David Hamilton, un homme prodigieusement dangereux pour le monde moderne

Elevé que j’ai été dans la musique classique et la passion de l’art lyrique, je ne puis être suspecté d’être un amateur fanatique de Michael Jackson, dont même l’apparence physique me donne (à vrai dire) envie tantôt de rire, tantôt de pleurer de pitié, tantôt de rendre. Je ne vois dans ce monsieur qu’un malheureux pantin, un clown minuscule, un pauvre type.  Une « idole » du monde moderne – je parle ici de l’ensemble des « vedettes » internationales de rock and roll et autres immondices pseudo-« artistiques ». Des gens qui, dénués des moindres connaissances musicales et du moindre talent, chanteurs sans voix, auteurs de textes nullissimes et / ou de musiquettes insipides, deviennent milliardaires parce qu’ils sont extrêmement utiles, ou plus exactement même indispensables au Système pour canaliser les mauvais goûts du grand public. Pour souligner la décadence intellectuelle, esthétique et spirituelle de la génération précédente et pour se préparer à reproduire et à augmenter la décadence intellectuelle, esthétique et spirituelle de la prochaine. Tout Etat a intérêt à ce que la Jeunesse passe et perde son temps dans les stades de fouteballe. Et dans les « concerts » où des braillards se donnent en spectacle, cassent littéralement les oreilles de leurs auditeurs extasiés, et leur remplissent le cerveau d’une bouillabaise sonore d’une parfaite, totale, consternante nullité. Les amateurs de fouteballe et de rock and roll ne feront jamais la moindre révolution réelle. C’est là une certitude. L’Etat le sait et s’en réjouit. Tout au plus, ces gens suivront les chemins tout tracés de la « rébellion » autorisée, conseillée et quasiment obligatoire. Les hommes modernes « danseront » sur toute cette horreur, avec une lourdeur très éloignée de la grâce de ces hommes injustement vilipendés que l’on appelle « préhistoriques » et, au bout de quelques années, avec leurs très jolies oeillères où il est écrit « Freedom », ils finiront mariés, larbins serviles du tripalium et excellents contribuables.

N’écoutant jamais la radio et encore moins les borborygmes des Jackson et compagnie, il m’importe fort peu que des radios retirent  les (j’ouvre les guillemets) « chansons » (je ferme les guillemets)  de ce dernier. J’entends que dans une société à peu près normale, et sur une planète normale, toute cette ignominie devrait passer directement à la poubelle. C’est ce qui adviendrait, du moins, si l’humanité avait un sursaut incroyable de bon goût et désirait se dépolluer les oreilles et le cerveau. Alors, à la radio, on entendrait par exemple Clara Haskil, Maria Judina, Maria Grinberg, Horowitz, Richter, Kempff…  Cela n’adviendra pas, évidemment!

Cela dit, je ne comprends pas les raisons pour lesquelles il faudrait déprogrammer les chansonnettes débiles de Jackson, plutôt que 99 % de celles qui ont été publiées et diffusées depuis 70 ans environ par ses collègues « artistes ».

Jackson était-il pédophile? Ne l’était-il pas? J’ai mon opinion à ce sujet, et je la garde pour moi. De toute façon, il s’agit d’un mort. Il m’intéresse fort peu de savoir si tel écrivain, tel photographe, et encore moins tel « chanteur » (ou présumé tel) ont été pédophiles ou pas. Ce qui m’intéresse, moi, est de savoir si les oeuvres qu’ils ont laissées sont des oeuvres de valeur, ou pas. François Villon fut un assassin et ce fut un immense poète. J’aime et j’aimerai toujours l’oeuvre de Villon. En revanche, si l’oeuvre de poétereaux – assassins ou pas – m’est indifférente, c’est qu’il s’agit de poétereaux. La biographie des grands peintres, des grands écrivains, des vrais grands artistes m’intéresse très relativement. Je ne suis ni flic, ni juge, ni censeur, ni curé, ni journaleux.  Je me refuse à juger Jackson sur des accusations (proférées en outre après sa mort) de « pédophilie ». Personnellement, je le juge simplement à l’aune de sa nullité artistique. Une nullité ni inférieure, ni supérieure à celle de 99 % de la sur-merde et sous-culture occidentale moderne et contemporaine.

