L’Europe émasculée et le viol de l’innocence de David Hamilton

Ma thèse est très simple, c’en est ici à peine davantage qu’un bref résumé.

Le sexe ayant une potentialité révolutionnaire, quand il est vécu et pensé (songeons à L’histoire de l’érotisme de Bataille) avec hauteur, on assiste depuis plusieurs décennies à une « démocratisation » du sexe qui, davantage qu’une simple démocratisation, en est un abaissement et un aplatissement complets.

Que l’emploi du bromure dans les casernes ait été ou non un mythe, il est assez peu douteux que ce produit, ou d’autres, aient été ou soient encore employés dans l’alimentation ou que, d’une façon ou d’une autre, ils soient administrés aux populations – ou à certaines  populations. On parle de « castration chimique » pour les violeurs. On a donc évidemment, à disposition, les moyens d’opérer de telles castrations chimiques. Physiologiques. Ou mentales…

Au début des années 1980 est arrivé le Sida. Qu’il ait eu quelque chose à voir avec les « singes verts » ou avec les laboratoires américains, il a certainement eu un impact sur les comportements de beaucoup, et fait la fortune des journalistes (ou des vedettes septuagénaires ou octogénaires du rock, pauvres types, jadis paladins du sex and rock and roll) qui ont commencé leurs p’tites campagnes publicitaires pour l’emploi du condom. La baise sous plastique… Adieu Eros et Thanatos!

Se sont ajoutées, depuis quelques années, la peur de l’immigration et celle du terrorisme, qui ne sont évidemment pas forcément liées, en d’autres termes des peurs plus ou moins rationnelles et plus ou moins fondées.

La dernière « couche » a été celle de l’hypertechnologie. Dorénavant, la plupart des gens – vieux, jeunes, hommes, femmes, blancs, noirs – sont devenus des prothèses de leurs téléphones portables, qu’ils promènent en les tenant à la main et sur lesquels ils portent les yeux à chaque seconde. Les individus modernes marchent – par exemple en Italie – sur les trottoirs les yeux continuellement fixés sur leurs dispositifs portables, notamment en y tapotant des messages.

Autrefois – et encore dans les années 1970 – les gens se regardaient, se souriaient, se parlaient. Dans la rue, ils pouvaient faire des rencontres. Ils pouvaient aller vers quelque chose de nouveau. Aujourd’hui, non. Ils marchent et ne regardent pas autour d’eux. Ils restent « reliés » à leurs proches et aux gens qu’ils connaissent déjà. Internet ne les enrichit pas, mais les appauvrit. Internet appauvrit le champ des possibles – pour la plupart des individus modernes. Quand tu rencontres quelqu’un, ce quelqu’un en général semble saisi par le vif et impétueux désir de consulter l’écran de son téléphone ou de son ordinateur. La peur règne. La peur: il n’y a pas d’autre mot. Plus les jeunes générations vivront dans les jeux vidéo et dans le « virtuel », et plus ils auront peur de la réalité. Internet tue la curiosité, l’amour, le sentiment. Internet tue tout.

D’autant plus que le discours dominant, sur Internet, relaie tous les conformismes, tous les tabous, tous les mensonges, toutes les approximations. L’affaire de la mort de David Hamilton en a été un triste exemple. Un parmi tant et tant d’autres.

Le sexe est donc devenu – et dans l’avenir, il sera de plus en plus – une option toujours davantage minoritaire. Moins on rencontre de gens, moins on regarde les gens, plus on s’enferme dans le monde (je devrais dire: dans l’immonde) virtuel d’Internet, plus on se laisse esclavagiser par les lieux communs d’Internet, plus le sexe n’est plus pensé (où sont les Bataille d’aujourd’hui?), plus le sexe est fallacieusement autorisé et plus il devient en vérité une activité en voie imminente de disparition.

Le féminisme a trouvé dans la science un excellent allié: on peut venir au monde, dorénavant, en éprouvette et / ou sous forme de clone. L’homme (en tant que genre masculin) ne sert plus à rien. Le recours à la pornographie sur Internet – donc au virtuel – est toujours en expansion. Le sexe a été poussé à l’immonde et / ou au grotesque (la pornographie). « On » a dérévolutionné le sexe, puisque l’on a  tout dérévolutionné.

