Qui a visionné (ou pas) les dernières images de l’immeuble de David Hamilton?

Photographie prise à Paris en février 2020. Collection personnelle du blog.

La surveillance d’un lieu est l’action ou le fait de surveiller une personne dont on a la responsabilité, ou à laquelle on s’intéresse. C’est la première définition qui vient à l’esprit. Pour un établissement scolaire, ainsi, c’est l’action de veiller à la discipline des élèves pendant les heures de cours. Ici, en revanche, nous voyons la photographie (prise en février 2020 à Paris) d’un immeuble protégé par deux portes vitrées (munies de mot de passe). La photo en question a été prise à l’intérieur de l’immeuble. Une action de surveillance, à l’évidence, d’un lieu et (suppose-t-on) de ses environs, pour se prémunir contre une agression possible. On ne peut qu’applaudir.

David Hamilton au temps de sa célébrité. Célébrité dont le syndic de l’immeuble avait dû entendre parler.

Pour autant que nous sachions, l’usage de la vidéosurveillance dans des immeubles privés a des règles et obéit à des lois. L’utilisation de ce dispositif destiné à prévenir les infractions est connue. Le nombre des personnes qui ont ensuite le droit de visionner les images est limité et ce qui a ainsi été enregisitré ne peut pas être conservé indéfiniment. Bref, la captation d’images dans un immeuble privé nécessite le vote préalable des copropriétaires.

Autographe de David Hamilton. Collection personnelle.

Il faut donc croire que dans l’immeuble que voici (notre photo), dans le quartier de Montparnasse à Paris, les copropriétaires avaient donné leur accord. Si une caméra avait été placée dans un hall dont l’entrée n’eût pas été régulée par un digicode ou un interphone, une autorisation préfectorale aurait été nécessaire. Ici, boulevard du Montparnasse, les deux portes sont munies de digicode. Et conformément aux règlements, un panneau d’information avait été installé dans l’immeuble. C’est la loi.

Couverture (1962) du magazine « Queen », de Londres, directeur artistique : David Hamilton.

Qui est autorisé à visionner les images de ce genre? Réponse: le syndic, lequel gère l’immeuble par délégation. Ainsi que le président du conseil syndical, qui représente quant à lui les copropriétaires. Il faut qu’une circonstance « faisant redouter la commission imminente d’une atteinte grave aux biens ou aux personnes » apparaisse pour que les images puissent être transmises à la police.

Couverture (1962) du magazine « Queen », de Londres, directeur artistique : David Hamilton.

D’où la question: dans le cas qui nous occupe, où un vieillard de 83 ans était la cible d’une campagne nationale de presse (télévision, radio, presse écrite), et recevait des menaces de mort (en particulier sur Internet), est-ce que le syndic et le président du conseil syndical ont jugé bon de visionner, ou de faire visionner – et par qui? – les images du jour, 25 novembre 2016, où le vieux monsieur en question, artiste jadis mondialement célèbre, a été retrouvé « suicidé » ?

Couverture (1962) du magazine « Queen », de Londres, directeur artistique : David Hamilton.

Mais si le syndic et le président du conseil syndical n’ont pas agi en ce sens, les autorités policières ou judiciaires avaient de leur propre initiative la possibilité de demander les images pour identifier les auteurs d’un éventuel crime ou délit commis dans l’immeuble.

Pages intérieures (1962) du magazine « Queen », de Londres, directeur artistique : David Hamilton.

La police et la justice, le 25 novembre 2016, ont-elles demandé à visionner, et visionné les images du 41 boulevard du Montparnasse? Et que sont devenues ces images (dont la durée maximale de conservation est, officiellement, d’un seul mois)?

Couverture (1962) du magazine « Queen », de Londres, directeur artistique : David Hamilton.

Visionner des images ne s’imposait-il pas dans le cas de David Hamilton, puisque c’est de lui qu’il s’agit?…

On apprend ici (https://www.cnil.fr/fr/la-videosurveillance-videoprotection-dans-les-immeubles-dhabitation ) que : « Seuls le syndic, les membres du Conseil syndical, le gestionnaire de l’immeuble ou le gardien doivent par exemple pouvoir visualiser les images ».

Rappelons que le corps de David Hamilton aurait été trouvé – selon la presse – par le gardien de l’immeuble en question. Gardien d’immeuble qui, si l’on comprend bien ce qui est ici écrit sur le site de la CNIL, avait également accès aux images.

A lire aussi : https://www.cnil.fr/fr/reglement-europeen-protection-donnees

*

La mort de David Hamilton, surtout depuis que mon ami Roland Jaccard est mort, n’intéresse plus personne.

Roland qui écrivait dans Causeur, le magazine d’Elisabeth LEVY :

« J’aimais bien David Hamilton de quelques années mon aîné, que je croisais parfois boulevard Montparnasse. Ses photos avaient bercé mon adolescence. Et personne n’y voyait rien d’obscène. Les plus grands artistes avaient travaillé avec lui et même Alain Robbe-Grillet avait signé un livre : Rêves de jeunes filles avec Hamilton dont la notoriété s’étendait au monde entier. Il y régnait un érotisme doux, presque chaste, qui n’offusquait personne. Ses films, en revanche, passaient inaperçus : le photographe avait éclipsé le cinéaste dont on retiendra néanmoins Laura ou les ombres de l’été avec Dawn Dunlap actrice à laquelle Olivier Mathieu a rendu un bel hommage dans Le Portrait de Dawn Dunlap. » (Roland Jaccard, Causeur, 2018)

Source :

https://www.causeur.fr/david-hamilton-flavie-flament-philosophie-149372

Sur le site d’un éditeur parisien, du vivant de Roland Jaccard, il y avait un article de moi. Une fois Roland mort, mon article a disparu. Encore un rebelle…

Quant aux « amateurs » de David Hamilton, ils veulent bien rendre visite à ce blog (c’est gratuit), y trouver des informations qui ne se trouvent nulle part ailleurs, et se rincer l’oeil. Ils veulent bien, aussi, que je leur offre des livres.

Quand il s’agit d’avoir l’amabilité d’accuser réception d’une lettre ou d’un livre de moi, ou – idée encore plus saugrenue – d’acheter un livre, ou de m’apporter un rien d’aide, curieusement il n’y a plus personne…

La vie est tellement amusante…

Couverture (1962) du magazine « Queen », de Londres, directeur artistique : David Hamilton.

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