Je m’étonne quand je lis, dans la presse, ces propos d’une dame : « Nous sommes attentifs aux commentaires de nos auditeurs, et le documentaire diffusé dimanche soir a suscité des réactions », a déclaré en effet une certaine Christine Dicaire, porte-parole d’un groupe de télécommunications et audiovisuel québécois. « Nous préférons réagir à la situation en retirant les chansons des ondes de nos stations pour le moment », a-t-elle ajouté.

Oui, voilà qui m’étonne. Il m’étonne que des « commentaires » d’auditeurs puissent suffire à interdire la diffusion de chansons, fussent-elles d’une vulgarité ou d’une crétinerie infinies. Combien de commentaires faudrait-il que j’adresse aux radios ou aux télés en les priant de ne plus diffuser Madonna ou Elvis Presley, mais Dietrich Fischer Dieskau? Combien de commentaires faudrait-il que j’adresse aux radios ou aux télés en les priant de ne plus diffuser Bilal Hassani, mais Beniamino Gigli? Combien de commentaires faudrait-il que j’adresse aux radios ou aux télés en les priant de ne plus diffuser du rap, mais Samson François?

Par ailleurs, faut-il donc croire qu’il n’y a eu personne, en France, pour protester auprès des radios et des téloches contre la campagne de haine dont a été victime David Hamilton à la fin de 2016? Ou alors, ces radios et ces téloches ont-elles soigneusement évité de donner le moindre écho à de telles protestations?

Il serait – telle est mon opinion – souhaitable que l’école, les radios et les télés donnent un enseignement musical à la jeunesse (je parle de musique, pas d’ordureries), que les jeunes générations soient éduquées dans la beauté, par la beauté, pour la beauté. Voilà des principes qui n’ont pas été mis souvent en oeuvre au cours de l’Histoire et, en tout cas, pas depuis très longtemps. L’Union soviétique – pour ne prendre que cet exemple – avait des écoles de musique et produisait des musiciens extraordinaires. Comment ne pas songer, ici, à l’anecdote de Staline en larmes après avoir écouté un concerto de Mozart joué par la sublime pianiste juive Maria Judina?… Il est évidemment nettement plus simple de fabriquer des Michael Jackson et autres histrions de rock. La vedette de rock ne sachant pas chanter, cela ouvre des perspectives – égalitaires comme il convient – à des milliards de médiocres qui ne savent pas chanter non plus, gratteront à quinze ans trois accords (trois, pour les plus doués d’entre eux) sur une guitare et, un tout petit peu plus tard, se contenteront de professions banales et d’une existence à jamais anonyme. Pour supporter leur esclavage démocratique, ils auront cependant le droit de faire des selfies, ou de révéler au monde sur Twitter leur absence de pensée à des milliards d’autres internautes décérébrés, bref de se sentir et croire « heureux » en chantant sous leur douche les « tubes » des vedettes milliardaires. Pour atteindre un tel but, on saisira la nécessité impérieuse qu’il existe quelques abrutis milliardaires qui, à force d’être sous les feux de la rampe, finissent même peut-être pour certains d’entre eux par se prendre pour des artistes ou des intellos.

Pour en revenir à Jackson, un documentaire (« Leaving Neverland ») a été diffusé sur une chaîne américaine (HBO). Dans ce film (durée : quatre heures), deux hommes « témoignent », lit-on dans la presse. Comme d’habitude. La presse, comme d’hab, ne sait pas écrire.  Deux hommes ne « témoignent » pas. Ils affirment, unilatéralement, avoir subi des abus sexuels de la part de Jackson, à une époque où ils étaient mineurs.

En France, on en est désormais à l’indignation anticipée. Le « documentaire » sur Jackson n’a pas encore été diffusé. Il devrait l’être le 21 mars 2019 (sur la chaîne M6).  Mais certains téléspectateurs se seraient d’ores et déjà « indignés » de son contenu auprès du CSA (Conseil supérieur de l’audiovisuel).

C’est quasiment drôle, cette société française! Une société qui ne s’indigne nullement si un pitre comme Jackson (et des milliers d’autres du même genre) leur déverse pendant des décennies (avec la complicité criminelles – crimes contre l’esprit – des maisons de disques, des radios, des télés…) des nullités cacophoniques « chantées » (sic) en Anglais (ou franglais globish). Non, là, ça « n’indigne » personne en France, pays où l’on a de toute évidence l’indignation sélective.