La démocratie, pour tout interdire, a tout permis en apparence. La contraception et l’avortement, pour commencer. La liberté absolue… officiellement. On voit donc dans les villes des touristes qui ressemblent davantage à des putains que les mérétrices de ma jeunesse. La sensualité et le sexe sont devenus – comme tout – des leurres. Cela peut encore choquer des abrutis d’extrémistes de droite et de cathos intégristes. Rien de plus. Qu’ils se rassurent : l’ordre moral est en marche, l’ordre moral est établi, les faussaires de l’ordre moral et les faussaires du progressisme se sont depuis longtemps alliés et l’ordre moral règne en Occident (je paraphrase la formule : l’ordre règne à Varsovie).

Le résultat de tout cela – de l’ensemble de tout cela – est que la société de 2017 est certainement moins sensuelle, moins sexuelle, moins transgressive que l’année 1917.

L’Europe, cancérisée par l’Occident, est un continent émasculé en train d’agoniser; elle se trouve esthétiquement, culturellement, philosophiquement, littérairement au stade terminal. Plus de sentiment, plus d’émotion, plus de beauté. Plus rien. Le résultat de presque un siècle de « droite » et de « gauche » est réellement remarquable! Un succès!

C’est une Europe émasculée où – pour reprendre en partie des termes employés par un philosophe italien du XVIIIe siècle –  les hommes ne sont plus des hommes, où les femmes ne sont plus des femmes. L’humanité de demain est en préparation, elle est souvent déjà là: et c’est une humanité de robots asexués.

C’est dans une telle optique que David Hamilton, comme tant d’autres, a été balayé par le vent nauséabond du politiquement correct.

La société moderne et contemporaine, celle de la pornographie, celle de la mode hideuse des fillettes hypersexuées, ne pouvait pas accepter tout ce qu’il y avait d’à la fois traditionnel et de révolutionnaire dans les jeunes filles de certaines époques, de certains pays, et pour finir dans l’innocence et la beauté hamiltoniennes.

Le sexe, la sensualité, l’esthétique ont été victimes de la massification et de la castration volontaires. Leur puissance révolutionnaire a été niée, annihilée, violée.

L’humanité, ivre de bromure ou d’autres produits qui ont l’effet du bromure (voir : https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9l%C3%A9tion_de_la_spermatogen%C3%A8se) sera rapidement une humanité sans sperme, ou avec un sperme toujours de plus mauvaise qualité; l’humanité toujours plus peureuse; l’humanité toujours plus manipulée; l’humanité toujours plus technologisée et esclave des tabous; l’humanité, je répète, va vers l’émasculation et la robotisation.

Une humanité de robots et d’esclaves et criant tous, d’une seule voix: « I am free ».

Qui ne s’en rend pas compte est un esclave consentant parmi des milliards d’esclaves consentants, un gogo ou un ignorant.

On est certes bien loin des charmantes utopies hamiltoniennes…

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Bilitis (25 et 26 mai 2017)

Bilitis

Patti d’Arbanville est née un 25 mai, Francis Lai un 26 mai!

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Olivier Mathieu: entretien avec Roland Jaccard au sujet de David Hamilton

  • Olivier Mathieu  – Qui est David Hamilton pour vous?
  • Roland Jaccard: – Le plus délicat des chasseurs de papillons.

Bilitis

  • O.M.: – Qu’y a-t-il d’hamiltonien en Roland Jaccard?
  • R.J. : Le goût de l’extrême jeunesse et de l’impudeur suggérée…

  • O.M.: Eventuellement, de cioranesque en Hamilton?
  • R.J. : Cioran préférait les putains aux petites garces.

  • O.M.: Qu’a-t-on vraiment reproché à David Hamilton?
  • R.J.: Un style aussi ondoyant que ses modèles…

Photo D.H.

  • O.M.: – De quoi est-il mort?
  • R.J.: – De chagrin. Comme chacun…

  • O.M.: – Les jeunes filles de David Hamilton ont-elles existé ailleurs que dans l’imagination de quelques âmes poétiques?
  • R.J.: Vraisemblablement pas.

  • O.M. – Si David Hamilton était un morceau de musique? un tableau? une sculpture? un livre? un film?
  • R.J.: Évitons les rapprochements hasardeux parce que trop évidents !

  • O.M.: – Si vous rencontriez David Hamilton, que lui diriez-vous?
  • R.J.: – Qu’il a bien fait le job !

