Vous êtes un mécène misanthrope? Lisez!

« Jamais, je ne travaillerai »…
Arthur Rimbaud, Vierge folle.
*

Ce blog reçoit, chaque jour, un nombre largement sufffisant de lecteurs provenant du monde entier pour que je lance ici une sorte de bouteille à la mer.

Il y a quelques jours, est décédé un enfant de huit ans – cancer au cerveau – qui avait grandi toute sa courte vie auprès de moi. J’en ai parlé dans le roman Dans le ciel, livre salué entre autres par l’écrivain Roland Jaccard, l’auteur de L’exil intérieur.

Article de Roland Jaccard: https://leblogderolandjaccard.com/2019/10/21/olivier-mathieu-un-gladiateur-face-a-la-mort/

Roland Jaccard: https://fr.wikipedia.org/wiki/Roland_Jaccard

Roland Jaccard, « Billet du vaurien » (Bon pour la tête) : https://bonpourlatete.com/chroniques/olivier-mathieu-se-souvient-de-david-hamilton

A la suite de ce décès tragique, je suis aujourd’hui dans une situation qui est pratiquement celle d’un SDF, un « sans domicile fixe » courant le risque de se retrouver, à plus ou moins brève échéance, sous les ponts. Chose d’autant plus ennuyeuse que nous sommes en hiver, que j’ai soixante ans, et que j’aurais l’intention d’écrire un nouveau roman intitulé Le joueur d’échecs.

A mon âge, mes possibilités de trouver un travail seraient minces. C’est d’ailleurs là un faux argument: l’envie que j’ai de travailler est inexistante. Je suis un homme libre. Pour des raisons liées à mon caractère, à mon histoire personnelle et à mon atavisme, sans parler de mes opinions à ce sujet (« ne travaillez jamais », conseillait à juste titre un jeune Guy Debord de 22 ans), je suis né inapte au travail salarié. Je l’ai prouvé, tout au long de mon existence.

Je suis capable d’oeuvrer vingt heures sur vingt-quatre à l’écriture d’un livre ou d’un roman, sans y gagner un centime. Je dois confesser que je suis incapable d’aller vendre des hamburgers chez McDonald. Mon arrière-grand-père était milliardaire, il est mort ruiné. L’argent l’écoeurait. C’est un peu mon cas. Je ne sais pas comment gagner cette chose, à mes yeux ignoble, qui s’appelle le fric, le pognon, et qui est l’ambition suprême de la plupart de mes contemporains. La vie étant fort brève, je considère comme une absurdité l’idée qu’il me faille aller – moi! – tripalier sept ou huit heures par jour, cinq jours par semaine, pendant onze mois sur douze. Une plaisanterie. Une excellente blague, certainement! Je n’ai aucune intention non plus d’aller quémander un RSA ou de faire la file pour mendier une « réinsertion » dans une société qui n’est pas la mienne et ne m’intéresse absolument pas. Je refuse toute grégarité, je ne suis jamais allé à l’école, je n’ai jamais voté de ma vie, je ne suis encarté dans quelque chapelle que ce soit, dans aucune secte, dans nul ghetto.

Je publie donc cet article parce que je suppose qu’existe encore, en France (ou en Europe), quelque aristocrate, quelque mécène, quelque hobereau de préférence misanthrope, susceptible de recevoir et de soutenir l’artiste pauvre que je suis – par exemple dans une propriété à la campagne – afin que je puisse écrire Le joueur d’échecs.

Quand je dis aristocrate, je ne me réfère pas seulement – loin de là – à la classe sociale de l’aristocratie, que j’ai connue et où les gros rustauds abondent. J’ose supposer en revanche qu’il existe encore quelques (rares, rarissimes) idéalistes, sans doute des solitaires, des gens écoeurés par le monde moderne, et qui pourraient être ravis d’aider un écrivain à ne pas crever et à écrire un nouveau roman. Des aristocrates encore dignes de la vraie aristocratie et du vrai peuple de jadis, voilà qui serait réellement révolutionnaire. « Un mécène est un mécène, ça n’a rien à voir avec la charité », écrivait jadis, juste après la seconde guerre mondiale, Elsa Triolet.