La France, comme toute l’Europe, comme le monde entier, ne « s’indignent » nullement du fait que le rock and roll ait été une vaste opération de propagande et de décervèlement, programmée après la seconde guerre mondiale, pour anesthésier et lobotomiser l’humanité tout au long de dizaines de générations  (lisez par exemple l’excellent Se distraire à en mourir, de Neil Postman, préface de Michel Rocard, éditions Nova).

Non, la France « s’indigne » d’allégations qui, vraies ou fausses, sont faites après la mort de Michael Jackson. Elle s’indigne là où on lui dit de s’indigner, dès lors que ces allégations touchent aux tabous du moment.

Il ne s’agit pas, ici, d’effectuer un parallele entre Michael Jackson et David Hamilton. Parce qu’un tel parallèle ne tient tout simplement pas la route. David Hamilton n’a jamais été condamné à quoi que ce soit. Il n’a jamais versé des millions de dollars à qui que ce soit (comme Jackson, tout au contraire, en a versé à des familles d’enfants).

La chaîne française M6 a prévu non seulement de « déconseiller le programme aux moins de 12 ans » lors de sa diffusion, elle aurait également l’intention de « rééquilibrer » ce « documentaire » sur Jackson (qui donne si longuement la parole aux victimes présumées). L’émission sera paraît-il suivie d’un « débat ».

Voilà des précautions – fort utiles, en effet – que personne n’a prises quand il s’est agi de David Hamilton. Sur David Hamilton, pas le moindre « débat ». Juste le déversement unilatéral, du matin au soir, jusqu’à la nausée, des allégations portées contre lui. Au bonheur des sycophantes, la conspiration et la consolation des ex-miss reconverties en concierges des moeurs.

Dans le cas de Michaël Jackson, des téléspectateurs « s’indignent » AVANT la diffusion d’une émission. Dans le cas de David Hamilton, combien de Français ont-ils écrit pour protester, auprès de ce même CSA, APRES les insultes ignominieuses (voire homophobes) proférées par un histrion  contre David Hamilton?

Combien de personnes ont-elles défendu David Hamilton auprès du CSA?… Zéro? Ou alors, ces protestations ont-elles été soigneusemengt passées sous silence?…

Des Français « s’indignent » avant une émission sur Jackson, mais pas le moins du monde après une, dix ou cent émissions qui ont été autant de lynchages médiatiques abjects et répugnants contre David Hamilton.

Quelle chaîne française a songé à « rééquilibrer » les diverses émissions où des bouffons ont déversé leur fiel à l’encontre de David Hamilton, 83 ans, qui pourtant avait droit à la présomption d’innocence, qui pourtant n’avait jamais été condamné à quoi que ce soit et à qui personne, de son vivant, n’a jamais donné la parole pour s’exprimer et se défendre d’une campagne – massivement orchestrée  – d’une haine démentielle à son égard?

David Hamilton, de son vivant, n’avait pas d’avocats. Faut du pognon, pour avoir des avocats!… Michael Jackson, lui, dans un monde fait pour les guignols comme lui, du pognon, il en avait…

Il y avait fort longtemps que fort peu de gens achetaient encore des albums de David Hamilton. Les maisons de disques de Jackson continuent en revanche à empocher des dizaines ou des centaines de millions de dollars en diffusant chansons, images et vidéos d’une laideur absolument émétique.

Que de différences entre Michael Jackson et David Hamilton!…  Préférant de toute façon les jeunes filles pubères et nubiles (l’âge nubile fut longtemps celui autorisant le mariage, 15 ans chez la femme française, 18 ans chez l’homme, cf. Code civil, article 144; mais depuis le 4 avril 2006, l’article 114 du Code civil a porté de 15 à 18 ans l’âge minimum légal pour le mariage des jeunes filles…), David Hamilton n’invitait certes pas de tout petits garçons autour de lui, comme le faisait Jackson. Apparemment content de la couleur de sa peau et de son apparence physique, David Hamilton n’avait pas non plus recours au chirurgien esthétique.

David Hamilton éduquait à la beauté. Il engageait et conduisait non pas à la laideur, mais à la beauté. Son succès ne pouvait certes être que très momentané.

David Hamilton, voilà un homme qui était de ce fait profondément dangereux pour le monde moderne.

Le monde moderne le lui a fait payer.

