). Les canons de la beauté ont beaucoup changé, depuis…
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