J’ai connu jadis, dans les salons parisiens, l’un de ces aristocrates désuets et anachroniques (il semblait encore issu des milieux décrits par Marcel Proust) qui a cru en moi et a été le meilleur de mes mécènes, entre 1985 et son décès survenu en l’an 2000. Voilà l’interlocuteur dont j’aurais besoin: un mécène avec lequel entretenir une relation totalement étrangère aux logiques de la société marchande, du marchandage, de l’égoïsme petit-bourgeois, de l’individualisme massifié et massificateur, de la crasseuse nullité intellectuelle d’aujourd’hui. Quand je dis un mécène, il peut même s’agir d’une femme, puisque ce mot de mécène garde (en bon français) le genre masculin lorsqu’il s’applique à une dame.

Les gens riches, de nos jours, n’ont hélas plus aucun goût: c’est pourquoi ils dépensent des sommes considérables pour acheter, entre autres, les merdes des « oeuvres » (sic) « d’art moderne ».

Ce que je cherche, ce sont des gens généreux, intelligents, libres d’esprit, sans tabous, amants de la littérature et de la beauté, bref des rescapés d’une époque ancienne, peut-être des gens âgés ou très âgés, et qui posent un regard lucide et pas « politiquement correct » sur le monde contemporain, qui voient les choses telles qu’elles sont, et… qui aient encore un cerveau en état de fonctionnement. Je suis fort exigeant, j’en conviens.

En France ou ailleurs en Europe, peu importe, ce qui compterait serait, à mes yeux, de rencontrer quelqu’un d’intelligent, de cultivé, de lettré, de simple aussi, un aristocrate de l’esprit (un vrai: j’ai rapidement fréquenté jadis des milieux d’extrême droite et d’extrême gauche, parfaitement spéculaires l’un à l’autre, où des tonnes d’abrutis se définissent de la sorte), quelqu’un qui déteste cordialement le frangliche et sache parler et écrire le français (et, par conséquent, ne finisse pas ses phrases, comme 99,99 % des Français d’aujourd’hui, en caquetant un « quoi »).

Je n’ai pas de préférences « politiques », notamment parce que les concepts ridicules de « droite » et de « gauche » m’ont toujours fait pisser de rire. A mon âge, je n’ai plus de temps à perdre avec de telles insanités à l’usage des ânes humains. Je cherche des amateurs d’art (mais surtout pas des militants, à quelque camp qu’ils appartiennent). Des gens chez qui il n’y ait ni télévision, ni radio et autres machines à décerveler, mais… des livres! Et de la musique. De la musique « classique », pour employer la formule amusante et cocasse de ceux qui ignorent visiblement qu’il n’existe aucune autre musique que « classique ». Ce que l’on appelle « musique moderne » étant, depuis bientôt un siècle, une cacophonie émétique.
Je pourrais fort bien m’entendre avec de vieux messieurs ou de vieilles dames nonagénaires ou centenaires (et plus jeunes d’esprit que les millions de vieillards cacochymes à quinze ans de la pathétique Génération Z).

Comment peut-on ne pas être misanthrope? Sartre, dans La Nausée, exprimait une idée présente chez un très grand nombre d’écrivains ou de philosophes, qu’il avait plagiée – comme toute sa production – ici ou là. Il écrivait donc: « Le misanthrope est homme: il faut donc bien que l’humaniste soit misanthrope en quelque mesure. Mais c’est un misanthrope scientifique, qui a su doser sa haine, qui ne hait d’abord les hommes que pour mieux pouvoir ensuite les aimer ».

Tout vrai misanthrope, après avoir porté son regard sur l’humanité, ne devrait en effet qu’être envahi d’amour à ma vue.

Veut-on lire un jour la suite de mon roman Dans le ciel?

Roman que – pourtant – même des abonnés à ce blog n’ont pas acheté. Il est vrai qu’un livre, ça ne se bouffe pas: et que le monde moderne est davantage fait pour les plagiaires que pour les créateurs. Et pour les estomacs sur pattes, plutôt que pour les poètes véritables.

Aujourd’hui, le consumérisme règne en masse. C’est un mode de consommation individualiste, réduisant l’être humain au statut de consommateur et d’esclave des modes, dépendant du marché et de la publicité, d’un faux hédonisme fondé sur la fausse « nouveauté », et privilégiant les apparences sur la substance.

« Où sont les femmes? »… demandait jadis Patrick Juvet.

Où sont aujourd’hui les Mécènes? « Ces Mécènes dont les palais étaient pendant une suite de générations l’asile des beaux ouvrages » (Eugène Delacroix,1857) ?…

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