 

 

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Le 8 mars, notre journée des jeunes filles de David Hamilton

Mars, mois du printemps et de l’innocence, de la pureté, de la beauté des jeunes filles hamiltoniennes

Dès la semaine du mercredi 8 mars au mercredi 16 mars 1977 – on parlait beaucoup dans la presse française du film Bilitis, de David Hamilton, qui sortit (juste une semaine après le 8 mars) afin de rendre hommage au poète Pierre Louÿs et, plus en général, à l’innocence, à la pureté, à la beauté des jeunes filles hamiltoniennes. Bilitis apparut sur les écrans le 16 mars 1977, une semaine avant le printemps.

Le printemps, la saison david-hamiltonienne par excellence.

Un an plus tard, d’ailleurs, j’ai dansé mon premier slow le 8 mars 1978, comme je l’ai récemment écrit dans mon livre (532 pages) Je crie à toutes filles mercis, détail qui a frappé l’imagination de Roland Jaccard dans le bel article qu’il vient de publier dans le Service littéraire (n° 126, mars 2019).

« Ce qu’il en reste, ce sont les premiers slows, le 8 mars 1978, avec Véronique et Corinne. « Les instants essentiels de ma vie sentimentale ont duré cinq minutes. Ce sont ces cinq minutes-là que j’appelle ma vie », écrit encore Olivier Mathieu. Belle conclusion pour une suite de rendez-vous manqués. Mais ne le sont-ils pas tous ? »

(Extrait de : Roland Jaccard, https://leblogderolandjaccard.com/2018/11/12/olivier-mathieu-dit-merci-a-toutes-les-filles/)

Service littéraire n° 126 (mars 2019)

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David Hamilton, le grand amoureux de la Beauté – et le visage plein d’amour de ses jeunes filles (2)

David Hamilton, le grand amoureux de la Beauté – et le visage plein d’amour de ses jeunes filles (2)

Jeune fille au regard plein d’amour regardant David Hamilton, le grand Poète de la Beauté. Allemagne, aux environs de 1970.

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David Hamilton et l’Allemagne

David Hamilton (revue allemande « Konkret », années 1970)

KONKRET / DAVID HAMILTON

 

David Hamilton en Allemagne en 2007 :

http://l-tv.de/mediathek/video/449.html

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David Hamilton, le grand amoureux de la Beauté – et le visage plein d’amour de ses jeunes filles (1)

David Hamilton, le grand amoureux de la Beauté – et le visage plein d’amour de ses jeunes filles (1)

Nous dirons, dans les prochains articles, d’où est extraite cette photo.

Une jeune fille regardant David Hamilton. Allemagne, 1970 environ.

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Si nos modernes Lysistrata, Cléonice, Myrrhinè et Lampito la mettaient un peu en veilleuse…

Depuis au moins une dizaine d’années, de très nombreuses femmes appartenant au show biz (ou à des familles qui appartiennent au show biz) ne manquent pas de tirer, des viols dont elles affirment avoir été victimes, des livres ou des films. On ne doit pas généraliser mais on peut au moins dire que le fait d’être célèbres, ou apparentées à des gens célèbres, contribue sans doute à les aider à publier leurs « témoignages ». Je n’ai en tout cas pas connaissance – malheureusement – de femmes anonymes qui, après avoir affirmé avoir été violées, aient eu accès à l’édition, aux plateaux de téloche, ou à la presse pipole.

Ces jours derniers (mars 2019), la presse revient largement sur le viol dont Cynthia Sardou, fille d’un chanteur de variétés, a fait le récit dans d’innombrables interviews et émissions, et aussi dans pas moins de 3 (trois) ouvrages : Appelez-moi Li Lou aux Editions du Rocher, puis en 2008 Faut-il que je sois encore violée ?, et enfin (en 2014) Une vie à reconstruire. Une reconstruction qui l’a poussée à s’engager en politique (Sarkozy, alors ministre de l’Intérieur, l’a nommée dès 2005 « membre de la délégation aux victimes », une chose qu’il venait de créer). Après Cynthia Sardou « membre de la délégation aux victimes », on aurait Flavie Flament, « spécialiste du viol » selon Laurence Rossignol.