29 Juin 1995

  • O.M.: Que croyez-vous qu’il vous dirait?
  • R.J.: – Pas la moindre idée…

18 avril 2017.

Entretien avec R.J.
Propos recueillis par O.M.

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David Hamilton, dans la « chasse aux sexes de jeunes filles », avait-il oublié sa langue?

Dans certains journaux, des femmes afffrment se souvenir, au sujet de David Hamilton…

L’une d’elles se serait « ainsi souvenue à propos de la « traque aux mouses » (à savoir, la chasse aux sexes de jeunes filles)« …

Citation textuelle de:

http://www.purepeople.com/article/david-hamilton-predateur-sexuel-flavie-flament-et-d-autres-femmes-racontent_a211706/1

Mais… David Hamilton était anglais : on devrait dire « la traque aux mice », Hamilton quant à lui devait savoir que « mice » est le pluriel de « mouse »…

Ce qui est impayable est que « mouses » est utilisé pour le pluriel de « mouse » quand il s’agit de souris d’ordinateurs…

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David Hamilton : fillettes séguriennes… pommes et poires… et nus masculins.

Contrairement à ce que pensent les ignorants et les mal intentionnés, David Hamilton a photographié non seulement des jeunes filles (pourquoi ne l’aurait-il pas fait?) mais aussi des hommes (habillés ou artistiquement dénudés); des enfants séguriens; des petites filles séguriennes, oui, dont les images devraient en effet attirer l’attention de quelque éditeur de la comtesse de Ségur; des centaines de photos de modèles (absolument pas déshabillées); des adultes; des natures mortes; des villes (Venise)…

Et voici quelques exemples de nus masculins, de portraits d’hommes, d’adultes, de natures mortes, d’animaux, etc, au hasard. Il y en a des dizaines et des centaines d’autres!

Veux-tu des modèles habillés? En voici.

Veux-tu des natures mortes? En voici.

Veux-tu des adultes? En voici (ici c’est Bernard Giraudeau).

Veux-tu des modèles masculins, ou des images qui mêlent modèles féminins et modèles masculins? En voici.

Carte postale David Hamilton

VOIR:

https://lequichotte.wordpress.com/2017/03/14/sur-le-blog-en-defense-de-david-hamilton-12/

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Petites filles hamiltoniennes des années 60 et 70…

Pierre Lalonde:

Frédéric François:

Claude Nougaro:

En 1975 Christophe chantait PETITE FILLE DU SOLEIL.

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Au sujet de « C’est David Hamilton qu’on assassine »

La mort de David Hamilton est malheureusement éclairante sur les mœurs dévoyées de la France, cette catin de Marianne.

Ce livre, C’est David Hamilton qu’on assassine a le mérite de fédérer plusieurs admiratrices et admirateurs de l’œuvre de David Hamilton. De ceux qui persistent et signent au-delà du tragique 25 novembre 2016 (25 novembre : journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes !) et de la mort « curieuse » de David Hamilton. Il a aussi le mérite de faire fonctionner les méninges et de donner à s’exprimer à plusieurs personnes. Écriture, dessin, peinture, vidéo. Création, réflexion. C’est la meilleure forme d’hommage que l’on puisse rendre à l’artiste mis au ban médiatique (et entériné par nombre de crétins anonymes et autres « rebelles » d’Internet totalement dans le moule de la domination, de l’ignorance et de l’inculture crasse) de la DAMNATIO MEMORIAE.

En tant que très modeste éditeur, je suis plutôt fier d’avoir permis cette publication qui nécessairement a pris date dans le domaine de l’Histoire de l’Art et de la critique sociale. Mais je suis encore plus sidéré de l’inexistence de livres similaires depuis que David Hamilton dut subir les fourches caudines de la médiocrité unie à la bêtise, orchestrées par deux malades mentaux apparemment sans remords et même heureux de leur sort.

Et pire encore, comment se fait-il qu’autant de pleutres et de lâches, et pour certains gens de confrérie, aient gardé le silence? Signe d’un état catastrophique de la Conscience et de la Pensée, d’un délabrement bien avancé de la décadence. Non pas celle majuscule et artiste de David Hamilton, mais celle terre-à-terre de la mort de la Poésie, en un temps de grand déclin de ladite « civilisation occidentale ».

Jean-Pierre Fleury

 

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