On trouve dans les gazettes quelques informations au sujet de ce viol collectif. Dans la nuit du 24 au 25 décembre 1999, on lit – en substance – que Cynthia Sardou a été enlevée par trois hommes qui l’ont violée avant de la relâcher dans un terrain vague en banlieue parisienne.

Où a-t-elle été agressée? Dans une lettre ouverte, elle a elle-même écrit : « La nuit de Noël 99, je rejoignais ma voiture devant chez moi, quand j’ai senti des bras qui m’agrippaient dans le noir ».

Selon certains journaux, en revanche, c’est devant les bureaux de Canal+ qu’elle a été agressée: « La nuit du 24 au 25 décembre 1999, alors qu’elle est âgée de 26 ans, la jeune femme quitte les bureaux de Canal +, où elle travaille comme journaliste. Soudain trois hommes l’agressent dans l’obscurité. La suite est cauchemardesque. Ils vont l’enlever et la violer pendant plusieurs heures, avant de la laisser seule sur un terrain vague de banlieue parisienne ».

Il suffirait de se mettre d’accord sur le lieu. Il suffirait aussi de se mettre d’accord sur la durée du viol. Selon beaucoup d’organes de presse, le triple viol aurait duré « toute la nuit ».

« Le soir de ce terrifiant réveillon, Cynthia quitte les locaux de la chaîne i’Télé, où elle est reporter. C’est alors que trois voyous qui l’ont suivie, la saisissent, la séquestrent et abusent d’elle durant toute la nuit. Relâchée au petit matin par ses tortionnaires », etc, etc, etc. (https://www.francedimanche.fr/actualites/michel-sardou-reconciliation-autour-du-drame-de-cynthia)

Pourtant, un certain Jean-Yves Camus affirme, pour sa part : « Cette même nuit, vers 1 heure du matin, le producteur reçoit en effet un appel angoissé d’Anne-Marie Sardou. «Michel est parti comme un fou en voiture, lui explique-t-elle. Sa fille l’a appelé, elle était en pleine campagne du côté de Pontoise, elle a été violée. » (  https://www.francedimanche.fr/actualites/michel-sardou-il-a-risque-sa-vie-pour-sauver-sa-fille  )

M foi, si la famille était donc avertie dès une heure du matin, il est douteux que Cynthia ait été « relâchée au petit matin ».

*

« Cynthia Sardou a par ailleurs raconté son histoire terrible dans un livre-déballage sur les vérités du monde du show bizz et le drame personnel qu’elle a subi », lit-on ici (http://gu66.e-monsite.com/pages/social-societe/protegeons-nos-enfants.html)

Ouvrons ce « livre-déballage »:

« J’ai consenti. Pour survivre… Je me suis déshabillée et pendant deux heures, à tour de rôle, ils ont abusé de moi. Ils m’ont fait la haine. Je passe sur les baisers fétides, les fellations immondes, les caresses pires que des morsures. Je passe sur les odeurs âcres, les gestes de bouchers, les pénétrations comme des coups de poignard, assorties de paroles dégradantes ».

Il est d’autres choses qu’il convient (du moins dans l’optique de ce blog) de souligner.

« Les trois individus, des récidivistes, seront retrouvés, arrêtés et inculpés », affirme la presse.

Ce qui  semble extrêmement curieux est que, sur Internet, il semble rigoureusement impossible de savoir le nom des ces trois « individus », « récidivistes » présumés, qui ont pourtant été « arrêtés et inculpés ».

Et à ce point, une première question. Comment est-il possible qu’en France, aujourd’hui, un homme de 83 ans qui s’appelait David Hamilton, artiste mondialement respecté, et qui n’avait jamais été condamné à rien, ait vu son nom largement jeté dans la presse et sur les « réseaux sociaux », tandis que les trois « individus récidivistes, arrêtés et inculpés », condamnés pour le viol de Cynthia Sardou, ont réussi à obtenir que la presse se garde de citer leurs noms?…

Pourquoi David Hamilton a-t-il été privé de son droit à la présomption d’innocence, tandis que des gens qui ont été condamnés pour avoir violé Cynthia Sardou ne sont-ils nommement désignés nulle part?  N’y a-t-il pas là matière à se poser des questions sur ce « deux poids et deux mesures »? Admettons que l’on n’indique pas les noms des agresseurs de Cynthia Sardou. Mais pourquoi, alors, avoir indiqué celui de David Hamilton?

A propos, Cynthia Sardou a-t-elle été agressée fortuitement? Ou alors, ses agresseurs savaient-ils à qui ils s’en prenaient? Par quel tribunal ont-il été jugés et condamnés? A quelle peine précise ont-il été condamnés? Qu’ont-ils dit pour leur défense? Quels étaient leurs avocats? Sur tout cela, mystère et boule de gomme…

Selon la presse, ils auraient été condamnés à 10, 13 et 15 ans de prison ferme. On aimerait savoir pour quel motif ces trois personnes, accusées suppose-t-on de la même chose (un viol collectif), ont été condamnées à des peines différentes: dans un cas, 10 ans, et dans un autre cas 15 ans de prison.  Quel est l’iter judiciaire qui a condamné trois individus, pour des faits remontant à 1999, à des peines de cet ordre, dont l’un a été libéré en 2002, les deux autres aux alentours de 2008?

De deux choses l’une, ou  le système judiciaire français est extrêmement laxiste, ou le récit de Cynthia Sardou n’a pas convaincu les juges et les jurés.

Je finis par apprendre que le procès aurait eu lieu en avril 2002. « Lors du procès de ses bourreaux en avril 2002, Cynthia Sardou avait découvert que deux des trois agresseurs étaient récidivistes. Condamnés à dix, treize et quinze ans de prison ferme, deux d’entre eux avaient néanmoins été libérés pour bonne conduite en 2008 ». ( https://www.parismatch.com/People/Musique/Michel-Sardou-evoque-le-drame-de-sa-vie-158985)

*

Deuxième question. On est contraint de constater, dans cette affaire Cynthia Sardou, que la vérité médiatique prend le pas sur toute vérité judiciaire. Comme dans l’affaire David Hamilton.

Si Cynthia et son père s’expriment fort largement, je n’ai lu absolument nulle part la version des accusés, ou des avocats de ces derniers. Pourtant, afin de mieux comprendre les tenants et les aboutissants de cette affaire, il aurait sans doute été très utile de donner la parole à tout le monde.

La loi sur la bonne conduite en prison existe. Qu’est-ce qui permet de la contester? Ou bien cette loi est « mauvaise », et, alors, il faut la supprimer. Mais tant qu’elle existe, et qu’on le regrette ou pas, les personnes incarcérées ont le droit d’effectuer des stages de réinsertion et d’en bénéficier.

Dans l’affaire des accusations contre David Hamilton, la parole n’a jamais été donnée au grand photographe britannique. Avec cette énorme différence, en outre, que les trois accusés, dans le cas de l’affaire Cynthia Sardou, ont été condamnés. Au contraire de David Hamilton, lequel n’a été condamné à rien.

On en vient à rêver d’une société où la justice ne serait pas rendue par les médias et par les histrions médiatiques, mais par les seuls tribunaux.

On en vient à rêver d’une société où le récit de tous les faits présumés délictueux ne serait pas exclusivement celui des victimes autoproclamées et / ou des privilégiés qui ont accès à la presse et aux plateaux de téloche.

On en vient à rêver d’une société où la justice ne pourrait pas être accusée d’être une justice de riches.

On en vient à rêver d’une société où les coupables de viols seraient punis, bien entendu, mais où seraient tout pareillement punies les fausses accusations de viols.

Dans cette société-là, on n’aurait pas pu insulter et diffamer ignominieusement David Hamilton.

Moins de rumeurs pipoles, moins de récits fantasmatiques, moins de déballements médiatiques, moins d’incohérences journalistiques, moins de sensationnalisme gratuit, moins de « libérations de la parole », moins de logorrhée, tout cela aiderait sans doute à lutter vraiment contre le viol.

 

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David Hamilton: Mädchen (Das Beste aus Playboy)

DEUTSCHE PLAYBOY SONDERAUSGABE 1 – parution aux environs de 1975 – 220 pages. En couverture, la photo du milieu (rangée du bas) est une oeuvre bien connue de David Hamilton. Je crois même que c’est la même modèle que l’on trouve, photographiée par David Hamilton, dans le magazine KONKRET (Nr. 30, 7. Dezember 1972).

Photo David Hamilton

 

 

DEUTSCHE PLAYBOY SONDERAUSGABE 4 – parution aux environs de 1980 – 194 pages. Avec des photos de plusieurs photographes, dont Gunter Sachs et David Hamilton.

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